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Tous frères

Tous frères ?

« Tous frères » selon l'expression de l'encyclique du pape François sur la fraternité humaine ?

Oui, en effet, tous frères en humanité d’après plus largement l’enseignement de l’Église catholique romaine, d’après la Sainte Ecriture et d’après la vision originale d'un saint comme le père Charles de Foucauld.

Cependant, la fraternité humaine qui est marquée par la blessure du péché originel nécessite purification et évangélisation afin de s'accomplir en Jésus-Christ, Fils éternel de Dieu le Père, seul sauveur du genre humain, seul fondement véritable de cette fraternité humaine.

Tout être humain, fût-il un grand criminel, porte en lui une part d’humanité et de divin qu’il peut certes hélas avoir étouffé presque entièrement voire complètement par sa faute, par des actes volontaires et conscients de péché grave radicalement contraires à la charité de Dieu qui est amour. Mais la possibilité est offerte à tous jusqu'à la mort, moyennant un sincère repentir par rapport à ses crimes, de laisser Dieu libérer en soi le plein potentiel de dignité humaine, naturelle et surnaturelle, de Le laisser restaurer en soi l'image et la ressemblance de Dieu.

Est-ce à dire que tous sont véritablement enfants de Dieu dans l’Esprit de Dieu suivant notamment le sens du prologue de l'évangile selon saint Jean ? Non, évidemment. Car seuls ceux qui sont nés d’en haut dans le Saint-Esprit par une conversion volontaire et authentique à la vie de Jésus-Christ et qui se laissent donc conduire par Lui et sa charité dans leur vie, jusque dans leur volonté sincère d'aimer même leurs ennemis, sont au sens plénier des fils du Divin Père qui est aux Cieux.

Citations :

« On donne à Dieu le nom de Père : 1- parce qu’il est par nature Père de la seconde Personne de la Très Sainte Trinité, c’est-à-dire du Fils qu’il a engendré ; 2- parce que Dieu est le Père de tous les hommes qu’il a créés, qu’il conserve et qu’il gouverne ; 3- enfin parce qu’il est le Père par la grâce de tous les bons chrétiens, appelés pour cela les fils adoptifs de Dieu. » (Pape Saint Pie X, Catéchisme, Partie I, chapitre 2, § 1.)

« Tous les peuples, en tant que membres de l’universelle famille humaine, sont liés entre eux par des rapports de fraternité » (Pape Pie XI, Encyclique Ubi Arcano Dei Consilio)

« L’Apôtre des Nations, à son tour, se fait le héraut de cette vérité, qui unit fraternellement tous les hommes en une grande famille, quand il annonce au monde grec que Dieu » a fait sortir d’une souche unique toute la descendance des hommes, pour qu’elle peuplât la surface de la terre, et a fixé la durée de son existence et les limites de son habitacle, afin que tous cherchent le Seigneur » (Act., XVII, 26-27.) » (Pape Pie XII, Encyclique Summi Pontificus)

« Merveilleuse vision, qui nous fait contempler le genre humain dans l’unité de son origine en Dieu : un seul Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, et en toutes choses, et en chacun de nous (Eph., IV, 6) » (Pape Pie XII, Ibidem)

« C’est à cela que vos efforts tendent, messieurs, avec un zèle digne de tout éloge, dans un esprit de fraternité universelle. Vous faites volontiers ce qui est humainement possible, mais au-dessus des possibilités humaines se profile la puissance divine, prêt à soutenir paternellement votre bonne volonté et vos efforts en ne comptant que sur la prière fervente pour le faire. Nous élevons la nôtre, implorant sur votre travail, vos collaborateurs et vos familles la bénédiction du ciel, comme gage que nous vous donnons avec toute notre affection, notre Bénédiction apostolique. » (Extrait du discours du Pape Pie XII à la conférence de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), le vendredi 23 novembre 1951 vatican.va/…e_19511123_conferenza-fao.html )

« Je veux habituer tous les habitants, à me regarder comme leur frère, le frère universel… Ils commencent à appeler la maison "la fraternité", et cela m'est doux… » (Père Charles de Foucauld, Lettre à A Marie de Bondy, 7 janv. 1902 à Béni Abbès en Algérie)

« Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (N.S. Jésus-Christ)

Enfin, Notre Seigneur nous a révélé qu’il est spécialement et mystérieusement présent dans tous les êtres humains nécessiteux qui sont ses frères (cf. la citation plus bas de Matthieu chap. 25). Par conséquent, tout être humain qui agit sous l’action de sa grâce en faveur de ces nécessiteux est un frère du Seigneur dans l'esprit de compassion, qu’il en ait conscience ou non.

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Loué soit Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit !