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Comment faire accepter la prélature personnelles aux prêtres et aux fidèles de la fsspx

La morale de situation de Mgr de Galarreta
Conférence de Mgr de Galarreta et commentaires de M. l’abbé Pivert. Extrait du Bulletin "Le Chevalier du Christ-Roi" n°3

Mgr Alfonso de Galarreta a donné une conférence à Bailly, près de Versailles, le 17 janvier 2016. Cette conférence a une grande importance et ne représente pas seulement l’opinion de Mgr de Galarreta, car la Maison Générale a pris soin d'en publier le résumé que voici intégralement. (Source : Fraternité Saint Pie X, Maison Générale — Transcription DICI n°33i du 26 février 2016

Une aggravation de la crise de la foi qui suscite des réactions publiques

Maison Générale
 : Dans une première partie, Mgr de Galarreta constate que se développe à Rome « une volonté de tirer toutes les conséquences contenues dans les principes du concile Vatican II ». Les idées conciliaires d’œcuménisme, de liberté religieuse et de collégialité étant désormais acquises, selon les autorités romaines, c’est la morale qui est maintenant atteinte par une forme d’évolutionnisme :

« Cela est vrai déjà pour le dogme, pour la vérité (selon les progressistes) ; cela est vrai déjà pour l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, tout l’esprit libéral révolutionnaire... alors pourquoi pas pour la morale aussi ? Au fond, c’était une incohérence de ne pas appliquer l’évolution à la morale également », cette dernière est donc amenée à s’adapter aussi « en fonction de la vie de l’homme, les mœurs, les lois, l’évolution des choses ... ».

Commentaire : L’analyse est bonne et remonte aux principes.

Maison Générale : Néanmoins le prélat argentin reconnaît que, face à ce désastre, une réaction se manifeste : « Maintenant c’est dans l’Église actuelle, officielle, qu’il commence à y avoir des réactions. Et des réactions qui vont en profondeur, car certains se rendent compte quand même qu’il y a un problème doctrinal, un problème de foi. Ils se rendent compte qu’il y a un problème aussi dans le magistère conciliaire et postconciliaire. Ils commencent à se poser des questions et, aspect très important, ils comprennent que pour s’opposer à cette rupture totale avec la Tradition, il faut réagir, et nécessairement s’opposer aux autorités qui sont les diffuseurs de ces erreurs. C’est ainsi qu’on voit des cardinaux, des évêques, des prêtres, des laïcs qui commencent à réagir, et dans le bon sens et dans un très bon sens même, quelquefois avec beaucoup de fermeté. »

Commentaire : Là, Mgr de Galarreta glisse et veut nous entraîner dans sa glissade. Peut-être certains évêques, voire certains cardinaux, réagissent dans le bon sens, et se rendent peut-être même compte qu’il y a un problème doctrinal, mais c’est encore très léger et aucun n’a encore donné raison à Mgr Lefebvre ni n’a reconnu la doctrine du Christ-Roi et les grandes encycliques si importantes pour Mgr Lefebvre. Leur prise de conscience est éventuellement suffisante pour les rencontrer afin de leur donner la vraie doctrine — s’il veulent bien l’accepter — mais c’est bien insuffisant pour collaborer avec eux et, a fortiori, pour s’unir à eux.

Autre glissade : Mgr de Galarreta parle du magistère[1] conciliaire et post-conciliaire, mais ce n’est pas plus du magistère que l’erreur n’est la vérité. De plus, il n’y a qu’un magistère dans l’Église, parler du magistère conciliaire, c’est le reconnaître comme authentique et vrai, à l’égal de la Tradition. C’est le problème central depuis le début : Rome voulait faire admettre que les proclamations du Concile appartiennent au magistère de l’Eglise, et Mgr Lefebvre a toujours refusé. Ensuite, ce fut le point central des discussion théologiques entre la Fraternité Saint Pie X et Rome, de 2009 à 2011 : Rome voulait toujours que la Fraternité Saint Pie X reconnaisse que le faux magistère de Vatican II est le magistère de l’Église.

