Chroniques d’un impie - Première partie

Miles Christi - 15/08/2015

« Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu » (Gal. 6, 7)

Ces derniers temps ont été prolifiques en évènements au Vatican. Tellement riches qu’il est impossible de les passer tous en revue, même en se bornant aux plus marquants, aussi nous faut-il circonscrire nos regards seulement sur un nombre très restreint, mais suffisamment éloquents de la ligne toujours plus révolutionnaire adoptée par François depuis son arrivée à la Maison Sainte-Marthe. Commençons par sa tournée en Amérique du Sud: 24 000 km et 22 discours en huit jours au mois de juillet dernier.

Le cri des révolutionnaires américains, écho du « cri de Jésus » à la dernière Cène

Dans son homélie[1] à Quito, en Equateur, François a tracé un étrange parallèle entre la dernière Cène et l’indépendance des pays américains vis-à-vis de l’Espagne:

J’imagine ce susurrement de Jésus lors de la dernière Cène comme un cri en cette messe que nous célébrons au “Parc Bicentenaire”. Imaginons-les ensemble. Le bicentenaire de ce Cri de l’Indépendance de l’Amérique hispanique. C’était un cri, né de la conscience de manque de libertés, la conscience d’être objet d’oppression et de pillages, ‘‘sujets aux convenances contingentes des puissants du moment.’’ Je voudrais qu’aujourd’hui les deux cris concordent sous le beau défi de l’évangélisation. […] Et l’évangélisation peut être le véhicule d’unité des aspirations, des sensibilités, des espoirs et même de certaines utopies. Bien sûr que oui.

Placer les saintes paroles de Notre-Seigneur lors de l’institution de l’Eucharistie et du sacerdoce de la Nouvelle Alliance le Jeudi Saint au Cénacle, en compagnie de ses apôtres, à côté des cris de révolte des émeutiers sud-américains rebellés contre la couronne espagnole, inspirés par les idéaux révolutionnaires de 1789, ne peut être qualifié que de blasphématoire : c’est mettre le Christ au service de la Révolution. C’est la rédemption du pêché et le salut éternel ravalés au rang d’une fausse émancipation politique d’inspiration maçonnique et anti-chrétienne.

La veille, dans son homélie à Guayaquil[2], François avait évoqué le Synode de la famille qui aura lieu en octobre prochain, préparant les esprits à ce qui devrait s’y produire : l’intégration à la vie sacramentelle des adultères et des sodomites:

Peu avant le début de l’Année Jubilaire de la Miséricorde, l’Eglise célèbrera le Synode Ordinaire consacré aux familles, pour faire mûrir un vrai discernement spirituel et trouver des solutions et des aides concrètes aux nombreuses difficultés et aux importants défis que la famille doit affronter aujourd’hui. Je vous invite à intensifier votre prière à cette intention, pour que même ce qui nous semble encore impur, comme l’eau dans les jarres, nous scandalise ou nous effraie, Dieu – en le faisant passer par son “heure” – puisse le transformer en miracle. La famille a besoin aujourd’hui de ce miracle. […] Soyez patients, ayez de l’espérance, faites comme Marie, priez, agissez, ouvrez votre cœur, parce que le meilleur des vins va venir. Dieu s’approche toujours des périphéries de ceux qui sont restés sans vin, de ceux à qui il ne reste à boire que le découragement ; Jésus a un faible pour offrir en abondance le meilleur des vins à ceux qui pour une raison ou une autre, sentent déjà que toutes leurs jarres se sont cassées.

On aperçoit le blasphème qui consiste à invoquer Notre-Seigneur pour légitimer son projet sacrilège, poussant l’insolence jusqu’au point de donner comme exemple en vue d’obtenir son abominable « miracle » l’attitude confiante qu’eut la Très Sainte Vierge Marie à Cana, lorsqu’à sa demande Jésus accomplit son premier miracle et commença sa vie publique.

La Bible au service de la révolution des « peuples originaires »

François donna par la suite un discours[3] aux très marxistes Mouvements Populaires, en Bolivie, leur tenant des propos on ne peut plus révolutionnaires, en appelant aux « droits sacrés du peuple », aux préoccupations écologiques et à l’instauration d’une gouvernance mondiale capable d’opérer le changement des « structures » tant désiré:

