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Manuel Valls a fait classer Confidentiel Défense un rapport dérangeant qui dénonçait la vulnérabilité de Notre-Dame

En 2016, Manuel Valls a fait classer Confidentiel Défense un rapport dérangeant qui dénonçait la vulnérabilité de Notre-Dame de Paris

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Notre-Dame de Paris : "Nous avions alerté le CNRS sur les risques d’incendie"

Par Ariel F. Dumont
Publié le 18/04/2019


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Il y a trois ans, Paolo Vannucci, professeur d’ingénierie mécanique à l’université de Versailles, a effectué une recherche sur les risques d’attentat et la sécurité de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans laquelle il évoquait aussi les risques d’incendie en raison du manque de dispositifs de sécurité.

En 2016, vous avez fait une étude sur la sécurité de Notre-Dame de Paris . Pourquoi cette enquête et quelles ont été vos conclusions ?

Paolo Vannucci
 : Il s’agissait d’un projet financé par le CNRS, dans le cadre d’une étude sur le thème « attentats recherches ».


Nous avons étudié Notre-Dame pour deux raisons. D’abord parce que nous savions déjà à l’époque que Notre-Dame était une vraie cible pour les terroristes.

Si on veut s’attaquer à quelque chose à Paris, c’est à cette cathédrale, qui est la deuxième église au niveau mondial après Saint-Pierre. Et puis, parce que nous avions aussi un relevé de tout le bâtiment fait par un scientifique américain. Ce relevé, qui a été publié sur la Toile, nous a facilité la tâche notamment pour mesurer la cathédrale.


Finalement, notre rapport a été classé « confidentiel défense ». Le gouvernement Valls a estimé que rien ne devait filtrer des résultats de notre recherche, considérée comme« sensible » compte tenu des données que nous avions insérées dans ce rapport et aussi, des risques d’inspiration que nous avions également évoqués.


Dans cette étude, vous aviez aussi évoqué les risques d’incendie et le manque de dispositifs anti-feu, surtout au niveau des combles…

Nous avions dit en effet qu’en cas d’attaque, le risque d’un embrasement de la toiture existait et qu’il fallait absolument la protéger et installer un système d’extinction.
En vérité, il n’y avait pratiquement aucun système anti-incendie, notamment dans les combles où il n’y avait aucun système électrique pour éviter les risques de court-circuit et d’étincelle. J'imagine qu’on avait installé quelque chose de provisoire dans le cadre des travaux de réfection, mais je n’en suis pas sûr.

Au niveau de la charpente, lorsque nous avons fait notre recherche, il n’y avait aucune protection. Seulement un point d’eau dans la petite cour située entre les deux tours, donc à l’extérieur de la charpente. Nous avions donc alerté le CNRS sur les risques d’incendie. Nous avions aussi dit que même la foudre aurait pu déclencher un feu et qu’il fallait donc installer tout un système de prévention.

Avez-vous le sentiment qu’un choix a été fait, que l’on a décidé de ne pas protéger la toiture à cause du risque d’inspiration pour une possible attaque que vous aviez décrite ?

Le CNRS, donc l’Etat qui avait financé la recherche, a par définition des droits sur la recherche, il peut donc tout à fait décider de la classer confidentiel ou d'accepter de la publier.

Pour nous, cette décision a été désastreuse car nous avions beaucoup travaillé mais je comprends que l’Etat ait dit qu’il s’agissait d’une donnée sensible. En revanche, je ne comprends pas que l’on ne dise pas : d'accord, nous avons un rapport certes sensible mais que nous pouvons tout de même utiliser.

Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Je n’ai pas la réponse. A un moment donné, nous avons cessé de discuter avec le CNRS car nous avons compris que c’était inutile, nous nous sommes sentis impuissants. Nous avions également organisé une réunion au ministère de l’Education nationale et il y avait des représentants de plusieurs ministères. Par conséquent, le gouvernement était tout à fait au courant.


La mairie de Paris était-elle au courant de vos conclusions ?

J’ai contacté la mairie de Paris, qui accorde chaque année des bourses de doctorat pour financer des projets d’étude concernant la ville. En 2017, j’ai téléphoné pour proposer un projet de recherche sur la sécurité de Notre-Dame. Deux heures après, on m’a répondu que c’était impossible car Notre-Dame, ce n’est pas l’affaire de la mairie de Paris !

Et maintenant ?

Je voudrais maintenant lancer une recherche sur la cathédrale après
l'incendie. Dans notre précédent rapport, nous avions déjà évoqué
l'impact du vent, qui pourrait menacer désormais la structure
fragilisée de la cathédrale…


www.marianne.net/societe/notre-dame-de-p…

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Incendie à Notre-Dame : "Tout le système de détection est à repenser", confie un entrepreneur du chantier
Par Laurent Valdiguié
Publié le 16/04/2019

Au lendemain de l'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris ce lundi 15 avril, l'un des entrepreneurs qui a travaillé sur le chantier de rénovation de la flèche de la cathédrale décrit à Marianne le dispositif anti-feu mis en place autour de l'échafaudage sur le toit. "Un chantier très surveillé", selon lui, mais qui souffrait de certains manques.

