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Les pertinentes objections d'Henri Hude aux critiques du Pr Robert Spaemann sur " Amoris laetitia "…

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Citations de l'article :
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Il faut laisser le confesseur jouer son rôle qui est comme celui du judiciaire dans la société. Il n’a pas à changer la loi par sa jurisprudence, mais c’est à lui de résoudre de façon autonome et consciencieuse une infinité de problèmes particuliers. C’est à lui de déterminer s’il a en face de lui un pécheur obstiné dans son impénitence, sa négligence et son autojusti…More
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Il faut laisser le confesseur jouer son rôle qui est comme celui du judiciaire dans la société. Il n’a pas à changer la loi par sa jurisprudence, mais c’est à lui de résoudre de façon autonome et consciencieuse une infinité de problèmes particuliers. C’est à lui de déterminer s’il a en face de lui un pécheur obstiné dans son impénitence, sa négligence et son autojustification, ou un bon cœur enfoncé jusqu’au cou dans la gadoue de la culture ambiante et qui vient d’en sortir le nez. Même s’il retombe trois jours après dans ses mauvaises habitudes, l’expérience de la grâce et du sacrement lui seront une aide. A-t-on le droit, le devoir de l’en priver dans ces conditions ? C’est toute la question de l’administration des sacrements, qui est en chaque siècle laissée au discernement de l’Église.

Prenons un exemple. Il semble bien que le roi Louis XV se soit sincèrement converti durant la brève maladie qui l’emporta à l’improviste, en 1774. Même au milieu de ses plus grands désordres, il n’avait jamais perdu la foi catholique, il n’avait pas de sympathie pour l’orgueil philosophique de son temps, il aimait visiter une de ses filles religieuses dans son couvent, il ne cherchait pas à justifier sa propre inconduite, ni a fortiori à changer les lois sur le mariage pour les mettre en harmonie avec ses propres aberrations. Il avait continué, m’a dit voici des années un savant ecclésiastique, à faire ses pâques, se confessant et communiant une fois l’an. Pour cela, il écartait ses favorites durant quelques jours. Quand il recevait l’absolution, il exprimait forcément (c’est la condition pour la recevoir) son « ferme propos de ne plus offenser Dieu ». Que penser de cette résolution ? Faut-il voir dans ces absolutions des actes de haute politique de ses confesseurs ? Des actes de miséricorde mal comprise ? Un cas de collusion particulièrement grotesque entre le trône et l’autel ? Une mascarade qui offensait la dignité des sacrements ? Ou la petite goutte d’eau qui venait chaque année empêcher de crever la plante chétive de sa vie surnaturelle ? Ou la foi au miracle du bon larron, qui en définitive s’est produit, par définition in extremis ? Qui peut juger de cette pratique, certainement approuvée par Rome à qui référaient les confesseurs du roi de France ? La seule vraie mesure de tout cela, c’est le salut éternel, qui n’est pas calcul politique ou raison d’État. Si l’on ne se fie pas en chaque temps à l’Église en cette mystérieuse matière, à qui se fiera-t-on ? A son propre jugement ?
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Autre article intéressant au sujet d'Amoris laetitia, celui du père Thomas Michelet : ICI