Il est certain que Mgr de Galarreta ne reconnaît pas les proclamations de Vatican II comme appartenant au magistère de l’Eglise, mais il emploie le mot et cela est déjà trompeur.

Une double proposition romaine : doctrinale et canonique

Maison Générale
 : Mgr de Galarreta indique ensuite qu’une proposition de prélature personnelle a été faite par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, à l’été 2015, accompagnée d’une proposition de déclaration doctrinale. Et il fait savoir que le « Supérieur général a envoyé les deux textes romains à tous les supérieurs majeurs et à quelques théologiens de la Fraternité, ainsi qu’aux évêques pour qu’on en fasse une analyse, qu’on lui donne notre avis ».

Commentaire : Nous savions que Rome avait envoyé une proposition doctrinale, mais nous ne savions pas encore qu’elle y avait joint une proposition de prélature personnelle.

Rien que cette proposition de prélature personnelle devrait faire fuir tout traditionaliste censé.

Une prélature personnelle est une structure qui regroupe des prêtres et des personnes consacrées à l’apostolat, sous l’autorité d’un prélat en vue de les mettre à disposition des diocèses qui en ont besoin. (Concile Vatican II, Presbyt. Ordinis n° 10 ; Code moderniste can. 294 à 297)

Elle n’offre d’autonomie — et encore, elle est bien restreinte — que dans les rapports du prélat avec les membres de la prélature, mais, pour son ministère, elle est soumise aux évêques. Il ne s’agit ni d’un diocèse personnel comme le diocèse aux Armées, encore moins d’un patriarcat comme pour les Orientaux, lesquels peuvent librement fonder des paroisses et n’ont pas besoin d’autorisation pour exercer leur ministère, contrairement à la prélature qui doit s’entendre avec les évêques diocésains.

Rome a bien noté que, depuis le Chapitre de 2012, la Fraternité n’exigeait plus d’être exempte[2] des évêques diocésains. Il est symptomatique que Mgr Fellay n’en dise rien. Mgr de Galarreta, lui, révèle la chose et donne son avis ci-après. Nous verrons ce qu’il vaut.

Maison Générale : Au sujet de la proposition de déclaration doctrinale, l’évêque argentin reconnaît : « Ce que l’on voit dans la déclaration doctrinale, c’est qu’il n’y a plus la profession de foi du cardinal Ratzinger. Les autorités romaines nous demandent la profession de foi de Pie IV, c’est-à- dire la profession de foi du concile de Trente. Ensuite, dans la précédente proposition, il y avait un paragraphe sur la liberté religieuse. Ils ont supprimé cette exigence. L’œcuménisme est supprimé. Sur la messe ils nous demandaient de reconnaître la validité et la légitimité. Maintenant ils nous demandent de reconnaître la validité des nouveaux sacrements, de la nouvelle messe, selon l’édition typique, l’édition latine originale. Ce que la Fraternité a toujours reconnu. Voyez, ils enlèvent des conditions pour essayer d’arriver.

Commentaire : On sent que, là où Mgr Fellay se réjouit du changement d’attitude de Rome envers la Fraternité Saint Pie X, Mgr de Galarreta voit bien la manœuvre romaine.

Maison Générale : Puis, Mgr de Galarreta indique que le Supérieur général a tenu à répondre à l’offre romaine de reconnaître la Fraternité “telle qu’elle est”, par une réponse préalable qui ne reste pas dans le vague : « Mgr Fellay nous a dit : avant de répondre à cette proposition de la Congrégation de la Foi, je vais leur écrire, de façon assez exhaustive, pour bien préciser comment nous sommes et comment nous agissons, qu ’est-ce que nous prêchons, qu ’est-ce que nous faisons, qu ’est-ce que nous ne faisons pas, et ce que nous ne sommes pas prêts à faire », - afin de savoir si la Fraternité est acceptée “telle qu’elle est” vraiment.

