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Traditions
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Mgr VIGANO ÉCRIT SUR LE CONCILE VATICAN II. " NOUS SOMMES AU “REDDE RATIONEM”.

Mgr Vigano a publié en ce 9 juin une analyse profonde pour faire le bilan ("faire les comptes" ) du Concile Vatican II et son fameux esprit. C'est un évènement majeur car il n'y avait que Mgr Lefebvre et Mgr Williamson actuellement à l'avoir dit aussi clairement. Mgr Vigano ne partage pas du tout la vision de Benoît XVI qui prétendait pouvoir concilier la tradition catholique et ce concile. Pour l'archevêque italien, il faut oublier ce Concile et toutes les réformes qui ont suivi. Il a aussi l'humilité de reconnaître qu'il a participé pendant des décennies à cette église conciliaire qui, aboutit selon lui à l'apostasie. Une conversion vers la Tradition qui semble s'amorcer en somme !

Source : The remnant et Chiesa e post concilio

J’ai lu avec un grand intérêt l’essai de S.E. Athanase Schneider, publié sur LifeSiteNews le 1er juin dernier, traduit ensuite par Chiesa e Postconcilio, intitulé Il n’y a pas de volonté divine positive ni de droit naturel pour la diversité des religions. L’étude de Son Excellence résume, avec la clarté qui distingue les paroles de ceux qui parlent selon le Christ, les objections à la prétendue légitimité à l’exercice de la liberté religieuse que le Concile Vatican II a théorisées en contredisant le témoignage de la Sainte Écriture, la voix de la Tradition et le Magistère catholique qui est le gardien fidèle des deux.

Le mérite de cet essai réside d’abord dans le fait d’avoir pu saisir le lien de causalité entre les principes énoncés ou impliqués par Vatican II et leur effet logique et conséquent dans les déviations doctrinales, morales, liturgiques et disciplinaires qui se sont produites et se sont progressivement développées à ce jour. Le monstrum généré dans les cercles des modernistes pourrait être trompeur au début, mais en grandissant et en se renforçant, il se montre aujourd’hui pour ce qu’il est vraiment, dans sa nature subversive et rebelle. La créature, conçue à l’époque, est toujours la même et il serait naïf de penser que sa nature perverse pourrait changer. Les tentatives de corriger les excès du Concile – en invoquant l’herméneutique de la continuité – se sont révélées infructueuses: Naturam expellas furca, tamen usque recurret (“même si vous poursuivez la nature avec la potence, elle reviendra toujours”: Horace Epist. I, 10:24). La Déclaration d’Abu Dhabi et, comme Mgr. Schneider observe à juste titre, son prodrome du panthéon d’Assise, “a été conçue dans l’esprit du Concile Vatican II”, comme le confirme fièrement Bergoglio.

Cet “esprit du Concile” est la licence de légitimité que les novateurs opposent aux critiques, sans se rendre compte que c’est précisément en avouant cet héritage qu’on confirme non seulement l’erreur des déclarations actuelles, mais aussi la matrice hérétique qui devrait les justifier. Rétrospectivement, jamais dans la vie de l’Église un Concile n’a représenté un événement historique qui le rend différent des autres : un “esprit du Concile de Nicée” n’a jamais été donné, ni “l’esprit du Concile de Ferrare-Florence “, sans parler de “l’esprit du Concile de Trente “, tout comme nous n’avons jamais eu de “post-concile” après Latran IV ou Vatican I.

La raison est claire : ces Conciles étaient tous, sans distinction, l’expression de la voix unie de la Sainte Mère Église, et pour cette raison même de Notre Seigneur Jésus-Christ. De manière significative, ceux qui soutiennent la nouveauté de Vatican II adhèrent également à la doctrine hérétique qui voit le Dieu de l’Ancien Testament opposé au Dieu du Nouveau, comme si une contradiction pouvait être donnée entre les personnes divines de la Sainte Trinité. Évidemment, cette opposition presque gnostique ou kabbalistique est fonctionnelle à la légitimation d’un nouveau sujet intentionnellement différent et opposé par rapport à l’Église catholique. Les erreurs doctrinales trahissent presque toujours aussi une hérésie trinitaire, et c’est donc en revenant à la proclamation du dogme trinitaire que les doctrines qui s’y opposent peuvent être vaincues : "ut in confessione veræ sempiternæque deitatis, et in Personis proprietas, et in essentia unitas, et in majestate adoretur æqualitas". En professant la vraie et éternelle divinité, nous adorons la propriété des Personnes divines, l’unité dans leur essence, l’égalité dans leur majesté.

