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Chap. 7 -1 Vie en église (St Louis-Marie de Montfort, L'arbre de vie)

Saint Louis Marie Grignion de Montfort (1673-1716) est un auteur majeur, dont la spiritualité mariale se résume dans une image éloquente, l'arbre de vie, (finale de son petit ouvrage "Le Secret de …More
Saint Louis Marie Grignion de Montfort (1673-1716) est un auteur majeur, dont la spiritualité mariale se résume dans une image éloquente, l'arbre de vie, (finale de son petit ouvrage "Le Secret de Marie" par laquelle il ouvre de très belles perspectives pour la vie communautaire, ecclésiale.
Par Françoise Breynaert, docteur en théologie.
Il s'agit de sa thèse de doctorat, l'arbre de vie (Parole et Silence).
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La présente série suit la symbolique de la finale du Secret de Marie ; il aurait été possible de suivre les "septénaires" très ordonnés et rationnels du Traité de la vraie dévotion, mieux connus et très souvent étudiés (livre de base à la Légion de Marie...)
Le propre de l'approche de cette série, c'est de prendre les choses très en amont... On n'a pas commencé avec la foi trinitaire mais avec …More
La présente série suit la symbolique de la finale du Secret de Marie ; il aurait été possible de suivre les "septénaires" très ordonnés et rationnels du Traité de la vraie dévotion, mieux connus et très souvent étudiés (livre de base à la Légion de Marie...)
Le propre de l'approche de cette série, c'est de prendre les choses très en amont... On n'a pas commencé avec la foi trinitaire mais avec la rupture avec la magie, le tout début de la spiritualité biblique. Et nous allons maintenant au chapitre 7, avec les sommets (baptême / Eucharistie / mystère pascal avec Marie)

Jusqu'à présent, j'ai fait allusion aux faux dévots, mais j'ai surtout insisté sur la vraie dévotion qui, comme nous le découvrons peu à peu, consiste à renouveler les voeux du baptême en se consacrant à Jésus par Marie.
Pour la cause du doctorat de Montfort, les différentes approches sont valables mais jusqu'à présent presqu'aucune étude ne s'était concentrée sur le Secret de Marie et l'approche symbolique. Je ne suis pas là pour répéter ce que disent 100 autres auteurs mais pour enrichir la réflexion.

Pour les faux dévots - voici le passage en question (eh ! on en prend tous un peu pour son amende personnelle...) ; à bien situer dans l'ensemble de l'oeuvre de Montfort qui ne commence par dénoncer les travers des gens.

92. Je trouve sept sortes de faux dévots et de fausses
dévotions à la Sainte Vierge, savoir: 1 les dévots critiques;
2 les dévots scrupuleux; 3 les dévots extérieurs; 4 les
dévots présomptueux; 5 les dévots inconstants; les dévots
hypocrites; 7 les dévots intéressés.

[1. «Les dévots critiques»]

93. Les dévots critiques sont, pour l’ordinaire, des savants
orgueilleux, des esprits forts et suffisants, qui ont au fond
quelque dévotion à la Sainte Vierge, mais qui critiquent
presque toutes les pratiques de dévotion à la Sainte Vierge
que les gens simples rendent simplement et saintement à cette
bonne Mère, parce qu’elles ne reviennent pas à leur fantaisie.
Ils révoquent en doute tous les miracles et histoires
rapportés par des auteurs dignes de foi, ou tirés des
chroniques des ordres religieux, qui font foi des miséricordes
et de la puissance de la Très Sainte Vierge. Ils ne sauraient
voir qu’avec peine des gens simples et humbles à genoux devant
un autel ou image de la Sainte Vierge, quelquefois dans le
coin d’une rue pour y prier Dieu; et ils les accusent
d’idolâtrie, comme s’ils adoraient le bois ou la pierre; ils
disent que, pour eux, ils n’aiment point ces dévotions
extérieures et qu’ils n’ont pas l’esprit si faible que
d’ajouter foi à tant de contes et historiettes qu’on débite de
la Sainte Vierge. Quand on leur rapporte les louanges
admirables que les saints Pères donnent à la Sainte Vierge, ou
ils répondent qu’ils ont parlé en orateurs, par exagération,
ou ils donnent une mauvaise explication à leurs paroles.
Ces sortes de faux dévots et de gens orgueilleux et
mondains sont beaucoup à craindre et ils font un tort infini à
la dévotion à la Très Sainte Vierge, et en éloignent les
peuples d’une manière efficace, sous prétexte d’en détruire
les abus.