Commentaire : Mais la Fraternité Saint Pie X n’est plus définie comme elle devrait, nous l’avons constaté à l’article précédent. « Telle qu’elle est » ne signifie plus la même réalité pour Mgr Fellay que pour Mgr Lefebvre. Mgr de Galarreta va-t-il dénoncer l’arnaque et dire ce que la Fraternité Saint Pie X doit être pour demeurer ce que son fondateur en a fait ? Non, il n’en dit rien. Cette omission est un péché grave. On dira que Mgr de Galarreta précise ici ce que Mgr Fellay n’a pas exprimé en Amérique Latine, à savoir la doctrine : « ce que nous prêchons ». Quel tour de passe-passe ! C’était justement le moment, pour faire pièce aux manœuvres de Mgr Fellay, de rappeler ce qu’il faut prêcher. Mais non, là aussi Mgr de Galarreta se tait. Ce que Mgr Fellay va dire à Rome, ce que prêche la Fraternité Saint Pie X, nous n’avons pas à le savoir. Mgr Fellay a déjà trahi la doctrine dans sa déclaration de 2012, il admet le Jubilé de la miséricorde, il admet plus ou moins Dignitatis humanae sur la liberté religieuse (interview à une télévision américaine), il admet le Concile à 90% (sermon du pèlerinage de Pentecôte) — comme si on pouvait admettre la lèpre à 90% — mais on n’a rien à en savoir.

Maison Générale : Le prélat argentin fait alors part de ses réserves pour une raison doctrinale de fond : « Eux, ils entendent surtout et toujours nous faire accepter, au moins vaguement, au moins en principe, le concile Vatican II et ses erreurs ». Et il ajoute que cette volonté romaine se retrouve, au plan pratique, dans la proposition canonique : « Il y a toujours, d’une façon ou d’une autre, une soumission par rapport aux dicastères romains ou par rapport aux évêques ». Ce qui l’amène à affirmer que, personnellement, il refuserait les propositions romaines : « Pour moi, un accord avec la Rome actuelle est exclu ». Il précise qu’il s’agit d’un refus prudentiel dicté par les circonstances - en l’absence de garanties nécessaires à la vie de la Fraternité -

Commentaire : Cela devient bien flou. S’il s’agit de raisons doctrinales de fond, ce sont elles qu’il faut mettre en avant et non la prudence. Et puis, ce « personnellement » n’est pas bien charitable. On attend d’un évêque des affirmations objectives et non des affirmations personnelles. Voyons la suite.

Maison Générale : et il tient à bien se distinguer de ceux qui font de ce refus un absolu : « Nous ne refusons pas, vous le voyez, de façon absolue et théorique la possibilité d’un accord avec Rome. C’est cela qui nous distingue de la “Résistance”. Pour eux c’est un principe. C’est une question doctrinale : “Vous ne pouvez pas admettre la possibilité d’un accord avec Rome, sans être libéral”. Ce n’est pas notre position. Il faut le redire : ce n’était pas la position de Mgr Lefebvre. Il a signé un protocole d’accord avec Rome. Et à ce moment là, même quand il a rompu après le protocole, Monseigneur a bien dit : “c’est parce qu’il n’y a pas les conditions nécessaires pour notre survie, pour notre protection”. Parce qu’ils veulent nous tromper, parce qu’ils ne veulent pas nous donner la Tradition, parce qu’ils veulent nous ramener à Vatican IL C’est parce qu’il n’y a pas les conditions. Il a dit : “S’ils m’avaient donné les conditions, les conditions que j’avais mises, j’aurais signé”. Cela Mgr Lefebvre l’a dit après les sacres. Et il a précisé : “Si j’ai signé un protocole d’accord, c’est parce qu’il n’y avait rien de contraire à la foi”. Ni dans le contenu, ni dans le fait de signer. C’est évident. Donc nous continuons dans cette ligne.

Commentaire : Il est évident que, si l’on jette un regard superficiel sur la signature de l’accord du 5 mai 1988 par Mgr Lefebvre, on peut y voir une contradiction avec sa prédication très antimoderniste.

