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shazam
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Celui qui doit mourir (1957) En 1921, en Anatolie. Comme tous les sept ans dans le village grec orthodoxe de Lycovryssi, les habitants choisissent six d'entre eux pour faire revivre la Passion du …More
Celui qui doit mourir (1957)

En 1921, en Anatolie.

Comme tous les sept ans dans le village grec orthodoxe de Lycovryssi, les habitants choisissent six d'entre eux pour faire revivre la Passion du Christ durant la Semaine sainte. C'est au Conseil des anciens que revient la responsabilité d'attribuer les rôles.

Tandis que le jeune berger Manolios se voit chargé d'incarner Jésus, un groupe de Grecs chassés de leur village par les Turcs arrive à Lycovryssi.

La présence de ces réfugiés va diviser les autochtones : tandis que le pope et les notables les rejettent sans pitié, les habitants plus modestes désignés pour incarner les apôtres et le Christ, mettent tout en œuvre pour les secourir. Leur charité va agir comme un choc, provoquant un enchaînement de drames qui va bouleverser la vie de la vieille cité...

Le film (French, Greek subs) est adapté du roman Le Christ Recrucifié de Níkos Kazantzákis.

« Le peuple doit mener éternellement son combat pour la liberté. »

Un film sur la difficulté de s‘unir contre un ennemi commun qui sait diviser les gens par les égoïsmes privés...

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Les sentiments humains sont mis en exergue, qu'ils soient positifs ou négatifs : le courage et la lâcheté, l'amour et la haine, l'indifférence et la compassion ... bref un film profondément humain.

La mise en scène porte un message christique, avec l'agha en Pilate, Grigoris dans le rôle de Caïphe, et surtout Manolios menotté avec les poignets au-dessus de la tête, comme le Christ en croix. Mais il y a aussi une évocation des aspects les plus vils de la collaboration franco-allemande. Le pouvoir turc est décrit comme corrompu, mais surtout dans son abus hédoniste des sens et dans son cynisme, tandis que la mauvaise foi chrétienne dissimule fort mal la veulerie de bas intérêts privés.

Dans le film, Jules Dassin (réalisateur) choisit de les faire combattre jusqu'au bout. L'idée du réalisateur était de maintenir le moral des classes populaires combattantes.

Pour Kazantzákis (l’auteur de roman), l'épisode n'est qu'un moment de souffrances sur Terre pour des âmes vivant dans le mode spirituel.

(SensCritique)

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La coutume veut qu'à Lycovrissi, les habitants jouent tous les sept ans le mystère de la Passion du Sauveur.

Du haut de la chaire, dans l'église, le Pope, le père Grégoris, vient de désigner ceux qui ont été choisis par le conseil des anciens pour tenir les rôles :

Manolios, berger de Patriarkheas, gros propriétaire, sera Jésus.
Katarina, veuve aux moeurs légères, sera Marie-Madeleine.
Mikhelis, fils de Patriarkheas, sera saint Jean ;
Panayotaros, le sellier, sera Judas ;
Yannakos, le colporteur, saint Pierre ;
Kostandis, le cafetier, saint Jacques.

Tous sont invités à vivre désormais dans l'esprit des personnages qu'ils ont à incarner. A la sortie de l'église, les paroissiens voient déferler dans le village une troupe misérable : hommes, femmes, enfants hâves, dépenaillés. A leur tête le Pope Photis. Chassés par les Turcs, ils errent en quête d'un village qui leur donne asile.

Grégoris et le maire Patriarkheas refusent de les accueillir ! Pour éviter que les gens ne s'apitoient sur leur sort, Grégoris déclare qu'ils amènent le choléra.

Mais les futurs acteurs du drame chrétien, déjà conscients de leur rôle, vont opposer à cette dureté, la charité du Christ et de ses disciples.

Pour aider les malheureux, résolus à fonder malgré tout un nouveau village sur la montagne voisine, Katarina, la première, donne sa brebis et abandonne sa triste vie, conquise par un autre amour. Puis Manolios défend la cause des pauvres auprès des villageois. Mikhélis enfin, après la mort de son père, donne ses terres aux réfugiés. Cette décision divise et soulève le village. Le drame est noué.

Nous retrouverons tous les personnages de la Passion :
Pilate qui se lave les mains,
Caïphe qui prétexte le salut du peuple,
Judas furieux de se voir rejeté par Katarina.

Finalement, Manolios sera tué par Judas, mais les Grecs, villageois et réfugiés, dont l'unité se refait par le sacrifice du berger, s'apprêtent à tenir tête aux Turcs qui veulent, à la demande de Grégoris, mater la révolte.

(unifrance.org)
Louis Saint-viator
Prix OCIC (Festival de Cannes 1957) ex-æquo avec Les Nuits de Cabiria de Federico Fellini;

Transposition à l'écran du roman de Nikos Kazantazakis, "Le Christ recrucifié".

Synopsis :

En Asie Mineure vers 1921, les populations grecques sont persécutées par les Turcs. Dans le petit village grec Lykovrissi, qui vit en bonne intelligence avec les Turcs, le pope Grigoris prépare la reconstitution …More
Prix OCIC (Festival de Cannes 1957) ex-æquo avec Les Nuits de Cabiria de Federico Fellini;

Transposition à l'écran du roman de Nikos Kazantazakis, "Le Christ recrucifié".

Synopsis :

En Asie Mineure vers 1921, les populations grecques sont persécutées par les Turcs. Dans le petit village grec Lykovrissi, qui vit en bonne intelligence avec les Turcs, le pope Grigoris prépare la reconstitution de la fête de la Passion. Le berger Manolios doit incarner le Christ alors que le rôle de Marie-Madeleine sera tenu par la belle veuve Katerina. Surviennent durant les préparatifs de la cérémonie, des rescapés d'un village saccagé par les Turcs. Les autorités qui craignent des représailles leur refusent hospitalité et nourriture. Le berger Manolios et Katerina, aidés par trois de leurs compagnons, leur portent secours. Mais le berger est poignardé par Panayotaros, qui devait tenir le rôle de Judas, et meurt dans les bras de Katerina, payant de sa vie son courage et son humanité.

Nikos Kazantazakis est également l'auteur de La Dernière Tentation (La Dernière Tentation du Christ, à l'écran)
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