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GChevalier

1) NRJ 2) émigre 3) chez Müller 4) l'hérétique

Dimanche, 31 décembre 2017 :
Mgr Dognin, évêque de Quimper, annonce que depuis le mois de septembre, 20 paroisses nouvelles ont été créées dans son diocèse. Dire les choses de cette façon ne relève-t-il pas de l’art de l’enfumage ? Car en effet : ce ne sont pas 20 paroisses nouvelles qui ont été créées mais 20 “secteur paroissiaux” nouveaux, ceux-ci venant remplacer des dizaines et des dizaines de véritables paroisses supprimées.

Mgr Dognin ajoute que les territoires des nouvelles “paroisses” permettent de “fédérer les énergies”. Une fois de plus, on est dans le rêve : il suffit, en effet, de traverses la Bretagne pour constater que les “énergies” sont, comme d’ailleurs dans le reste de la France, terriblement vieillissantes et ne produisent rien d’autre qu’une constante diminution du nombre des vocations sacerdotales et des fidèles pratiquants.

Dimanche, 31 décembre 2017 :
Une fois de plus, à l’occasion de Noël, le pape François a déformé l’enseignement des Évangiles. Il a cru bon, en effet, de dire que Jésus, Marie et Joseph étaient des migrants et que, par conséquent, nous devons nous aussi, aujourd’hui, accueillir les migrants qui frappent aux portes de nos pays.
Un rappel de ce qu’enseignent vraiment les Évangiles est donc nécessaire...

Lorsque la Sainte Famille se réfugie en Égypte pour fuir la persécution des nouveaux-nés voulue par Hérode, elle n’a aucune intention de s’installer définitivement dans un pays qui n’est pas le sien. A la mort d’Hérode, Jésus et ses parents reviennent dans leur pays d'origine.
Enfin, dans la liturgie de l’Église, on prie solennellement pour que partout dans le monde puisse régner la paix, la sécurité et la liberté afin que les exilés puissent revenir vivre chez eux (cf. Prières universelles du Vendredi Saint).

Il est très important que l’Écriture soit expliquée par le pape non pas dans un sens qui fait plaisir aux tenants du mondialisme, mais uniquement dans la fidélité à la Tradition catholique.

Lundi, 1er janvier 2018 :
A l’occasion de ses 70 ans et du 40e anniversaire de son ordination sacerdotale, le cardinal Gerhard Ludwig Müller s’est vu offrir un livre de mélanges comprenant plusieurs articles en forme d’hommage.
A cette occasion Benoît XVI a tenu à saluer celui qu’il avait nommé à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi et qui a été récemment - et pour le moins brutalement - démis de ses fonctions par le pape François.

« Votre mandat de cinq ans à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a expiré, vous n'avez plus de fonction spécifique, mais un prêtre et certainement un Évêque et un Cardinal ne sont jamais simplement à la retraite » a déclaré Benoît XVI qui a également souhaité que le cardinal continue à « servir publiquement la foi ».

[Application du conseil ici : Cardinal Müller : le jugement privée décide de la validité d'un mariage ]

Lundi, 1er janvier 2018 :
Fin décembre dernier, le magazine allemand “Die Zeit” a interrogé le cardinal Gerhard Ludwig Müller. Quelques passages-clés :

Die Zeit : Que répondez-vous à ceux qui insultent le pape François en le traitant d’hérétique ?
Card. Müller : L’hérétique est un catholique qui, avec obstination, nie une des vérités de foi contenue dans la révélation et imposée par l’autorité de l’Église. Ce point devrait être strictement vérifié. En ce qui concerne les critiques du pape : on n’attend d’aucun catholique qu’il approuve toutes les déclarations, les mesures et le style des responsables de l’Église. A l’inverse, pour ceux qui critiquent ceux qui critiquent : celui qui vénère un haut dignitaire de l’Église comme une popstar n’a rien compris à la véritable nature de l’autorité dans l’Église.
Toute espèce de culte de la personnalité ne pourrait être qu’une méchante caricature de la sympathie naturelle que tout catholique doit avoir pour le pape. Et d’ailleurs aussi pour son évêque et pour le curé de sa paroisse.