[2. «Les dévots scrupuleux»]

94. Les dévots scrupuleux sont des gens qui craignent de
déshonorer le Fils en honorant la Mère, d’abaisser l’un en
élevant l’autre. Ils ne sauraient souffrir qu’on donne à la
Sainte Vierge des louanges très justes, que lui ont données
les saints Pères; ils ne souffrent qu’avec peine qu’il y ait
plus de monde à genoux devant un autel de la Sainte Vierge que
devant le Saint-Sacrement, comme si l’un était contraire à
l’autre; comme si ceux qui prient la Sainte Vierge ne priaient
pas Jésus-Christ! Ils ne veulent pas qu’on parle si souvent de
la Sainte Vierge et qu’on s’adresse si souvent à elle.
Voici quelques sentences qui leur sont ordinaires: A quoi
bon tant de chapelets, tant de confréries et de dévotions
extérieures à la Sainte Vierge. Il y a en cela bien de
l’ignorance. C’est faire une mômerie de notre religion.
Parlez-moi de ceux qui sont dévots à Jésus-Christ (ils le
nomment souvent sans se découvrir, je le dis par parenthèse):
il faut recourir à Jésus-Christ, il est notre unique
médiateur; il faut prêcher Jésus-Christ, voilà le solide!
Ce qu’ils disent est vrai dans un sens; mais par rapport
à l’application qu’ils en font, pour empêcher la dévotion à la
Très Sainte Vierge, il est très dangereux, et un fin piège du
malin, sous prétexte d’un plus grand bien; car jamais on
n’honore plus Jésus-Christ que lorsqu’on honore plus la Très
Sainte Vierge, puisqu’on ne l’honore qu’afin d’honorer plus
parfaitement Jésus-Christ, puisqu’on ne va à elle que comme à
la voie pour trouver le terme où on va, qui est Jésus.

95. La Sainte Eglise, avec le Saint-Esprit, bénit la Sainte
Vierge la première, et Jésus-Christ le second: Benedicta tu in
mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus. Non pas
parce que la Sainte Vierge soit plus que Jésus-Christ ou égale
à lui: ce serait une hérésie intolérable; mais c’est que pour
bénir plus parfaitement Jésus-Christ, il faut auparavant bénir
Marie. Disons donc avec tous les vrais dévots de la Sainte
Vierge, contre ses faux dévots scrupuleux: O Marie, vous êtes
bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de votre
ventre, Jésus.

[3. «Les dévots extérieurs»]

96. Les dévots extérieurs sont des personnes qui font
consister toute la dévotion à la Très Sainte Vierge en des
pratiques extérieures; qui ne goûtent que l’extérieur de la
dévotion à la Très Sainte Vierge, parce qu’ils n’ont point
d’esprit intérieur; qui diront force chapelet à la hâte,
entendront plusieurs messes sans attention, iront aux
processions sans dévotion, se mettront de toutes ses
confréries sans amendement de leur vie, sans violence à leurs
passions et sans imitation des vertus de cette Vierge très
sainte. Ils n’aiment que le sensible de la dévotion, sans en
goûter le solide; s’ils n’ont pas de sensibilités dans leurs
pratiques, ils croient qu’ils ne font plus rien, ils se
détractent, ils quittent tout cela, ou il font tout à bâton
rompu. Le monde est plein de ces sortes de dévots extérieurs,
et il n’y a pas de gens plus critiques des personnes d’oraison
qui s’appliquent à l’intérieur comme à l’essentiel, sans
mépriser l’extérieur de modestie qui accompagne toujours la
vraie dévotion.