La Bible nous rappelle que Dieu écoute le cri de son peuple et je voudrais moi aussi unir de nouveau ma voix à la vôtre : Terre, toit et travail pour tous nos frères et sœurs. Je l’ai dit et je le répète, ce sont des droits sacrés. Cela vaut la peine, cela vaut la peine de lutter pour ces droits. Que le cri des exclus soit entendu en Amérique latine et par toute la terre. […] disons-le sans peur, nous voulons un changement, un changement réel, un changement de structures. On ne peut plus supporter ce système, les paysans ne le supportent pas, les travailleurs ne le supportent pas, les communautés ne le supportent pas, les peuples ne le supportent pas... Et la terre non plus ne le supporte pas, la sœur terre comme disait saint François. Nous voulons un changement dans nos vies, dans nos quartiers, dans le terroir, dans notre réalité la plus proche, également un changement qui touche le monde entier parce qu’aujourd’hui l’interdépendance planétaire requiert des réponses globales aux problèmes locaux. La globalisation de l’espérance, qui naît des peuples et s’accroît parmi les pauvres, doit substituer cette globalisation de l’exclusion et de l’indifférence !

Ses paroles sont dignes d’un orateur trotskyste donnant une harangue lors d’un rassemblement visant à préparer l’insurrection civile:

Alors que puis-je faire, moi, chiffonnier, comptable, ramasseur d’ordures, agent de recyclage, face à tant de problèmes si je gagne à peine assez pour manger ? Que puis-je faire, moi, artisan, vendeur ambulant, transporteur, travailleur exclu si je n’ai même pas les droits des travailleurs ? Que puis-je faire, moi, paysanne, indigène, pêcheur qui peut à peine résister à l’asservissement des grands groupes ? Que puis-je faire, moi, depuis mon bidonville, depuis ma cabane, de mon village, de ma ferme quand je suis quotidiennement discriminé et marginalisé ? Que peut faire cet étudiant, ce jeune, ce militant, ce missionnaire qui parcourt les banlieues et les environs, le cœur plein de rêves, mais sans presqu’aucune solution pour mes problèmes ? Ils peuvent faire beaucoup. Vous, les plus humbles, les exploités, les pauvres et les exclus, vous pouvez et faites beaucoup. J'ose vous dire que l'avenir de l'humanité est, dans une grande mesure, dans vos mains, dans votre capacité de vous organiser et de promouvoir des alternatives créatives, dans la recherche quotidienne des 3 T (travail, toit, terre) et aussi, dans votre participation en tant que protagonistes aux grands processus de changement, nationaux, régionaux et mondiaux. Ne vous sous-estimez pas !

Ayant expliqué que l’avenir de l’humanité est entre les mains des travailleurs, ce sur quoi Marx et Engels n’auraient rien à redire, François entend engager l’Eglise dans ce processus révolutionnaire qu’il appelle de ses vœux, et comme à son habitude, il met en avant la figure de Marie comme archétype et exemple à suivre par le peuple en route vers l’émancipation, « humble fille des périphéries », signe d’espérance pour les peuples qui « souffrent les douleurs de l’enfantement » dans l’attente du Grand Soir. On croirait rêver, mais cela ne s’invente pas:

Ne perdez jamais l’enracinement dans ce qui est proche, parce que le père du mensonge sait usurper de nobles paroles, promouvoir des modes intellectuelles et adopter des positions idéologiques, mais si vous construisez sur des bases solides, sur les besoins réels et sur l’expérience vivante de vos frères, des paysans et des indigènes, des travailleurs exclus et des familles marginalisées, sûrement vous n’allez pas vous tromper. L’Eglise ne peut pas ni ne doit être étrangère à ce processus dans l’annonce de l’Evangile. De nombreux prêtres et agents pastoraux accomplissent une énorme tâche en accompagnant et en promouvant les exclus dans le monde entier, avec des coopératives, en impulsant des initiatives, en construisant des logements, en travaillant avec abnégation dans les domaines de la santé, du sport et de l’éducation. Je suis convaincu que la collaboration respectueuse avec les mouvements populaires peut renforcer ces efforts et fortifier les processus de changement. Ayons toujours présent au cœur la Vierge Marie, une humble fille d’un petit village perdu dans la périphérie d’un grand empire, une mère sans toit qui a su transformer une caverne d’animaux en la maison de Jésus avec quelques langes et une montagne de tendresse. Marie est signe d’espérance pour les peuples qui souffrent les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que germe la justice.