Die Zeit : L’image que vous avez en Allemagne (...) d’adversaire des réformes vous dérange-t-elle ?
Card. Müller : Par réforme j’entends le renouvellement religieux et spirituel de l’Église dans le Christ et non pas la réalisation d’un programme, à force d’agitation plutôt que d’arguments.

Die Zeit : Votre carrière académique a commencé par une dissertation sur un héros protestant, Dietrich Bonhoeffer. Qu’avez-vous appris de lui ?
Card. Müller : Je cite ce que Bonhoeffer lui-même disait en 1943 du national-socialisme, à savoir que : « Tout grand déploiement extérieur de puissance, qu’il soit de nature politique ou religieuse, frappe de stupidité une grande partie de l’humanité ».
Ce qui compte, ce n’est pas d’emboîter le pas à la majorité, mais d’être à l’unisson de la vérité. C’est là l’attitude du chrétien.

Die Zeit : (...) Un mot à présent sur “l’arrogance de la créature”, si vous voulez bien ?
Card. Müller : Par cette expression, je vise la théorie philosophique selon laquelle l’homme serait incapable de connaître la vérité, raison pour laquelle il ne pourrait y avoir de témoignage légitime de la vérité de la révélation de Dieu. La foi, dans cette hypothèse, ne peut être qu’imposture ou illusion. Toute prétention à la vérité d’une religion révélée serait à priori une idéologie de domination et une blessure infligée à la liberté de tous ceux qui ne croient pas. Je m’inscris en faux contre cela ! Les sceptiques métaphysiques ne peuvent prétendre à la vérité de leurs prémisses sans se mettre en contradiction avec eux-mêmes. Leur scepticisme ne leur donne pas le droit d’accuser les croyants de fondamentalisme et de leur attribuer, en bloc, une propension latente à la violence.

Die Zeit : Puisque nous parlons de violence… Nous faisons actuellement l’expérience que, dans les pays plutôt marqués par le laïcisme, règne la liberté religieuse et qu’en revanche, les pays où l’empreinte de la foi est forte connaissent des troubles, notamment dans le monde musulman. L’Église doit-elle en tirer la conclusion : mieux vaut un peu moins de piété, mais la paix ?
Card. Müller : Les chrétiens ont eu, dans l’ancien empire romain, de mauvaises expériences avec le pluralisme religieux pacifique. Et que la liberté religieuse soit mieux garantie dans les pays fortement laïcisés me semble relever du “on dit”. Il y a trop d’exemples du contraire. Il suffit de penser à la révolution française et aux batailles culturelles anticléricales du XIXe siècle, en Prusse et en Italie. Ou encore aux dictatures athées en Allemagne, en Union Soviétique, en Albanie, en Corée du Nord.
Ce n’est pas l’attitude laïciste des puissants, mais plutôt la reconnaissance générale des droits fondamentaux dans une démocratie libre qui garantit la liberté religieuse.

Die Zeit : A la fin de l’année [2017], vous fêterez vos 70 ans. Le pape Benoît vous a félicité. Le voyez-vous encore souvent ?
Card. Müller : Régulièrement, et aussi souvent que sa santé le permet. J’édite ses œuvres complètes en 16 volumes chez Herder. Il y a donc beaucoup à discuter ensemble.

Die Zeit : Vous était-il plus facile d’être préfet sous le pontificat de Benoît XVI ou sous celui de François ?
Card. Müller : Le premier m’a appelé à cette charge et le second a mis un terme à mon mandat.

Die Zeit : Depuis bientôt six mois, vous n’êtes plus préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Quel point positif voyez-vous au fait de ne plus occuper une telle position de pouvoir ?
Card. Müller : Le concept de pouvoir est ambivalent. Dans la position d’autorité ecclésiale ou profane, le pouvoir est la possibilité de soutenir les autres et de bien conduire une communauté. Mais nous savons aussi que les puissants abusent de leur pouvoir sur les hommes. Jésus a dit à ses disciples : « Parmi vous il ne doit pas en être ainsi » (Matthieu 20, 26). Remplir sa tâche et son devoir à l’égard de l’Église est autre chose que suivre la logique du pouvoir dans le mauvais sens du terme.

Source : www.proliturgia.org

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