L’archevêque Schneider cite certains canons des conciles œcuméniques qui proposent, selon lui, des doctrines difficiles à accepter aujourd’hui, telles que l’obligation de reconnaître les Juifs dans leurs vêtements, ou l’interdiction pour les chrétiens d’utiliser des maîtres mahométans ou juifs. Parmi ces exemples, il y a aussi la nécessité de la traditio instrumentorum déclarée par le Concile de Florence, corrigée plus tard par la Constitution apostolique Sacramentum Ordinis de Pie XII. Mgr Athanase Schneider commente : “On peut légitimement espérer et croire qu’un futur pape ou concile œcuménique corrigera les déclarations erronées” de Vatican II. Cela me semble un sujet qui, même avec les meilleures intentions, sape l’édifice catholique de ses fondations. En fait, si nous admettons qu’il puisse y avoir des actes magistériels qui, en raison d’une sensibilité modifiée, sont susceptibles d’être abrogés, modifiés ou interprétés différemment au fil du temps, nous tombons inexorablement sous la condamnation du Décret Lamentabili et nous finissons par donner raison à ceux qui, précisément sur la base de cette hypothèse erronée, il a déclaré la peine de mort “non conforme à l’Évangile”, modifiant ainsi le Catéchisme de l’Église catholique. Et d’une certaine manière, nous pourrions, par le même principe, croire que les mots du Bienheureux Pie IX dans Quanta Cura aient en quelque sorte été corrigés précisément par Vatican II, comme Son Excellence l’espère pour Dignitatis humanæ. Parmi les exemples qu’il a cités, personne n’est en soi gravement erroné ou hérétique : avoir déclaré la traditio instrumentorum nécessaire à la validité de l’Ordre n’a nullement compromis le ministère sacerdotal dans l’Église, le conduisant à conférer invalidement des Ordres. Il ne me semble pas non plus être en mesure d’affirmer que cet aspect, aussi important soit-il, a impliqué des doctrines erronées chez les fidèles, ce qui n’est au contraire arrivé qu’au dernier Concile. Et lorsque, au cours de l’histoire, les hérésies se sont propagées, l’Église est toujours intervenue promptement pour les condamner, comme cela s’est produit lors du Concile de Pistoia de 1786, qui de Vatican II était en quelque sorte anticipatif, surtout lorsqu’il abolit la communion en dehors de la Messe, introduisit la langue vernaculaire et abolit les prières submissa voce du canon; mais plus encore quand il théorisa les bases de la collégialité épiscopale, en confinant la primauté du Pape à une simple fonction ministérielle de ce Synode nous laisse stupéfaits par la formulation servile des erreurs que nous retrouverons, même augmentées, au Concile présidé par Jean XXIII et Paul VI. D’un autre côté, comme la vérité vient de Dieu, ainsi l’erreur se nourrit et s’alimente de l’adversaire, qui hait l’Église du Christ et son cœur, la Sainte Messe et la Sainte Eucharistie.

Il arrive un moment dans notre vie où, par l’apport de la Providence, nous sommes confrontés à un choix décisif pour l’avenir de l’Église et pour notre salut éternel. Je parle du choix entre comprendre l’erreur dans laquelle nous sommes presque tous tombés, et presque toujours sans mauvaises intentions, et vouloir continuer à regarder ailleurs ou à nous justifier.

