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2ème INTERVIEW de Mgr VIGANÒ par RADIO SPADA (1er mai 2021)

Radio Spada : Excellence, nous sommes heureux de "terminer" notre entretien avec vous, que nous avons commencé en mars à l'occasion de la présentation du nouveau livre Neo-Vatican Gallery de Marco Tosatti, accompagné de votre préface (en plus de la traduction anglaise, le livre a également été publié en italien et en espagnol).

Tout d'abord, observons que cette première conversation a fait le tour du monde en quelques semaines, qu'elle a été traduite dans de nombreuses langues et qu'elle a ouvert un débat animé. Il y a eu un grand intérêt et une grande attention ; ici et là quelques critiques mineures - surtout sur le thème de "Benoît XVI" - mais pas très consistantes sur le plan théologique : la polémique a surtout porté sur le thème que vous avez soulevé à propos d'une certaine influence hégélienne sur la pensée de Ratzinger.

Nous allons diviser l'entretien d'aujourd'hui en plusieurs parties, que nous exposons ici à l'intention de nos lecteurs, afin d'aider à leur compréhension : d'abord, le rôle actuel du monde anglophone dans la défense de la Tradition, puis la question mariale, ensuite la question liturgique, et enfin une section sur l'œcuménisme. Commençons donc par le thème du monde anglophone, auquel s'adresse le nouveau livre de Marco Tosatti. Historiquement, l'opposition à l'idéologie conciliaire "parlait beaucoup français" (également en raison du rôle moteur de l'archevêque Marcel Lefebvre), mais on constate aujourd'hui une expansion significative de ce front parmi ceux qui parlent anglais, en particulier aux États-Unis.

En outre, il ne faut pas oublier le fameux "Indult Agatha Christie", même si cette opération avait des limites évidentes, comme un signe qui n'était pas insignifiant pour son époque (le début des années 70). En raison de vos postes diplomatiques, et en particulier de votre rôle de Nonce Apostolique à Washington, vous êtes familier du monde anglophone depuis des décennies. Alors, que pensez-vous de cette évolution ? A quoi pourrait-elle être due ? Quelles perspectives voyez-vous dans ce sens ?


Mgr VIGANÒ : J'imagine que la raison pour laquelle l'opposition à l'idéologie conciliaire a d'abord principalement " parlé français " - pour reprendre votre expression - est due au fait que, dans ces années-là, la France pouvait s'enorgueillir de compter des intellectuels d'une certaine profondeur, aussi bien des laïcs que des clercs, pour qui le lien très étroit entre les événements sociaux et ecclésiaux était évident. N'oublions pas que la France était confrontée à d'âpres conflits sociaux en 1968 et à une forme d'ultra-progressisme qui était peut-être moins répandue en Italie, surtout en dehors des grandes villes. En France, on percevait davantage la révolution en cours dans une nation de profonde tradition catholique qui avait déjà connu les persécutions et les effets des gouvernements anticléricaux.

En Angleterre, où la présence catholique minoritaire avait toujours dû faire face à l'anglicanisme, l'évidence que l'Église conciliaire embrassait les positions liturgiques et doctrinales du protestantisme entraîna une réponse à la fois ferme et unie des fidèles ainsi que de nombreux non-catholiques, qui considéraient comme incompréhensible l'abandon du Saint-Siège à la mentalité sécularisante de la société moderne. Le soi-disant "Indult Agatha Christie" a révélé la consternation de nombreux intellectuels face à la décision d'annuler la liturgie traditionnelle, qui était l'élément qui distinguait les catholiques des anglicans.

Cela ressemblait à une répudiation de siècles de résistance héroïque des catholiques face aux persécutions religieuses. L'œcuménisme sain de l'ère pré-conciliaire avait favorisé un flux constant d'anglicans revenant dans le giron de l'Église catholique, mais dans les années 70, surtout après la réforme liturgique, ce flux s'est tari, et les "conversions" ont commencé à se diriger plutôt vers les Églises orientales. Selon les thèses conciliaires hétérodoxes, on pensait que même ceux qui souhaitaient ou désiraient d'un cœur sincère réintégrer l'unique troupeau sous l'unique berger devaient au contraire rester dans le schisme et l'hérésie.