[4. «Les dévots présomptueux»]

97. Les dévots présomptueux sont des pécheurs abandonnés à
leurs passions, ou des amateurs du monde, qui, sous le beau
nom de chrétien et de dévot à la Sainte Vierge, cachent ou
l’orgueil, ou l’avarice, ou l’impureté, ou l’ivrognerie, ou la
colère, ou le jurement, ou la médisance, ou l’injustice, etc.;
qui dorment en paix dans leurs mauvaises habitudes, sans se
faire beaucoup de violence pour se corriger, sous prétexte
qu’ils sont dévots à la Vierge; qui se promettent que Dieu
leur pardonnera, qu’ils ne mourront pas sans confession, et
qu’ils ne seront pas damnés, parce qu’ils disent leur chapelet,
parce qu’ils jeûnent le samedi, parce qu’ils sont de la
confrérie du Saint Rosaire ou Scapulaire, ou de ses
congrégations, parce qu’ils portent le petit habit ou la
petite chaîne de la Sainte Vierge, etc.
Quand on leur dit que leur dévotion n’est qu’une illusion
du diable et qu’une présomption pernicieuse capable de les
perdre, ils ne le veulent pas croire.

; ils disent que Dieu est
bon et miséricordieux; qu’il ne nous a pas faits pour nous
damner; qu’il n’y a homme qui ne pèche; qu’ils ne mourront pas
sans confession; qu’un bon peccavi à la mort suffit; de plus
qu’ils sont dévots à la Sainte Vierge; qu’ils portent le
scapulaire; qu’ils disent tous les jours sans reproche et sans
vanité sept Pater et sept Ave en son honneur; qu ‘ils disent
même quelquefois le chapelet et l’office de la Sainte Vierge;
qu’ils jeûnent, etc. Pour confirmer ce qu’ils disent et
s’aveugler davantage, ils apportent quelques histoires qu’ils
ont entendues ou lues en des livres, vraies ou fausses,
n’importe pas, qui font foi que des personnes mortes en péché
mortel, sans confession, parce qu’elles avaient, pendant leur
vie, dit quelques prières ou fait quelques pratiques de
dévotion à la Sainte Vierge, ou ont été ressuscitées pour se
confesser, ou leur âme a demeuré miraculeusement dans leur
Corps jusqu’à la confession, ou par la miséricorde de la
Sainte Vierge, ont obtenu de Dieu, à leur mort, la contrition
et le pardon de leur péchés, et par là ont été sauvés, et
qu’ils espèrent la même chose.

98. Rien n’est si damnable, dans le christianisme, que cette
présomption diabolique; car peut-on dire avec vérité qu’on
aime et qu’on honore la Sainte Vierge, lorsque, par ses
péchés, on pique, on perce, on crucifie et on outrage
impitoyablement Jésus-Christ son Fils? Si Marie se faisait une
loi de sauver par sa miséricorde ces sortes de gens, elle
autoriserait le crime, elle aiderait à crucifier et outrager
son Fils; qui l’oserait jamais penser?

99. Je dis qu’abuser ainsi de la dévotion à la Très Sainte
Vierge, qui, après la dévotion à Notre-Seigneur au Très Saint-
Sacrement, est la plus sainte et la plus solide, c’est
commettre un horrible sacrilège, qui, après le sacrilège de
l’indigne communion, est le plus grand et le moins
pardonnable.
J’avoue que, pour être vraiment dévot à la Sainte Vierge,
il n’est pas absolument nécessaire d’être si saint qu’on évite
tout péché, quoiqu’il fût à souhaiter; mais il faut du moins
(qu’on remarque bien ce que je vais dire):
Premièrement être dans une sincère résolution d’éviter au
moins tout péché mortel, qui outrage la Mère aussi bien que le
Fils;
Secondement se faire violence pour éviter le péché;
Troisièmement, se mettre des confréries, réciter le
chapelet, le saint rosaire ou autres prières, jeûner le
samedi, etc.