Entre autres erreurs, nous nous sommes également engagés à considérer nos interlocuteurs comme des personnes qui, malgré la diversité des idées et de la foi, étaient toujours animées de bonnes intentions, et que s’ils pouvaient s’ouvrir à notre foi, ils seraient prêts à corriger leurs erreurs. Avec de nombreux Pères conciliaires, nous avons pensé l’œcuménisme comme un processus, une invitation qui appelle les dissidents à l’unique Église du Christ ; idolâtres et païens au seul vrai Dieu ; le peuple juif au Messie promis. Mais, à partir du moment où il a été théorisé dans les commissions conciliaires, il est venu en opposition directe avec la doctrine exprimée jusque-là dans le Magistère.

Nous pensions que certains excès n’étaient qu’une exagération de ceux qui s’étaient laissés prendre par l’enthousiasme de la nouveauté; nous croyions sincèrement que voir Jean-Paul II entouré d’hommes sacrés, bonzes, imams, rabbins, pasteurs protestants et autres hérétiques montrait la capacité de l’Église de rassembler des peuples pour demander la paix à Dieu, tandis que l’exemple faisant autorité de ce geste a commencé une suite déviante de panthéons plus ou moins officiels, et nous sommes même parvenus à voir l’idole impure de Pachamama portée sur les épaules par certains évêques, dissimulée de façon sacrilège sous l’apparence présumée d’une maternité sacrée. Mais si le simulacre d’une divinité infernale a pu pénétrer à Saint-Pierre, cela fait partie d’un crescendo que la partition avait prévu dès le début. De nombreux catholiques pratiquants, et peut-être même la plupart des membres du clergé eux-mêmes, sont aujourd’hui convaincus que la foi catholique n’est plus nécessaire au salut éternel ; on pense que le Dieu trinitaire révélé à nos pères est le même dieu de Mahomet. On l’a entendu répéter depuis les pupitres et les chaires des évêques il y a déjà vingt ans, mais récemment on l’a entendu affirmer même par la plus haute instance.

Nous savons bien que, grâce à l’adage évangélique "Littera enim occidit, spiritus autem vivificat", les progressistes et les modernistes ont habilement pu dissimuler dans les textes du Concile ces expressions équivoques, qui à l’époque semblaient inoffensives pour la plupart des gens mais qui se manifestent aujourd’hui dans leur valeur subversive. C’est la méthode du subsistit in : dire une demi-vérité non tant pour ne pas offenser l’interlocuteur (en supposant qu’il est légal de taire la vérité de Dieu par respect pour sa créature), mais dans le but de pouvoir utiliser la demi-erreur que la vérité entière aurait dissipé instantanément. Ainsi “Ecclesia Christi subsistit in Ecclesia Catholica” ne précise pas l’identité des deux, mais l’existence de l’une dans l’autre et, par cohérence, aussi dans d’autres églises : voici le passage ouvert aux célébrations inter-confessionnelles, aux prières œcuméniques, à la fin inexorable de la nécessité de l’Église pour le salut, de son caractère unique, de sa nature missionnaire.

Certains se souviennent peut-être que les premières rencontres œcuméniques ont eu lieu avec des schismatiques orientaux et avec beaucoup de prudence avec certaines sectes protestantes. Sauf pour l’Allemagne, la Hollande et la Suisse, les pays de tradition catholique n’avaient pas accueilli dès le début des célébrations mixtes, avec les pasteurs et les curés. Je me souviens qu’à l’époque on discutait de supprimer l’avant-dernière doxologie du Veni Creator afin de ne pas blesser les orthodoxes, qui n’acceptent pas le Filioque. Aujourd’hui, nous entendons les sourates du Coran récitées des chaires de nos églises, nous voyons une idole en bois adorée par des religieuses et des frères, nous entendons des évêques désavouer ce qui jusqu’à hier nous semblait être les excuses les plus plausibles de tant d’extrémismes. Ce que le monde veut, à l’instigation de la franc-maçonnerie et de ses tentacules infernaux, est de créer une religion universelle, humanitaire et œcuménique dans laquelle ce Dieu jaloux que nous adorons est banni. Et si tel est le souhait du monde, tout pas dans la même direction de la part de l’Église est un choix malheureux, qui se retournera contre ceux qui croient pouvoir se moquer de Dieu. Les espoirs de la Tour de Babel ne peuvent pas être ramenés à la vie par un plan globaliste qui a pour but l’annulation de l’Église catholique, pour remplacer une confédération d’idolâtres et d’hérétiques qui partagent le même environnementalisme et la même fraternité humaine. Il ne peut y avoir de fraternité qu’en Christ, et seulement en Christ: "qui non est mecum, contra me est".

