Pierre Henri

INTERNATIONAL REPORTERS
Commentaire de Laurent Brayard sur un article du journal norvégien Aftenspoten à propos des réfugiés ukrainiens qui ne veulent plus partir.
La Norvège n’est pas et de loin le pays qui a accueilli le plus de réfugiés ukrainiens, loin derrière l’Allemagne et la Pologne. Cependant les 6,5 millions de réfugiés ukrainiens installés en Europe se sont disséminés dans l’ensemble des pays du continent. Les choix ont été d’abord la connaissance des langues qu’ils maîtrisaient, la perception du pays, à savoir les idées ou stéréotypes sur la richesse du pays et ses capacités à accueillir les réfugiés, enfin pour d’autres la présence de proches ayant déjà émigré de longue date.
La diaspora ukrainienne était déjà estimée à environ 20 millions de personnes dans différents pays du monde avant le Maïdan US. Ils étaient plus de 5 millions en Russie, 1,5 million au Canada, 1 million aux USA. Les premiers migrants partirent du pays à l’époque tsariste, à la fin du XIXe siècle. Une vague importante fut observée au moment de la révolution et guerre civile russe. Une troisième fut constatée avec la fuite des bandéristes et les mouvements de réfugiés de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une quatrième vague importante commença avec la chute de l’URSS, jusqu’à cette cinquième vague entre 2014 et 2021.
Après le Maïdan et le commencement de la guerre en avril 2014, une nouvelle embolie démographique toucha l’Ukraine, déjà réduite de 52 millions d’habitants en 1992, à moins de 45 millions en 2014. Les chiffres sont difficiles à fixer, mais la perte fut des 2,3 millions d’habitants de Crimée, au moins 4 pour le Donbass et la fuite des autres régions de 3,5 millions de Russes ethniques et de quelques Ukrainiens (essentiellement vers la Russie, mais aussi vers Israël ou des pays de l’UE).
Avec l’opération militaire spéciale russe de 2022, une sixième vague se déclencha, surtout par l’ouverture subite de toutes les frontières de l’UE et d’autres pays occidentaux. Là encore, les chiffres sont difficiles à fixer par les mensonges de la propagande occidentale et ukrainienne. Officiellement, 6,5 millions en UE, entre 1 et 2 millions dans d’autres pays, mais il est probable qu’ils furent plus de 9 millions. Au moins 1,7 million choisirent la Russie, 1 autre million resta dans les nouvelles régions de Zaporojie et Kherson, un demi-million au moins pour les territoires libérés de la RPD et RPL.
L’article norvégien a choqué la population, car selon une enquête publiée par le média, sur les 100 000 Ukrainiens accueillis par la Norvège, seulement 5 400 sont retournés chez eux. Pour les autres, 1 sur 10 se dit prêt à retourner chez lui à la paix, les autres veulent rester… Les raisons évoquées sont les aides… le confort pour leurs familles, la sécurité, un éventuel travail rémunérateur (selon la vision des Ukrainiens, le salaire moyen étant autour de 3 ou 400 euros), et la « confiance dans le régime » (du pays d’accueil).
Si cette tendance se confirmait aux autres réfugiés, dont beaucoup de gens sans moyen, retraités, malades, enfants, handicapés, ou même « vampires », l’UE devra se résigner à assimiler et nourrir au moins 5 millions de réfugiés. Notez que la défaite de l’Ukraine déclenchera sans doute une septième vague de fuyards, à la fois des bandéristes, des criminels et des gens ayant beaucoup à se reprocher (les TCC par exemple), mais aussi ceux qui n’ont pas pu fuir car tombant sous le coup de la mobilisation et bloqués par la fermeture des frontières. Reste à savoir combien ils seront… quelques millions supplémentaires, 1, 2, 3 ? y compris d’ailleurs du côté russe.
C’est ici que la défaite ukrainienne provoquée par le drame de la révolution du Maïdan, sera la plus cuisante. Un pays laminé démographiquement parlant… et nous n’avons pas parlé des pertes militaires, des grands blessés, des gueules cassés… et des portés disparus. Ces derniers sont estimés à la bagatelle de 100 000...

