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Peine de mort : pourquoi il n’y a pas « rupture » dans l'enseignement de l'Eglise ? À la demande du pape François, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a écrit, le 1er août 2018, une lettre …More
Peine de mort : pourquoi il n’y a pas « rupture » dans l'enseignement de l'Eglise ?

À la demande du pape François, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a écrit, le 1er août 2018, une lettre aux évêques pour les informer du changement du n. 2267 du Catéchisme de l’Église catholique (CEC) sur la peine de mort, la rendant dans tous les cas illégitime. Explication de ce changement.


Dans le domaine doctrinal, l’autorité maximale est celle du magistère de l’Église, même non définitif, lequel, rappelons-le, est assisté par le Saint-Esprit (cf. CEC 892). Or, la doctrine du magistère authentique de l’Église sur la peine capitale s’est développée récemment. En 1992, le Catéchisme de l’Église catholique estimait que les moyens qui évitent la peine de mort, s’ils sont suffisants, sont « préférables » (CEC 2267). En 1995, l’encyclique Evangelium vitae (n. 56) enseigne que la peine de mort ne peut être infligée qu’en cas de nécessité absolue, cas qui sont de nos jours pratiquement inexistants. L’édition de 1997 du CEC 2267 reproduit cet enseignement, tout comme le Compendium de la doctrine sociale de l’Église de 2005 et Benoît XVI. Le 1er août 2018, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, tout en reconnaissant que « dans le passé, la situation politique et sociale faisait de cette peine un instrument acceptable en vue de la sauvegarde du bien commun », prend en compte sur ce point les documents magistériels récents, l’efficacité des autres moyens actuels de mettre un criminel hors d’état de nuire, l’évolution de la doctrine des juristes sur le sens des peines, et l’affinement de la sensibilité des chrétiens en faveur de la vie. Elle estime le moment venu de déclarer que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne » (CEC 2267, rédaction du 1er août 2018). Certains ont vu dans ce développement doctrinal une évolution par contradiction. Qu’en est-il ?

Il est nécessaire d’abord de se rappeler que la doctrine de l’Église se désenveloppe à travers les siècles, et comment cela se produit. Sur plusieurs points, l’Église, bien qu’éclairée par la loi évangélique, n’a pris conscience que progressivement, par l’expérience des siècles, de tout ce qu’impliquait la loi morale naturelle. Cela a pu se produire sous différentes formes :

1/ Il arrive que l’histoire montre qu’une façon d’agir a des conséquences dramatiques et insolubles. Ainsi les guerres de Religion ont graduellement amené à la conviction que la liberté religieuse est un droit naturel.

2/ Pendant un certain temps on a égaré les documents du magistère sur une question. Ce fut le cas de la lettre où, en 866, le pape saint Nicolas Ier condamnait la torture comme contraire au droit naturel et divin. D’où, pendant 1100 ans, des tergiversations, déplorées par Pie XII (1).

3/ On découvre graduellement les implications de la loi divine à force de méditer sur la Parole de Dieu. Ainsi l’esclavage fut combattu par l’Église seulement petit à petit – Paul III, le 2 juin 1537, dans la lettre Veritas ipsa, interdit de réduire en esclavage aucun peuple, Indien ou autre, que les chrétiens viendraient à dominer –, jusqu’à sa condamnation formelle, au nom du droit naturel et révélé, surtout par Léon XIII (2).

Actes mauvais et circonstances

Ces mises en exergue de droits fondamentaux de la personne humaine et de sa dignité ne sont pas contraires au bien commun. En effet, contre les droits primordiaux de la personne humaine « aucune raison d’État, aucun prétexte de bien commun ne saurait prévaloir […] car ils sont ce qu’il y a de plus précieux dans le bien commun » (3), et concernent le bien le plus commun, celui de toute l’humanité.

D’autre part, soulignons-le, selon Pie XII (10 avril 1958), parmi les actes interdits parce que mauvais (et ne pouvant donc se justifier par une fin quelconque), il existe d’abord des actes intrinsèquement mauvais en raison de leur nature même, et qu’aucune circonstance ne peut rendre bons (par exemple, haïr Dieu). Toutefois il existe aussi des actes mauvais en raison de circonstances essentielles (même si un changement de ces circonstances pourrait les rendre bons). C’est souvent le cas dans le domaine de la justice : lorsque change la situation juridique entre deux personnes, il se peut qu’un acte auparavant mauvais en soi, ne le soit plus ultérieurement (et vice versa), la situation réciproque des sujets en présence ayant changé. Par exemple : lorsque les Allemands ne sont pas en guerre contre les Français, il est intrinsèquement illicite pour un Français de tuer un Allemand ; et, même en état de guerre, il est immoral de tuer les prisonniers une fois désarmés (et ce dernier point n’est pas sans ressemblance avec le cas d’un détenu jugé pour crime).

