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Communion dans la main "obligatoire" : ce que bien des évêques ne veulent pas que vous sachiez !

A) Un prêtre n'a jamais le droit de vous refuser la communion au seul motif que vous voulez la recevoir sur la langue.

B) Si jamais vous essuyez un tel refus, vous êtes en droit de déposer un recours d'abord auprès de votre évêque, et s'il refuse d'en tenir compte, auprès de la Congrégation pour le Culte Divin. (Vous ne savez pas comment vous y prendre ? Attendez, on vous explique tout ci-dessous...)

Ces deux points ont été récemment rappelés dans L'Homme Nouveau par le Frère Réginald-Marie Rivoire (Fraternité Saint Vincent Ferrier), puis relayés par Riposte Catholique. Et ils m'ont été tout récemment fort utiles !

En fait, cet article aurait pu s'intituler "Comment ma paroisse a renoué avec la communion dans la main en moins d'une semaine". Conseillé par un ami prêtre, j'ai moi-même déposé en juin dernier un recours contre le refus que me faisait le prêtre de la paroisse de me donner la communion sur la langue. Dès le dimanche suivant, la situation s'est débloquée dans la paroisse : ceux qui le souhaitent (une bonne moitié des fidèles) peuvent désormais à nouveau communier sur la langue.

Fort de cette expérience positive, je souhaiterais que cet article puisse aider tous ceux qui sont aujourd'hui injustement privés de la seule manière respectueuse de communier. Voici donc, pas à pas, les étapes concrètes pour déposer un recours auprès de votre évêque.

1) Démarche préliminaire :
a)
Il faut avant toute chose vous adresser au prêtre qui vous refuse la communion dans la main. Lui dire qu'il n'a pas le droit d'agir ainsi. Et citer, à l'appui de vos dires, le n° 92 de l'instruction Redemptionis sacramentum : "Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche." C'est la loi de l'Eglise, valable même en cas de "pandémie", comme on l'a bien vue en 2009, avec un rappel de ce principe en pleine grippe porcine. A ce stade de l'échange, votre interlocuteur va très vraisemblablement invoquer les consignes données par son évêque, auquel il doit obéissance. C'est donc le moment de passer à l'étape suivante.

b) Si vous n'avez pas la possibilité d'échanger avec le prêtre avant la messe (ce qui a été mon cas), ou s'il a maintenu son refus au cours de votre échange, vous pouvez vous avancer à la communion, les mains fermement jointes, et lui présenter humblement votre langue. S'il maintient toujours son refus, passez votre chemin et évitez la confrontation en pleine messe... L'intérêt de cette démarche, même si elle peut sembler intimidante, est que le prêtre va peut-être céder, ce qui vous épargnera la nécessité du recours ; s'il ne cède pas, il ne pourra plus nier vous avoir refusé la communion sur la langue. Pour ma part, j'ai juste obtenu un sec "Je ne vous donnerai pas la communion".

2) Le recours proprement dit :
Il s'agit d'une lettre papier envoyée en recommandé avec avis de réception à l'adresse postale de votre évêque (vous trouvez cette dernière sur le site du diocèse ou sur son site personnel s'il en a un). N'oubliez pas de faire une copie de votre exemplaire signé avant de l'envoyer.

Dans cette lettre doivent figurer quatre éléments :
a) vous constatez, en précisant les circonstances (date, paroisse, nom du prêtre), le fait que le prêtre vous a refusé la communion sur la langue ;
b) vous rappelez, citation à l'appui, les normes en vigueur à ce propos ;
c) vous demandez à l'évêque d'intervenir auprès du prêtre pour que cet abus cesse ;
d) vous laissez entendre (c'est là qu'il faut être subtil et éviter le ton menaçant) que vous passerez à un recours auprès de la Congrégation pour le Culte Divin en cas de refus de sa part.

Le ton de cette lettre doit être respectueux mais ferme.

Voici la lettre que j'ai envoyée, et avec laquelle j'ai obtenu gain de cause. Vous pouvez la reprendre à votre tour en l'adaptant à votre situation.

Objet : recours relatif à la réception de la sainte communion

Monseigneur,

Depuis le dimanche 1er mars dernier, l'Abbé X refuse de donner la communion à des paroissiens de Y au seul motif que ces derniers souhaitent la recevoir sur la langue. J'ai eu moi-même l'occasion d'en faire le douloureux constat.