100. Cela est merveilleusement utile à la conversion d’un
pécheur, même endurci; et si mon lecteur est tel, et quand il
aurait un pied dans l’abîme, je le lui conseille, mais à
condition qu’il ne pratiquera ces bonnes oeuvres que dans
l’intention d’obtenir de Dieu, par l’intercession de la Sainte
Vierge, la grâce de la contrition et du pardon de ses péchés,
et de vaincre ses mauvaises habitudes, et non pas pour
demeurer paisiblement dans l’état du péché, contre les remords
de sa conscience, l’exemple de Jésus-Christ et des saints, et
les maximes du saint Evangile.

[5. «Les dévots inconstants»]

101. Les dévots inconstants sont ceux qui sont dévots à la
Sainte Vierge par intervalles et par boutades: tantôt ils sont
fervents et tantôt ils sont tièdes, tantôt ils paraissent
prêts de tout faire pour son service, et puis, peu après, ils
ne sont plus les mêmes. Ils embrasseront d’abord toutes les
dévotions de la Sainte Vierge; il se mettront de ses
confréries, et puis il n’en pratiquent point les règles avec
fidélité; ils changent comme la lune, et Marie les met sous
ses pieds, avec le croissant, parce qu’ils sont changeants et
indignes d’être comptés parmi les serviteurs de cette Vierge
fidèle, qui ont la fidélité et la constance pour partage. Il
vaut mieux ne pas se charger de tant de prières et pratiques
de dévotion, et en faire peu avec amour et fidélité, malgré le
monde, le diable et la chair.

[6. «Les dévots hypocrites»]

102. Il y a encore de faux dévots à la Sainte Vierge, qui sont
des dévots hypocrites, qui couvrent leurs péchés et leurs
mauvaises habitudes sous le manteau de cette Vierge fidèle,
afin de passer aux yeux des hommes pour ce qu’ils ne sont pas.

[7. «Les dévots intéressés»]

103. Il y a encore des dévots intéressés, qui ne recourent à
la Sainte Vierge que pour gagner quelque procès, pour éviter
quelque péril, pour guérir d’une maladie, ou pour quelque
autre besoin de la sorte, sans quoi ils l’oublieraient; et les
uns et les autres sont de faux dévots, qui ne sont point de
mise devant Dieu ni sa sainte Mère.

104. Prenons donc bien garde d’être du nombre des dévots
critiques, qui ne croient rien et critiquent tout; des dévots
scrupuleux, qui craignent d’être trop dévots à la Sainte
Vierge, par respect à Jésus-Christ; des dévots extérieurs, qui
font consister toute leur dévotion en des pratiques
extérieures; des dévots présomptueux, qui, sous prétexte de
leur fausse dévotion à la Sainte Vierge, croupissent dans
leurs péchés; des dévots inconstants, qui, par légèreté,
changent leurs pratiques de dévotion, ou les quittent tout à
fait à la moindre tentation; des dévots hypocrites, qui se
mettent des confréries et portent les livrées de la Sainte
Vierge afin de passer pour bons; et enfin des dévots
intéressés, qui n’ont recours à la Sainte Vierge que pour être
délivrés des maux du Corps ou obtenir des biens temporels.
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stephane77
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort met en garde sur les faux dévots et les 7 fausses dévotions à la Sainte Vierge . (je me suis procuré à la librairie Notre Dame de France , un mini livre de poche aux éditions Médiaspaul : "le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge" )

Pouvez-vous nous faire partager par vidéo , cet éclaircissement sur ces 7 fausses dévotions ? svp .
stephane77
Approcher la sainteté par le traité de la dévotion à la Sainte Vierge , selon Saint Louis-Marie Grignion de Montfort n'est ni plus ni moins ...