Part doctrinale et part contingente

Or, dans la nouvelle position des papes récents, il importe, au niveau du droit naturel, de discerner une part doctrinale (il faut éliminer la peine de mort quand elle n’est pas absolument nécessaire) ; et une part contingente (de nos jours, la peine de mort n’est plus nécessaire), liée à des circonstances. La conclusion comporte donc les deux aspects : « de nos jours, la peine de mort est inadmissible, quelle que soit la gravité du délit commis par le condamné. » Ainsi s’exprimait le pape François, dans sa Lettre du 20 mars 2015 au président de la commission internationale contre la peine de mort, § 4. Rappelant notamment le discours pontifical du 23 octobre 2014 à cinq grandes associations mondiales spécialisées dans le droit pénal, cette lettre précisait aussi :

« Comme nous l’enseigne saint Ambroise, Dieu ne voulut pas punir Caïn par l’homicide, parce qu’il veut la repentance du pécheur plus que sa mort (cf. Evangelium vitae, n. 9).

« En certaines occasions, il est nécessaire de repousser de manière proportionnelle une agression en cours pour éviter qu’un agresseur ne cause un dommage et la nécessité de le neutraliser peut comporter son élimination ; c’est le cas de la légitime défense (cf. Evangelium vitae, n. 55). Néanmoins, […] lorsque s’applique la peine de mort, l’on tue des personnes non pas pour des agressions actuelles, mais pour des dommages commis dans le passé. Elle s’applique en outre à des personnes dont la capacité d’infliger un préjudice n’est pas actuelle, mais qui a déjà été neutralisée, et qui se trouvent privées de leur liberté. »

Il ne s’agit donc pas ici de légitime défense, comme lors d’une attaque terroriste ou d’une agression militaire étrangère actuelle. Ce n’est donc pas pour de telles situations que le pape François a déclaré par ailleurs dans son Discours du 11 octobre 2017 :

« On doit affirmer avec force que la condamnation à la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle, quel que soit son mode opératoire. En décidant volontairement de supprimer une vie humaine, toujours sacrée aux yeux du Créateur et dont Dieu est en dernière analyse le véritable juge et le garant, elle est par elle-même contraire à l’Évangile. Jamais, aucun homme “pas même le meurtrier ne perd sa dignité personnelle” (Lettre au président de la Commission internationale contre la peine de mort, 20 mars 2015), car Dieu est un Père qui attend toujours le retour du fils qui, conscient de ses erreurs, demande pardon et commence une nouvelle vie. Ce n’est donc à personne que peut être enlevée non seulement la vie, mais la possibilité d’un remords moral et existentiel, qui le réintègre dans la communauté. […]
« Il n’y a pas ici de contradiction avec l’enseignement du passé : la défense de la dignité de la vie humaine du premier instant de la conception jusqu’à la mort naturelle, a toujours été portée, dans l’enseignement de l’Église, par une voix cohérente et autorisée. Le développement harmonieux de la doctrine demande cependant d’abandonner des prises de position liées à des arguments qui apparaissent désormais réellement contraires à une nouvelle compréhension de la vérité chrétienne. »

Par ailleurs, que certains États modernes n’usent pas suffisamment des autres moyens dont ils disposent est une question de fait, non de principe, et ne change rien à la vérité qu’on ne doit pas user de la peine de mort de nos jours, puisqu’on a les moyens (qu’il faut utiliser) de faire autrement.
Mais le magistère actuel va encore plus loin, et prend occasion de cette conclusion en soi accessible à la raison naturelle, et ajoute que celle-ci est en réalité une exigence de l’Évangile, que les circonstances ont rendue désormais pleinement perceptible comme valable en tout temps. « En effet, l’Évangile aide à mieux comprendre l’ordre de la création que le Fils de Dieu a assumé, purifié et porté à sa plénitude » (4).

Père Basile Valuet, osb
Moine du Barroux, Docteur en théologie

(1) Discours du 3 octobre 1953.
(2) Encycl. Inscrutabili Dei, 21 avril 1878 ; Lettre In plurimis, 4 mai 1888.
(3) Pie XII, Discours du 25 septembre 1949.
(4) CDF, Lettre du 1er août 2018.
© LA NEF n°311 Février 2019

Retour sur la peine de mort

L’été dernier, le pape François a fait changer le n. 2267 du Catéchisme de l’Église catholique (CEC), rendant la peine de mort « inadmissible, car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne ». Dans le numéro de février, le Père Basile a publié un article expliquant les raisons de cette évolution et pourquoi cette dernière ne marquait pas de « rupture ». Plusieurs de nos lecteurs ont réagi à cet article, ce qui nous a poussés à y revenir ce mois-ci, en permettant aux objections de s’exprimer et aussi d’y répondre.
Pourquoi nous ne sommes pas convaincus


Le P. Basile a tenté, dans le n° 311 de La Nef, de démontrer en quoi « il n’y a pas “rupture” » entre le précédent enseignement magistériel selon lequel « l’enseignement traditionnel de l’Église n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort » (CEC, ancien n. 2267) et le nouveau, selon lequel « L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que la peine de mort est inadmissible » (CEC, nouveau n. 2267). Sa démonstration insiste sur la contingence de l’ancien enseignement et sur le discernement à faire entre la « part doctrinale » et la « part contingente ». Il attire l’attention du lecteur sur le fait que « de nos jours, la peine de mort est inadmissible », mots puisés dans une lettre du pape François. Cet argument de la contingence ne convainc pas.
D’abord, l’on voit mal comment imposer d’autorité une opinion définitive sur le sujet si le sujet est lui-même soumis aux contingences de la vie. Soit la question soulevée (la légitimité de la peine de mort en soi) est purement doctrinale, et la solution doit valoir urbi et orbi, soit la question est mitigée de contingence, et alors les circonstances obèrent concrètement la solution. Mais alors, il est impossible d’affirmer avec « l’autorité maximale [qui] est celle du magistère de l’Église » (comme le suggère d’emblée le Père) que la solution est irrémédiablement celle d’une absolue illégitimité de la peine de mort, retenue par l’actuel pontife.

