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Saint Joseph, Protecteur de l'Église

Le Petit Sacristain

Saint Joseph, Protecteur de l'Église

Extrait de "Pouvoir de Saint Joseph", par le R. P. Huguet, Mariste :

Joseph ressembla aux Apôtres à qui était confié le soin de porter Jésus-Christ en tous lieux. (S. Hilaire)

C'est dans l'humble maison de Nazareth, dont le Bienheureux Joseph était le chef visible, qu'a commencé cette société spirituelle qui devait honorer et glorifier Dieu dans tous les lieux du monde en esprit et en vérité. Jésus représentait tous les fidèles, qui, comme chrétiens, sont ses membres et enfants de Dieu par sa grâce. La sainte Vierge figurait l'Église, qui, étant vierge et mère, enfante et porte ses enfants dans son sein. Saint Joseph était l'image des pasteurs, qui gouvernent l'Église ; et nourrissent ses enfants des sacrements et de la parole de Dieu. Il n'a plus, dans le Ciel, aucun secours à donner à cette famille dont il était le chef ; mais il y a lieu de croire que son zèle, sa sollicitude et sa charité sont toujours appliqués aux besoins de l'Église. Et c'est pour ces besoins de l'Église militante qu'il faut le prier de s'employer auprès de Jésus-Christ, afin qu'elle croisse en sagesse et en grâce, qu'elle évite les pièges de ses ennemis. Les choses ne se conservent jamais mieux que par les soins de celui qui a contribué à les former : s'il est vrai que notre sainte Religion, encore au berceau dans la personne du divin Sauveur, fut confiée à la sollicitude et aux soins pleins de zèle de saint Joseph, ne pouvons-nous pas croire que, selon les différents états où elle se trouve, Dieu veut qu'elle naisse, qu'elle se développe, qu'elle se maintienne, qu'elle fleurisse, toujours en vertu des mérites de l'auguste Époux de Marie qui, comme le dit saint Bernardin de Sienne, eut dans ses mains la clef pour ouvrir les portes de la loi nouvelle et fermer celles de Moïse? Saint Joseph a plus coopéré, dit saint Bernard, par la pureté de sa vie à l'ineffable mystère de l'Incarnation du Verbe que tous les anciens patriarches par leurs soupirs, leurs larmes et leurs mérites. Sa virginité a été en un sens plus féconde que la fécondité de tous les ancêtres du Sauveur (Novar., liv. iv, n. 1108 et S. Bern. Sen.). Plus heureux que le vice-roi d'Égypte, il n'a pas amassé d'abondantes provisions d'un blé matériel pour nourrir les sujets d'un monarque idolâtre ; mais il a préparé et conservé au peuple fidèle le froment des élus, le véritable Pain des enfants de Dieu, le pain vivant et vivifiant, l'aliment de l'immortalité, le germe de salut (S. Bern. Sen.).
A la vue de tant de services inappréciables, la sainte Église a choisi Joseph comme son patron et son puissant protecteur. Pharaon, pour témoigner sa reconnaissance à l'ancien Joseph, ne se contenta pas de le placer au-dessus de tous les seigneurs de sa cour, il lui confia, de plus l'autorité suprême dans tout son royaume. L'Église n'a pas témoigné moins de confiance au Père adoptif du Sauveur. Ô Joseph ! lui dit-elle, je remets tous mes enfants entre vos mains. Qu'ils seront bien placés sous le patronage de celui à qui le Seigneur a confié le trésor de son divin Fils ! Vous leur servirez de protecteur et de père. En adoptant le Sauveur du monde, vous avez adopté tous les fidèles qui sont devenus ses frères bien-aimés, vous les aimerez et vous les servirez comme vous avez aimé et servi le Verbe Incarné. Saint Joseph a répondu admirablement à la confiance de l'Épouse de Jésus-Christ ; c'est sous son auguste patronage, que les nouvelles églises se sont établies et que les anciennes ont eu le bonheur de conserver leur foi. Il semble, dit un pieux écrivain, que comme le Fils de Dieu, dans son enfance, ne voulut entrer en Égypte que porté par saint Joseph ; de même la foi du Sauveur ne peut s'introduire dans le pays des infidèles qu'à l'aide de la puissante intercession de saint Joseph. Ce fut dans sa compagnie que Jésus-Enfant renversa les idoles de l'Égypte ; c'est encore par le bras de son bien-aimé père qu'il les détruit aujourd'hui pour planter sur leurs ruines l'arbre du salut. Pour récompenser saint Joseph des travaux et des peines qu'il eut à souffrir dans ces contrées barbares. Dieu a rendu son nom glorieux chez les nations infidèles. Le grand saint Hilaire, considérant Joseph dans le voyage de Judée en Égypte, tenant le Sauveur entre ses bras, croit voir figurés en lui le zèle et la ferveur des saints Apôtres, quand ils portèrent dans tout l'univers la parole de leur divin Maître pour instruire les hommes et les gagner à Jésus-Christ. Saint Anselme se représente, dans la personne de saint Joseph brûlant du désir de voir le monde entier soumis à l'aimable joug du Sauveur, les prédicateurs de l'Évangile qui multiplient les enfants de l'Église, et reculent tous les jours les limites de son royaume.
Dès que l'Égypte, dit saint Bernard, eut fixé les yeux sur les belles et aimables qualités du Patriarche Joseph, la nation entière se pressa autour de lui. Le chaste Époux de Marie, mille fois plus aimable que le fils de Jacob, a vu les cœurs les plus dociles et les plus sauvages se consacrer avec bonheur à son service. En effet, la dévotion à saint Joseph ne s'est pas seulement répandue dans toute l'Europe, mais encore on l'a vue fleurir en Asie, en Afrique, en Amérique. Si nous parcourons la Turquie, nous verrons les Latins, les Grecs catholiques se distinguer par leur zèle à honorer notre saint Patriarche ; si nous consultons les annales de l'Église de l'Amérique septentrionale, nous trouverons que le premier des Iroquois admis à recevoir le saint baptême a voulu prendre le nom béni de Joseph. Si nous suivons au Tonking les missionnaires apostoliques, nous aborderons avec confiance à des ports placés sous la protection de saint Joseph. Enfin, si nous pénétrons jusque dans les contrées les plus reculées des Indes, partout dans l'Orient, comme dans l'Occident, nous aurons la consolation d'entendre invoquer le nom de Joseph. C'est sous ses auspices que l'on voit les Églises naître, fleurir et conserver leur foi dans toute sa pureté et son intégrité.
La dévotion à saint Joseph prit un grand accroissement à l'occasion de l'extrême nécessité dans laquelle se trouva l'Église, lorsqu'elle vit s'élever dans l'Occident cet horrible schisme qui, semblable à un vent furieux, l'ébranlait et la déchirait de toutes parts. Dans le célèbre concile que l'on tint à Constance pour essayer de mettre fin au schisme, le pieux chancelier Gerson proposa, parmi d'autres moyens propres à calmer la tempête, d'invoquer spécialement saint Joseph et de propager son culte, dans l'espérance que cette dévotion serait comme un astre avant-coureur de paix et de sainteté. Il ajouta que ce grand Saint ayant été le gardien et comme le tuteur de Jésus-Christ, il le serait sans doute aussi du christianisme. Le concile approuva à l'unanimité cette résolution, et l'événement justifia sa confiance dans le chaste époux de Marie.
Âmes fidèles, demandez tous les jours dans vos prières à ce grand Saint, qu'il continue de protéger l'Église contre ces ennemis visibles et invisibles ; qu'il déjoue les projets des nouveaux Hérodes qui voudraient éteindre l'amour de Jésus-Christ dans tous les cœurs ; qu'il veille sur les apôtres de l'Évangile qui vont jusqu'aux extrémités du monde porter le flambeau de la vraie foi, afin que les vaines idoles et les mauvaises passions étant renversées, il n'y ait plus qu'un seul troupeau et un seul pasteur, unum ovile et unus pastor. Amen.