François redira ensuite que c’est aux peuples d’écrire leur histoire et que l’objectif de l’histoire de l’humanité est purement mondain, « vivre bien », en ayant instauré une économie qui puisse satisfaire les besoins de tous et qui soit respectueuse de la nature…

[…] il n'est pas si facile de définir le contenu du changement, on pourrait dire, le programme social qui reflète ce projet de fraternité et de justice que nous attendons. Dans ce sens, n'attendez pas de ce Pape une recette. Ni le Pape ni l'Eglise n’ont le monopole de l'interprétation de la réalité sociale ni le monopole de proposition de solutions aux problèmes contemporains. J'oserais dire qu'il n’existe pas de recette. L’histoire, ce sont les générations successives des peuples en marche à la recherche de leur propre chemin et dans le respect des valeurs que Dieu a mises dans le cœur, qui la construisent. […] une économie où l'être humain, en harmonie avec la nature, structure tout le système de production et de distribution pour que les capacités et les nécessités de chacun trouvent une place appropriée dans l'être social. Vous, et aussi d'autres peuples, vous résumez ce désir ardent d'une manière simple et belle : Vivre bien […]. Cette économie est non seulement désirable et nécessaire mais aussi possible.

Respect des « traditions religieuses » et des « droits de l’homme », rappel des dangers du « colonialisme » et bienfaits de la « culture de la rencontre » ne pouvaient pas être négligés dans ce discours « pontifical » aux allures de manifeste révolutionnaire:

Les peuples du monde veulent être artisans de leur propre destin. Ils veulent conduire dans la paix leur marche vers la justice. Ils ne veulent pas de tutelles ni d'ingérence où le plus fort subordonne le plus faible. Ils veulent que leur culture, leur langue, leurs processus sociaux et leurs traditions religieuses soient respectés. Aucun pouvoir de fait ou constitué n'a le droit de priver les pays pauvres du plein exercice de leur souveraineté et, quand on le fait, nous voyons de nouvelles formes de colonialisme qui affectent sérieusement les possibilités de paix et de justice parce que la paix se fonde non seulement sur le respect des droits de l'homme, mais aussi sur les droits des peuples particulièrement le droit à l'indépendance. […] Disons non aux vieilles et nouvelles formes de colonialisme. Disons oui à la rencontre entre les peuples et les cultures. Bienheureux les artisans de paix.

L’Eglise et l’Espagne traînées dans la boue : François s’approprie la Légende Noire

Suit un honteux et pitoyable geste de « repentance » proféré au nom de « l’Eglise », geste typiquement conciliaire et usé jusqu’à la corde, pour les « nombreux et graves pêchés » commis contre les « peuples originaires », allant jusqu’à demander d’une façon blasphématoire que l’Eglise s’agenouille et demande pardon pour « ses offenses » et pour celles commises par l’Espagne durant la conquête : François fait ainsi sienne la légende noire anticatholique et antiespagnole fabriquée de toutes pièces par les ennemis jurés de l’Eglise et de l’Espagne catholique, les protestants, les « philosophes » et les franc-maçons…

Ici je veux m'arrêter sur un sujet important. Car, quelqu’un pourra dire, avec raison, quand le Pape parle du colonialisme il oublie certaines actions de l'Eglise. Je leur dis, avec peine que de nombreux et de graves péchés ont été commis contre les peuples originaires de l'Amérique au nom de Dieu. Mes prédécesseurs l'ont reconnu, le Celam l'a dit et je veux le dire également. A l’instar de Jean-Paul II, je demande que l'Eglise s'agenouille devant Dieu et implore le pardon des péchés passés et présents de ses fils. Et je voudrais vous dire, je veux être très clair, comme l’a été Jean-Paul II : Je demande humblement un pardon, non seulement pour les offenses de l’Eglise même, mais pour les crimes contre les peuples autochtones durant ce que l’on appelle la conquête de l’Amérique.

Nous apprenons par la suite quelle est la tâche la plus urgente pour François. Là où l’on se serait attendu à l’entendre parler du combat contre l’avortement, la pornographie ou le « mariage » homosexuel, parmi tant d’autres abominations considérées des « droits » dans la société contemporaine, il nous dit que la priorité revient à se battre pour la « Mère Terre », et que négliger la défense de la « maison commune » constitue un « grave pêché »…

La troisième tâche, peut-être la plus importante que nous devons assumer aujourd’hui est de défendre la Mère Terre. La maison commune de nous tous est pillée, dévastée, bafouée impunément. La lâcheté dans sa défense est un grave péché. Nous voyons avec une déception croissante comment des sommets internationaux se succèdent les uns après les autres sans aucun résultat important. Il y a un impératif éthique clair, définitif et urgent d’agir, qui n’est pas accompli. On ne peut pas permettre que certains intérêts, qui sont globaux mais non universels, s'imposent, soumettent les pays ainsi que les organisations internationales, et continuent de détruire la création. Les peuples et leurs mouvements sont appelés à interpeller, à se mobiliser, à exiger pacifiquement mais tenacement l'adoption urgente de mesures appropriées. Je vous demande, au nom de Dieu, de défendre la terre.

