JÉSUS, NOTRE UNIQUE PRÊTRE ET SAUVEUR !

JÉSUS, NOTRE UNIQUE PRÊTRE ET SAUVEUR ! Trentième dimanche du Temps ordinaire B
(Liturgie de la Parole : Jr 31 7-9 ; Ps 125 ; He 5 1-6 ; Mc 10 46-52)

(abbé Pagès) www.islam-et-verite.com

Loué soit Jésus-Christ ! La liturgie de ce dimanche nous donne à méditer les textes sacrés d’un puzzle dont la cohérence ne se donne à voir que dans la contemplation du mystère du Salut, qu’a prédit le prophète Jérémie huit siècles avant la Naissance du Sauveur, que signifiait le retour d’exil à Babylone des Juifs deux siècles plus tard, que Jésus-Christ a accompli par l’exercice du sacerdoce selon Melkisédek [1], et que la guérison de Bartimée a annoncé au grand jour [2]. Tel est le dessein de Dieu : sauver Son peuple, le rassembler des extrémités du monde, et le conduire aux sources d’eaux vives, celles du Paradis, par un bon chemin où ils ne trébucheront pas, celui de la Foi, aussi sûr que Jésus est la Vérité [3], Lui qui a dit : « Je suis la Lumière du monde, celui qui marche à Ma suite ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la Vie [4]. » Nul ,pas plus l’aveugle ou le boiteux, la femme enceinte ou accouchée – qui étaient pourtant interdits d’entrée au Temple de Jérusalem… –, nul n’est exclu a priori du Salut. En évoquant le sacerdoce de Melkisédek comme principe de celui du Christ [5], l’auteur de l’épitre aux Hébreux entend montrer la valeur unique du sacerdoce du Christ, et sa supériorité. En effet, Abram lui-même offrit à Melkisédek la dîme de tous ses biens et fut béni par Melkisédek [6]. C’est dire que puisque Abram s’inclina devant ce mystérieux personnage, le sacerdoce de Melkisédek existait avant celui d’Aaron et des prêtres qui lui succéderont au Temple de Jérusalem. Que Melkisédek n’ait ni ascendance ni descendance connues annonce la conception miraculeuse du Christ. Le sacerdoce du Christ, comme celui de Melkisédek, est un sacerdoce intransmissible, suffisant, unique, à la différence du sacerdoce héréditaire d’Aaron. Voilà pourquoi les prêtres catholiques n’ont pas de descendance charnelle : rendus participants de l’unique sacerdoce du Christ, ils sont rendus participant d’un sacerdoce éternel… qui n’adonc pas besoin de se reproduire. Voilà pourquoi aussi les pasteurs protestants se marient :parce qu’ils ne sont pas prêtres, parce qu’ils n’offrent pas l’unique Sacrifice du Christ, mais sa représentation, sa « mémoire », à l’instar du sacerdoce d’Aaron, impuissant, par l’offrande du sang d’un bélier ou d’un taureau, à effacer les péchés…Le sacerdoce d’Aaron, lui-même empêtré dans le péché, ne pouvait, par ses rites, que maintenir dans le peuple la conscience du péché, et l’espérance d’un salut enfin total et définitif. Seul le Christ, Dieu fait homme, saint et sans péché, à la fois Prêtre et Victime par l’offrande du Sacrifice de Lui-même, pouvait accomplir, en notre nom, de façon parfaite et définitive, l’expiation de nos péchés…Nous avons donc été lavés de tous nos péchés dans le Sang de Jésus ! Une fois pour toutes ! Parce qu’en Sa nature divine, Jésus est éternel (éternité que signifie l’« aujourd’hui » de Ps 2 7), Son Sacrifice est sans cesse offert à Dieu, et sans cesse agréé par Dieu. La force expiatrice de Sa Mort demeure pour l’éternité. C’est pourquoi nous avons la possibilité de prendre réellement part, à chaque Messe, à l’Offrande du Sacrifice du Christ, « par Lui, avec Lui et en Lui »… Ô joie de pouvoir sans fin se donner à Dieu !… Melkisédek n’était pas seulement prêtre du Dieu Très-Haut mais aussi roi de Salem (la future Jérusalem) ; de même, par le sacrifice qu’Il fit de Lui-même, Jésus n’est pas seulement prêtre, mais Il assume la charge de la royauté, qui est de conduire le peuple vers sa destinée
véritable, la Nouvelle Jérusalem. Ainsi voyons-nous une foule nombreuse suivre Jésus sur le chemin qui Le mène à Jérusalem [7]. Et sur ce chemin, assis au bord de la route, l’aveugle Bartimée, que représente t-il, sinon l’humanité mendiante de son salut parce qu’incapable par elle-même d’aller au Ciel ? Mais Bartimée avait entendu parler de Jésus de Nazareth, et, dans sa nuit, propice à la recherche intérieure de l’essentiel, à l’abri du pouvoir de séduction des vanités de ce monde, il avait jugé que ce Jésus qui multiplie les miracles, qui enseigne des mystères que la raison n’aurait jamais pu découvrir et qu’elle ne pourra jamais totalement comprendre, qui réclame une telle sainteté de vie qu’aucun homme n’est, non seulement capable de la réaliser, mais même d’en imaginer les exigences, et qui pratique Lui-même cette sainteté de vie avec une telle perfection et un tel don total et absolu qu’Il force l’admiration de tous, ce Jésus, Bartimée avait jugé qu’Il était bien le Fils de David que les prophètes avaient annoncé, le Sauveur ! Alors, fou de joie, il crie [8] ! Sûr que Jésus est venu pour lui, comme pour toi, ce matin ! Et il est si sûr de cela que, tout aveugle qu’il soit, il court vers Jésus [9] ! Vous avez déjà vu un aveugle courir ? Voilà une belle expression du chemin de la Foi où l’on ne trébuche pas, parce que l’on marche dans l’oubli de tout ce qui n’est pas Dieu ! Aveugle, il ne voit rien de ce monde, mais il voit la Bonté infinie de Jésus … et cela lui suffit ! Remarquons comment il jette son manteau, son seul bien, tant il est vrai qu’il faut être libre de tout ce qui est du monde pour courir sur le chemin de la Foi… Et nous, ne serions-nous pas aussi quelque part sur la touche ? À chacun de voir dans quelle misère il se trouve pour crier vers le Seigneur qui est ici parmi nous ! Mais le Seigneur trouvera-t-Il la Foi ?Celui qui connaît la profondeur de sa misère prie, gémit, soupire, jusqu’à ce que Jésus l’appelle, et son crime même déjà arrête sa
