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En marche vers dimanche Luc 18, 9-14

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30e dimanche ordinaire C - Évangile Marie-Noëlle Thabut lit et commente l'Évangile du 30e dimanche du temps ordinaire, année C : Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18, 9-14. En marche vers …More
30e dimanche ordinaire C - Évangile
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l'Évangile du 30e dimanche du temps ordinaire, année C : Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18, 9-14. En marche vers dimanche du 20/10/2016.
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À l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :

« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).

Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”

Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”

Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Luc 18, 9-14

Un publicain penaud

Une petite remarque préliminaire avant d’entrer dans ce texte.

- Luc nous a bien dit qu’il s’agit d’une parabole. n’imaginons donc pas tout les pharisiens, ni tout les publicains du temps de Jésus comme ceux qu’Il nous présente ici. Aucun pharisien aucun publicain ne correspondait exactement à ce signalement.

- Jésus en fait nous décrit deux attitudes différentes très typés, schématisées, pour faire ressortir la morale de l’histoire, et veut nous faire réfléchir sur notre propre attitude.
Nous allons découvrir probablement que nous adoptons l’une ou l’autre suivant les jours.

Les publicains étaient mal vu, et pour certains d’entre-eux au moins, ‘il y avait de quoi’ (= (Euphémisme) avoir matière à pointer des raisons graves qui les discréditent). N’oublions pas que l’on était en période d’occupation, les publicains étaient au service de l’occupant romain, c'était des collaborateurs. De plus, il servaient le pouvoir romain sur un point très sensible chez tous les citoyens du monde et à toutes les époques : les impôts.
Le pouvoir romain fixait la somme qu’il exigeait et les publicains la versait d’avance. Ensuite, ils (les publicains) avaient plein pouvoir pour se rembourser sur leurs concitoyens. Les mauvais langues prétendaient qu’ils se remboursaient plus que largement.
Quand Zachée promettra à Jésus de rembourser au quadruple ceux qu’il a lésé, c’est clair.

Donc quand le publicain dans la prière n’ose même pas lever les yeux au ciel, et se frappe la poitrine en disant : Mon Dieu, prend pitié du pécheur que je suis, il ne dit peut-être que la stricte vérité.

- Apparemment, ne dire que la stricte vérité, être simplement vrai devant Dieu, c’est cela, et cela seulement qui nous est demandé : être vrai devant Dieu, reconnaître notre précarité, voilà la vraie prière.
Quand il repartit chez lui, il était devenu Juste, nous dit Jésus.

Un pharisien content

Les pharisiens au contraire méritaient largement leur bonne réputation.
Leur fidélité scrupuleuse à la loi, leur ascèse pour certains : Jeûner deux fois par semaine ce n’est pas rien, et la loi n’en demandait pas tant !
La pratique régulière de l’aumône traduisait assez leur désir de plaire à Dieu.
Et tout ce que le pharisien de la parabole dit dans sa prière est certainement vrai, il n’invente rien.

- Seulement voilà : En fait ce n’est pas une prière, c’est une contemplation de lui-même, et une contemplation satisfaite : il n’a besoin de rien, il ne prie pas il se regarde ! Il fait le compte de ses mérites, et il en a beaucoup !
Or, nous avons souvent découvert dans la Bible que Dieu ne résonne pas comme nous en terme de mérite...
Son amour est totalement gratuit. Il suffit que nous attendions tout de Lui.

Qui s’abaisse sera élevé

J’en viens à la dernière phrase du texte : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé ».
Il ne faut certainement pas déduire de cette phrase que Jésus veuille nous présenter ‘Dieu comme un distributeur de bon, ou de mauvais points’ ! Ici tout simplement, je crois, Jésus fait un constat, mais un constat très profond : il nous révèle une vérité très importante de notre vie :

- s’élever, c’est se croire plus qu’on est. Dans cette parabole c’est le cas du pharisien, et il se voit en toute bonne foi comme quelqu’un de très bien.
Cela lui permet de regarder de haut tous les autres, et en particulier ce publicain, peu recommandable.