Les miracles de Jésus niés et mis au profit de l’idéologie égalitariste

François a continué à mettre l’Evangile au service de la révolution dans son homélie[4] à Santa Cruz de la Sierra, en parlant du miracle de la multiplication des pains. Selon lui, Jésus l’aurait accompli dans le but très précis de « n’exclure personne », et c’est ce en quoi le miracle a vraiment consisté : la « logique de la mise à l’écart » a cédé face à la « logique de communion ». En clair : non seulement François défend la réception sacrilège de l’Eucharistie par ceux qui actuellement en sont exclus (adultères, concubins, sodomites, etc.), mais en outre, il nie le caractère proprement miraculeux de la multiplication, travestie en une action purement sociale de partage, en une prise de conscience communautaire antidiscriminatoire…

C’est une invitation qui résonne avec force aujourd’hui pour nous : ‘‘Il n’est nécessaire d’exclure personne ; personne ne doit s’en aller ; c’en est assez des rejets, donnez-leur vous-mêmes à manger’’. Jésus continue à nous le dire sur cette place. Oui, c’en est assez des rejets, donnez-leur vous-mêmes à manger. Le regard de Jésus n’accepte pas de logique, ni n’accepte un regard qui toujours ‘‘coupe le fil’’ à l’endroit le plus faible, au détriment de qui a le plus de besoins. En acceptant le ‘‘pari’’, lui-même nous donne l’exemple, nous indique la route. Une attitude en trois mots : il prend un peu de pain et quelques poissons, les bénit, les rompt et les donne pour que les disciples les partagent avec les autres. Et ça, c’est la route du miracle. Il ne s’agit certainement pas de magie ou d’idolâtrie. Jésus, par ces trois actions, réussit à transformer une logique de la mise à l’écart, en une logique de communion, en une logique de communauté.

Il convient de faire remarquer que François a la très détestable habitude de mettre en doute les miracles de Jésus, qu’il n’hésite pas à qualifier de « magie », lesquels conduiraient forcément, dans l’étrange logique bergoglienne, à l’ « idolâtrie » de Jésus:

Jésus fait totalement confiance au Père céleste, il sait que tout Lui est possible. C’est pourquoi il dit aux disciples de faire asseoir la foule par groupes de cinquante -ce n’est pas par hasard, cela signifie qu’ils ne sont plus une foule, mais qu’ils deviennent des communautés, nourries du pain de Dieu. Puis il prend ces pains et ces poissons, lève les yeux au ciel, récite la bénédiction - la référence à l’Eucharistie est claire -, puis il les rompt et commence à les donner aux disciples, et les disciples les distribuent… et les pains et les poissons ne finissent pas, ils ne finissent pas ! Voici le miracle : plus qu’une multiplication c’est un partage, animé par la foi et par la prière. Ils mangèrent tous et il en resta : c’est le signe de Jésus, pain de Dieu pour l’humanité[5].

Concernant les pains et les poissons je voudrais ajouter une nuance : ils ne se sont pas multipliés, non, cela n’est pas vrai. Simplement ils ne se sont pas terminés. Comme ne se sont pas terminées la farine et l’huile chez la veuve. Ils ne se sont pas terminés. Parler de multiplication peut induire en erreur, faisant croire que c’est de la magie. Non, c’est que la grandeur de Dieu et de l’amour qu’Il a mis dans nos cœurs est telle que, si nous le voulons, ce que nous avons ne se termine pas. Ayons beaucoup de confiance en cela[6].

Jésus raisonne selon la logique de Dieu, qui est celle du partage. Combien de fois nous tournons-nous de l’autre côté pour ne pas voir nos frères dans le besoin ! Et regarder de l’autre côté est une façon éduquée de dire, avec des gants blancs, ‘‘débrouillez-vous seuls’’. Et cela n’appartient pas à Jésus, cela est de l’égoïsme. S’il avait renvoyé les foules, beaucoup de personnes n’auraient pas eu à manger. Au contraire, ces quelques pains et poissons, partagés et bénis par Dieu, suffisent pour tous. Et attention ! Ce n’est pas de la magie, c’est un ‘‘signe’’ : un signe qui invite à avoir foi en Dieu, le Père de la providence, qui ne nous fait pas manquer ‘‘notre pain quotidien’’, si nous savons le partager en frères[7].