En Italie, siège de la papauté, dirigée politiquement par le parti démocrate-chrétien, la réponse à la révolution conciliaire a été beaucoup plus marginale, peut-être parce que le catholicisme ne semblait pas menacé d'extinction.

Le renouveau aux États-Unis est plus récent et résulte du retard avec lequel les catholiques américains ont vu la foi et la liturgie menacées dans la vie quotidienne. Dans les années 50, l'Église américaine était en pleine croissance, grâce à l'action clairvoyante de Pie XII et à l'apostolat de nombreux excellents prélats, parmi lesquels on ne peut manquer de rappeler l'archevêque Fulton Sheen. L'enthousiasme d'une nation relativement jeune, les innombrables conversions et la "fraîcheur" du catholicisme aux États-Unis ont probablement retardé la manifestation extérieure de la crise, qui avait cependant déjà commencé dans les universités jésuites et dans les cercles progressistes d'où sont sortis les Biden, Kerry, Pelosi et autres politiciens "catholiques" (ici).

Des thèmes liés à la morale catholique, comme le respect de la vie, ont également été soutenus par des présidents qui n'étaient pas catholiques, avec les applaudissements de l'épiscopat et des fidèles. Ce n'est que récemment que le fossé entre la base et les plus hauts niveaux est devenu plus perceptible, tant dans la société que dans l'Église : d'une part avec des présidents qui sont fervents pro-avortement - à commencer par Bill Clinton - et d'autre part avec des évêques qui sont beaucoup plus proches des exigences du progressisme européen qui est maintenant répandu non seulement en France et en Angleterre, mais aussi en Italie et dans d'autres nations de forte tradition catholique comme l'Espagne, le Portugal et l'Irlande.

Ce clivage a révélé la grande distance qui sépare les citoyens de leurs politiciens, ainsi que les fidèles de leurs évêques. Il est normal - et je dirais même louable et providentiel - que face à la trahison de la classe politique et de la Hiérarchie, il y ait eu un réveil des consciences, qui ont vu dans le président Trump un défenseur des valeurs traditionnelles du peuple américain en qui les catholiques aussi pouvaient placer leur confiance. La fraude électorale du 3 novembre dernier a, à l'inverse, renforcé le pactum sceleris entre l'État profond et l'Église profonde, amenant à la Maison Blanche un " président catholique " autoproclamé, totalement inféodé à l'idéologie mondialiste et aux plans du Nouvel Ordre Mondial, avec le soutien déterminé des évêques, des intellectuels et des médias catholiques ultra-progressistes.

La gestion de la pseudo-pandémie aux États-Unis a révélé le vrai visage de l’Église profonde, ouvrant les yeux de nombreux fidèles et leur faisant comprendre la complicité qui existe entre les partisans du Great Reset. Lorsque le véritable résultat de l'élection présidentielle sera enfin révélé et que de nouvelles élections pourront être organisées sans être entachées d'interférences et de manipulations, Biden entraînera également avec lui l'église profonde américaine, donnant un nouvel élan à l'engagement social des catholiques, en particulier parmi ceux d'entre eux qui n'ont pas l'intention d'accepter les adultérations de la Foi, de la Morale et de la Liturgie de l'Église.