Il déconcerte que peu de gens soient conscients de cette course vers l’abîme, et que peu réalisent quelle est la responsabilité des dirigeants de l’Église de soutenir ces idéologies anti-chrétiennes, comme pour vouloir garantir un espace et un rôle sur le char de la pensée unique . Et il est surprenant que nous persistions à ne pas vouloir enquêter sur les causes profondes de la crise actuelle, déplorant simplement les excès d’aujourd’hui comme s’ils n’étaient pas la conséquence logique et inévitable d’un plan orchestré il y a des décennies. Si Pachamama aurait pu être adoré dans une église, nous le devons à Dignitatis humanae. Si nous avons une liturgie protestante et parfois même paganisée, nous la devons aux actions révolutionnaires de l’archevêque Annibale Bugnini et aux réformes post-conciliaires. Si le document d’Abu Dhabi a été signé, c’est grâce à Nostra Aetate. Si nous sommes venus déléguer les décisions aux Conférences épiscopales – même en violation grave du Concordat, comme cela s’est produit en Italie – nous le devons à la collégialité et à sa version actualisée de la synodalité. Grâce à laquelle nous nous sommes retrouvés avec Amoris Laetitia à devoir chercher un moyen d’empêcher qu’il apparaîtrait ce qui était évident pour tout le monde, à savoir que ce document, préparé par une machine organisationnelle impressionnante, devait légitimer la communion pour les divorcés et les concubins, ainsi que Querida Amazonia servira pour légitimer les femmes prêtres (le cas d’une femme “vicaire épiscopal” à Fribourg est très récent) et l’abolition du célibat sacerdotal. Les prélats qui ont envoyé le Dubia à François, à mon avis, ont fait preuve de la même ingéniosité pieuse: penser que face à la contestation argumentée de l’erreur, Bergoglio aurait compris, corrigé les points hétérodoxes et demandé pardon.

Le Concile a été utilisé pour légitimer, dans le silence de l’Autorité, les écarts doctrinaux les plus aberrants, les innovations liturgiques les plus audacieuses et les abus les moins scrupuleux. Ce concile a été si exalté qu’il était indiqué comme la seule référence légitime pour les catholiques, les clercs et les évêques, obscurcissant et connotant avec un sentiment de mépris la doctrine que l’Église avait toujours enseignée avec autorité, et interdisant la liturgie éternelle qui pendant des millénaires avait nourri la foi d’une génération ininterrompue de fidèles, martyrs et saints. Entre autres, ce Concile s’est avéré être le seul qui pose tant de problèmes d’interprétation et tant de contradictions par rapport au Magistère précédent, alors qu’il n’y en a pas un – du Concile de Jérusalem à Vatican I – qui n’harmonise pas parfaitement avec l’ensemble du Magistère et qui nécessite de n’importe quelle interprétation.

Je l’avoue avec sérénité et sans polémique: j’étais l’un des nombreux qui, malgré pas mal de perplexités et de craintes, qui s’avèrent aujourd’hui absolument légitimes, ont fait confiance à l’autorité de la Hiérarchie avec une obéissance inconditionnelle. En réalité, je pense que beaucoup, et moi parmi eux, n’ont pas envisagé au départ la possibilité d’un conflit entre l’obéissance à un ordre de la Hiérarchie et la fidélité à l’Église elle-même. Ce dernier pontificat a certainement rendu tangible la séparation contre nature, je dirais même perverse, entre Hiérarchie et Église, entre obéissance et fidélité.