Il y a trois manières de s’en sortir. Mettre de côté la doctrine qui a dirigé l’action de Mgr Lefebvre et ne voir que le côté prudentiel. C’est la position de Mgr de Galarreta. Ou bien mettre de côté l’aspect prudentiel de sa démarche, ne retenir que la doctrine et nier la légitimité de la démarche de Mgr Lefebvre. C’est la position des “sedevacantistes” que Mgr de Galarreta attribue à la “Résistance”. Ou, enfin, expliquer l’un par l’autre, et c’est la position que nous tenons, dans la Fidélité catholique.

Mgr Lefebvre mettait en premier la doctrine et la prédication du Christ-Roi. S’il désira une reconnaissance, s’il voulait des garanties, c’était pour être libre de prêcher le Christ-Roi. Il voulait faire la preuve de la bonne volonté de Rome par rapport à la doctrine — et non par rapport à la parole donnée — et la preuve fut faite, elle était négative. C’est pourquoi il affirma de nombreuses fois ensuite que l’accord n’est pas possible, à moins que Rome n’accepte les textes majeurs de l’Église contre les nouveautés et pour le Christ-Roi. Les plus fortes de ses déclarations se trouvent dans un écrit, le dernier de ses écrits,Itinéraire spirituel où on lit notamment ceci : « C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Église conciliaire, tant qu’elle ne retrouvera pas la tradition du Magistère de l’Église et de la foi catholique. »

Mais ces nombreuses déclarations, Mgr de Galarreta ne les rappelle pas. Pourquoi ? À vous de répondre, cher lecteur.

Vers une reconnaissance unilatérale de la Fraternité ?

Maison Générale : Dans une seconde partie, et au-delà des propositions de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Mgr de Galarreta confie publiquement qu’il pense que le pape peut prochainement conférer un statut àla Fraternité Saint-Pie X : « Je pense plutôt, et c’est là l’autre aspect des choses, que ce pape qui dit à qui veut l’entendre que nous sommes catholiques, qui dit et répète que la Fraternité est catholique, que nous sommes catholiques, qu’il ne va jamais nous condamner et qu’il faut régler notre “affaire”. Je pense que - il a déjà commencé dans cette voie-là -, quand il verra qu’il n’y a pas d’entente avec la Congrégation de la Foi, je pense qu’il va passer outre toute condition doctrinale, théorique, pratique, ou quoi que ce soit... Il va faire des pas lui-même, dans le sens d’une reconnaissance de la Fraternité. Il a déjà commencé, il va tout simplement poursuivre. Ici je dis non pas ce que je désire, je dis ce que je prévois. Je prévois, je pense que le pape va aller dans le sens d’une reconnaissance unilatérale de la Fraternité, et plutôt par la voie des faits que par une voie de droit ou légale, canonique. »

Commentaire : Dont acte. Mais qu’on y réfléchisse, le Pape pourrait- il reconnaître la Fraternité Saint Pie X si elle continuait, comme Mgr Lefebvre, à attaquer le modernisme ? Cette reconnaissance prétendument unilatérale est la preuve que la Fraternité Saint Pie X a changé et ne fait plus peur à Rome.

Maison Générale : Mgr de Galarreta reconnaît que « cette reconnaissance de fait aurait un effet bon, bénéfique : c’est une ouverture apostolique assez extraordinaire, cela aura un effet extraordinaire ». Mais il ajoute qu’il y aurait alors deux risques : celui de créer une division en interne et celui de conditionner la prédication dans certaines circonstances. Et de s’interroger : « Il faudra une sagesse, une prudence extraordinaire, une fermeté, une clarté très grande. Sommes-nous capables de cela ? »

Commentaire : L’effet, toujours l’effet, jamais la chose en elle-même ! L’adultère a un effet bon, celui de donner naissance à des enfants qui, sans cela, n’auraient jamais vu le jour. Cela ne le rend pas acceptable. Juger par l’effet bon, c’est ce qu’on appelle la morale de situation, inventée par les modernistes pour ne jamais s’opposer au monde.

Mais cet effet est-il si bon que Mgr de Galarreta l’affirme ? L’accord avec le monde réconcilie le monde avec l’Église, mais en apparence seulement, car cela n’amène pas le monde à la foi, mais l’Église à l’esprit du monde.

