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S.-Th. Bonino #57 : L'âme est-elle séparable ? (S. Th. I, 75 ; Q. D. Anima) Thomas Aquinas online / Santo Tomás de Aquino online : Saint Thomas d'Aquin en ligne / + WEBSITE : iaquinas.com Saint …More
S.-Th. Bonino #57 : L'âme est-elle séparable ? (S. Th. I, 75 ; Q. D. Anima)
Thomas Aquinas online / Santo Tomás de Aquino online : Saint Thomas d'Aquin en ligne / + WEBSITE : iaquinas.com

Saint Thomas critique très fortement la position d’Averroès, selon lequel : « ce n’est pas moi qui pense, mais l’intellect qui pense en moi ».

Saint Thomas affirme que c’est bien moi qui exerce l’activité de la pensée : « Hic homo intelligit ». Cet cet homme, précis, qui pense, et non pas une notion abstraite et séparée de la matière.

Par conséquent, il y a dans chaque personne humaine un élément, une faculté, l’intelligence, qui exerce une opération - à savoir la pensée -, qui n’est pas intrinsèquement lié à la matière.

Alors entendons-nous ; saint Thomas sait pertinemment – et nous en verrons les conséquences - , que il n’y a pas de pensées sans images. C’est une idée qui vient d’Aristote, que saint Thomas fait sienne.

Que signifie cette affirmation ?

Elle signifie d’abord que toute notre connaissance provient de l’expérience des images qui sont travaillées, et à partir desquelles l’intellect élabore des idées universelles, des idées abstraites.

Donc l’image, pour reprendre le vocabulaire scolastique, est l’objet « a quo » de l’intelligence, l’objet « à partir duquel » l’intelligence s’exerce.
Mais ce n’est pas tout, l’intelligence, ensuite, lorsque le concept est formé, applique ce concept à des réalités concrètes, et il y a ce qu’on appelle un retour aux images.

Donc, non seulement nous avons besoin d’images pour acquérir la connaissance, mais nous avons besoin d’images pour exercer et appliquer notre connaissance intellectuelle, notre connaissance rationnelle. Donc l’image est fondamentale.

Quand je dis l’image, c’est ce que nous appellerions aujourd’hui le matériau cérébral, l’ensemble des produits du psychisme qui sont la base de l’activité intellectuelle.

Donc l’image, le matériau cérébral est, disons, la condition de l’exercice de la pensée, et non pas la cause intrinsèque de la pensée.

Cette distinction est fondamentale. Que signifie t-elle ?

Prenons un exemple : j’entre dans une pièce obscure, j’allume la lampe, et je peux par conséquent voir le contenu de la pièce. Je pose la question : qu’est-ce qui permet la vision ?

Une réponse spontanée serait de dire : c’est la lumière qui permet la vision. C’est faux. Ce qui permet la vision, ce qui exerce la vision, c’est l’œil. C’est l’œil qui voit, c’est pas la lumière qui voit. La lumière est la condition pour que l’œil puisse exercer son activité.

De la même manière, le matériau cérébral est non pas la cause de la pensée – ce n’est pas le cerveau en tant que tel qui produit la pensée, puisque la pensée est d’un autre ordre que l’ordre purement matériel, - mais le cerveau est la condition pour que la pensée puisse s’exercer, du moins dans l’état où l’intelligence humaine, et l’homme lui-même est incarné, est dans un corps.


Nous verrons que la chose est différente lorsque l’âme est séparée.

Donc le cerveau est la condition de la pensée, et non pas sa cause.
Il y a donc une activité immatérielle exercée par le sujet humain
. Et saint Thomas déduit à partir de l’activité : le type d’être, puisque l’agir révèle l’être.

Si donc il y a une activité immatérielle, une activité qui n’est pas intrinsèquement liée à la matière, cela signifie qu’il y a en l’homme un principe qui ne dépend pas intrinsèquement de la matière, et qui par conséquent ne disparaît pas, n’est pas englouti avec la corruption du corps.
Marie-Pierre Jeanine THIERY shares this
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"... Si donc il y a une activité immatérielle, une activité qui n’est pas intrinsèquement liée à la matière, cela signifie qu’il y a en l’homme un principe qui ne dépend pas intrinsèquement de la matière, et qui par conséquent ne disparaît pas, n’est pas englouti avec la corruption du corps."