GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
3-Pourquoi nous ferions-nous la guerre,
Ma chère sœur ?
Nos saints se sont aimés sur terre
Avec ardeur.
Ils ont tous deux la même gloire
Dans le Seigneur.
Ma chère sœur, il faut nous croire :
N’ayons qu’un cœur.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
4-Tous les deux sont grands patriarches
Du même temps.
Tous les deux sont de vives arches
Du Testament.
Ils sont deux serviteurs fidèles,
En vérité,
Et deux très excellents modèles
De sainteté.
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GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
5-Si l’un trouve sur le Calvaire
Son élément,
L’autre le trouve en son Rosaire
Également.
L’un a sa chair toute percée
Comme son Dieu.
Et l’autre a son âme embrasée
Du même feu.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
6-Ils sont les enfants de Marie
Les plus chéris :
Elle donne à tous deux la vie
Dans son cher Fils.
L’un à Notre Dame des Anges
Est enrichi,
L’autre à publier ses louanges
Est agrandi.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
7-Nos deux ordres sont tout semblables,
Ma chère sœur.
Nos habits ne sont dissemblables
Qu’en la couleur.
Pour nous animer davantage
Au pur amour,
Parlons ici son saint langage
Et tour à tour.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
8-Mon habit de couleur de cendre,
Ou gris ou brun,
Ne marque ni ne fait entendre
Rien de commun ;
Il marque la persévérance
Dans sa longueur,
La pauvreté, la pénitence
Dans sa couleur.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
9-Mon habit noir, si l’on le sonde
De bout en bout,
Ne marque que mépris du monde,
Que mort à tout.
Ma tunique blanche et cachée
Fait fort bien voir
Que mon âme est ressuscitée
Sous l’habit noir.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
10-Nos deux habits, ma chère amie,
Figurent bien
Toutes les vertus de la vie
D’un bon chrétien :
La pauvreté, la pénitence,
La pureté,
La charité, la patience,
L’humilité.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
11-L’oraison est ma nourriture
De tous les jours.
Quoique la chair gronde et murmure,
J’y suis toujours.
Quand j’y suis aride ou distraite
Par le malin,
J’y persévère en paix parfaite
Jusqu’à la fin.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
12-Je fais en tout l’obéissance
Aveuglément.
Je ne me fie à ma prudence
Aucunement.
Mon cher Père, que faut-il faire ?
Dites-le moi.
Manger, jeûner, parler, me taire ?
Donnez la loi.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
13-Je prêche par la modestie
En me taisant,
Mon air doux et simple édifie
Tacitement.
J’ai le visage sans grimace
Et sans aigreur,
Plein de joie et de bonne grâce,
Plein de douceur.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
14-Je ne suis aigre ni piquante
En reprenant,
Je suis douce et condescendante
En châtiant.
Je fais offre à chaque personne
De la servir ;
Quand je donne ou quand je pardonne,
C’est mon plaisir.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
15-Avec beaucoup de confidence
Je parle ici.
Le lundi je fais abstinence
Et mercredi ;
Je jeûne l’Avent, le Carême,
Les quatre-temps,
Les vigiles, samedi même,
Exactement.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
16-Pour satisfaire à la justice
D’un Dieu vengeur,
Je prends en secret le cilice
Avec ferveur,
La discipline ou la ceinture,
Malgré mes sens,
Couchant sur la paille ou la dure
Presqu’en tous temps.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
17-Je me confesse et communie
Fort fréquemment,
Afin de recevoir la vie
Et l’aliment.
Je dis chaque jour d’ordinaire
Mon chapelet,
Quelquefois même mon Rosaire,
Pour plus parfait.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
18-Ma sœur, je ne puis pas vous dire
Combien mon cœur
Recherche, soupire et désire
Dieu, Mon Sauveur.
Jésus en Croix est ma sagesse
Et mon séjour,
C’est mon honneur, c’est ma richesse,
C’est mon amour.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
19-Je vais par Jésus à son Père
Très dignement.
Je vais à Jésus par sa Mère
Très sûrement.
Je fais tout en elle et par elle,
C’est mon attrait,
Pour être à Dieu toujours fidèle,
C’est mon secret.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
20-La dernière étant la première,
A dit mon Dieu,
Je prends, comme étant la dernière,
Le plus bas lieu,
Sans orgueil et sans flatterie,
Sans vanité ;
Aux pieds de tous je m’humilie
En vérité.
GChevalier
SŒUR DOMINIQUE :
21-Anathème au monde, anathème,
Dis-je en mon cœur,
Car je n’ai qu’une horreur extrême
Pour ce trompeur.
Ses menaces ni ses promesses,
Ni son faux bien,
Ni ses mépris, ni ses caresses
Ne me font rien.
GChevalier
SŒUR FRANÇOISE :
22-Ne disputons jamais des grâces
Des bienheureux :
Ne pensons qu’à suivre leurs traces
Dans ces bas lieux.
Dominique et François revivent
En sainteté,
Si les frères, les sœurs, les suivent
En vérité.