Et puis, pourquoi craindre la division de la Fraternité Saint Pie X si elle est justifiée ? Notre Seigneur n’est-il pas le signe de contradiction qui révèle les pensées d’un grand nombre ? En l’occurrence, cette division révélera qu’il y a d’un côté un grand nombre de prêtres encore attachés à l’héritage de Mgr Lefebvre qui ne sont pas d’accord pour le voir brader et de l’autre les supérieurs qui ne pensent qu’à l’union avec Rome sans mettre cela sous l’éclairage de la doctrine et de la foi.

Enfin, la prédication est désormais largement conditionnée. Ce n’est plus un risque, c’est une réalité. Les bons prêtres qui veulent continuer à attaquer les erreurs sont obligés de prendre des précautions.

Maison Générale : Le prélat argentin répond en demandant de garder une confiance surnaturelle face à ces éventualités : « Si la Providence nous envoie cela, c’est là que nous aurons les grâces nécessaires pour surmonter les difficultés et pour les gérer comme il faut, mais bien sûr dans la mesure où ce n’est pas produit par notre volonté, où cela s’impose à nous. Si on a les idées claires, on pourra toujours en profiter pour le bien. Mais dans ce cas hypothétique, - je vous donne mon opinion sur des conjectures, n’est-ce pas ? - dans ce cas-là je pense qu’on aura les grâces nécessaires pour persévérer et pour faire le bien que nous devons faire dans la Sainte Eglise. Le Bon Dieu ne va jamais nous renier, arrêter de nous donner les moyens pour persévérer dans la foi et dans le vrai combat, si nous restons toujours dans la foi, dans l’espérance, dans la charité, dans la force de la confession de la foi, dans la sanctification quotidienne. »

Commentaire : Quelle contradiction ! Personnellement il trouve cela mauvais, mais si Rome le donne, cela devient bon ! Personnellement il n’est pas prêt à manger de la m...., mais si Rome la donne elle aura un effet bon. Bien plus, la Providence fera que la m.... soit bonne, à condition que nous vivions dans l’espérance. Cela s’appelle tenter Dieu.

La peur des risques et la confiance en la Providence divine

Maison Générale : Et de conclure après avoir soulevé une objection :

« Alors vous me direz : “dans ces cas-là, il y a un risque !” - Oui, bien sûr. Dans la vie il y a beaucoup de risques, dans une guerre encore plus. Nous sommes en guerre. Donc ce sera ce que le Bon Dieu voudra. Mais j’ai confiance en la Providence, et j’ai une confiance totale en l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la Sainte Église. Alors dans la mesure où nous ne le cherchons pas, même si cela arrive, je pense qu’il ne faut pas s’affoler. Rien ne change. C’est le même combat qui continue, la même ligne. Simplement, il s’agit de profiter de ces espaces de liberté qui nous sont laissés. Dans une guerre si l’ennemi abandonne des tranchées, il faut le prendre ; s’il recule, il faut avancer. Vous n’allez pas rester chez vous sous prétexte qu’il y a des risques. Il faut faire les choses prudemment, et après il faut du courage. Et surtout chez nous il faut la confiance en Dieu. C’est le combat pour Dieu. C’est le combat de Dieu. Notre confiance est en Lui et en la Très Sainte Vierge Marie.

Commentaire : Une infirmière s’oppose courageusement à l’avortement et aux avorteurs. Puis ceux-ci lui offrent un accord — et ils le peuvent, ils ont l’autorité, il s’agit du directeur — accord qu’elle accepte parce que ce n’est pas elle qui l’a demandé. Et cet accord sera un signe d’amour du Christ pour l’hôpital !

Un accord dans lequel on ne serait pour rien ? C’est occulter toutes les démarches de Mgr Fellay en faveur de cet accord. Mgr de Galaretta me fait penser à ces prêtres qui, tout en acceptant la nouvelle messe, nous disaient qu’ils en souffraient. Et les libéraux que cela arrangeait les justifiaient en disant que ces prêtres n’y étaient pour rien et que leur souffrance était rédemptrice et que, donc, ils rachetaient l’Église à leur manière.