Comment un tel incendie a-t-il pu se produire sur un monument de l'importance de Notre-Dame de Paris ? Au lendemain du drame, la question est dans tous les esprits. Patrick Palem, l’entrepreneur de Périgueux qui, il y a moins d’une semaine, avait déposé les statues qui entouraient la flèche de la cathédrale, décrit à Marianne le dispositif de sécurité qui protégeait le chantier d'où semble être parti le feu. Ses failles, aussi…

« L’échafaudage n’était pas fini d'être construit, 300 tonnes avait déjà été posées et 200 restaient encore à monter », nous détaille l'ex-PDG mais toujours conseil de la Socra, l'entreprise de Dordogne chargée de restaurer les douze apôtres et quatre évangélistes de cuivre, datant du XIXe siècle, qui avaient été hélitreuillés jeudi 11 avril depuis la flèche de la cathédrale. Et d'assurer : « C’était un échafaudage très propre, un chantier très surveillé »

.

Lire aussi Notre-Dame de Paris a brûlé mais "nous la rebâtirons"

L'incendie, hantise d'un chantier comme Notre-Dame

Dans un tel environnement, le feu est l'ennemi numéro un. « C’est tout le problème et la hantise sur ce genre de chantiers. Evidemment là-haut, il est interdit de fumer. Normalement, les gars descendent à 18 heures mais en principe, ils doivent arrêter de travailler deux heures avant pour justement surveiller d'éventuels points chauds », poursuit l’entrepreneur.

Car même à retardement, « la simple chaleur sur le plomb du toit peut ensuite déclencher un feu de charpente ». Et « là-haut » comme il dit, tout le monde sait bien que quand le feu embrase le bois de ces charpentes multicentenaires, puis fait fondre le toit en plomb, le métal en fusion embrase à son tour le reste.

Alors, le dispositif anti-incendie était-il suffisant à Notre-Dame ? « Là-haut, sur le toit, il y avait des extincteurs tous les 10 mètres mais passé 18 heures, il n’y avait plus personne derrière chaque appareil…», se souvient Patrick Palem, qui relève : « On le sait, il faudrait multiplier les détecteurs de points chauds. Des systèmes électroniques existent, mais cela coûte cher… C’est tout le système de détection des points chauds sur ces chantiers historiques qu’il faudrait revoir ».
"C’est tout le système de détection des points chauds sur ces chantiers historiques qu’il faudrait revoir"

Patrick Palem ne veut « jeter la pierre à personne » mais il est conscient, pour avoir aussi travaillé sur la toiture du château de Versailles, que tout se joue dans les premières minutes. « C’est trop tôt pour dire ce qui a pu se passer, soit un problème électrique, soit un point de chaleur… », souffle-t-il. Il y a aussi une autre hypothèse : qu’on ne sache jamais ni qui, ni quoi, a déclenché ce feu d’enfer.

« Dire qu’il y a quelques jours, j’étais encore sur ce toit en plomb…», se désole-t-il, le souffle coupé, après avoir passé une partie de la nuit à observer le spectacle de la cathédrale en flammes. Avec une consolation, tout de même : « Dans ce malheur, heureusement que nous avions descendu les statues qui sont maintenant ici dans nos ateliers. Mais qui peut savoir quand elles remonteront à leur place… ». Le coq de la flèche, lui, devait être décroché en juin pour rejoindre à son tour les ateliers de la Socra. Mais le coq de Notre-Dame « a fondu ».

Lire aussi Notre-Dame de Paris, notre maison commune

L'enquête privilégie la piste accidentelle

Le procureur de la République de Paris a indiqué ce mardi que la piste accidentelle était privilégiée dans l’enquête ouverte pour "destruction involontaire par incendie", précisant que "rien ne va dans le sens d'un acte volontaire".

"Cinq entreprises intervenaient sur le site. Dès aujourd'hui, ont débuté des auditions d'ouvriers d'employés de ces entreprises. Une quinzaine sont prévues. Ils sont une quinzaine à être intervenus, à avoir été présents hier"

, a détaillé Rémy Heitz lors d'un point presse devant Notre-Dame, ajoutant que la direction de la police judiciaire parisienne mobilisait près de cinquante enquêteurs sur cette enquête.

Le procureur a expliqué qu'il y avait "eu une première alerte à 18h20 suivie d'une procédure de levée de doutes mais aucun départ de feu n'a été constaté". "Il y a eu une deuxième alerte à 18h43, et là, le feu a été constaté au niveau de la charpente. Entretemps, l'église avait été évacuée puisqu'une messe avait débuté peu avant".

Les investigations seront "longues complexes", a prévenu Rémy Heitz mais, a-t-il promis "tous les moyens sont mis en œuvre pour arriver à la vérité, pour connaître l'origine de ce terrible incendie".

