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Le balayeur à la rose. Portrait délicat d’un poète qui avait choisi d’être balayeur de rue. Devenir balayeur de rue par vocation. Choisir un métier dévalorisé pour la liberté qu’il procure malgré …More
Le balayeur à la rose.

Portrait délicat d’un poète qui avait choisi d’être balayeur de rue.
Devenir balayeur de rue par vocation. Choisir un métier dévalorisé pour la liberté qu’il procure malgré des études qui auraient permis d’autres issues professionnelles. C’est le choix de Michel Simonet, un homme pétri de culture littéraire qui a pris le parti de garder la tête libre et de pratiquer un métier indéniablement utile.

Cet homme, revêtu d’orange de la tête aux pieds pour arpenter les rues de Fribourg par tous les temps, invariablement accompagné d’une rose rouge qu’il accroche à son chariot, a écrit un livre, « Une rose et un balai », pour décrire ce qu’il considère comme une aventure quotidienne et apporter, comme il le dit en amoureux des rimes, de la poésie au cœur de la voirie. Si balayer et ramasser occupent une grande partie des journées de Michel Simonet, les livres tiennent une place de choix dans sa vie et le chant est indissociable de ses gestes répétés. Dans ses parcours journaliers d’environ 15 km, ce qui l’amène à se comparer à un chasseur cueilleur, à la seule différence que sa quête se nourrit de déchets, un vaste répertoire de chansons lui permet de trouver une certaine intériorité. Des journées qui se ressemblent à accomplir les mêmes gestes toujours recommencés mais qui réservent aussi leur lot de surprises à qui sait les observer : « Ce ne sont jamais les merveilles qui manquent mais plutôt la faculté de s’émerveiller par tous nos sens ».

Le Prix Farel, festival du film à thématique religieuse, a récompensé Le balayeur à la rose de Nicole Weyer.
Le portrait délicat d’un balayeur poète remporte le prix du meilleur moyen métrage et le prix du public.
Passe-moi les jumelles du 29 avril 2016, une émission de la Radio Télévision Suisse. "Le balayeur à la rose", un reportage de Nicole Weyer
Livre : Une rose et un balai, Editions Faim de siècle.
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Le Prix Farel, festival du film à thématique religieuse, a récompensé Le balayeur à la rose de Nicole Weyer.
Le portrait délicat d’un balayeur poète remporte le prix du meilleur moyen métrage, et le prix du public.
Livre : Une rose et un balai, Editions Faim de siècle.
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Chroniques d’un balayeur qui écrit … et non d’un écrivain qui balaye

Le livre du « cantonnier à la rose » a été publié en …More
Le Prix Farel, festival du film à thématique religieuse, a récompensé Le balayeur à la rose de Nicole Weyer.
Le portrait délicat d’un balayeur poète remporte le prix du meilleur moyen métrage, et le prix du public.
Livre : Une rose et un balai, Editions Faim de siècle.
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Chroniques d’un balayeur qui écrit … et non d’un écrivain qui balaye

Le livre du « cantonnier à la rose » a été publié en 2015 et a été vendu à plus de 30.000 exemplaires. Sa renommée a déjà largement dépassé Fribourg et les frontières helvétiques. Une rose et un balai a été sélectionné par l’Académie Goncourt comme
l’un des « dix livres à dévorer » durant l’été 2018.

Michel Simonet :

« Vider une poubelle dans les règles de l’art requiert donc prudence et attention, car une autopsie s’impose. Nous devenons alors les médecins légistes de notre société, essayant de comprendre ce qui a bien pu se passer dans la tête de certains usagers. Bêtise ? Paresse ? Une poubelle peut en effet révéler d’étonnants mystères et d’improbables découvertes, bonnes ou mauvaises. Elle est alors au sens propre et figuré du terme : apocalyptique, révélation du moins partielle des comportements humains. »
Poubelles de jour et de nuit p.45

« J’ai pas fini cantonnier, j’ai commencé.
Et je continue à finir non dans la finitude, mais comme on finirait une œuvre pour la rendre toujours plus accomplie. […]
J’apprends en rencontrant, en partageant. Il y a des discussions même courtes et surtout simples et franches qui valent un tour du monde, ou en tout cas bien quelques fuseaux horaires.
J’accumule également du savoir en balayant ce même trottoir, avec mes outils et de quoi faire autour. Organisation, calme, patience et modération sont alors les thèmes du jour à étudier. »
Péripatétisons p. 96-98

« Prendre son temps est un moyen de ne pas le perdre.
Faire un break suite à une grosse fatigue ou une névrose, prendre un urgent temps sabbatique sont des réalités de plus en plus fréquentes, personnellement destructrices et socialement coûteuses que nous autres balayeurs « lentbdas » connaissons rarement, non parce que nous travaillons moins, mais parce que nous avons la grande chance de travailler longuement plutôt qu’à toute vitesse, en mode marathon plutôt que 100 mètres. C’est une question de rythme, de cœur qui bat au diapason de notre nature, d’équilibre « tout feu tout flegme » qui évite le burn-out.
Je remarque que la lenteur, qui n’est pour moi rien d’autre que le rythme fondamental de l’humanité, est devenue un luxe paradoxalement nécessaire et vital par les temps qui courent, qui nous entraînent plutôt qu’ils ne nous portent. On perd actuellement en teneur ce que l’on gagne en vitesse, et cette vitesse que l’on atteint semble actuellement beaucoup plus intéressante que la direction que l’on prend.
Et pourtant, le cheminement compte tout autant que la destination et la méthode tout autant que la formule finale. On peut comparer la vie à une plaque de cuisinière. Il y a d’autres chiffres tout aussi intéressants et utiles que le 0 ou le 9 pour concocter un plat ou réussir une recette d’existence sereine et à contre-courant. »
Escargot p.99-100

« Un travail solitaire, mais pas isolé, où il faut bien s’entendre avec soi-même, qui autorise la méditation, pourquoi pas le rêve, à ne pas confondre avec la distraction ou l’étourderie qui peuvent alors vous mener dans la lune, même si là-haut il n’y a rien à balayer. »

« C’est un vrai travail ingrat, mais d’où la grâce n’est pas absente ; elle y affleure même à tout instant. Un métier sale, certes, mais pas un sale métier. »