La négation du caractère miraculeux de la multiplication des pains, qu’il appelle d’une manière blasphématoire « magie », sous-entend la négation de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, laquelle serait pour lui de l’ « idôlatrie »…

François accepte les Christ marxistes du communiste Evo Morales…

François a reçu du président bolivien Evo Morales un crucifix en forme de faucille et de marteau ainsi que la décoration Père Luis Espinal, insigne honorifique offerte par l’Assemblée Nationale de Bolivie, elle aussi portant le crucifix blasphématoire conçu par ce jésuite partisan de la révolution marxiste, au tombeau duquel François est par ailleurs allé se recueillir pour lui rendre hommage comme à un martyr : « Notre frère fut victime d'intérêts qui ne voulaient pas qu'on lutte pour la liberté. Le P. Espinal prêchait l’Évangile et cet Évangile les dérangeait et pour cela ils l'ont assassiné, […] il a prêché l’Évangile qui nous apporte la liberté, qui nous rend libres[8]. »

A propos du crucifix communiste d’Espinal, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a affirmé que l’auteur avait voulu « représenter le dialogue avec ceux qui se battaient pour la justice sous une forme qui dépasse même les frontières de l’Eglise[9]. »

François reçoit le crucifix communiste offert par le président bolivien Evo Morales

François a fait savoir qu’un tel cadeau ne l’avait pas choqué, expliquant qu’Espinal « était enthousiasmé par cette analyse de la réalité marxiste, ainsi que de la théologie utilisant le marxisme. C’est de là que vient cette œuvre. Les poésies d’Espinal appartiennent également à ce genre de la contestation, mais c’était sa vie, sa pensée, c’était un homme spécial, avec tant de génialité humaine, et qui luttait de bonne foi. En faisant une herméneutique de genre, je comprends cette œuvre. Et pour moi, ce cadeau n’a pas été une offense[10]. »

Autrement dit, François non seulement justifie la prise de position idéologique d’Espinal, ainsi que son « œuvre » obscène, qu’il qualifie d’ « art contestataire », une « critique du christianisme ayant fait alliance avec l’impérialisme » au lieu de l’appeler par son vrai nom d’ » art blasphématoire », mais en outre il en fait l’éloge en affirmant que le « théologien » de la libération et « martyr » de la révolution communiste, menait sa lutte « de bonne foi », qu’il « prêchait l’Evangile » et que sa sculpture relève de la « génialité humaine. »

…et les donne en offrande à la Vierge de Copacabana !

Mais l’affaire n’allait hélas pas en rester là. Plus tard, François s’est rendu au sanctuaire de Notre-Dame de Copacabana, la Sainte Patronne de la Bolivie, pour lui offrir les distinctions reçues du président Morales. Voici ses paroles à l’occasion de la remise à Marie des deux décorations, dont la médaille ornée du fameux crucifix communiste du Père Espinal:

Le président du pays, dans un geste de cordialité, a eu la délicatesse de m’offrir deux distinctions au nom du peuple bolivien. Je remercie pour l’affection du peuple bolivien et pour ce geste fin et délicat de Monsieur le président, et je voudrais laisser ces deux distinctions à la Patronne de la Bolivie, Mère de cette noble nation, afin qu’Elle se souvienne toujours de son peuple et de la Bolivie, de son sanctuaire, où je souhaiterais qu’elles demeurent […] Reçois comme hommage du cœur de la Bolivie et de mon affection filiale les symboles de l’amour et de la proximité que - au nom du peuple bolivien - Monsieur le président Evo Morales m’a remis avec une affection cordiale et généreuse, à l’occasion de ce voyage apostolique, que j’ai confié à ton intercession attentive. Je te prie afin que ces distinctions, que je laisse ici en Bolivie à tes pieds et qui rappellent la noblesse du vol du Condor dans le ciel des Andes et le sacrifice commémoré du père Luis Espinal, s.j., soient des emblèmes de l’amour éternel et de la gratitude persévérante du peuple bolivien envers ta tendresse attentionnée et forte[11].

Récapitulons : François a donc accepté un cadeau et une décoration dans lesquels le Saint Corps de Jésus était profané d’une manière sacrilège et blasphématoire, en a remercié le communiste Evo Morales qui les lui avait offerts, a justifié l’ « art contestataire » du jésuite apostat Espinal, « artiste » dont il a fait l’éloge et qu’il a qualifié de « martyr de l’Evangile ». Enfin, cerise sur le gâteau, il a décidé de remettre l’abominable médaille à la Mère du Christ comme un emblème de « l’amour que lui porte le peuple bolivien ». Pour ce qui est du crucifix marxiste, qu’il a assuré n’avoir trouvé en rien scandaleux, il a dit aux journalistes qu’il le gardait pour lui, l’emportant « avec [lui] à Rome. »