Radio Spada : Jamais auparavant, comme en cette période, le thème de la dévotion mariale n'a été aussi largement abordé. Le "débat" - appelons-le ainsi - sur les titres de la Sainte Vierge s'est ouvert après que Bergoglio ait à nouveau tenu des propos minimisant le poids du rôle de Marie en tant que Co-Rédemptrice. Afin de défendre les prérogatives de Marie, nous avons récemment envoyé à la presse le "Libro d'Oro di Maria Santissima [Le livre d'or de Marie Très Sainte]". Nous ne croyons pas que le catholicisme puisse exister sans Marie ; en outre, nous pensons qu'il est impossible de ne pas identifier la cause de l'assaut anti-marial que nous vivons actuellement dans le Concile et ceux qui ont géré l'après-concile. D'une part en utilisant de véritables pioches - directes et indirectes - à travers des discours publics et des "documents" - d'autre part en laissant flotter un sentimentalisme néo-apparitionniste qui apparaît comme la négation de la véritable vénération de Marie. N'oublions pas qu'avec Jean-Paul II sur le Trône de Pierre et Ratzinger comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, des opérations inacceptables en ce sens ont été réalisées - au nom de l'œcuménisme et avec les plaques alternées typiques de la révolution dynamique [1]. Pour ne citer que deux petits exemples : 1. En 1996, lors du 12ème Congrès Mariologique International de Częstochowa, un groupe de théologiens - dont trois "orthodoxes" orientaux, un anglican et un luthérien - a publié une déclaration contre le dogme de la Co-Rédemption. Dans un parfait style dialogique-indifférentiste - et c'est là l'essentiel - les titres de Co-Rédemptrice, Médiatrice et Avocate sont définis comme "ambigus", et le texte est publié dans L'Osservatore Romano [2]. 2. En mettant provisoirement de côté les conséquences désastreuses de la "Réforme" sur la dévotion mariale, et comme si l'on pouvait aimer Marie même en la séparant du Corps mystique du Christ, en occultant son rôle de "Triomphatrice de toutes les hérésies", Jean-Paul II a déclaré lors de l'audience générale du 12 novembre 1997 : " Les écrits de Luther, par exemple, témoignent d'un amour et d'une vénération pour Marie, exaltée comme modèle de toute vertu : il soutient la sublime sainteté de la Mère de Dieu et affirme parfois le privilège de l'Immaculée Conception, partageant avec les autres réformateurs la croyance en la virginité perpétuelle de Marie. "[3] Dans votre expérience personnelle, comment avez-vous vécu le déclin "conciliaire" de la dévotion mariale ? En tant que prélat, que pouvez-vous nous dire de ce que vous avez vu par rapport à ce thème au cours de vos longues années de service en Italie et à l'étranger ? La Sainte Vierge Marie a-t-elle joué un rôle dans votre "décision de conscience" par rapport à la crise de l’Église ?

Mgr VIGANÒ : Ce qui unit les hérétiques de tous les temps, c'est leur intolérance à l'égard du culte réservé à la Vierge Marie et de la doctrine mariale qu'il présuppose et dont il est l'expression liturgique. D'ailleurs, cela n'a rien d'étonnant : Satan voit dans la Mère de Dieu celle qui, en son Fils, a écrasé la tête de l'antique Serpent, celle qui, au cours de l'Histoire, a vaincu les assauts de l'enfer contre l'Église et qui, à la fin des temps, remportera la victoire finale sur l'Antéchrist et Satan.

La Très Sainte Trinité est heureuse de partager l'œuvre de la Rédemption avec la Vierge, à laquelle elle a accordé des privilèges qu'aucune créature n'a jamais pu concevoir, le premier étant de l'avoir préservée du péché originel et d'avoir conservé sa virginité intacte avant, pendant et après la naissance du Sauveur. En Marie, la Nouvelle Eve, Satan voit la créature qui triomphe de lui, en réparant la tentation et la chute d'Eve : c'est pourquoi Elle est Co-Rédemptrice, en union avec le Christ, le Nouvel Adam.

La dévotion filiale à la Sainte Mère est très difficile à éradiquer dans le peuple chrétien : même après la pseudo-réforme protestante et après le schisme anglican, la dévotion à la Vierge a survécu, au point de demander des efforts particuliers pour l'effacer : il est difficile d'arracher du cœur des simples l'amour pour la Mère céleste, quand il est si spontané, naturel et réconfortant.

Je pense aux cas d'hérétiques qui sont revenus dans le sein de l'Église grâce à la dévotion à Marie Très Sainte, ne serait-ce qu'à cause d'un Ave Maria que leur mère leur avait appris à dire quand ils étaient petits. Et cette dévotion est simple, humble, douce, confiante et très pure ; elle ne diminue pas chez ceux qui ignorent les hauts sommets de la doctrine théologique, parce qu'elle nous voit comme des enfants et Elle comme une Mère, au-delà de tout, en la reconnaissant comme la Salvatrice, la Miséricordieuse, l'Avocate, à laquelle nous avons toujours recours, malgré toutes nos fautes, même quand cela nous effraie de lever les yeux vers Son Divin Fils que nous avons offensé. " Voici ta Mère " (Jn 19, 26-27).

