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LE FERME PROPOS

Le ferme propos est une partie essentielle de la contrition : car la contrition ne renferme pas seulement une vraie douleur du passé ; elle renferme aussi un ferme propos pour l'avenir, c'est-à-dire une sincère résolution de ne plus pécher : mais afin que cette résolution soit sincère, elle doit faire prendre le moyen d'éviter les rechutes. En vain donc ferez-vous à Dieu et à ses ministres mille promesses, si vous ne prenez des mesures pour ne plus tomber ; si vous ne voulez rien entreprendre, rien sacrifier, pour assurer votre persévérance ; si vous n'êtes pas résolu d'éviter ce qui est pour vous une occasion prochaine. Il faut remarquer qu'il y a souvent des occasions prochaines pour les uns, qui ne le seraient pas pour d'autres. Rien de plus ordinaire que de former une résolution vague et indéterminée, comme celle-ci : Je me propose de ne plus pécher, ou de mourir plutôt que de pécher. Descendez dans le particulier, et proposez-vous d'éviter tel péché, telle occasion ; de faire telle bonne œuvre, et de prendre, tel moyen, pour vous maintenir dans la grâce.
La marque la plus probable et la moins équivoque d'un ferme propos, c'est de s'éprouver soi-même, comme parle Saint Paul ; et, dans cette espèce d'épreuve et d'examen de ses dispositions intérieures, de se sentir une grande aversion pour le péché. Ainsi l'on se dit à soi-même : « Avec les sentiments que Dieu me donne maintenant, et que je n'avais pas lorsque je l'offensais, si j'étais à recommencer, voudrais-je encore me venger, mentir, désobéir, etc. ? » Et si l'on peut se répondre à soi-même : « Non, non, si c'était à recommencer, je n'offenserais plus Dieu... Non, je consentirais plutôt à me priver de tout le plaisir que j'eus à me satisfaire contre la défense de Dieu... J'aimerais mieux subir toute sorte d'humiliations, ou de dommages, que de les éviter par un mensonge, ou une injustice, ou toute autre offense de Dieu... J'aimerais mieux pardonner mille fois que de consentir à offenser Dieu... J'aimerais mieux souffrir mille maux, la mort même, que d'offenser Dieu désormais ». Alors c'est une marque sur laquelle on peut sagement se tranquilliser. Si l'on néglige au contraire cette épreuve, on s'expose au danger de se croire pénitent et vraiment converti, quand on ne l'est pas ; de vivre dans l'illusion, et de mourir dans l'endurcissement et l'impénitence.

(Extrait de Manuel du Pénitent ou conduite pour la Contrition)

tiré du blog : le-petit-sacristain.blogspot.com