Ensuite, si la question soulevée est si contingente que l’Église puisse affirmer aujourd’hui l’inverse de ce qu’elle disait hier, sur quelles contingences nouvelles fonder cette mutation ? Quelles sont ces circonstances inédites qui permettent de retourner le jugement ? Si jusqu’à Jean-Paul II et Benoît XVI, les papes ont affirmé le caractère légitime de la peine de mort infligée à un coupable, en matière grave et après jugement, il faut bien que des éléments neufs et suffisamment convaincants soient apparus depuis. Or, l’auteur n’en avance aucun, et l’on voit mal quels faits sociaux nouveaux (la globalisation ? l’emprise du numérique ? la perte de la souveraineté ?) permettraient de priver l’État du jus gladii dont parle saint Paul (Rm 13, 4).
Enfin, si la question est contingente, alors la position personnelle du pape François pourra être remise en cause par un de ses successeurs, car elle appartient, elle aussi, au domaine de l’option libre et non de la nécessité. Il n’y a donc aucune raison de s’estimer plus lié par cette opinion que par la précédente, surtout si l’on considère les autorités qui fondent ces opinions contradictoires.

Le P. Basile reconnaît que la question est en fait bien plus doctrinale que circonstancielle, y voyant « une exigence de l’Évangile ». C’est bien là le problème. Car si l’illégitimité de la peine de mort découlait de l’Évangile, « saint Paul lui-même alors a trahi l’Évangile » (1), et après lui les Pères, les Docteurs et les papes, comme l’attestent leurs témoignages nombreux et unanimes (2). Ici, sa comparaison avec l’esclavage est viciée, car l’Église n’a jamais légitimé (ni pratiqué) l’esclavage. Un état de fait, accepté comme tel, même par saint Paul, ne vaut pas justification doctrinale.

En définitive, il semble plus prudent d’affirmer avec Jean-Paul II la radicale légitimité de principe de la peine de mort, tout en affichant une option préférentielle pour son abolition, que de s’arrimer au courant abolitionniste, à la philosophie naturaliste erronée. La doctrine reste sauve, et les circonstances peuvent alors jouer, dans un sens ou dans l’autre, en faveur de l’application ou non de la peine de mort par l’État.

Cyrille Dounot*
*Professeur d’histoire du droit à l’Université Clermont Auvergne, et avocat ecclésiastique près l’officialité de Lyon

(1) Charles Journet, L’Église du Verbe incarné, t. 1, La hiérarchie apostolique, Éditions Saint-Augustin, 1998, p. 575.

(2) « Une solution de continuité doctrinale. Peine de mort et enseignement de l’Église », Catholica, n°141, Automne 2018, p. 46-73, disponible en ligne sur le blog de la revue catholica.presse.fr

Réponse du Père Basile

Quelques lecteurs ont émis des objections à mon article sur la peine de mort (La Nef, n°311, p. 10-11). Mérite surtout considération la critique de M. Cyrille Dounot (C.D.), d’ailleurs auteur d’un article (Catholica, automne 2018, p. 46-73) montrant que, jusqu’au pape François, la doctrine commune de l’Église estimait licite en soi la peine de mort. Néanmoins, une telle démonstration est inefficace pour rejeter la rédaction du CEC n. 2267 approuvée le 28 juin 2018 par le pape François. Pourquoi ne peut-elle conclure ? L’espace imparti nous impose une grande brièveté d’exposition.

1) Elle s’appuie sur des préceptes judiciaires de l’Ancien Testament, tous abrogés par la Nouvelle Loi. Dieu a pu commander la peine capitale pendant un temps, puis en retirer progressivement l’autorisation. D’ailleurs le pape François cite le sort de Caïn, assassin, mais protégé par Dieu (Gn 4, 15). Le Nouveau Testament confirme certes le droit de répression des crimes, mais non la perpétuelle licéité de la peine capitale. Sur ce sujet, les Pères de l’Église ne sont pas unanimes pour déclarer qu’il s’agit d’un enseignement révélé ou définitif.

2) Quand les théologiens appuyaient la licéité de la peine capitale sur le fait que le criminel perd sa dignité, il s’agissait de la dignité opérative, morale, et non ontologique, due à la nature même, invoquée par François.

3) La majorité des textes pontificaux antérieurs envisageant la peine capitale ne sont pas adressés aussi formellement à l’Église entière que le CEC dans son changement de 2018.

