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Le dilemne des prêtres de la FSSPX fidèles à Mgr Lefebvre : Rester ou partir ?

Partir ou rester ?

Nous sommes à huit mois du chapitre de la fsspx et une grande partie des prêtres défavorables au ralliement attend ce moment comme une très certaine délivrance de leur tiraillement de conscience qui dure depuis plus de 5 ans. Mais est-il réellement prudent d'attendre cette date pour se décider à agir selon sa conscience ?

Nous répondrons comme le ferait Saint Thomas en pesant les arguments favorables et défavorables.

Il semble que l'attente soit préférable car la précipitation est mauvaise conseillère et il faut toujours espérer en Dieu qui peut inverser des situations parfois inextricables. La fsspx a connu bien d'autres épreuves et s'en est toujours bien sortie, il n'y a pas de raisons que la Providence fasse défaut dans un moment aussi important où Rome semble s'enfoncer encore plus dans un modernisme délirant.

Il semble aussi que cette attente soit préférable car si Mgr Fellay est élu de nouveau pour 12 ans, nous déciderons alors de quitter la fsspx car plus aucun espoir de redressement n'existera. Mgr Fellay aura tout son temps pour faire sa prélature. Si un autre est élu, alors nous observerons la situation pour nous décider.

il semble que l'attente soit prudente car on voit combien ceux qui sont partis trop tôt peinent à reconstruire quelque chose.

Il faut attendre car pour le moment une majorité de prêtres en France semble défavorables au ralliement et d'ailleurs ils se soutiennent entre eux discrètement pour parler de projets éventuels en cas d'accords.

Il faut attendre car Mgr Fellay est de moins en moins suivi dans sa politique à l'égard de Rome. L'idée d'un accord semble rebuter de plus en plus de personnes surtout avec le pape François.

Il ne faut pas laisser les fidèles aux mains de Mgr Fellay. Donc attendons avec nos fidèles. Nous leur dirons en temps opportun de quitter la FSSPX si les choses s'aggravent.

S'il faut partir, ce serait avec de nombreux confrères car la vie sacerdotale est très dangereuse pour celui qui vit seul. Il faut donc attendre qu'un certain nombre se décide à partir

Réponse générale :

"Ne saurait être réputé prudent celui qui défaille dans l'acte principal de la prudence, c'est à dire l'intimation. Celui qui ne se commande pas à lui-même d'agir, alors qu'il voit ce qu'il devrait faire, manque beaucoup plus de prudence que celui qui commet matériellement un acte répréhensible, sans vouloir commettre un péché." ( St Thomas d'Aquin 2a2ae qu 47 a8).
St Thomas nous enseigne donc que la véritable prudence consiste à passer à l'action.

Réponse :

La crise actuelle de la FSSPX est essentiellement une crise de Foi même si beaucoup se voilent devant cette réalité car les apparences de fidélité semblent encore sauves.
Or l'existence même de la FSSPX était liée à la crise de la Foi que traverse l’Église officielle depuis le concile Vatican II. La providence avait de ce fait suscité Mgr Lefebvre et cette œuvre sacerdotale pour protéger le St Sacrifice, le Sacerdoce et plus encore l'essentiel du dépôt de la Foi contre les réformes conciliaires qui tendent à miner et à subvertir progressivement le véritable esprit catholique chez les prêtres et les fidèles. Prudentiellement Mgr Lefebvre avait sacré 4 évêques en 1988 pour continuer la Tradition de l'Eglise et préserver ainsi le troupeau catholique des influences et de l'autorité moderniste.
Or l'actuel supérieur de la FSSPX ne veut objectivement plus voir dans la Rome actuelle un danger radical pour la Foi puisqu'il fait volontairement la confusion entre Eglise catholique et église officielle et qu'il est en train de rattacher pratiquement (canoniquement -juridiquement) la FSSPX à cette Rome moderniste. Donc la Foi est directement en péril pour ceux qui se trouvent sous l'autorité de Mgr Fellay même si les apparences de tradition pourront tenir encore quelques temps dans les chapelles de cette congrégation. Il est donc raisonnable que tout prêtre prudent se pose la question de quitter ou non la FSSPX pour ne pas glisser avec le supérieur dans cette lente apostasie.

Reste la question du moment et de l'opportunité du départ. Combien de temps peut-on attendre ?