Dans la chambre lacrymale adjacente à la Sixtine, tandis que Mgr. Guido Marini préparait la bobine, la mozzetta et l’étole pour la première apparition du pape “nouvellement élu”, Bergoglio s’est exclamé: “Les carnavals sont terminés!”, en rejetant avec mépris l’insigne que tous les papes jusqu’à présent avaient humblement accepté comme distinctif du Vicaire du Christ. Mais dans ces mots, il y avait quelque chose de vrai, même si on le dit involontairement: le 13 mars 2013, le masque des conspirateurs est tombé, enfin libre de la présence inconfortable de Benoît XVI et hardiment fier d’avoir enfin réussi à promouvoir un cardinal qui incarnait leurs idéaux, leur façon de révolutionner l’Église , pour rendre la doctrine négligeable, la morale adaptable, la liturgie modifiable, la discipline abrogeable. Et tout cela a été considéré, par les protagonistes de la conspiration eux-mêmes, comme la conséquence logique et l’application évidente de Vatican II, selon eux affaibli précisément par les questions critiques exprimées par Benoît XVI lui-même. Le plus grand affront à ce pontificat fut la libéralisation de la vénérable liturgie tridentine, à laquelle la légitimité fut finalement reconnue, niant cinquante ans d’ostracisme illégitime. Ce n’est pas un hasard si les partisans de Bergoglio sont les mêmes qui voient le Concile comme le premier événement d’une nouvelle église, avant laquelle il y avait une vieille religion avec une vieille liturgie. Ce n’est pas par hasard, précisément: ce qu’ils affirment en toute impunité, provoquant le scandale des modérés, c’est aussi ce que croient les catholiques, à savoir que malgré toutes les tentatives d’herméneutique de la continuité misérablement ruinées lors de la première confrontation avec la réalité de la crise actuelle, c’est indéniable qu’à partir de Vatican II, une église parallèle a été construite, superposée et opposée à la véritable Église du Christ. Elle a progressivement obscurci l’institution divine fondée par Notre-Seigneur pour la remplacer par une entité fallacieuse, correspondant à la religion universelle souhaitée, dont la franc-maçonnerie a été la première à la théoriser. Des expressions comme le nouvel humanisme, la fraternité universelle, la dignité humaine sont les mots d’ordre de l’humanitarisme philanthropique négateur du vrai Dieu, de la solidarité horizontale d’une vague inspiration spiritualiste et de l’irénisme œcuménique que l’Église condamne sans appel. “Nam et loquela tua manifestum te facit” (“Car ton discours te trahit”: Mt 26, 73): ce recours fréquent et presque obsessionnel au même vocabulaire que l’ennemi trahit l’adhésion à l’idéologie à laquelle il s’inspire; d’autre part, le renoncement systématique au langage clair, sans équivoque et cristallin de l’Église confirme le désir de se détacher non seulement de la forme catholique, mais aussi de sa substance.

Ce que nous entendons énoncer depuis des années, vaguement et sans connotation claire, du plus haut trône, nous le trouvons ensuite élaboré dans un véritable manifeste chez les partisans du Pontificat actuel: la démocratisation de l’Église par le biais non plus de la collégialité inventée par Vatican II, mais du chemin synodal inauguré au Synode pour la famille; la démolition du sacerdoce ministériel par son affaiblissement avec les dérogations au célibat ecclésiastique et l’introduction de figures féminines aux fonctions quasi sacerdotales; le passage silencieux de l’œcuménisme adressé aux frères séparés à une forme de pan-œcuménisme qui abaisse la vérité du Dieu unique et trinitaire au niveau des idolâtries et des superstitions les plus infernales; l’acceptation d’un dialogue interreligieux qui suppose le relativisme religieux et exclut l’annonce missionnaire; la démythologisation de la papauté, poursuivie par Bergoglio lui-même comme figure du pontificat; la légitimation progressive du politiquement correct: théorie du genre, sodomie, mariages homosexuels, doctrines malthusiennes, écologie, immigrationnisme … Ne pas reconnaître les racines de ces déviations dans les principes fixés par le Concile rend impossible tout remède: si le diagnostic persiste contre l’évidence à exclure la pathologie initiale on ne peut pas formuler une thérapie appropriée.

