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La Conversion de Marie-Madeleine, Caravage

Tout dans ce tableau du Caravage, peintre italien de la fin du 16e siècle, pourrait passer pour une scène de vanité. Une coquette, somptueusement mise, vient de se contempler dans un miroir et se …More
Tout dans ce tableau du Caravage, peintre italien de la fin du 16e siècle, pourrait passer pour une scène de vanité.
Une coquette, somptueusement mise, vient de se contempler dans un miroir et se retourne pour écouter le bavardage d´une autre femme.
Cependant, quel est ce regard bien grave qu´elle jette sur le personnage qui reste dans l´ombre ?
Madeleine est en train de se convertir, et Caravage peint cet instant fugace où l´esprit est touché par Dieu...
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Texte de Régis Burnet
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@Catholique et Français Cher Catholique et français Marie l'Egytienne n'est pas Sainte Marie Madeleine, mais une autre sainte......
Merci ! Tout le monde le sait, moi compris... Mais personne ne sait vraiment laquelle est ici représentée... Cette question est discutée et, au vu des éléments disponibles, la réponse ne viendra probablement jamais. La Base Palissy titre par exemple : "Sainte Marie-Madeleine dite sainte Marie l'Egyptienne"...
La base Palissy se trompe....La Sainte représentée entièrement nue recouverte de sa seule chevelure est sainte Marie l'Egytienne, sainte Marie Madeleine est toujours représentée vêtue et le plus souvent avec un vase de parfum.....
"...Certains auteurs se sont demandé si Marie-Madeleine et Marie l'Égyptienne n'étaient pas une seule et même personne, et si "La vie érémitique de Marie Madeleine" (récit du IX° siècle) n'était pas directement inspirée de celle de la pénitente du désert, eu égard aux nombreux points communs que l'on retrouve dans leur hagiographie :
- Elles portent le même prénom
- Elles sont toutes les deux …More
"...Certains auteurs se sont demandé si Marie-Madeleine et Marie l'Égyptienne n'étaient pas une seule et même personne, et si "La vie érémitique de Marie Madeleine" (récit du IX° siècle) n'était pas directement inspirée de celle de la pénitente du désert, eu égard aux nombreux points communs que l'on retrouve dans leur hagiographie :
- Elles portent le même prénom
- Elles sont toutes les deux pécheresses repenties
- Elles se sont toutes deux retirées au désert (à la Sainte Baume pour Marie Madeleine)
- Toutes deux ont reçu la communion des mains d'un ermite
- Leur représentation iconographique est très semblable : nudité, longs cheveux en guise de vêtement. Mais d'autres détails (absents à Ecouis !) comme les trois pains, le visage émacié sont propres à Marie l'Égyptienne souvent représentée comme une vieille femme (tableaux de Ribera)..." (in article Wikipedia "Marie l'Egyptienne") Il me semble donc tout à fait acceptable, légitime et... catholique de voir dans cette statue soit Marie-Madeleine, soit Marie l'Egyptienne, soit les deux à la fois. N'étant point érudit ou spécialiste de la question, je ne peux rien dire de plus.
Pardonnez-moi d'être intervenu fort de mes quelques rudiments en histoire de l'art et en iconographie, et permettez-moi de souligner l'absurdité d'une double représentation........le mystère demeure laissons les érudits creuser l'affaire.
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Merci cher "shazam" de nous faire connaître cette leçon artistique très minutieuse; elle me donne l'occasion de dire que la Marie-Madeleine qui m'a le plus impressionné et le plus marqué est, dans un domaine artistique très différent, cette incroyable et très mystérieuse statue du début du XIV°s qui se trouve dans la Collégiale Notre-Dame à Ecouis (Eure); j'ai découvert et pu examiner de près …More
Merci cher "shazam" de nous faire connaître cette leçon artistique très minutieuse; elle me donne l'occasion de dire que la Marie-Madeleine qui m'a le plus impressionné et le plus marqué est, dans un domaine artistique très différent, cette incroyable et très mystérieuse statue du début du XIV°s qui se trouve dans la Collégiale Notre-Dame à Ecouis (Eure); j'ai découvert et pu examiner de près cette oeuvre impressionnante et magnifique en 2012 à l'occasion d'un pèlerinage à Rouen pour le 6° centenaire de la naissance de sainte Jeanne d'Arc : Marie-Madeleine (ou Marie l'Egyptienne ?) est (très probablement) entièrement nue mais totalement enveloppée d'une gigantesque et exagérée chevelure qui va jusqu'à ses pieds. La statue est absolument sublime et le visage, la pose et le gracieux déhanchement bien dans la facture de l'époque. C'est inoubliable ! En voici, si cela vous intéresse, quelques photos, mais il est facile d'en trouver d'autres sur Google "images" : www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php
shazam
Cher@Catholique et Français
Merci, je me suis rappelé après vous avoir lu, que j'avais vu dans une vidéo une sculpture de Marie Madeleine au Louvre, je l'avais trouvé magnifique.

La voici donc dans cette vidéo, que je viens de mettre, et dont le titre est : Les chefs-d'œuvre méconnus du Louvre (Axolot)

Note ; Axolot est le site de celui qui anime cette vidéo.
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shazam
Quel est ce regard bien grave quelle (Marie-Madeleine) jette sur ce personnage (Marthe) qui reste dans l’ombre ?

Madeleine est en train de se convertir ! et Caravage peint cet instant fugace ou l’esprit est touché par Dieu, cette seconde quasi divine ou le monde prend subitement des couleurs différentes, et ou ce qui était familier, devient brutalement étranger...

Mis à part ce luxueux habille…More
Quel est ce regard bien grave quelle (Marie-Madeleine) jette sur ce personnage (Marthe) qui reste dans l’ombre ?

Madeleine est en train de se convertir ! et Caravage peint cet instant fugace ou l’esprit est touché par Dieu, cette seconde quasi divine ou le monde prend subitement des couleurs différentes, et ou ce qui était familier, devient brutalement étranger...

Mis à part ce luxueux habillement, elle n’arbore ni collier ni pierre précieuse, ce qui laisse supposer qu’elle s’est déjà dépouillée de ses attributs de sa vie passée. Elle ne porte que deux choses : à sa main gauche un fin anneau d’or, et dans sa main droite une fleur d’oranger.

Le peintre suggère ainsi un mariage mystique : l’anneau la désigne comme épouse du Christ, tandis que la fleur affirme sa pureté.

Au premier plan, deux objets rappellent la vanité passée : un peigne d’ivoire et un petit bol à cosmétique. Cette petite nature morte a une fonction symbolique : il manque des dents au peigne, ce qui suggère une cassure dans la coquetterie. Le petit bol annonce le vase de l’onction à Béthanie.

Comme dans l’Évangile tout oppose Marthe à Marie. Le regard de Marie la laisse bouche bée. Sa main droite compte les arguments sur sa main gauche.
Coupée dans son envolée bien construite, Marthe scrute la transformation qui s’opère en sa sœur...

Le miroir, objet ambiguë, souligne le moment de basculement que vit Madeleine ; son rôle est de réfléchir les choses. Et pourtant, il ne reflète qu’une fenêtre d’une éblouissante luminosité.

Plus que le discours de sa sœur, c’est peut-être cette lumière divine surgie de l’obscurité de sa vie qui convertit Madeleine…

En peignant ce petit rectangle blanc, Caravage, ose, représenter la grâce en acte !
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