Dans les échanges que nous avons eus avec l'Abbé X, il m'a affirmé agir ainsi par obéissance à votre autorité, Monseigneur. J'en suis doublement surpris. En effet, d'une part, l'interdiction de la communion sur la langue ne figure pas explicitement dans vos directives. Mais surtout, comme le stipulait en 2004 l'instruction Redemptionis Sacramentum de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, « tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche » (n° 92). La même congrégation a rappelé ce principe en 2009, en pleine épidémie de grippe porcine (cf. pièce jointe). Il est donc clair que l'adverbe « toujours » vaut même en cas de pandémie.

Mon épouse et moi, ainsi que d'autres fidèles, avons donc été privés dans notre paroisse, depuis plus de trois mois, de la Sainte Communion alors que la forme ordinaire reste la Communion sur la langue (cf. l'instruction Memoriale Domini de 1969). C'est pour nous à la fois une grande souffrance quant à notre vie spirituelle, une grande injustice quant au droit et une discrimination quant à la communion ecclésiale.

Aussi, nous recourons à Vous, Monseigneur, qui êtes le garant de la Justice et de la Communion dans les paroisses du diocèse, afin que nous puissions avoir de nouveau l'immense joie de recevoir notre Seigneur, dans notre paroisse, suivant l'humble inclinaison de notre cœur, c'est à dire sur la langue, dans le respect des normes liturgiques.

Confiants en votre bienveillante vigilance pastorale pour intervenir, en vue du bien de tous, auprès de l'Abbé X, je vous prie d'accepter, Monseigneur, mes meilleures salutations ainsi que l'assurance de mes prières.

Signature.


L'intérêt de la pièce jointe est de montrer à votre évêque, sans trop insister, que vous savez qu'il existe une possibilité de recours à Rome en cas de refus de sa part.

Cette lettre, partie le lundi, nous a valu une réponse reçue dès le jeudi, en même temps que l'avis de réception. Notre évêque nous invitait à prendre rendez-vous avec lui afin de nous expliquer la situation. C'était donc mal engagé. Mais dès le samedi suivant, le diacre de la paroisse nous laissait un message nous affirmant que la communion sur la langue était à nouveau possible !

3) Priez pour votre prêtre et votre évêque, ainsi que pour le succès de votre démarche.

4) Ne rêvez pas : votre évêque ne va vraisemblablement pas permettre à nouveau, officiellement, la communion sur la langue dans l'ensemble du diocèse (même s'il n'a pas la légitimité pour l'interdire, comme on l'a vu). Mais il invitera en privé votre prêtre à tenir compte de vos attentes. Dans ma paroisse, la démarche a abouti au résultat suivant : deux files de communion, l'une pour ceux voulant communier dans la main, l'autre pour ceux voulant communier sur la langue. Aucune consigne nouvelle n'a été donnée au niveau diocésain. Notre paroisse constitue donc actuellement une exception dans le diocèse.

5) Si vous obtenez gain de cause, n'oubliez pas d'envoyer un courrier ou un message à votre évêque pour le remercier chaleureusement. Vous lui avez mis la pression avec une démarche d'ordre juridique. Il faut maintenant détendre les relations.

6) Préparez-vous à souffrir. Votre prêtre ne prendra peut-être pas très bien le fait de se faire rappeler à l'ordre. Personnellement, j'ai reçu deux messages de sa part qui, sans être grossiers, sont vraiment insultants. Et ce ne sont peut-être pas les derniers... Il faut dire que le prêtre en question est le canoniste du diocèse et s'est manifestement senti battu sur son propre terrain... Ce déchaînement de violence incroyable de la part d'un prêtre pourtant "classique" (sans être traditionnel) nous a fait prendre conscience de l'importance capitale du respect envers le Saint-Sacrement. Si cela n'avait pas d'importance, de telles passions ne se déchaîneraient pas. Satan n'a pas l'air d'aimer du tout la communion sur la langue...

N'oubliez pas que cette démarche rendra aussi service à tous ceux qui, dans votre paroisse, sont attachés à la communion sur la langue, mais qui ne savent pas comment s'y prendre pour l'obtenir à nouveau, ou n'osent pas entreprendre ce type de démarche.

Si cet article vous a aidés, n'hésitez pas à me le faire savoir dans vos commentaires. J'y reste à votre disposition pour répondre à toutes les questions pertinentes.

Bon courage !
jili22
Il faut s'abstenir d'aller à une messe inversée (Conciliaire), c'est un grave péché mortel !