4446
Martin Janelle

C'est compréhensible que ces Ukrainiens ne soient pas pressés de retourner là-bas. C'est jamais agréable de devoir se plonger dans un climat de défaite, de dépression, toucher du doigt les effets de la ruine et de la trahison (ses propres chefs), devoir croiser tous les jours des volontaires désormais démobilisés et amputés, quand les camarades qui seront morts à l'âge de 23 ou 32 ans seront également morts pour rien, et même pire que rien, pour le pire littéralement. Réduction du pays, pertes des meilleures terres, baisse de la démographie comme si la peste noire serait passé par-là, des millions de citoyens envolés, le surendettement, l'hypothèque écrasante ... pendant que Zelensky pourra couler sa retraite paisible et agréable dans quelque palais néo florentin reconstruit dans un des plus beaux secteurs de l'Angleterre, aller parfois à la pêche «au gros» dans le détroit de la Floride comme l'écrivain Hemingway dans le temps, prendre son avion privée les week end d'hiver pour aller en Suisse faire du Ski, loger au même hôtel ou Georges Clooney sera descendu et Taylor Swift avec un peu de chance. Merci à Igor, le richissime Kolomoisy. Merci à l'Union européenne. Merci Nuland (Victoria, son petit nom), merci Biden. Un merci spécial aux unités Azov, aux spectres, ectoplasmes, zombies de l'OUN revenus des morts avec leurs bannières de l'an 40. Merci à la CIA, Hollande en France et autres honorables serviteurs, sans compter le Canada (51e État de la «grande république» selon qui vous savez ... Donald, et qui était déjà présenté comme le héros des "Yuppies" dans les années '80, dans le roman American Psycho de Bret Easton Ellis)

Martin Janelle

En passant, les réfugiés ukrainiens ne représentent pas une affaire nouvelle au Canada. Du temps de Staline avant la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup auront déjà mis les voiles pour les terres à blé de la Saskatchewan, et après la défaite allemande consommée du 8 mai 1945 aussi même si pour d'autres raisons (les anciens collabos du nazisme devant fuir la vengeance des rouges victorieux, les anciens de la division Galicie, Das Reich, etc.) Indépendamment de la question des «heures sombres», j'aurai su depuis toujours, par exemple, qu'un des frères de mon grand-père avait pu adopter lui-même dans sa petite famille un enfant ukrainien orphelin (dans les années '30), lequel aura pu faire ensuite sa vie, se marier, travailler dans un bon boulot sur les chemins de fer du CN (Canadien National). Chrysta Freeland l'ex-ministre des finances de Trudeau et qui vient d'être embauché par Zelensky à Kiev ? Son grand-père à elle était un expatrié ukrainien au Canada de l'immédiat après-guerre, qui fut aussi un journaliste en Ukraine pendant la guerre (zone occupée par les Allemands en Russie) et collaborateur à plein du régime pro-nazi de Bandera et des autres. Ceci explique cela (et l'embauche par Zelensky de ...)

Martin Janelle

La filière ukrainienne (le réseau, les anciens, l'amicale) est assez importante en Amérique du Nord. Elle occupe sa place parmi le réseau des amis et collaborateurs de la CIA et autres professionnels ou amateurs, friands de coups vaches à servir aux opposants (communistes ou non) ou rivaux (simples concurrents) du capitalisme américain à Moscou. «Les damnés Russes ...» Les Américains seront toujours contents de pouvoir compter sur des amis fiables, je croirais.

Etienne bis

Sans oublier pour l'après-guerre contre les Russes...
1. Les risques de guerre civile.
2. Les risques dans les divers banditismes et les trafics d'armes.
Voilà qui pourrait (ent) devenir chaud-brûlant.