4) C.D. néglige trop le développement doctrinal des interventions de plus en plus pressantes de Jean-Paul II (Evangelium vitae, CEC de 1997) et de Benoît XVI, considérant que la nécessité d’une telle peine est de nos jours quasi inexistante.

5) Les documents de la Congrégation pour la Doctrine de la foi approuvés expressément par le pape relèvent du magistère ordinaire pontifical (cf. Donum veritatis, 18 ; l’approbation « in forma specifica » n’est pas requise), et non d’une idée personnelle du pape régnant. Le magistère ordinaire pontifical, même non définitif, a plus d’autorité que n’importe quel auteur privé. À lui aussi s’applique la parole de Jésus : « Qui vous écoute, m’écoute », précisait Pie XII dans Humani generis.

6) Même sur des faits contingents, le magistère peut non seulement être revêtu d’autorité, mais encore s’exercer de manière infaillible ; il peut déclarer tel homme vrai pape, tel concile œcuménique, tel personnage saint, tel livre hérétique, tel acte concret immoral, etc. La contingence d’une donnée ne rend le magistère réformable ultérieurement (mais non dépourvu d’autorité sur le moment) que lorsqu’il énonce un élément valable pour cette donnée, et qui pourrait ne plus valoir dans une autre situation. Or, c’est justement le cas des enseignements antérieurs sur la licéité de la peine de mort.

7) La peine a pour but la réparation due en justice, ainsi que la protection de l’ordre public et des innocents, mais depuis longtemps le magistère met davantage l’accent sur sa nature aussi médicinale. Or la peine de mort ne peut pas être médicinale. Elle n’est donc pas adaptée à la notion de peine, ainsi perfectionnée.

8) Ce n’est pas parce que l’opposition au caractère expiatoire de toute peine est une erreur, que la conclusion abolitionniste est fausse. En effet, d’une prémisse fausse peut découler rigoureusement une conclusion vraie, comme tous les logiciens le savent.

9) Le N.T. et les Pères ne réclament pas la suppression de l’esclavage mais enseignent les principes qui inspireront celle-ci, quoique progressivement. Le bref Divino amore communiti, du pape Nicolas V (16 juin 1452) autorise encore l’esclavage des non-chrétiens. C’est Paul III, en 1537, qui finit par interdire tout esclavage. Mais ce n’est que Léon XIII qui invoquera le droit naturel et divin contre cette pratique.

10) La réponse de C.D. ci-contre continue à le négliger, Pie XII, le 10 avril 1958, a enseigné que certains actes peuvent voir leur moralité intrinsèque modifiée en fonction des circonstances. Prenons un exemple. Supposons que, pendant des siècles, le magistère ait permis, au moins en cas de nécessité, pour traiter une maladie X, d’amputer la jambe atteinte, et ce, sans anesthésie aucune. Arrive une époque où on découvre d’autres procédés d’anesthésie, voire de médication. Un pape estime alors le moment venu de déclarer que cette amputation sans les procédés modernes d’anesthésie est un acte barbare contraire à l’Évangile et à la dignité humaine, qu’il faut entièrement supprimer à compter de ce jour. Dira-t-on que ce pape condamne le magistère antérieur ? Non, bien sûr ! Eh bien ! de même, le CEC 2267, en 2018, déclare la peine de mort désormais inadmissible, à la lumière de l’Évangile et de la dignité humaine, sans condamner le magistère antérieur. De ce fait, la démonstration de M. Dounot, non dénuée d’intérêt, devient inopérante.
Père Basile Valuet, osb
Moine du Barroux, Docteur en théologie

© LA NEF n°312 Mars 2019
Etienne bis
L'invasion des terres chrétiennes par des populations musulmanes introduit chez nous des gens qui ne suivent pas les mêmes considérations morales. Les assassinats à l'arme blanche sur des roumis sont souvent perçus par eux comme une activité digne de louanges.

Nous ne serons respectés par ces gens-là que si nous sommes respectables c'est-à-dire forts et décidés a utiliser notre force, y compris …More
L'invasion des terres chrétiennes par des populations musulmanes introduit chez nous des gens qui ne suivent pas les mêmes considérations morales. Les assassinats à l'arme blanche sur des roumis sont souvent perçus par eux comme une activité digne de louanges.

Nous ne serons respectés par ces gens-là que si nous sommes respectables c'est-à-dire forts et décidés a utiliser notre force, y compris pour ôter la vie à ceux qui nous menacent.

Par ailleurs, les déclarations de M. Bergoglio sont utopistes. Lui est entouré. Lui ne risque pas de se faire trancher la gorge en rentrant à Ste Marthe.
En conclusion, que M. Bergoglio montre un peu de décence et qu'il se taise sur ces questions qu'il ne maîtrise pas.
perceval2507
@Tous frères Bergoglio, dans l'une de ses vidéos, en mettant le judaïsme et l'islam au même niveau d'égalité que celui de la doctrine du Christ ( symbolisé par un bambin plutôt que La Croix pour ne pas les stigmatiser, par dessus le marché !), se positionne de facto en défenseur de la peine de mort: celle des Catholiques passés, présents et futurs...
Tous frères
Citation de l'Encyclique Fratelli Tutti au sujet de la peine de mort.