C'est pourquoi Satan déteste "la Dame", comme il l'appelle lors des exorcismes : il sait trop bien que la puissance de Jésus-Christ non seulement n'est pas le moins du monde obscurcie par sa Mère, mais qu'elle est exaltée par elle, car si l'orgueil de Satan l'a fait sombrer en enfer, son humilité l'a élevée au-dessus de toutes les créatures, lui permettant de porter en son sein le Fils de Dieu dont Lucifer ne pouvait tolérer l'Incarnation, dans laquelle il a assumé un corps humain.

Le déclin de la dévotion mariale après le Concile n'est que la dernière expression, et je dirais la plus aberrante et scandaleuse, de l'aversion de Satan envers la Reine du Ciel. C'est un des signes que cette assemblée n'est pas venue de Dieu, tout comme ceux qui osent même mettre en doute les titres et les mérites de la Très Sainte Vierge ne viennent pas de Dieu. D'autre part, quel fils permettrait que l'on rabaisse sa propre mère pour plaire aux ennemis de son père ? Et combien plus grave est cette complicité abjecte avec les hérétiques et les païens quand l'honneur de la Mère de Dieu et de notre Mère est en jeu ? Bien-aimée de la Trinité, Elle a été choisie par Dieu le Père comme sa Fille, par Dieu le Fils comme sa Mère, et par Dieu le Saint-Esprit comme son Épouse.

Je crois que le don de ma "conversion" - de ma prise de conscience de la tromperie conciliaire et de l'apostasie actuelle - a été possible grâce à ma dévotion constante envers la Sainte Mère, que je n'ai jamais cessé d'avoir. Je garde le vif souvenir de la récitation du Saint Rosaire depuis mon enfance, lorsque, pendant les bombardements alliés - en avril 1944 - ma mère m'a porté dans l'abri anti-aérien sous notre maison de Varèse et m'a serré contre elle en invoquant la protection de la Madone, dont l'image était éclairée par une petite lampe. La "Couronne" bénie de Notre-Dame [le Rosaire] a toujours animé ma prière.

C'est la Sainte Vierge, avec son talon, qui écrasera les idoles infernales qui infestent et profanent l'Église de son Fils ; c'est elle qui rendra à son Fils la couronne royale, évincée par ses propres ministres ; c'est elle qui soutient et protège les Bons en cette heure de ténèbres ; c'est elle qui implore les grâces de conversion et de repentir pour les pécheurs.

Radio Spada : Le thème liturgique est également pertinent. Il nous semble aujourd'hui que l'une des batailles les plus difficiles est d'expliquer aux fidèles la différence profonde qui existe entre la Messe de toujours et celle qui est issue de la révolution néomoderniste-conciliaire. Non seulement à cause de la théologie qui la sous-tend, mais aussi à cause de l'histoire même de la "messe de Paul VI". Très peu de catholiques savent que cette réforme a été faite avec l'aide d'une commission à laquelle ont participé des représentants protestants bien connus, avec le résultat que nous voyons maintenant, c'est-à-dire un rite œcuménique. Malheureusement, il ne manque pas aujourd'hui un climat d'"indifférentisme substantiel" en matière liturgique, qui est aussi l'enfant du contenu contradictoire du Motu Proprio "Summorum Pontificum" de Benoît XVI, comme nous l'avons mentionné dans la conversation précédente[4]. Toujours à propos du thème de la Messe, dans l'un de vos essais sur le site de votre ami le Dr. M. Guarini, le 9 juin 2020, vous avez déclaré : "Lorsque, au cours de l'histoire, des hérésies se sont répandues, l'Église est toujours intervenue promptement pour les condamner, comme cela s'est produit au moment du Synode de Pistoia de 1786, qui a en quelque sorte anticipé Vatican II." Pouvez-vous développer cette réflexion ? En vous référant à la bulle Auctorem Fidei, quels éléments peuvent être mis en évidence par rapport à la situation actuelle ? Que peut-on faire pour que les faits qui sont impliqués dans ce paragraphe soient manifestes pour le plus grand nombre de personnes ?

Mgr VIGANÒ : Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il est pour le moins difficile de soutenir que le Corps mystique puisse élever la prière liturgique - qui est une action officielle, solennelle et publique - vers sa Tête avec une double voix : cette double nature peut signifier la duplicité et répugne à la simplicité et à la linéarité de la Vérité catholique, tout comme elle répugne à Dieu, dont le Verbe est Éternel et est la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité. Le Christ ne peut pas s'adresser au Père avec une voix parfaite - ce que les novateurs appellent la "forme extraordinaire" - et en même temps avec une voix imparfaite, en faisant un clin d'œil aux ennemis de Dieu, dans une "forme ordinaire."