Cette opération d’honnêteté intellectuelle demande une grande humilité, tout d’abord en reconnaissant que pendant des décennies, en bonne foi, les gens ont été induits en erreur par des gens qui, établis en autorité, n’ont pas pu surveiller et garder le troupeau du Christ: certains pour vivre en tranquillité, certains pour trop d’engagements, certains pour des raisons de commodité, certains pour mauvaise foi ou même pour intention malveillante. Ces derniers, qui ont trahi l’Église, doivent être identifiés, repris, invités à s’amender et, s’ils ne se repentent pas, expulsés de l’enceinte sacrée. C’est la façon d’agir d’un vrai berger, qui se soucie de la santé des brebis et qui donne sa vie pour elles; nous avons eu et nous avons encore trop de mercenaires, pour lesquels le consentement des ennemis du Christ est plus important que la fidélité à son épouse.

Ici, comme honnêtement et sereinement j’ai obéi il y a soixante ans à des ordres douteux en croyant qu’ils représentaient la voix aimante de l’Église, ainsi aujourd’hui avec une sérénité et une honnêteté égales je reconnais que j’ai été trompé. Être cohérent aujourd’hui en persévérant dans l’erreur représenterait un choix malheureux et me rendrait complice de cette fraude. Revendiquer une clarté de jugement dès le début ne serait pas honnête: nous savions tous que le Concile représentait plus ou moins une révolution, mais nous ne pouvions pas imaginer qu’elle se révélerait si dévastatrice, même pour le travail de ceux qui auraient dû l’empêcher. Et si jusqu’à Benoît XVI, on pouvait encore imaginer que le coup d’État de Vatican II (que le cardinal Suenens a appelé 1789 de l’Église) avait connu un ralentissement, ces dernières années même les plus naïfs parmi nous ont compris ce silence, car la peur de susciter un schisme, la tentative d’ajuster les documents pontificaux dans un sens catholique pour remédier à l’ambiguïté voulue, les appels et les doutes à François restés de façon éloquente sans réponse, sont une confirmation de la situation d’apostasie très grave à laquelle sont exposés les chefs de la Hiérarchie, tandis que le peuple chrétien et le clergé se sentent désespérément éloignés et considérés presque avec contrariété par l’épiscopat.

La Déclaration d’Abu Dhabi est le manifeste idéologique d’une idée de paix et de coopération entre les religions qui peut avoir une certaine possibilité de tolérance si elle vient de païens, privés de la lumière de la foi et du feu de la charité. Mais quiconque a la grâce d’être un enfant de Dieu, en vertu du Saint Baptême, devrait être horrifié à l’idée de pouvoir construire une blasphématoire tour de Babel en version moderne, en essayant de mettre sur pied la seule véritable Église du Christ, héritière des promesses du peuple élu, avec ceux qui nient le Messie et avec ceux qui considèrent l’idée d’un Dieu trinitaire comme blasphématoire. L’amour de Dieu ne connaît aucune mesure et ne tolère aucun compromis, sinon ce n’est tout simplement pas la Charité, sans laquelle il n’est pas possible de rester en Lui: qui manet in caritate, in Deo manet, et Deus in eo. Peu importe qu’il s’agisse d’une déclaration ou d’un document du magistère: nous savons très bien que l’esprit subversif des novateurs joue précisément sur ces détails pour propager l’erreur. Et nous savons très bien que le but de ces initiatives œcuméniques et interreligieuses n’est pas de convertir ceux qui sont loin de l’unique Église au Christ, mais de détourner et de corrompre ceux qui gardent encore la foi catholique, les amenant à croire désirable une grande religion universelle qui unit “dans un une seule maison” les trois grandes religions abrahamiques: c’est le triomphe du plan maçonnique en préparation du règne de l’Antéchrist! Que cela se concrétise avec une Bulle dogmatique, avec une déclaration ou avec un entretien de Scalfari sur Repubblica, peu importe, car les paroles de Bergoglio sont attendues par ses partisans comme un signal, auquel répondre par une série d’initiatives déjà préparées et organisées il y a longtemps. Et si Bergoglio ne suit pas les indications reçues, des hôtes de théologiens et de clercs sont déjà prêts à se plaindre de la “solitude du pape François”, comme prémisse de sa démission (par exemple, je pense à Massimo Faggioli dans sa récente écriture). D’un autre côté, ce ne serait pas la première fois qu’ils utilisent le Pape quand il va de pair avec leurs plans, et ils s’en débarrassent quand il s’en écarte.