« Dès les premiers siècles de l’Église, certains se sont clairement déclarés contraires à la peine capitale. Par exemple, Lactance soutenait qu’« il ne fallait faire aucune distinction : tuer un homme sera toujours un crime ».[252] Le Pape Nicolas Ier exhortait : « Tâchez de délivrer de la peine de mort non seulement les …More
Citation de l'Encyclique Fratelli Tutti au sujet de la peine de mort.

« Dès les premiers siècles de l’Église, certains se sont clairement déclarés contraires à la peine capitale. Par exemple, Lactance soutenait qu’« il ne fallait faire aucune distinction : tuer un homme sera toujours un crime ».[252] Le Pape Nicolas Ier exhortait : « Tâchez de délivrer de la peine de mort non seulement les innocents mais aussi tous les coupables ».[253] À l’occasion d’un procès contre des meurtriers qui avaient assassiné deux prêtres, saint Augustin a demandé au juge de ne pas leur ôter la vie. Et il se justifiait ainsi : « Ce n’est pas que nous nous opposions à ce qui doit ôter aux méchants la liberté du crime, mais nous voulons qu’on leur laisse la vie et qu’on ne fasse subir à leur corps aucune mutilation ; il nous paraîtrait suffisant qu’une peine légale mît fin à leur agitation insensée et les aidât à retrouver le bon sens, ou qu’on les détournât du mal en les employant à quelque travail utile. Ce serait là aussi une condamnation ; mais qui ne comprend qu’un état où l’audace criminelle ne peut plus se donner carrière et où on laisse le temps au repentir, doit être appelé un bienfait plutôt qu’un supplice. […] Réprimez le mal sans oublier ce qui est dû à l’humanité ; que les atrocités des pécheurs ne soient pas pour vous une occasion de goûter le plaisir de la vengeance, mais qu’elles soient comme des blessures que vous preniez soin de guérir ».[254]«
Miles - Christi - English
Le Barroux est hélas devenu un défenseur fervent du CVII et de toutes les aberrations modernistes, évolutionistes et historicistes qui en découlent. C'est vraiment affligeant et complètement pathétique. Leur chute à été d'autant plus dure et troublante qu'ils avaient tous les élements nécessaires pour tenir bon contre les "réformateurs conciliaires". Mais nul n'est à l'abri d'une telle dérive, …More
Le Barroux est hélas devenu un défenseur fervent du CVII et de toutes les aberrations modernistes, évolutionistes et historicistes qui en découlent. C'est vraiment affligeant et complètement pathétique. Leur chute à été d'autant plus dure et troublante qu'ils avaient tous les élements nécessaires pour tenir bon contre les "réformateurs conciliaires". Mais nul n'est à l'abri d'une telle dérive, si bien qu'il faut toujours veiller à demeurer humbles et vigilants, sans jamais trahir la vérité, quoi qu'il en coûte. Je crains bien que, le jour où Francois sera aux côtés de l'Antichrist, nous incitant à l'écouter (ce qui me semble relever de l'ordre du possible, voire du probable), Frère Basile sera toujours en première ligne s'évertuant à nous persuader que Bergoglio ne nous veut que du bien et qu'il ne saurait en aucun cas se trouver en contradiction avec l'Évangile ni avec le magistère précédent, car, si leur substance reste bien sûr identique, les circonstances historiques, à la lumière desquelles il faut les recevoir, sont nouvelles, et il faut bien se résoudre à en tenir compte en s'y adaptant, mais, "sans se contredire", bien évidemment...

Je cite au sujet de la peine capitale le document suivant, pages 57 a 60: Anathema sit Bergoglio - Document complet