Au contraire, saint Paul proclame qu’on ne peut faire le mal pour qu’il en advienne un bien. (Romains 3, 8)

Et puis, l’expression « espaces de liberté » est bien révélatrice. Elle vient des modernistes, elle sert à justifier la liberté religieuse, et Mgr de Galarreta l’emploie. Certes elle n’est pas fausse en soi, mais que Monseigneur l’emploie est révélateur du milieu dans lequel il baigne.

Maison Générale : « Personnellement je ne suis pas inquiet du tout par rapport à l’avenir de la Fraternité ou de la Tradition ;

Commentaire : C’est tout ce que nombre de « tradis » veulent entendre, ainsi hélas ! que plusieurs prêtres. Du moment que Monseigneur l’a dit, il n’y a plus à se poser de question. C’est-à-dire qu’on se dispense de comprendre.

Maison Générale : par contre, par rapport à l’avenir de la société, de nos nations jadis catholiques ou même de l’Église officielle, oui, je suis inquiet et pessimiste. On prévoit que cela évolue vers le pire. Or c’est justement lorsque nous arrivons à une situation beaucoup plus désespérée, extrême, qu’il y a l’intervention de la Divine Providence, l’intervention de Dieu qui a toujours ses moyens divins. Notre Seigneur est toujours le maître des événements, de l’histoire. Et pas seulement en général, mais en particulier. Donc si l’Évangile nous dit qu’il n’y a pas un seul cheveu de notre tête qui tombe..., que tous les cheveux de notre tête sont comptés, qu’il n’y a pas un moineau qui tombe sans la permission de Dieu (cf. Mt 10, 29- 30), je pense qu’il faut rester très serein. C’est comme cela qu’on garde un jugement équitable sur les réalités objectives, et que l’on conserve une attitude non seulement équilibrée, mais catholique, chrétienne et sainte. C’est là la sagesse que nous a transmise Mgr Lefebvre, cette attitude catholique. Nous pouvons très bien garder aujourd’hui cette ligne dans la situation actuelle de la Sainte Église, tout comme devant toutes les éventualités qui vont se présenter d’ici peu. »

Fin de la reproduction du texte de la Maison Générale de la Fraternité Saint Pie X.

Commentaire : L’Évangile nous dit que pas un cheveu ne tombera de notre tête, parce qu’il n’est pas en notre pouvoir de faire pousser ou non les cheveux. Mais l’Évangile dit aussi que ceux qui n’auront pas pris soin des frères de Jésus-Christ iront en enfer. Mgr Lefebvre a pris soin des frères de Jésus-Christ en leur donnant la doctrine, les sacrements, les prêtres et les évêques que l’Église moderniste leur refusait. Mgr Fellay, lui, les soumet aux autorités modernistes, tord la doctrine quand il ne la tait pas. Certes il semble donner les bons sacrements, mais il n’y a pas que le rite qui compte, car un sacrement n’est fructueux qu’en fonction des dispositions de celui qui le reçoit.

Mgr Lefebvre, Conférence spirituelle 20 septembre 1977 :

"Les malheurs fondent sur nous.
Nous avons lu dernièrement l’histoire de Job, l’histoire de Tobbie, ils ont été dans les malheurs pendant toute leur vie, après avoir été dans le bonheur, ils ont été persécutés. Le Bon Dieu a laissé Satan s’acharner sur eux d’une manière absolument invraisemblable. Tous leurs amis les critiquaient, tout le monde leur tombait dessus. Evidemment, quand on n’est plus dans le bonheur et dans la richesse, alors tout le monde vous tombe dessus, tout le monde vous dit que vous avez tort. Et puis le Bon Dieu les a rétablis dans leur vérité et dans leur richesse. Ils ont su supporter les douleurs et les difficultés. Ils ont tout supporté. Et puis un jour, la lumière se fait. On ne peut pas, en se basant sur la vérité de toujours, ne pas continuer à être dans la vérité pour demain."


[1] Le magistère est l’autorité doctrinale dans l’Église. Le mot a finit par désigner ce qui est enseigné par cette autorité.
[2] L’exemption est le fait de ne pas être soumis aux évêques, mais seulement à Rome.