EXEMPLE

L'Ordre de Saint-François se distingua par la tendre dévotion qu'il eut presque dès le berceau pour saint Joseph. Un Chapitre Général, tenu en 1399, en établit la fêle, et plusieurs autres Chapitres ajoutèrent successivement à la pompe de cette fête. Sans entrer dans plus de détails sur ces temps reculés, il suffirait de lire tout ce que saint Bernardin de Sienne a écrit de tendre et de touchant sur saint Joseph, pour avoir une idée de la dévotion qu'avait déjà pour ce saint Patriarche l'Ordre de Saint-François. Voyant, en 1564, s'accroître de plus en plus la multitude des Franciscains qui désiraient revenir à l'ancienne rigueur de la règle primitive, il convoqua, en vertu des pouvoirs que lui avait donnés le Saint Siège, un Chapitre Général de la Réforme, où les neuf maisons qui s'y étaient soumises, furent érigées en une province particulière. En même temps, le saint Réformateur, voulant assurer à cette plante encore faible, un tuteur capable de la protéger et de la défendre, lui donna le saint nom de Joseph, et recommanda instamment, à tous ses Religieux, de l'honorer comme leur Patron spécial ; enfin il régla que le sceau de la nouvelle province porterait l'image de saint Joseph tenant l'Enfant-Jésus entre ses bras.

PRATIQUE

Prier Saint Joseph pour la paix et la liberté de l'Église, et pour la conversion des hérétiques et des schismatiques.

tiré du blog : le-petit-sacristain.blogspot.com
Elie M.
Hymne "Ô saint Joseph"
Elie M.