Lisons un extrait du message vidéo adressé par François au sixième Congrès mondial contre la peine de mort qui s’est tenu à Oslo du 21 au 23 juin de cette année, congrès parrainé par des organisations laïques et droit-de-l’hommistes, notamment par la très gauchiste et subversive Amnistie Internationale:
« […] la peine capitale est inadmissible, quelle que soit la gravité du crime de la personne condamnée. C’est une atteinte au caractère inviolable de la vie et à la dignité de la personne humaine, qui distingue le dessein de Dieu pour l’homme et la société et sa justice miséricordieuse et empêche l’accomplissement de la juste finalité des peines. Elle ne rend pas justice aux victimes, mais alimente la vengeance. Le commandement ‘‘tu ne tueras point’’ a une valeur absolue et inclut aussi bien l’innocent que le coupable. […] Il ne faut pas oublier que le droit inviolable à la vie, don de Dieu, appartient également au criminel[1]. »
De ces paroles on ne peut que conclure à l’immoralité de Dieu dans l’Ancien Testament ainsi qu’à celle de l’Eglise pendant 2000 ans, car ni l’un ni l’autre n’ont jamais respecté le « droit inviolable à la vie » dont jouiraient les criminels. Ce n’est pas la première fois que François prend position publiquement en faveur de la position abolitionniste. On avait déjà évoqué son discours au congrès des USA en septembre 2015, dans lequel sa plaidoirie pour l’abolition de la peine capitale se doublait d’un silence assourdissant sur le crime de l’avortement.
Voici un passage du discours aux membres de l’Association internationale de droit pénal le 23 octobre 2014, ou François durcit encore davantage sa position, condamnant cette fois non seulement la peine de mort mais également la prison à perpétuité, toujours sous le fallacieux prétexte que la « dignité de la personne humaine » serait par-dessus toute chose:
« Tous les chrétiens et les hommes de bonne volonté sont donc appelés aujourd’hui à lutter non seulement pour l’abolition de la peine de mort, légale ou illégale, et sous toutes ses formes, mais aussi afin d’améliorer les conditions carcérales, dans le respect de la dignité humaine des personnes privées de la liberté. Et cela, je le relie à la prison à perpétuité. Au Vatican, depuis peu, dans le code pénal vatican, la détention à perpétuité a disparu. La prison à perpétuité est une peine de mort cachée. […] Ces abus ne pourront s’arrêter qu’avec le ferme engagement de la communauté internationale à reconnaître le primat du principe pro homine, c’est-à-dire de la dignité de la personne humaine au-dessus de toute chose[2]. »
François a aussi prôné l’abolition de la peine de mort dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia, usant du très odieux procédé qui consiste à chercher à faire passer son imposture en la rendant solidaire d’une vérité admise par tous les catholiques, à savoir, la condamnation de l’euthanasie:
« […] l’Église sent non seulement l’urgence d’affirmer le droit à la mort naturelle, en évitant l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie, mais aussi elle rejette fermement la peine de mort. » § 83
La mauvaise foi dont fait étalage François me rappelle celle de Paul VI dans la déclaration concilaire Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, où il est dit que « la doctrine de la liberté religieuse a ses racines dans la Révélation » mais dans lequel ne figure pas une seule citation de l’Ecriture à l’appui de cette nouveauté radicale. Ici, François se sert du même stratagème: sur un ton péremptoire il affirme que « l’Eglise rejette fermement la peine de mort » mais il se montre incapable de citer un seul document magistériel venant confirmer ses propos. En revanche, les textes de l’Ecriture et du magistère prouvant la fausseté du prétendu droit à la liberté religieuse pour toutes les religions dans la sphère publique et la légitimité de l’application de la peine capitale pour punir les criminels sont innombrables.
Mais, puisque ce sont des prétendus papes qui enseignent ces mensonges, la majorité des catholiques se sentent intimidés par le prestige de leur investiture et n’osent pas les contester. Pire encore, ils n’osent même pas les reconnaître tels et, dans leur pusillanimité et leur probité intellectuelle défaillante, ils en viennent même à en prendre la défense, devenant des complices de la mystification. Pensons, par exemple, à l’ouvrage du Père Basile, moine du monastère du Barroux, autrefois traditionaliste, intitulé Le droit à la liberté religieuse dans la tradition de l´Eglise. Un cas de développement doctrinal homogène par le magistère authentique. Un imposant pavé de 700 pages s’évertuant à démontrer qu’il fait jour en pleine nuit… Pour tout vous dire, je ne serais pas du tout surpris si un jour venait à paraître une étude qui pourrait s’appeler Les racines bibliques sur l’immoralité de la peine de mort. Un cas de développement théologique homogène confirmant la dignité inaliénable de la personne humaine.
Le cinquième commandement signifie l’interdiction de l’assassinat, il veut dire « tu ne tueras pas l’innocent », et non pas « tu ne tueras personne quelle que soit la circonstance », il suffit de lire l’Ancien Testament pour s’en persuader. L’Eglise n’a jamais enseigné l’existence d’un supposé droit inviolable à la vie des criminels. A la rigueur, le simple bon sens suffit à mettre en évidence l’affabulation bergoglienne. En effet, personne ne juge immoral de tuer son agresseur en exerçant la légitime défense, personne ne songerait à blâmer un policier ayant abattu un terroriste lors d’une prise d’otages ou un soldat ayant blessé mortellement un ennemi sur le champ de bataille. Absolument personne. Pas même les abolitionnistes que François soutient inconditionnellement dans leur lutte idéologique subversive en faveur des droits des criminels. Mais surtout, la révélation nous apprend que c’est Dieu lui-même qui institua la peine capitale à l’encontre des homicides, comme nous pouvons le lire dans le livre de la Genèse, au chapitre 9, verset 6:
« Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé, car Dieu a fait l'homme à son image. »
Et il faut ajouter que Dieu non seulement ordonna que la peine de mort fût appliquée par les hommes, mais que lui-même s’en chargea en intervenant directement dans les affaires humaines, châtiant des populations corrompues, comme dans les cas bien connus de Sodome et Gomorrhe, ou encore lors du déluge universel, quand Dieu décida d’exterminer toute l’humanité dépravée de la surface de la terre, à la seule exception de Noé et sa famille. Voici le verset 13 du chapitre 6 de la Genèse:
« La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d'eux; je vais les détruire, ainsi que la terre.»
Dans la législation mosaïque plusieurs crimes étaient passibles de la peine capitale (adultère, inceste, idolâtrie, etc.) Dans le Nouveau Testament Saint Paul confirme la légitimité de la peine de mort, ainsi que son origine divine, en se référant au péché contre nature. Voici le passage en question, tiré de l’Epître aux Romains:
« […] et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes […]. Et, bien qu'ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font. » (Rom. 1, 27-28/32)
Il est patent que François contredit formellement la révélation divine. Mais cela est bien connu et n’a de quoi surprendre personne. Seulement ici, l’hérésie se voit doublée d’un blasphème colossal, car, si le droit à la vie était vraiment « inviolable », comme le prétend François, Dieu lui-même serait, selon l’impie logique bergoglienne, un monstrueux criminel et un abominable génocidaire. Et l’Eglise serait fautive Elle aussi, puisque, entre autres choses, Elle prêcha les Croisades et établit le Tribunal de l’Inquisition. La conclusion évidente des paroles de François est que le Dieu biblique est un être cruel et méchant, et que son Eglise n’en est pas en reste. Voilà ce qu’enseigne furtivement François, se gardant hypocritement de l’affirmer expressément, du moins pour l’heure, et se bornant à poser les prémisses. Sans doute d’autres tireront plus tard les conclusions qui en découlent, lesquelles sont, par ailleurs, tout à fait limpides.