Marie selon François : une révoltée à cause de la souffrance

Mais là où l’on pourrait supposer que c’en était plus qu’assez en matière d’impiété pour un seul voyage, François va faire preuve d’un acharnement diabolique à l’endroit de la Très Sainte Vierge Marie. En effet, non satisfait de l’avoir insultée outrageusement en lui rendant en guise de perfide offrande son Divin Fils crucifié à nouveau par un religieux apostat sur le marteau et la faucille communiste, François va profiter d’une nouvelle visite à un sanctuaire marial sud-américain, cette fois celui de Notre-Dame de Caacupé, au Paraguay, pour nous resservir ses propos blasphématoires à l’encontre de Marie, devenus déjà un lieu commun dans le pseudo-magistère bergoglien. C’est, à notre connaissance, la troisième fois que François s’en prend à la Mère de Dieu depuis qu’il s’est installé au Vatican. Voici les propos incriminés:

En suivant la prophétie de Siméon, cela nous fera du bien de parcourir à nouveau brièvement des moments difficiles dans la vie de Marie. La naissance de Jésus. Il n’y avait pas de place pour eux. Ils n’avaient pas de maison, d’habitation pour accueillir leur fils. Il n’y avait pas de place pour pouvoir le mettre au monde. Et pas de famille proche non plus, ils étaient seuls. L’unique place disponible était une étable d’animaux. Et dans sa mémoire résonnait sûrement les paroles de l’Ange : « Réjouis-toi, Marie, le Seigneur est avec toi ». Et il se peut qu’elle se soit demandé : ‘‘Où est-il maintenant’’ ? La fuite en Égypte. Ils durent partir, aller en exil. Là non seulement ils n’avaient pas de place, ni de famille, mais encore leurs vies étaient en danger. Ils durent se mettre en chemin et aller en terre étrangère. Ils ont été des migrants en raison de la convoitise et de l’avarice de l’empereur. Et là, il se peut aussi qu’elle se soit demandé : ‘‘Où est ce que m’a dit l’Ange ?’’ La mort sur la croix. Il ne devait pas exister de situation plus difficile pour une mère que d’accompagner la mort d’un fils. Ce sont des moments déchirants. Là, nous voyons Marie au pied de la croix, comme toute mère, solide, sans faiblir, qui accompagne son Fils jusqu’à l’extrême de la mort et de la mort en croix. Enfin, là aussi elle aurait pu se demander : ‘‘Qu’en est-il de la promesse que m’a fait l’Ange ?’’[12].

François laisse entendre que, face à la souffrance de voir son divin Fils sur la Croix, la Vierge aurait pu douter de la promesse que Dieu lui avait faite à l’Annonciation par l’Ange Gabriel. Elle aurait donc à ce moment-là pêché contre la foi et, ne consentant pas librement au sacrifice de Jésus, n’aurait pas non plus eu part à son œuvre rédemptrice. Elle aurait même blasphémé, accusant Dieu de l’avoir trompée:

Elle était silencieuse, mais dans son cœur, que de choses disait-elle au Seigneur ! Toi, ce jour-là- c’est ce que nous avons lu- tu m’as dit qu’il sera grand ; tu m’as dit que tu lui aurais donné le trône de David, son père, qu’il règnerait pour toujours et maintenant, je le vois ici La Vierge était humaine ! Et peut-être avait-elle envie de dire : Mensonge ! J’ai été trompée ! [13]

Selon François, cette attitude de Marie serait due au fait qu’il n’y a pas de réponse à la souffrance, ce qui a provoqué la révolte de Marie au pied de la Croix:

Très souvent je pense à la Vierge Marie, quand on lui a donné le corps mort de son fils, tout blessé, on avait craché sur lui, couvert de sang, sale. Et qu’a fait la Vierge Marie ? « Emportez-le » ? Non, elle l’a embrassé, elle l’a caressé. La Vierge Marie non plus ne comprenait pas. Parce qu’à ce moment-là, elle s’est souvenu de ce que l’ange lui avait dit : « Il sera roi, il sera grand, il sera prophète… » ; et dans son cœur, certainement avec ce corps tellement blessé dans les bras, avant tant de souffrance avant de mourir, dans son cœur, elle aurait certainement eu envie de dire à l’ange : ‘‘Menteur ! J’ai été trompée’’. Elle non plus n’avait pas de réponse[14].

