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Le Prix Farel, festival du film à thématique religieuse, a récompensé Le balayeur à la rose de Nicole Weyer.
Le portrait délicat d’un balayeur poète remporte le prix du meilleur moyen métrage, et le prix du public.
Livre : Une rose et un balai, Editions Faim de siècle.
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Chroniques d’un balayeur qui écrit … et non d’un écrivain qui balaye

Le livre du « cantonnier à la rose » a été publié en …More
Le Prix Farel, festival du film à thématique religieuse, a récompensé Le balayeur à la rose de Nicole Weyer.
Le portrait délicat d’un balayeur poète remporte le prix du meilleur moyen métrage, et le prix du public.
Livre : Une rose et un balai, Editions Faim de siècle.
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Chroniques d’un balayeur qui écrit … et non d’un écrivain qui balaye

Le livre du « cantonnier à la rose » a été publié en 2015 et a été vendu à plus de 30.000 exemplaires. Sa renommée a déjà largement dépassé Fribourg et les frontières helvétiques. Une rose et un balai a été sélectionné par l’Académie Goncourt comme
l’un des « dix livres à dévorer » durant l’été 2018.

Michel Simonet :

« Vider une poubelle dans les règles de l’art requiert donc prudence et attention, car une autopsie s’impose. Nous devenons alors les médecins légistes de notre société, essayant de comprendre ce qui a bien pu se passer dans la tête de certains usagers. Bêtise ? Paresse ? Une poubelle peut en effet révéler d’étonnants mystères et d’improbables découvertes, bonnes ou mauvaises. Elle est alors au sens propre et figuré du terme : apocalyptique, révélation du moins partielle des comportements humains. »
Poubelles de jour et de nuit p.45

« J’ai pas fini cantonnier, j’ai commencé.
Et je continue à finir non dans la finitude, mais comme on finirait une œuvre pour la rendre toujours plus accomplie. […]
J’apprends en rencontrant, en partageant. Il y a des discussions même courtes et surtout simples et franches qui valent un tour du monde, ou en tout cas bien quelques fuseaux horaires.
J’accumule également du savoir en balayant ce même trottoir, avec mes outils et de quoi faire autour. Organisation, calme, patience et modération sont alors les thèmes du jour à étudier. »
Péripatétisons p. 96-98

« Prendre son temps est un moyen de ne pas le perdre.
Faire un break suite à une grosse fatigue ou une névrose, prendre un urgent temps sabbatique sont des réalités de plus en plus fréquentes, personnellement destructrices et socialement coûteuses que nous autres balayeurs « lentbdas » connaissons rarement, non parce que nous travaillons moins, mais parce que nous avons la grande chance de travailler longuement plutôt qu’à toute vitesse, en mode marathon plutôt que 100 mètres. C’est une question de rythme, de cœur qui bat au diapason de notre nature, d’équilibre « tout feu tout flegme » qui évite le burn-out.
Je remarque que la lenteur, qui n’est pour moi rien d’autre que le rythme fondamental de l’humanité, est devenue un luxe paradoxalement nécessaire et vital par les temps qui courent, qui nous entraînent plutôt qu’ils ne nous portent. On perd actuellement en teneur ce que l’on gagne en vitesse, et cette vitesse que l’on atteint semble actuellement beaucoup plus intéressante que la direction que l’on prend.
Et pourtant, le cheminement compte tout autant que la destination et la méthode tout autant que la formule finale. On peut comparer la vie à une plaque de cuisinière. Il y a d’autres chiffres tout aussi intéressants et utiles que le 0 ou le 9 pour concocter un plat ou réussir une recette d’existence sereine et à contre-courant. »
Escargot p.99-100

« Un travail solitaire, mais pas isolé, où il faut bien s’entendre avec soi-même, qui autorise la méditation, pourquoi pas le rêve, à ne pas confondre avec la distraction ou l’étourderie qui peuvent alors vous mener dans la lune, même si là-haut il n’y a rien à balayer. »

« C’est un vrai travail ingrat, mais d’où la grâce n’est pas absente ; elle y affleure même à tout instant. Un métier sale, certes, mais pas un sale métier. »