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La bonne santé de l'âme « Nous savons tous comment prendre soin de son corps, même si nous ne le faisons pas toujours. Un mélange d'un peu de sport, de repos, de quelques plaisirs pas trop excessifs.…More
La bonne santé de l'âme
« Nous savons tous comment prendre soin de son corps, même si nous ne le faisons pas toujours. Un mélange d'un peu de sport, de repos, de quelques plaisirs pas trop excessifs... Mais est-il possible de faire pareil avec l'âme ? Existe-t-il des techniques, des exercices pour la conserver en bonne santé ? Alors qu'approche l'Avent, la liturgie invite chacun à se retrouver spirituellement, à approfondir sa relation à Dieu et, généralement, à se préparer à cette fête de la sollicitude divine. Ce soir, sous la houlette du bibliste Régis Burnet, Jean-Guilhem Xerri et Alexandra Puppinck-Bortoli partagent leurs savoirs et invitent les téléspectateurs à bien prendre soin de leur âme. »
14 nov. 2021
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L’acédie

- L’acédie n’est pas une affaire de vieux moines dans le désert, on en a les symptômes actuellement. Perdre le désir de Dieu, l’atonie, l’âme qui s’effondre sur elle-même.
Image : le bateau au milieu de l’océan, sans gouvernail.

- La perte de sens d’aujourd’hui : une acédie qui s’ignore ?

- L’acédie touche chacun de manière différente.

- L’acédie vient nous chercher là ou sont nos blessures, et nos insatisfactions.

- L’on va remplir les vides par des trop-pleins, par diverses hypers consommations, comme pour remplacer la joie et la paix que l’on perd dans l’acédie. Ce qui montre qu’une âme est en bonne santé, c’est la joie et la paix qui émane, en fait, de cette personne. Dans l’acédie il n’y a plus cette joie et cette paix.

- L’acédie nous fait perdre nos engagements. Pour reprendre l’expression de Bernanos : « …à quoi bon... »

- L’acédie nous fait perdre le discernement. Il y a un désordre du corps et de l’esprit parce que notre âme n’est plus du tous dans une ‘verticalité’, elle n’est plus relié à une vie spirituelle, esseulée et sans guide. Risque : le désengagement.

- Développement d’une rancœur : les autres sont responsables de notre mal. L’on devient amer, cynique, et c’est la ‘dégringolade’…

- Formes : déprime et torpeur accablante, ou dans une forme de perfectionnisme mais sans âme, désincarné.

- Quelque chose de « la maladie du siècle » … Elle touche au plus profond de l’âme, à sa vitalité, les symptômes sont nombreux et souvent paradoxaux !

- Faire le diagnostic d’acédie : il est prudent de ne pas le faire seul, pour soi ! parce que c’est trop complexe.

- Des personnes, - peut-être – sont dans une forme de dépression mais ils ignorent que c’est en réalité une maladie spirituelle, et pas forcément qu’une maladie psychologique.

- La société n’est pas autre chose que nous-même. Nous créons cette société, nous jouons le jeu de la société. Et à la fin nous sommes victimes de notre propre jeu. Je pense que notre société est prise en flagrant délit d’acédie, dans le sens où elle ne met en aucun cas la dimension spirituelle. (…) Le fait de se détourner de la dimension spirituelle c’est déjà être dans le mouvement acédiaque.

- C’est la maladie spirituelle la plus profonde. Notre vie spirituelle profonde n’est plus alimenté, nourrit, perfusée, par la vie de Dieu, la vie en plénitude, la vie qui appelle à l’éternité et qui se donne et se déploie dans l’éternité. C’est cette vie là dont l’acédiaque est coupé, c’est une coupure de la vie profonde que Dieu nous donne. En terme non chrétien : c’est cette vitalité profonde qui fait que je me déploie et qui va donner la vie à d’autres.
C’est le sujet de la vie, c’est quelque chose qui circule, qui nous dépasse, dont on est pas l’origine et dont la dynamique est celle du don et de transmettre et de donner la vie autour de soi ; c’est cette vie là dont on est coupé quand on est acédiaque.

- Remède : du concret, le travail manuel, le memento mori, une forme d’action de grâce, mobiliser le corps, se tourner vers cette source qui nous manque en profondeur, l’invocation du Nom.

- Pour retrouver une vie spirituelle, il ne faut pas tout changer dans sa vie, mais plutôt la manière et le sens que l’on va donner à chaque chose, et c’est à notre portée. Il s’agit de réveiller nos âmes, notre regard spirituel sur la vie, une sensibilité spirituelle.

- la garde du cœur : « soit le gardien des portes de ton cœur » : pensées, émotions, paroles, être attentif à ce qui traverse notre cœur, dans le but de rester en paix.
La garde du cœur c’est le mode central de la vie intérieure, dans la vie spirituelle tel que le christianisme primitif nous l’enseigne.

- Une âme en bonne santé est une âme qui est joyeuse, le premier marqueur d’une bonne santé de l’âme, c’est la joie et le rire.