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jili22

Deuxième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Surnaturelle

La douleur doit être surnaturelle, c'est-à-dire conçue en vue de Dieu et par le mouvement de la grâce : car, tout motif qui naîtrait du fond de la nature et des réflexions d'un esprit purement philosophe, serait insuffisant. Être fâché d'avoir offensé Dieu, parce qu'on s'est déshonoré au jugement des personnes sages, parce qu'on a consumé son bien en folles dépenses, parce qu'on a ruiné sa santé, parce qu'on s'est attiré de fâcheuses affaires ; ces divers motifs, à la vérité, ne sont pas condamnables, mais ils ne suffisent point pour réconcilier l'homme avec Dieu : ils ne sont bons que pour rendre le retour vers lui plus aisé.

DEUXIÈME CONDITION

SURNATURELLE

Mon Dieu, ce n'est point un motif naturel qui opère en moi le repentir ; ce n'est ni une crainte, ni une considération humaine qui me fait concevoir le regret de mes fautes. Ces motifs pourraient bien rendre mon retour vers vous plus aisé ; mais ils seraient insuffisants pour ma réconciliation. C'est la foi et la religion, c'est votre grâce, c'est surtout votre divin Esprit, qui, en m'inspirant des motifs plus nobles, excite dans mon âme un repentir plus vrai et une plus amère douleur de vous avoir offensé ; ce qui met le comble à mes regrets, c'est votre bonté infinie, et tous les biens dont je vous suis redevable, c'est votre amour même. Avant tous les siècles, et avant même que j'eusse reçu l'être de vous, vous pensiez à moi, et vous n'y pensiez que pour me faire du bien : ce que vous aviez médité, dans l'éternité, vous l'avez exécuté dans le temps : votre main bienfaisante a répandu sur moi toutes sortes de biens : mes infidélités même, et mes ingratitudes, presque aussi nombreuses que vos faveurs, n'ont pu encore tarir la source de vos dons, ni arrêter le cours de vos grâces. Ô amour sans commencement, qui m'avez aimé durant des siècles infinis, et lors même que je ne pouvais ni le ressentir, ni le reconnaître ! Ô amour sans mesure, qui m'avez fait ce que je suis, qui m'avez donné ce que j'ai, et qui me promettez encore infiniment davantage ! Ô amour sans interruption et sans inconstance, que toutes les eaux amères de mes iniquités n'ont pu éteindre ! Ai-je un cœur, ô mon Dieu, si je ne suis pas pénétré de reconnaissance et de tendresse pour vous ?

(Extrait de Manuel du Pénitent ou conduite pour la Contrition)

tiré du blog : le-petit-sacristain.blogspot.com