D'autre part, la même expression inféodée "Forme ordinaire" trahit la conscience d'une "banalité" qui, dans le langage courant, indique quelque chose qui n'est pas spécial, quelque chose d'acquis, de peu de valeur ou de bas niveau : dire qu'une personne est "ordinaire" ne sonne certainement pas comme un compliment. Je crois donc que cette situation doit être acceptée et tolérée comme une phase transitoire, dans laquelle la Liturgie traditionnelle a certainement un moyen de revenir et de se répandre, en faisant beaucoup de bien aux âmes, en vue d'un retour nécessaire à l'Unique Rite Catholique et à l'abolition indispensable de sa version conciliaire.

N'oublions pas que dans la liturgie, l'Église s'adresse à la Majesté de Dieu, et non aux hommes ; les baptisés, membres vivants de l'Église, s'unissent dans la prière liturgique par l'intermédiaire des ministres sacrés, qui sont des "pontifes" entre eux et la Très Sainte Trinité. Faire de la liturgie une sorte d'événement anthropocentrique est tout à fait étranger à l'esprit catholique.

Ma référence au Synode de Pistoia est due à la re-proposition significative des erreurs condamnées par la Bulle Auctorem Fidei dans les textes conciliaires et encore plus dans le soi-disant "magistère" de l'après-concile. Je dis significative parce que, de même qu'en Dieu la Vérité est co-essentielle, de même le mensonge et l'erreur sont la marque de Satan, qui répète son cri de rébellion à travers les siècles, en attaquant toujours la Vérité qu'il hait d'une haine inextinguible.

D'Arius à Loisy, de Luther au Père Martin, S.J. LGBTQ, celui qui l'inspire est toujours le même. C'est pourquoi l'Église condamne toujours l'erreur et affirme toujours la même Vérité, c'est pourquoi les hérétiques reproposent toujours les mêmes erreurs. Il n'y a rien de nouveau en ce qui concerne l'infidélité du peuple d'Israël avec le veau d'or ou l'abomination d'Assise, de la Pachamama et d'Astana.

Radio Spada : Presque comme un bilan final de ce qui a été dit jusqu'à présent, il est difficile de ne pas entrer plus spécifiquement dans le thème de l'œcuménisme qui, comme on l'a noté aussi dans les questions précédentes, est étroitement lié à tous les aspects de la crise à laquelle nous assistons. Présent de manière éclatante au moins depuis les rencontres de Paul VI avec Athénagoras et le baiser sur le pied de l'"orthodoxe" Melito, progressivement triomphant dans les différentes rencontres d'Assise en 1986 (Jean-Paul II) et 2011 (Benoît XVI) jusqu'au document d'Abu Dhabi et à l'effigie païenne introduite dans la Basilique Saint-Pierre lors du Synode de l'Amazone, cette voie indifférentiste est directement condamnée - en théorie et en pratique - par d'innombrables documents pontificaux (Mortalium Animos de Pie XI, Pascendi de Pie X et Syllabus de Pie IX s'appliquent à tous). Répugnant non seulement à la lumière surnaturelle de la foi, mais avant tout à la lumière naturelle de la raison, puisqu'il est illogique, faux et pervers, il [l'œcuménisme] a ressuscité une fois de plus pour prospérer grâce à la connivence ouverte des soi-disant "progressistes" et, malheureusement, de pas mal de "conservateurs". Dans votre expérience, et en particulier dans les différentes missions que vous avez effectuées sur divers continents, avez-vous constaté - au moins en privé - qu'il existe une certaine prise de conscience de l'épiscopat sur cette question ? En d'autres termes, derrière leur "prudence" publique, existe-t-il au sein du clergé des personnes qui, au moins lorsque les micros sont fermés, reconnaissent la gravité de cette apostasie ? Si oui, cette prise de conscience semble-t-elle s'être accrue au fil des ans avec l'aggravation des actes commis ?