[1] vatican.va/…esso-contro-pena-di-morte.html
[2] vatican.va/…rnazionale-diritto-penale.html
Tous frères
L’argumentaire ici de l’érudit théologien et père Basile Valuet sur cette question de la peine de mort (et par ailleurs de la liberté religieuse puisque vous y avez fait allusion) est cohérent et sensé, qu’on y adhère entièrement, un peu ou pas. Quant à juger de sa sincérité personnelle et de celle des moines du monastère du Barroux, je ne m’y risquerais pas pour ma part, de crainte de commettre …More
L’argumentaire ici de l’érudit théologien et père Basile Valuet sur cette question de la peine de mort (et par ailleurs de la liberté religieuse puisque vous y avez fait allusion) est cohérent et sensé, qu’on y adhère entièrement, un peu ou pas. Quant à juger de sa sincérité personnelle et de celle des moines du monastère du Barroux, je ne m’y risquerais pas pour ma part, de crainte de commettre un jugement téméraire malveillant et d’être ensuite moi-même jugé sévèrement lors de mon jugement particulier (voir l’évangile selon saint Matthieu 7.2). Qui plus est, s’autoriser en tant que baptisé catholique à juger témérairement et catégoriquement l’enseignement autoritaire d’un pape régnant sur une question donnée tandis que cet enseignement n’est pas substantiellement en contradiction avec les enseignements qu’ont procurés d’anciens papes sur des questions de foi et de morale (à plus forte raison quand les enseignements de ceux-ci ne furent pas couverts du statut d’infaillibilité doctrinale), c’est prendre le risque de se laisser égarer, mine de rien, par orgueil et au nom de bonnes intentions, par sa propre compréhension et celle de son groupe religieux dissident, en se voyant implicitement, mais à mauvais droit, comme l’arbitre légitime d’interprétation de la sainte tradition et du magistère ecclésial. Or, d’après la foi catholique infaillible, l’enseignement universel et officiel d’un pape régnant dans les domaines de la foi et de la morale, quand bien même serait-il un démon ou un Judas Iscariote dans son âme, quand bien même, pour cette raison, ferait-il tout pour pervertir l’enseignement de l’Église sans toutefois y parvenir, sera toujours protégé, miraculeusement, contre l’hérésie inhérente ou substantielle (par exemple même s’agissant de la si controversée exhortation « Amoris laetitia » : Amoris laetitia : une réponse aux dubia ), et cela grâce à la volonté toute-puissante de Dieu qui l’a voulu ainsi (cf. Matthieu, chapitre 16, versets 13 à 23). Voilà l’enseignement sûr et certain de la sainte Eglise.
Tous frères
Personnellement, je crois fermement que le seul fait qu’un jugement de condamnation à mort est entaché du moindre doute quant à la culpabilité réelle du condamné (et l'on sait que les erreurs judiciaires finalement attestées furent relativement nombreuses dans l’histoire – sans compter toutes celles, bien plus nombreuses, que Dieu seul connaît, et l'on sait également que les faux et malveillants …More
Personnellement, je crois fermement que le seul fait qu’un jugement de condamnation à mort est entaché du moindre doute quant à la culpabilité réelle du condamné (et l'on sait que les erreurs judiciaires finalement attestées furent relativement nombreuses dans l’histoire – sans compter toutes celles, bien plus nombreuses, que Dieu seul connaît, et l'on sait également que les faux et malveillants témoins sont relativement nombreux à toutes les époques) est absolument suffisant pour déclarer ce jugement radicalement contraire à la dignité humaine et donc totalement illégitime moralement. Du reste, les familles de victimes d’erreurs judiciaires condamnées donc injustement à mort comprendront intuitivement et viscéralement cet argument qui déjà concerne un nombre potentiellement et relativement important de condamnations à mort.
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Tous frères
La mauvaise foi dont fait étalage François me rappelle celle de Paul VI dans la déclaration concilaire Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, où il est dit que « la doctrine de la liberté religieuse a ses racines dans la Révélation » mais dans lequel ne figure pas une seule citation de l’Ecriture à l’appui de cette nouveauté radicale

