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Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes (http://le-petit-sacristain.blogspot.com/)

Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes (le-petit-sacristain.blogspot.com)

Posted: 28 Nov 2019 09:24 PM PST

Extrait de « Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire » par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus :

Remettez, et l'on vous remettra à vous-mêmes. (Luc. VI, 37)

Les saints docteurs Augustin et Grégoire réduisent à quatre espèces les suffrages que l'on offre pour les défunts : saint sacrifice, prière, jeûne et aumône. Des théologiens plus récents en ajoutent une cinquième, qui est de pardonner dans la même intention une offense reçue ; et, comme cet acte a quelque chose de plus héroïque et de surnaturel, il est par-là même d'une grande efficacité. Voyons-en la preuve dans le miracle suivant.
Dans une ville d‘Italie, à Bologne, une veuve noble et riche avait un fils unique qu'elle aimait tendrement et qui était pour elle comme la pupille de ses yeux. Ce jeune enfant avait coutume de jouer sur la place publique avec ceux de son âge, à un jeu qu'il affectionnait beaucoup. Un jour, un étranger qui passait par-là troubla la partie avec un mauvais vouloir évident. L'enfant qui était vif et emporté de nature, lui cria de rester tranquille, et ajouta quelques expressions un peu dures. Celui-ci n'était pas moins irascible : il dégaine aussitôt, court sur le malheureux enfant, l'atteint, lui plonge son épée dans la poitrine et le jette à terre sans vie. Il n'eut pas plus tôt accompli ce crime, qu'il en sentit toute l'horreur, et, son épée sanglante à la main, se mit à courir devant lui, jusqu'à ce que, voyant une porte ouverte, il s'y précipita. C'était la maison de sa victime ! Il monte rapidement l'escalier, sans savoir où il aboutirait, et arrive dans l'appartement de la malheureuse veuve, qu'il ne connaissait point. Pour elle, à la vue de cet homme, de ce sabre nu et couvert de sang, elle demeura tout interdite. Ce fut l'affaire d'un court moment ; car aussitôt, entendant l'étranger lui demander au nom de DIEU, asile contre ceux qui le poursuivaient, sa piété se laissa attendrir ; elle l'enferme dans une cachette, promettant de ne point le livrer. Elle croyait à un meurtre involontaire ou de simple imprudence, et en ignorait totalement l'occasion et la victime.
Cependant, les officiers de justice l'avaient suivi de près ; ils le virent entrer dans cette maison et y pénétrèrent eux-mêmes peu après lui, en le demandant à haute voix. Ils le cherchèrent dans tous les coins, sous tous les meubles, mais inutilement. Ce que voyant, comme ils allaient se retirer, l'un d'eux dit: « Cette dame doit savoir que celui qui a été tué est son propre fils ; elle ne voudrait donc pas, je m'imagine, soustraire à la justice un tel meurtrier. »
À ces paroles, qui furent aussitôt confirmées par tous les autres, la pauvre mère se sentit le cœur percé d'un coup mortel ; elle tomba évanouie. Quand elle revint à elle, on crut qu'il serait impossible de la sauver, tant ce coup l'avait frappée au vif. Mais bientôt une grande force descendit en elle, et, s'en remettant à la Providence, elle adora ses éternels décrets, promettant de pardonner pour l'amour de DIEU cette cruelle injure.
Bien plus, la grâce agissant de plus en plus sur son cœur, elle résolut de rendre le bien pour le mal, et de faire pour le meurtrier de son fils ce qu'elle aurait fait pour son propre fils. Sans tarder, elle va le trouver dans sa cachette, ne lui fait pas un reproche, lui remet une bourse, avec un cheval qu'elle avait fait préparer, et l'engage à se soustraire par la fuite aux conséquences de l'assassinat.
Quelle fut la récompense d'un si beau trait de magnanimité chrétienne ? La pieuse mère, toute à sa douleur, s'était retirée dans sa chambre, devant une image de Notre-Seigneur, et elle y priait pour son cher défunt, lorsqu'il se fait voir à elle brillant comme un soleil, le visage heureux, tenant à la main la palme du triomphe : « Bonne nouvelle, chère mère, lui dit-il ! séchez vos larmes ; mettez un terme à votre douleur. Il ne faut point me plaindre, mais envier mon sort. La générosité chrétienne dont vous avait fait preuve hier m'a tiré immédiatement du purgatoire. Oh ! que je vous dois bien plus pour m'avoir enfanté ainsi à la vie éternelle que pour m'avoir donné la vie du corps ! La justice divine m'avait condamné à de longues années de souffrances pour mes fautes ; mais votre pardon a complété en un instant l'expiation, et je suis auprès de mon DIEU, où je resterai pendant l'éternité. Réjouissons-nous donc et chantons ses bienfaits. »

(V. Nicius Erythræus, exemple Vlll; le P. Ségneri, Christ. instr., part. I, disc. 20.)