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LE « POOR WHITE TRASH » OU LA PAUVRETÉ ODIEUSE DU BLANC AMÉRICAIN

Roy-XXIII
" Les termes « po’ white trash » apparaissent, sous une forme orale, dans la bouche des noirs des plantations, qui, dès les années 1820, dénigrent de pauvres blancs déchus, misérables et violents. …More
" Les termes « po’ white trash » apparaissent, sous une forme orale, dans la bouche des noirs des plantations, qui, dès les années 1820, dénigrent de pauvres blancs déchus, misérables et violents. Ceux-là incarnent à leurs yeux la lie de l’ensemble de la population sudiste, noirs et blancs confondus (Wray 18). Dans les champs de coton ou dans les cuisines des planteurs, les esclaves noirs chantent les contradictions de la société de la suprématie blanche dont les stratifications sociales réelles contredisent le discours. « Plutôt être un nègre qu’un poor white trash » est le cri qui leur permet de se rehausser dans la hiérarchie sociale sudiste dont ils peuvent désormais penser occuper la pénultième marche.

La première trace écrite de l’épithète infamante « white trash » semble dater de 1833. Elle apparaît dans la correspondance de l’actrice Fanny Kemble, qui relate une conversation mondaine tenue lors d’un dîner organisé par la fille d’un planteur et homme d’État de Géorgie. Cette dernière, Mary Caton, lui fait le récit enthousiaste de la vie de la plantation et se félicite de la loyauté et de l’éthique du travail des esclaves, qui nourriraient le plus grand mépris pour les « domestiques blancs » qu’ils appellent, précise-t-elle, « white trash »

Le dénigrement social est manifeste dans cet usage : le regard méprisant du noir se double de celui de la bourgeoisie, qui se pose ici en médiateur complaisant de l’hostilité des esclaves à l’égard de ces blancs dégénérés."