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La flèche de Notre-Dame de Paris, une histoire mouvementée

Caroline Becker | 16 avril 2019

On croit souvent qu’elle a toujours dominé fièrement la cathédrale Notre-Dame depuis sa construction.

Et pourtant la flèche de la cathédrale de Paris a été édifiée au XIXe siècle par Viollet-le-Duc.
La flèche, détruite le 15 avril par un violent incendie, a été édifiée seulement en 1859 par l’architecte Viollet-le-Duc et avait soulevé de nombreuses controverses à l’époque. La première, édifiée au XIIIe siècle, avait été démontée à la fin du XVIIIe siècle. Par chance, le coq qui dominait la flèche a été sauvé, les reliques qu’il contenait également.

Viollet-le-Duc, un architecte controversé

Il suffit de mentionner le nom de Viollet-le-Duc pour que viennent à l’esprit les images du Mont Saint-Michel, de la cité de Carcassonne ou encore du château de Pierrefonds.

Architecte le plus célèbre du XIXe siècle, Viollet-le-Duc a toujours été un personnage clivant, adoré ou détesté, ces restaurations de monuments historiques n’ayant pas toujours fait l’unanimité.

Parmi ses réalisations les plus célèbres, Notre-Dame de Paris reste l’une des plus controversées.

© P Deliss / Godong

Flèche de Notre-Dame de Paris construite en 1859 par Viollet-le-Duc.

L’architecture médiévale revient à la mode

Grâce à la redécouverte du gothique au XIXe siècle, impulsée par les romantiques, Napoléon III lance la restauration de grands monuments gothiques dont l’entretien n’était, jusqu’alors, pas une priorité. Eugène Viollet-le-Duc, architecte réputé et passionné par le médiéval, est à la tête de ce programme. À Paris, il œuvre à la restauration de la cathédrale. La façade ouest est reprise, les arcs-boutants sont rénovés et les chimères des tours sont changées. Notre-Dame de Paris aurait pu s’arrêter là mais, dans une désir de rendre à la cathédrale sa flèche initiale, l’architecte décide de se lancer dans sa reconstruction.

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Lire aussi :
Notre-Dame de Paris : une charpente qui avait résisté à tous les outrages
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Car depuis 1792, les Parisiens avaient pris l’habitude d’admirer Notre-Dame sans sa flèche après plus de cinq siècles d’existence.


Construite au XIIIe siècle, elle avait l’allure d’un véritable clocher et comportait, à la fin du XVIIIe siècle, cinq cloches. Très dégradée, elle fut démontée entre 1786 et 1792. Aujourd’hui son souvenir reste gravé dans des enluminures célèbres, notamment dans les Très Riches Heures du duc de Berry sur la planche illustrant La rencontre des rois mages.

© Photo. R.M.N. / R.-G. Ojda - Wikimedia commons

La rencontre des rois mages, Les Très Belles Heures du duc de Berry.

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S’éloignant fondamentalement de la flèche du XIIIe, Viollet-le-Duc décide de la réaliser dans un style néo-gothique mais sans cloches. Il s’inspire alors de celle de la cathédrale d’Orléans construite au début XIXe siècle.

À Paris, la polémique enfle et on reproche à l’architecte de n’en faire qu’à sa tête. On l’accuse de trahir le travail de ses prédécesseurs en imposant son propre style. « Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné », écrivait-il dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868.

Un travail titanesque

Les travaux de la flèche sont absolument considérables. Culminant à 93 mètres de hauteur, la structure est double : la première, faite de bois, est recouverte d’un manteau de plomb de plusieurs centaines de tonnes afin d’éviter que celle-ci ne soit abîmée par la pluie.

Les gargouilles chargées d’évacuer l’eau de pluie sont également habillées de plomb. Tout autour, des statues monumentales des douze apôtres accompagnées du tétramorphe sont disposées en quatre rangées. En cuivre, elles sont l’œuvre du sculpteur Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume qui a également réalisé la sculpture du Beau-Dieu au trumeau du grand portail du Jugement Dernier.

Par chance, celles-ci ont été déposées au sol quatre jours avant l’incendie en vue d’être restaurées.

Ces statues sont aujourd’hui les seuls éléments subsistants de la flèche. Parmi les apôtres, saint Thomas, patron des architectes, est le seul à se tourner vers la flèche et ressemble trait pour trait à Viollet-le-Duc. Ce dernier se serait-il représenté contemplant son œuvre ?

Démarrer le diaporama

Tout en haut, dominant la flèche, un coq. Celui-ci contenait trois reliques : des fragments de la Sainte Couronne d’épines, une relique de saint Denis et de sainte Geneviève, patrons de la ville de Paris. Ces reliques — installées par le cardinal Verdier, archevêque de Paris, au moment de la dernière grande restauration de la flèche, le 25 octobre 1935 — constituaient un véritable « paratonnerre spirituel ». Depuis cette date, elles n’ont pas bougé de leur emplacement.

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La pilule Valls contre l'occlusion intestinal devrais arrêter celle du matin et ne plus fumer la moquette.