Cette pensée est non seulement fausse, contraire à la révélation divine, mais aussi purement et simplement blasphématoire, car il est de foi que Marie, nouvelle Eve, a acquiescé au sacrifice rédempteur de son Fils, nouvel Adam, depuis l’instant de l’Annonciation. Elle n’ignorait pas les souffrances que son consentement lucide et libre à l’œuvre rédemptrice de Jésus allaient lui coûter, car elles lui avaient été annoncés lors de la présentation de l’enfant Jésus au Temple : « Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère : Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l'âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. » (Luc 2, 34-35)

Par ailleurs, François développe cette pensée, totalement étrangère au christianisme, dans ce même discours:

Il y a aussi une question dont l’explication ne s’apprend pas au catéchisme. C’est la question que je me pose très souvent, et beaucoup d’entre vous, beaucoup de gens se la posent : ‘‘Pourquoi les enfants souffrent-ils ?’’. Et il n’y a pas d’explication. […] Je ne sais que vous dire de plus, vraiment, parce que tout cela me touche beaucoup. Moi non plus, je n’ai pas de réponse. ‘‘Mais vous êtes pape, vous devez tout savoir !’’. Non, sur ces choses, il n’y a pas de réponse […].

François aux enfants : il n’y a pas de réponse à la souffrance

Véritable leitmotiv de l’ « enseignement » bergoglien, en voici d’autres exemples, cette fois s’adressant à des enfants qui l’interrogent sur le sens de la souffrance:

Cette question est l’une des plus difficiles à répondre. Il n’y a pas de réponse ! Il y eu un grand écrivain russe, Dostoïevsky, qui s’était posé la même question : pourquoi les enfants souffrent-ils ? On ne peut qu’élever les yeux vers le Ciel et attendre des réponses qu’on ne trouve pas. Il n’y a pas de réponses à cela, Raphaël[15].

La femme est capable de poser des questions que les hommes avons du mal à comprendre. Ecoutez bien. Elle a posé aujourd’hui la seule question qui n’a pas de réponse. […] La grande question pour tous : pourquoi les enfants souffrent-ils ? [16]

Elle fut la seule à poser la question pour laquelle il n’y a pas de réponse : pourquoi les enfants souffrent-ils ? [17]


Dire à des enfants qu’il n’y a pas de réponse à leur souffrance, que le mal est absurde et gratuit, revient à leur dire que Dieu est complice de leur détresse puisque, malgré sa toute-puissance, Il ne fait rien pour l’empêcher. Le message implicite est limpide : Dieu est rendu responsable de leur douleur car Il refuse de venir en leur secours. En définitive, Dieu est indifférent face à la souffrance humaine, ce qui le rend odieux, cruel et méchant. Les paroles de François sont la négation tacite de l’amoureuse œuvre salvatrice de Notre-Seigneur, ainsi que de la mission par Lui attribuée à l’Eglise, son Corps Mystique, de poursuivre son œuvre rédemptrice dans l’attente de son dernier avènement.

Un tel message, qui plus est venant de la part de celui qui est censé être le Vicaire de Jésus-Christ sur terre, est tout simplement inconcevable. Criminel. Et, pour le dire sans ambages, purement et simplement diabolique…

Jésus, à l’instar de Marie, se révolte et blasphème contre son Père

François a fait du blasphème une spécialité de son « magistère », au point d’insinuer que, de même que Marie, Jésus aussi se serait révolté contre Dieu lors de sa Passion, et qu’il aurait alors blasphémé contre son Père:

Quand Jésus se lamente -‘‘Père, pourquoi m’as-tu abandonné ?’’- blasphème-il ? Le mystère est là. Très souvent j’ai écouté des gens qui vivaient des situations difficiles, douloureuses, qui avaient tant perdu ou qui se sentaient seules et abandonnées et qui s’interrogeaient : ‘‘Pourquoi ? Pourquoi ?’’ Ils se révoltaient contre Dieu. Et je leur disais : ‘‘Continuez de prier comme cela, car cela aussi est une prière.’’ Car c’était bien une prière quand Jésus disait à son Père : ‘‘Pourquoi m’as-tu abandonné ?’’[18].

