Clicks3
jili22

Troisième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Souveraine

La douleur doit être souveraine, c'est-à-dire supérieure à toute autre douleur ; de telle sorte que tout ce que nous pouvons imaginer de plus fâcheux dans la vie, ne soit pas, à nos yeux, un aussi grand malheur, que celui d'avoir perdu l'amitié de Dieu. Toute vive que doit être cette affliction, ou cette douleur, il n'est pas nécessaire cependant qu'elle soit sensible ; il suffit que, dans la vérité, nous mettions le péché au-dessus de la perte de ce que nous avons de plus cher au monde. Si votre regret ne va pas jusque-là, vous n'êtes pas dans l'état d'une vraie contrition, ni même de cette attrition qui est essentielle au sacrement. Cette qualité demande une attention particulière.

TROISIÈME CONDITION

SOUVERAINE

Mon Dieu, je déteste de tout mon cœur et souverainement, tous les péchés que j'ai eu le malheur de commettre contre votre divine majesté ; j'ai plus en horreur le péché que tous les maux qui pourraient jamais m'arriver. Fallût-il perdre mes biens, ma liberté, ma vie même, je suis disposé à tout sacrifier plutôt que de vous offenser par un seul péché mortel. Hé ! quel mal peut entrer en comparaison avec le péché ? Quelle perte peut égaler la perte de votre grâce et de votre amour ? Oh ! que j'ai vécu longtemps dans cet état déplorable ! J'ai aimé un peu de métal, une maison, un titre, une chimère qu'on appelle réputation ; j'ai aimé une conversation, un amusement qui échappe. Il n'y a que vous, ô mon Dieu, pour qui il ne me restait point d'amour. Je m'épuise encore chaque jour pour les créatures les plus méprisables. Ne goûterai-je donc jamais le bonheur de l'amour divin ? Jusqu'à quand préférerai-je d'aimer les créatures les plus viles ? Ô Dieu ! régnez sur moi malgré mes infidélités. Que le feu de votre amour éteigne tout autre feu. Que puis-je voir d'aimable hors de vous, que je ne trouve parfaitement en vous qui êtes la source de tout bien ? et qu'ai-je à désirer dans le ciel, et que puis-je aimer sur la terre, si ce n'est vous, ô mon Dieu ? (Ps. 72, 25)

(Extrait de Manuel du Pénitent ou conduite pour la Contrition)

tiré du blog : le-petit-sacristain.blogspot.com