Pour l'évêque comme pour le prêtre, il y a essentiellement la question de l'enseignement de la Foi qui est première dans son ministère : s'il n'est plus possible d'avertir et de parler librement en chaire aux fidèles que le supérieur (le nommer) est en train de trahir le combat de la Foi et qu'une telle prédication serait le signal certain d'un renvoi, la mission première de l'évêque et du prêtre ne pouvant plus être accomplie librement, ce serait le signe que Dieu oblige le prêtre à ne plus rester dans cette œuvre et que son départ doit être immédiatement mis en œuvre.

Réponse aux objections :

La FSSPX a connu en effet d'autres crises mais jamais celle d'un supérieur général qui trahit la mission essentielle de la FSSPX. Et Si la providence a plusieurs fois récupéré cette œuvre en difficulté, ce fut toujours par l'action courageuse de certains de ses membres conscient de la raison d'être de cette œuvre. Dieu ne se dispense pas de généreux combattants pour sauver une situation difficile. Et ceux qui sont partis de la fsspx pour ce motif n'ont pas été imprudents et précipités mais sages selon le but premier de la fsspx.

Si le prêtre a pris conscience que Mgr fellay trahit et organise patiemment et savamment un accord avec Rome, il est sage pour le prêtre d'agir comme dans une guerre : on n'attend pas que l'ennemi ait organisé tout son plan de bataille pour commencer à préparer le sien. Etant impossible pour le prêtre dans le cadre de la fsspx de préparer le combat sans être repéré et dénoncé, il ne lui reste plus qu'à œuvrer librement à l'extérieur.

Nous sommes d'accord avec l'objectant : la résistance a peine à s'organiser non par défaut de volonté de ceux qui s'y trouvent mais en raison du petit nombre : si une dizaine de prêtres s'étaient décidés à les rejoindre, la chose serait tout autre actuellement. L'attente des prêtres dans la fsspx fait peser encore plus lourdement le fardeau du combat à ceux qui sont partis et qui auraient un grand besoin d'aide.

L'attente d'une action globale et collective contre Mgr Fellay s'oppose à la responsabilité personnelle de l'évêque et du prêtre qui n'a pas toujours à attendre l'action courageuse d'un confrère pour agir à son tour selon sa conscience. Si le prêtre est aussi faible et dépendant d'un groupe, il est bien loin de ressembler au bon pasteur qui sait parfois prendre des décisions tout seul (comme Mgr Lefebvre pour les sacres).
Et il est bien peu probable qu'il y ait d'autres actions globales comme pour "la lettre de 37", "l’adresse aux fidèles" ainsi que "la lettre des doyens" qui ont fait un certain bruit mais ont été assez peu suivis d'effets. Dieu veut des âmes et non des groupes.

Mgr Fellay est peut-être moins bien suivi mais il a tout le pouvoir et tous les moyens de communications dans la fsspx. Et même s'il y a une réaction après une étape de rapprochement avec Rome, les mois qui suivent (et les sanctions) ramènent le "calme" et les mauvaises idées finissent par contaminer les meilleurs. Et ceux qui comprennent encore sans bouger suivent en trainant les pieds.

Quitter la fsspx est le meilleur moyen de ne pas perdre spirituellement les fidèles. Ce n'est pas nécessairement la proximité physique qui aide les fidèles mais la liberté que le prêtre garde pour dire la vérité et la persécution qu'il subit au nom de la vérité. Un prêtre qui reste dans la fsspx conforte même, par son exemple, les fidèles à ne pas bouger. "Si un bon prêtre comme ça ne rejoint pas la fidélité, c'est qu'il n'y a pas de risque pour notre foi" pensent ces fidèles. Ce sont les exemples qui tirent les âmes.

Le prêtre doit en effet rechercher à vivre en communauté qui se rapproche de sa vie sacerdotale et il y a désormais suffisamment de petites communautés religieuses accueillantes pour assurer une vie sacerdotale correcte. Les religieux accueillent d'ailleurs très volontiers les prêtres qui se trouvent renvoyés ou qui ont quitté la structure de la FSSPX. Leur vie sacerdotale (vie commune- apostolat) et leur subsistance matérielle (toit, nourriture, indemnités, assurance) est donc assurée même si c'est encore un peu rustique mais c'est le prix à payer pour la liberté catholique et reconstruire en paix une œuvre catholique. L'essentiel de l'Eglise s'y trouve aussi puisqu'il y a 4 évêques qui assurent une certaine autorité morale et spirituelle.

Par Mikaël
blanche52
Vous êtes au courant que l'abbé Pagliarani a été élu depuis plusieurs années ??
AveMaria44
Le problème est celui de l'évêque......