Ainsi donc, pour François, Jésus et Marie se révoltaient contre Dieu. Et dans leur détresse, ils blasphémaient. Mais c’était par ailleurs une vraie prière de leur part, bien entendu. Si bien qu’il encourage les gens qui se trouvent dans la souffrance à suivre l’exemple de Jésus et de Marie, en se révoltant eux-mêmes aussi contre Dieu, en blasphémant eux-mêmes aussi contre Dieu, cet être cruel et méchant qui n’a que faire de la souffrance humaine, laquelle est gratuite et incompréhensible…

Ainsi donc, au moment même où notre divin Sauveur accomplissait la Rédemption du genre humain par le sacrifice volontaire de sa vie sur l’autel de la Croix, il aurait blasphémé contre son Père, se révoltant contre Son dessein salvifique. En même temps, Notre-Dame, au pied de la Croix, au lieu de s’associer lucidement et librement au sacrifice rédempteur de son divin Fils, aurait blasphémé elle aussi contre la volonté de Dieu, s’estimant trompée par la promesse que lui avait faite l’Ange au sujet de Jésus, qu’elle aurait eu envie de traiter de « menteur » :

Il sera grand, il sera appelé Fils du Très- Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. (Luc 1, 32-33).

Le moment central de l’histoire du Salut devient ainsi, selon le récit inouï qu’en fait François, un acte de révolte et de blasphème contre Dieu. Le nouvel Adam et la nouvelle Eve n’auraient pas fait mieux que nos premiers parents, agissant sous l’emprise du Démon au Paradis, lorsqu’ils ont commis la faute originelle. Le salut n’aurait donc pas différé substantiellement de la chute, puisque la révolte contre la volonté divine aurait été leur dénominateur commun, Satan se trouvant à l’origine des deux. Tout cela fait vraiment froid dans le dos : c’est proprement terrifiant…

[1] http://www.news.va/fr/news/voyage-apostolique-equateur-messe-au-parc-du-bicen
[2] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[3] http://www.news.va/fr/news/rencontre-du-pape-avec-les-mouvements-populaires
[4] http://www.news.va/fr/news/voyage-apostolique-bolivie-messe-place-du-christ-r
[5] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[6]http://es.radiovaticana.va/storico/2013/05/16/hoy_d%C3%ADa_est%C3%A1_en_peligro_el_hombre%2C_la_persona_humana%2C_la_carne_d/spa-692879
[7] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[8] http://www.zenit.org/fr/articles/bolivie-hommage-du-pape-au-martyr-jesuite-luis-espinal
[9] http://www.zenit.org/fr/articles/bolivie-la-croix-sculptee-dans-un-marteau-sur-une-faucille-explications
[10] http://www.news.va/fr/news/ce-que-le-pape-a-dit-dans-lavion-du-retour-dameriq - http://www.news.va/es/news/conversacion-del-papa-con-los-periodistas-en-el-vi - www.youtube.com/watch (Voir 23:20 à 29:38)
[11] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[12] seletlumieretv.org/…/homelie-de-la-m… - http://www.news.va/es/news/contemplando-la-vida-de-la-virgen-nos-sentimos-com
[13] http://www.news.va/fr/news/le-silence-preserve-le-mystere-de-notre-rencontre
[14] http://www.zenit.org/fr/articles/n-ayez-pas-peur-de-demander-a-dieu-pourquoi
[15] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[16] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[17] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[18] http://www.news.va/es/news/evitar-lamentos-teatrales-y-rezar-por-quien-sufre
AveMaria44
çà c'est de la promo.......Beau travail, j'avais commencé au début de son pontificat, mais devant l'avalanche de faits, d'hérésies, de blasphèmes....j'ai abandonné.
Miles - Christi
Merci bien. Je publierai prochainement les deux parties restantes... In Iesu et Maria.
Miles - Christi
Bonjour. Pourriez-vous, s'il vous plaît, publier l'article suivant, que j'ai posté sur mon compte il y a plusieurs jours? Autrement, je vous serais reconnaissant de bien vouloir répondre et me donner une explication. Merci d'avance pour votre compréhension. Cordiales salutations en Jésus et Marie.
Chroniques d’un impie - Première partie
Miles - Christi
Bonjour. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir mettre sur la page d'accueil cet article que j'ai publié sur mon compte le 24 avril:
Chroniques d’un impie - Première partie
Je vous remercie d'avance pour votre compréhension et votre gentillesse. Bien à vous en Jésus et Marie.
Miles - Christi
Bonjour. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir mettre sur la page d'accueil cet article que j'ai publié sur mon compte le 24 avril:
Chroniques d’un impie - Première partie
Je vous remercie d'avance pour votre compréhension et votre gentillesse. Bien à vous en Jésus et Marie.
Miles - Christi
Pour plus d’informations sur le pontificat de François, on peut consulter les ouvrages suivants: Trois ans avec François: l’imposture bergoglienne et Qu’il soit anathème. Trois ans et demi avec François: la coupe est pleine, publiés par les Éditions Saint-Remi, en quatre langues (français, anglais italien et espagnol): saint-remi.fr/fr/35-livres - www.amazon.fr/Boutique-Kindle-Miles-Christi/s