Faux ! La partie II de ce document de l’Église enseigna…More
La mauvaise foi dont fait étalage François me rappelle celle de Paul VI dans la déclaration concilaire Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, où il est dit que « la doctrine de la liberté religieuse a ses racines dans la Révélation » mais dans lequel ne figure pas une seule citation de l’Ecriture à l’appui de cette nouveauté radicale

Faux ! La partie II de ce document de l’Église enseignante réunie en Concile universel, intitulée « La liberté religieuse à la lumière de la Révélation », contient de nombreuses et pertinentes citations du Nouveau testament en bas de page, Nouveau Testament qui par excellence fait partie intégrante de la Révélation.
Miles - Christi - English
Ces citations concernent la liberté religieuse de la vraie religion, pas celle des religions fausses -hérétiques, schismatiques et idolâtres-...
Tous frères
Denzinger (éd. de 1996) - Symboles et définitions de la foi catholique - Lettre du pape Grégoire Ier (Saint Grégoire le Grand) " Qui sincera " à l'évêque Paschase de Naples, en novembre 602.

La tolérance à l'égard des convictions religieuses différentes

Ceux qui, avec une intention droite, désirent amener des gens étrangers à la religion chrétienne, à la foi juste, doivent s'y efforcer par …More
Denzinger (éd. de 1996) - Symboles et définitions de la foi catholique - Lettre du pape Grégoire Ier (Saint Grégoire le Grand) " Qui sincera " à l'évêque Paschase de Naples, en novembre 602.

La tolérance à l'égard des convictions religieuses différentes

Ceux qui, avec une intention droite, désirent amener des gens étrangers à la religion chrétienne, à la foi juste, doivent s'y efforcer par des paroles de bonté et non pas par des paroles dures, en sorte que l'inimitié ne repousse pas au loin ceux dont l'esprit aurait pu être mis en mouvement par l'indication d'une raison claire. Car tous ceux qui agissent autrement, et qui sous ce couvert veulent les éloigner de la pratique habituelle de leur rite, il s'avère qu'ils travaillent à leur propre cause plus qu'à celle de Dieu. Des juifs en effet qui habitent Naples se sont plaints auprès de Nous en disant que certains s'efforçaient de façon irraisonnée de les empêcher d'accomplir certaines célébrations de leurs fêtes, en sorte qu'il ne leur soit plus permis d'accomplir les célébrations de leurs fêtes comme il leur était permis depuis longtemps, ainsi qu'à leurs parents, de les observer ou de les accomplir. S'il en est vraiment ainsi, ces gens semblent mettre leurs efforts dans une entreprise vaine. Car quelle utilité y a-t-il à cela dès lors que, même si on le leur interdit au rebours d'un long usage, ils n'y trouvent aucun profit pour la foi et la conversion ? Ou pourquoi établissons-nous des règles pour les juifs quant à la manière dont ils doivent accomplir leurs cérémonies, si nous ne pouvons pas les gagner par là ?

Il faut donc faire en sorte qu'encouragés plutôt par la raison et la douceur, ils veuillent nous suivre et non pas nous fuir, pour que, leur expliquant par les Ecritures ce que nous disons, nous puissions avec l'aide de Dieu les convertir au sein de la mère Eglise. C'est pourquoi, que ta fraternité les enflamme à la conversion par des monitions, autant qu'elle le peut avec l'aide de Dieu, et qu'elle ne permette pas à nouveau qu'ils soient inquiétés à cause de leurs célébrations ; qu'ils aient au contraire une entière liberté d'observer et de célébrer leurs festivités et leurs fêtes, comme ils l'on fait jusqu'ici.
Tous frères
Denzinger (éd. de 1996) - Symboles et définitions de la foi catholique - Lettre du pape Alexandre II " Licet ex " au prince Landolfe de Bénévent, en l'an 1065.

Tolérance à l'égard de la conviction religieuse d'autrui.

Bien que nous ne doutions pas que ce soit par un effet du zèle de la dévotion que ton excellence ordonne de mener les juifs au culte de la chrétienté, nous n'en avons pas …More
Denzinger (éd. de 1996) - Symboles et définitions de la foi catholique - Lettre du pape Alexandre II " Licet ex " au prince Landolfe de Bénévent, en l'an 1065.

Tolérance à l'égard de la conviction religieuse d'autrui.

Bien que nous ne doutions pas que ce soit par un effet du zèle de la dévotion que ton excellence ordonne de mener les juifs au culte de la chrétienté, nous n'en avons pas moins estimé nécessaire de t'envoyer notre lettre pour t'admonester, puisque tu sembles le faire par un zèle désordonné. Notre Seigneur Jésus Christ en effet, comme on le lit, n'a contraint personne à son service par force, mais, toute liberté de juger par lui-même étant laissée à chacun, tous ceux qu'il a prédestinés à la vie éternelle il ne les a pas rappelés de l'erreur en jugeant, mais en répandant son propre sang. ... De même le bienheureux Grégoire interdit dans une de ses lettres que ce même peuple soit amené à la foi par la violence.