Luc le dit bien : Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d’être juste, et qui méprisaient tous les autres ! Cela peut nous arriver à tous, mais justement, c’est là l’erreur : celui qui s’élève, qui se croit supérieur, perd toute chance de profiter de la richesse des autres. Vis-à-vis de Dieu aussi son cœur est fermé. Dieu ne forcera pas la porte, Il respecte trop notre liberté, et donc, nous repartirons comme nous sommes venus, avec notre justice à nous, qui n’a apparemment rien à voir avec celle de Dieu.

- Cela veut dire que le mépris pour les autres, quel qu’il soit, nous met en grand danger !
Le mépris nous rabaisse, en somme.
S’abaisser, au contraire, c’est se reconnaître tout petit, ce qui n’est que la pure vérité, et donc, trouver les autres supérieurs.

- Paul dit dans une de ses lettres (Philippiens 2,3) : « Considérer tous les autres comme supérieurs à vous-même », c’est vrai, sans chercher bien loin : Tous ceux que nous rencontrons ont une supériorité sur nous, au moins sur 1 point. Et si nous cherchons un peu, nous découvrirons bien d’autres points.
Et nous voilà capable de nous émerveiller de leurs richesses, et de puiser dedans. Vis-à-vis de Dieu aussi, notre cœur s’ouvre, et Il peut nous combler.

- Pas besoin d’être complexé !
Si l’on se sait tout petit, pas brillant, c’est là que la grande aventure avec Dieu peut commencer.

- Au fond, cette parabole, c’est une superbe mise en image de la première béatitude :
« Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux ».
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shazam
Tableau : Le publicain et le pharisien, par James Tissot.
Création : entre 1886 et 1894.
Exposé au Brooklyn Museum, à New York.
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Benoît XVI lors de l'Audience générale du 30 août 2006 commente rapidement un passage de cet écrit de saint Luc : « Jésus indique même un publicain anonyme comme exemple appréciable d'humble confiance dans la miséricorde divine ».

Saint Jean Chrysostome (v. 345-…More
Tableau : Le publicain et le pharisien, par James Tissot.
Création : entre 1886 et 1894.
Exposé au Brooklyn Museum, à New York.
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Benoît XVI lors de l'Audience générale du 30 août 2006 commente rapidement un passage de cet écrit de saint Luc : « Jésus indique même un publicain anonyme comme exemple appréciable d'humble confiance dans la miséricorde divine ».

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélies sur la conversion, n°2 (trad. coll. Pères dans la foi, 8, DDB 1978, p. 46)

« Prends pitié du pécheur que je suis »

Un pharisien et un publicain montaient au Temple pour y prier. Le pharisien a commencé par énumérer toutes ses qualités, en proclamant : « O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes et adultères, ou bien encore comme ce publicain ! » Misérable sois-tu, toi qui oses porter un jugement sur la terre tout entière ! Pourquoi accabler ton prochain ? As-tu encore besoin de condamner ce publicain, la terre ne t'a-t-elle pas suffi ? Tu as accusé tous les hommes, sans exception : « Je ne suis pas comme le reste des hommes...ou bien encore comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. » Que de suffisance dans ces paroles ! Malheureux !...

Le publicain, quant à lui, avait fort bien entendu ces paroles. Il aurait pu rétorquer en ces termes : « Qui donc es-tu, qui oses proférer de telles médisances à mon sujet ? D'où connais-tu ma vie ? Tu n'as jamais vécu dans mon entourage, tu n'es pas un de mes intimes. Pourquoi manifester un tel orgueil ? D'ailleurs, qui peut attester la réalité de tes bonnes actions ? Pourquoi fais-tu ainsi ton propre éloge, qu'est-ce qui t'incite à te glorifier de la sorte ? » Mais il n'en fit rien –- bien au contraire -– il s'est prosterné, en disant : « O Dieu, prends en pitié le pécheur que je suis ! » Et, pour avoir fait preuve d'humilité, il a été justifié.

Le pharisien a quitté le Temple, privé de toute absolution, tandis que le publicain s'en allait, le cœur renouvelé d'une justice retrouvée... Pourtant, il n'y avait là guère d'humilité, dans la mesure où l'on utilise ce terme lorsque quelqu'un de noble s'abaisse ; or, dans le cas du publicain, il ne s'agissait pas d'humilité, mais de simple vérité, car il disait vrai.

(jubilatedeo.centerblog.net)
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