L’Église a célébré la Sainte Trinité dimanche dernier, et nous propose dans le bréviaire la récitation du Symbolum Athanasianum, désormais proscrit par la liturgie conciliaire et déjà limité à seulement deux reprises dans la réforme de 1962. De ce symbole disparu aujourd’hui ils restent gravés en lettres d’or les premiers mots: “Quicumque vult salvus esse, ante omnia opus est ut teneat Catholicam fidem; quam nisi quisque integram inviolatamque servaverit, absque dubio in aeternum peribit” (“Qui veut se sauver, il est surtout nécessaire qu’il garde la foi catholique; et s’il ne l’aura pas gardée intègre et inviolée, sans doute il périra pour l’éternité”).

+ Carlo Maria Viganò

St Ephrem, 9 juin 2020
Notre Dame
Ludovic Denim
13/03/2013 la fausse élection de Bergoglio, même cela évoque Fatima...
Traditions
Il a très bien avancé dans son chemin en affirmant dans sa lettre du 9 juin qu'il existe une "entité" conciliaire qui s'est superposée sur l'Eglise Catholique. Comme Mgr Lefebvre sauf qu'il ne le cite pas. La néo-FSSPX a rejeté cette théologie en 2012 en envisageant un accord pratique avec cette "entité". Certains montent et d'autres descendent ! Ce qui compte ce n'est pas la distance du chemin …More
Il a très bien avancé dans son chemin en affirmant dans sa lettre du 9 juin qu'il existe une "entité" conciliaire qui s'est superposée sur l'Eglise Catholique. Comme Mgr Lefebvre sauf qu'il ne le cite pas. La néo-FSSPX a rejeté cette théologie en 2012 en envisageant un accord pratique avec cette "entité". Certains montent et d'autres descendent ! Ce qui compte ce n'est pas la distance du chemin à parcourir mais de prendre le bon chemin.
blanche52
Où en êtes-vous de votre analyse ? depuis le nombre d'années qu'on entend ça : ils-vont-signer-ils ont-signé-ils-sont-tout-près-de-signer-de-toutes-façons-c'est-comme-s'ils-avaient-signé
C'est du plus haut ridicule ! comment ne vous en rendez-vous pas compte ? La colère vous aveugle au pont de faire descendre la Fraternité StPieX (il n'y en a qu'une, au fait !) vers l'Enfer (le mauvais chemin) !
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Où en êtes-vous de votre analyse ? depuis le nombre d'années qu'on entend ça : ils-vont-signer-ils ont-signé-ils-sont-tout-près-de-signer-de-toutes-façons-c'est-comme-s'ils-avaient-signé
C'est du plus haut ridicule ! comment ne vous en rendez-vous pas compte ? La colère vous aveugle au pont de faire descendre la Fraternité StPieX (il n'y en a qu'une, au fait !) vers l'Enfer (le mauvais chemin) !
Vraiment, prenez l'air !
blanche52
Mgr Vigano dans sa lettre à Trump : "à la suite de votre visite au sanctuaire national de saint Jean-Paul II ", il y a encore du chemin !
Rosa Mystica
Y aura-t-il d'autres prélats touchés par la grâce?
AveMaria44
Humble, courageux et doctrinal......prions pour lui
France Fidèle
Lui au moins sait faire marche arrière en rejetant le concile et cette église conciliaire. Peu probable que la FSSPX fasse de même en reconnaissant ses erreurs de 2012
Traditions
Un très bel acte d'humilité ! Il reconnaît son erreur d'avoir adhéré au concile pendant des décennies.