Clicks745

Qu'elle était verte ma vallée (How Green Was My Valley – 1941)

shazam
14
Vers 1890, la vie des mineurs du Pays de Galles (située dans l'Ouest de l'île de Grande-Bretagne), à travers une famille profondément unie sous l'autorité du patriarche et par le biais du regard d'…More
Vers 1890, la vie des mineurs du Pays de Galles (située dans l'Ouest de l'île de Grande-Bretagne), à travers une famille profondément unie sous l'autorité du patriarche et par le biais du regard d'un enfant : les joies, les affrontements, les renoncements, les sacrifices, la grève, les accidents de la mine, l'émigration…

Les quatre fils Morgan sont mineurs, comme leur père. La vie de cette famille est bientôt bouleversée par l'agitation sociale qui s'empare de la vallée. La grève divise parents et enfants.

Une atmosphère baignée par la culture biblique, et des personnages inoubliables.
Hors de l'Eglise point de salut and 3 more users like this.
Turenne likes this.
Katelle likes this.
Chouan56 likes this.
shazam
Les chants, la bière et la foi comme ciment d'une communauté. Le capitalisme et le fanatisme de l'institution comme facteurs de division.
(Télérama)

John Ford fut l'auteur de nombreux classiques du western ! Mais ce pilier de Hollywood qui se définissait comme "un paysan qui fait des films de paysan" n'a pas consacré toute sa filmographie à la seule conquête de l'Ouest !

Ford parle ici de tout …More
Les chants, la bière et la foi comme ciment d'une communauté. Le capitalisme et le fanatisme de l'institution comme facteurs de division.
(Télérama)

John Ford fut l'auteur de nombreux classiques du western ! Mais ce pilier de Hollywood qui se définissait comme "un paysan qui fait des films de paysan" n'a pas consacré toute sa filmographie à la seule conquête de l'Ouest !

Ford parle ici de tout ce qui unit et éloigne les êtres, c'est-à-dire la solidarité, l'amour, le pardon mais aussi l'hypocrisie ou encore l'arrogance, le tout dans un langage cinématographique d'une efficacité et d'une intelligence redoutables.

Un personnage récurrent chez Ford, celui du pasteur : démissionnaire dans Les Raisins de la colère (1940) il est ici au contraire à l’aube de sa carrière et croit autant en Dieu qu’en ses fidèles. D’une foi éclairée, considérant la prière comme une pensée pleine de clarté permettant de parler avec réflexion, il professe avant tout le bon sens et la morale. Ses auditeurs seront peu nombreux : l’enfant-narrateur, et surtout sa sœur, occasionnant une nouvelle déclinaison elle aussi chère à Ford, celle du trio amoureux et du mariage de raison opposé aux élans du cœur.

Le respect, et la pudeur. Et John Ford croyait en Jésus-Christ, et cette foi en ses paroles se retrouvent dans la mise en scène de ses films les plus personnels, que cela soit tout au début ou tout à la fin de sa carrière.
(allociné)

Cette émotion si singulière qui se déploie lorsque les élévateurs refont surface pour charrier les corps des mineurs, avec le pasteur dans une position christique du corps, touche la force unique du cinéma de Ford : une peine sans colère, une empathie proche de celle que professe le pasteur, et qui nous enjoint, dans le sillage de Capra, à une foi humaniste sans pareille : celle d’un enfant qui réapprend à marcher dans un champ de jonquilles.

Très belle fresque familiale de John Ford, qui se serait inspiré de sa propre famille pour la faire.
(senscritique)

AlloCiné 3,9 / 5
Babelio 4,1 / 5
Télérama 5 / 5
-

Analyse du film par Jean-Baptiste Thoret, historien du cinéma :
www.youtube.com/watch
Extraits :
Dans l’introduction :
(…) Cette histoire ne raconte pas l’histoire de fils qui s’en vont, mais l’histoire d’un père qui l’espace d’une séquence perd l’autorité. Il ne voit pas le mouvement de l’histoire. La révolte sociale (la mine), devient une révolte dans la famille, et qui n’est pas accepté par le père. (...)
Dans la conclusion :
(…) Ford – et c’est aussi à mon avis ce qui fait sa richesse comme tous les artistes intéressants – ont un conflit, Ford avait un conflit en lui-même pour lequel il n’a au fond jamais tranché. Et faire des films, ça lui servait à réfléchir à ce conflit qu’il avait au fond de lui. Ce conflit c’est quoi ? Au moment de la scène du repas, il est les deux à la fois : A la foi avec le père, et il est en même temps avec les fils ! Il comprend les deux ! Il y a la veine – on pourrait dire, conservatrice - de Ford : le rituel, la famille, la communauté qu’il faut préserver, etc. ; et en même temps c’est quelqu’un qui a une conscience politique : il a été le premier à faire des films brûlots de la société américaine, de son économie, du capitalisme, etc., Les Raisins de la colère (1940) reste l’un des films les plus violent réalisé la-dessus. Il y a cette part chez Ford. Ford n’est jamais d’un camp contre l’autre, les personnages de Ford ont leur raisons, et lui il est tous ces gens là à la foi. Son rêve et son regret c’est cela : comment faire pour qu’une chose et son contraire cohabite ensemble ? Il n’a fait que filmer l’impossibilité de ce rêve là. Voilà ce dont je rêve, mais je sais que ce n’est pas possible. Donc, qu’est-ce qu’il lui reste à la fin ? C’est ça : il se raconte « qu’est-ce qu’elle était verte ma vallée... »
Thierry73 likes this.