Mgr VIGANÒ : Les évêques et les prêtres qui aiment Notre Seigneur savent parfaitement qu'il y a une incohérence incurable entre la doctrine conciliaire et la Foi révélée. Et les mercenaires, mitrés ou non, qui propagent l'erreur et se font les promoteurs de la révolution le savent aussi parfaitement. Mais tandis que les mercenaires ont vraiment l'intention de changer l’Église pour la transformer en une sorte d'ONG imprégnée de principes maçonniques, les bons Pasteurs ne se résignent pas à croire que tant d'échecs représentent, non pas la conséquence nécessaire d'erreurs précises insinuées par Vatican II, mais presque un accident de parcours qui tôt ou tard sera corrigé d'une manière ou d'une autre.

Cette erreur philosophique et psychologique, avant même d'être une erreur théologique, les conduit à tenir ensemble la matrice de la crise actuelle et la fidélité au Magistère immuable de l'Église, dans une opération titanesque qui est destinée à l'échec parce qu'elle est précisément futile et contre nature.

Permettez-moi de faire une comparaison. Si le médecin découvre les symptômes d'une maladie spécifique, son diagnostic identifie la pathologie et adopte un traitement visant à éliminer la cause des symptômes, et non pas seulement à supprimer les symptômes ; et encore moins à guérir les symptômes en refusant de les relier à la maladie, parce que cela soulagerait temporairement son patient mais le conduirait à la mort.

Il en va de même dans les affaires publiques : si un gouvernant constate une augmentation de la criminalité due à une immigration incontrôlée, il peut certes arrêter les criminels, mais il n'obtiendra aucun résultat s'il n'arrête pas l'immigration clandestine. Or, si cela est évident dans les affaires de la vie quotidienne, pourquoi ne le serait-il pas davantage dans des affaires beaucoup plus graves, comme celles qui concernent l'adoration due à la Majesté de Dieu, l'honneur de l'Église et le salut des âmes ?

Je pense que mes Frères devraient avoir l'humilité de reconnaître la tromperie dans laquelle ils sont tombés ; d'identifier la cause doctrinale, morale et liturgique à l'origine de la crise ; de se détourner de la voie facile qu'ils ont erronément empruntée, pour reprendre ensuite le chemin étroit et hérissé qu'ils ont abandonné et qui, au cours des siècles, s'est avéré être le seul chemin viable : le chemin de la Croix, du sacrifice de soi et du témoignage héroïque à la Vérité, c'est-à-dire à Jésus-Christ. Lorsque cela se produira, les attaques du Diable et de ses serviteurs contre l'Église se multiplieront, comme cela s'est toujours produit - "S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi" (Jn 15,18-27) - mais ils gagneront le Ciel et la palme de la victoire.

A l'inverse, s'ils croient pouvoir s'accommoder du monde et de son prince, ils devront répondre devant Dieu des âmes qui leur sont confiées, et aussi de leur propre âme.

Cette complaisance envers la mentalité de l'époque trahit peut-être un manque de courage et une certaine timidité, tout le contraire de ce que doit être un catholique, et plus encore un ministre de Dieu : "Le royaume des cieux souffre de la violence, et les violents le conquièrent" (Mt 11,12).

Radio Spada : Merci beaucoup, Votre Excellence, pour cette conversation.

1] Il n'est pas surprenant que, suivant le scénario "révolutionnaire", il y ait eu à cette époque des déclarations "favorables" à la dévotion mariale, qui ont évidemment alterné avec des pratiques opposées et se sont insérées dans un contexte néo-moderniste général, produisant les résultats que l'on voit maintenant.

2] Le 4 juin 1997.

3] Audience générale du 12 novembre 1997.

[4] On note en particulier le passage : "Art 1. Le Missel Romain promulgué par le Pape Paul VI est l'expression ordinaire de la lex orandi (règle de prière) de l'Eglise catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par saint Pie V et révisé par le bienheureux Jean XXIII doit néanmoins être considéré comme une expression extraordinaire de la même lex orandi de l'Église et dûment honoré pour son usage vénérable et ancien. Ces deux expressions de la lex orandi de l'Église n'entraîneront en aucun cas une division de la lex credendi (règle de foi) de l'Église, car il s'agit de deux usages de l'unique rite romain. "

Source : Second Interview of Radio Spada with Archbishop C. M. Viganò

Traduit avec deepl.com/Translator (version gratuite)

(Traduction officielle parue ce 12 mai 2021 ici : medias-presse.info/…e-entretien-de-mgr-vigano-avec-radio-spada/142546/ )
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