shazam
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(2mn 08) ... Ce jeu subtil de constraste entre des bruns et des noirs, avec des rouges, des blancs et des ors, souligne ce qui constitue l'essentiel de la scène : le triangle du jeu des regards.

Marie regarde Jésus, [Jésus ] qui regarde Marthe, qui à son tour rend son regard à Jésus.
Trois regards, et trois attitudes :
Le regard de Marie est plein de concentration, elle est la figure même de l'…More
(2mn 08) ... Ce jeu subtil de constraste entre des bruns et des noirs, avec des rouges, des blancs et des ors, souligne ce qui constitue l'essentiel de la scène : le triangle du jeu des regards.

Marie regarde Jésus, [Jésus ] qui regarde Marthe, qui à son tour rend son regard à Jésus.
Trois regards, et trois attitudes :
Le regard de Marie est plein de concentration, elle est la figure même de l'attention, et de la fascination.

Marthe, quand à elle, semble sortir de la cuisine. Elle porte un quelconque panier dans lequel est posé un pain qui dit son inquiétude pour préparer le repas. Mais elle est en train de s'appaiser. Il n'y a plus rien qui perçait sous
ses mots de femme débordée par la situation ; est finalement, portée par le regard de Marthe, le spectateur retourne au regard de Jésus.

Celui-ci [Jésus ] est représenté de profil, une posture qui est d'habitude plutôt dure, mais qui ici est pleine de douceur, tant le modelé du visage est adoucie par la lumière rasante.

Pourtant, la petite touche blanche que Vermeer met dans l'oeil du Christ, donne une intensité particulière à ce regard auquel personne ne s'aviserait de résister : Il a l'autorité d'un roi – et d'ailleurs, – n'est-il pas assis sur un beau fauteuil qui pourrait être un trône ? N'a t-il pas le visage enveloppé d'un nimbe lumineux qui souliogne sa divinité ?
Jésus est bien un roi. Mais un roi de douceur...

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Marthe et Marie

Extraits d'un article de Thierry BRAC de la PERRIERE, Évêque de Nevers.

Marthe et Marie : sens du texte

Le contraste entre les deux sœurs s’attache à présenter Marie comme la disciple parfaite, assise au pied du Seigneur pour recevoir son enseignement. La posture de l’élève au pied de son maître est classique dans la tradition juive, ce qui est plus étonnant est que l’élève est une femme. Il faut ici relever que de fait Jésus encourage les femmes aussi bien que les hommes à suivre son enseignement.

L’attitude de Marthe en maîtresse de maison affairée est également conforme à l’attitude des femmes disciples. Mais surtout, elle veut que sa sœur agisse comme elle. Elle en est tellement persuadée qu’elle interpelle Jésus par le mot « Seigneur » car dans son esprit, il ne peut qu’être d’accord avec les priorités qui sont les siennes.

Dans le propos de Jésus, il n’est pas question de mettre en cause le service des tables.
En revanche, il affirme une hiérarchie entre les deux attitudes.

Il reproche à Marthe son inquiétude qui va à l’encontre de l’état d’esprit du vrai croyant.
Il encourage Marie à faire passer l’écoute de sa Parole avant toute autre considération.

Être disciple de Jésus, c’est choisir l’unique chose nécessaire : aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force. Notons enfin que ce texte affirme qu’une femme peut être disciple du Christ exactement au même titre qu’un homme et non pas cantonnée au service des tables.

L’affirmation selon laquelle « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée » s’oppose à l’idée de ceux qui, comme Marthe, ont du mal à accepter qu’une femme écoute la Parole et en soit la servante. Il ne faut pas oublier que la scène se déroule à une autre époque dans laquelle le statut de la femme était différent de celui d’aujourd’hui.

Marthe et Marie : Méditation

Dans ce texte, Luc met en avant deux comportements spirituels : avec Marthe l’action, et avec Marie la contemplation.

Si un texte peut énerver les femmes, et particulièrement les mères de famille, c’est bien celui de la rencontre avec Marthe et Marie.

En effet, Jésus semble donner tort à Marthe qui s’échine à ce que le repas soit bien préparé alors qu’elle demande de l’aide à sa sœur Marie.

C’est pourtant aller un peu vite dans l’interprétation de ce texte et peut-être même commettre un énorme contresens.

La meilleure part, Marie l’a prise. Mais parce que Marthe l’avait délaissée. La meilleure part, c’est de rester assise en écoutant Jésus. Marie l’a compris, Marthe n’a pas su en profiter. Alors qu’elle aurait pu.
Pour une fois elle aurait pu laisser ses casseroles et ses habitudes de mettre les petits plats dans les grands, pour profiter de cet instant unique, où elle est invitée, elle, à passer à table. A la table de la Parole de Jésus.
Marie est en train de boire cette parole, de s’en remplir le cœur. Les rôles sont inversés. Il est invité à manger, et c’est Lui qui offre le repas.

Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Je te dis bien : nécessaire. Tout ce que tu fais est utile, toute cette activité que tu déploies pour m’accueillir. Une seule chose est nécessaire : ouvrir tes oreilles et ton cœur à ce que je veux t’apporter. Tu t’agites pour faire les choses, tu oublies le sens des choses.

Assieds-toi, Marthe, viens rejoindre Marie, viens auprès de moi. J’ai aussi des choses à te dire.

Il y a un temps pour tout. Un temps pour courir et un temps pour s’arrêter. S’arrêter pour savoir pourquoi on court. Viens donc, Marthe, prends le temps de goûter la Parole de Dieu. Tes plats n’en seront que meilleurs.
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