descente en enfer, car les vrais aveugles sont ceux qui ignorent leur propre cécité… Jésus disait : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché, mais parce que vous dites : Nous voyons !, votre péché demeure » [10]… Pour crier vers Jésus, comme Bartimée, il faut avoir entendu parler de Lui, il faut déjà Le connaître ; or, aujourd’hui, notre Foi est particulièrement menacée par la confiance que l’orgueil du monde met dans la science, et, comme malgré tout il apparaît que la science ne donne pas le salut, la Foi est alors assiégée par la spiritualité à bon marché qu’offrent en retour le New Age, l’Islam et toutes les sectes. La science fascine parce qu’elle prétend pouvoir tout expliquer par la loi de la nécessité. Mais si tout ressortissait à la nécessité, où serait la liberté ? La science est incapable de traiter le domaine de la liberté et de ce qui est donc spécifiquement humain ; aussi, la « foi » dans la science conduit-elle à la destruction de la liberté et de l’homme. Pouréchapper au totalitarisme d’une rationalité privée de la lumière que donne la Foi, l’homme contemporain s’enfonce dans les ténèbres de l’irrationalité et des cultes démoniaques. Non seulement l’État pousse aujourd’hui les gamins à forniquer dès la puberté par l’accès libre et gratuit à la contraception, les transformant en assassins par l’accès libre et gratuit à l’avortement, mais encore il entend détruire le mariage, fondement de la famille, par la légalisation de l’union des homosexuels, en attendant de poursuivre en justice les parents refusant l’enseignement obligatoire de la perversion à leurs enfants ! On ne peut pas quitter le Christ sans tomber dans les filets de l’Antichrist, ni nier Dieu sans tomber dans ceux du Diable. Savez-vous qu’il y a en France plus de voyants et autres marabouts à payer leur patente commerciale que de médecins ? Pas un journal qui n’ait son horoscope ! On s’empresse de fêter Halloween plutôt que la Toussaint ! En refusant honteusement de reconnaître en Dieu la Raison créatrice du monde, mais en faisant dépendre l’univers du hasard, l’homme fait dépendre ce qui est de ce qui n’est pas, l’ordre du chaos, la raison de
l’absurde ! Mais la Foi n’est pas une croyance aveugle ! Elle s’appuie précisément sur la Vérité de Dieu sans Qui le monde est incompréhensible ! Cette irrationalité et le relativisme qui s’ensuit ont si bien pénétré l’esprit des catholiques que le cardinal Ratzinger, alors à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié la déclaration Dominus Iesus [11], que je vous exhorte tous à vous procurer et à lire, en cette année de la Foi, si vous ne l’avez pas déjà fait, pour peu que vous ayez à cœur d’échapper aux belles idées qui vous détruisent une Foi en moins de deux avec l’assurance de vous la rendre plus moderne. Vous y lirez que la Foi est aujourd’hui mise en danger par des théories relativistes qui entendent, par exemple, justifier le pluralisme religieux, comme étant non seulement un fait, mais un droit, d’origine divine s’il-vous-plait ! Sont dénoncés ceux qui considèrent comme dépassé le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ
(avis à ceux qui pratiquent le dialogue avec l’Islam !) ; dépassée la différence entre la foi catholique, qui est l’accueil de la Vérité révélée par Dieu, et les croyances des autres religions ; dépassée l’inspiration des livres de la Sainte Écriture ; dépassée l’unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth ; dépassée l’unité de l’œuvre salvifique du Verbe incarné et du Saint-Esprit ; dépassée la médiation salvifique universelle de l’Église ; dépassée la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l’Église ; dépassée la subsistance de l’unique Église du Christ dans l’Église catholique. Frères et sœurs, Jésus est venu pour un jugement, pour que les aveugles voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles ! Gardons-nous des raisonnements de ce monde sans Dieu, et, avec un cœur sincère, dans la plénitude de la Foi transmise aux Saints une fois pour toutes, approchons-nous du Cœur de Jésus pour Lui demander de nous garder en Son amour, et de continuer à faire miséricorde à ce pauvre monde d’autant plus démoniaque qu’il rejette son unique Sauveur, le temps que nos prières et nos sacrifices aux Siens puissent sauver encore quelques âmes…

1. Cf. He 5 6.

2. Cf. Mc 10 46-52.

3. Cf. Jn 14 6.

4. Jn 8 12.

5. Cf. He 5 6.

6. Cf. Gn 14 17-20.

7. Cf. Mc 10 46.

8. Cf. Mc 10 47.

9. Cf. Mc 10 50.

10. Jn 9 41.

11. CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, déclaration Dominus Iesus,
6 août 2000 (La Documentation catholique, n. 2233, 1er octobre 2000, pp. 812-822).