Ludovic Denim
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Onze personnes ont été condamnées lundi à Paris à des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis pour avoir harcelé en ligne le chanteur Eddy de Pretto en 2021.
Elles s'en étaient pris à Eddy de Pretto, rappeur homosexuel, après l'un de ses concerts dans un église parisienne diffusé sur les réseaux sociaux.
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Onze personnes ont été condamnées lundi à Paris à des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis pour avoir harcelé en ligne le chanteur Eddy de Pretto en 2021.

Elles s'en étaient pris à Eddy de Pretto, rappeur homosexuel, après l'un de ses concerts dans un église parisienne diffusé sur les réseaux sociaux.

Onze personnes ont été condamnées ce lundi à des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis.

Six autres ont été relaxées par le tribunal correctionnel de Paris.

En juin 2021, Eddy de Pretto s'était produit à l'église Saint-Eustache dans le cadre du festival "Qui Va Piano Va Sano". Il avait alors interprété son morceau "À quoi bon", évoquant les difficultés à concilier son homosexualité et sa foi.

Il y écrit notamment : "La dernière fois, on était comme /J'sais plus très bien peut-être dix-huit / Y avait même des sodomites, j'me souviens plus j'allais en OD [overdose]".

3.000 messages de haine

À l'issue de sa performance, postée sur Instagram, Eddy de Pretto avait reçu 3.000 messages haineux, des insultes homophobes et des menaces de mort, soit en commentaires, soit en messages privés.

"Nous serons là à chaque date pour te rappeler que l'armée de Dieu ne laisse pas ce genre de blasphème impuni", "gros sac à merde à souiller notre religion", "à bas la République qui nous fabrique des sous-hommes de cette espèce", clamaient quelques-unes de ces publications sur Instagram.

Des messages qui ont traumatisé le chanteur de 29 ans, comme il l'a expliqué lors du procès qui s'est tenu en octobre. "

J'ai eu très peur de sortir de chez moi, des troubles du sommeil, (...) des troubles dépressifs, j'arrivais pas à comprendre cette violence"
, avait-il témoigné, tout en indiquant que le curé de Saint-Eustache lui avait "exprimé tout son soutien".

Se sentant menacé, il avait fait appel à un garde du corps et déposé plainte.

Sur les 17 prévenus âgés de 20 à 26 ans, six d'entre eux ont été relaxés. Présentant des profils très divers, ils se sont montrés, pour la plupart, attachés à la religion catholique.

À l'audience, ils avaient affirmé s'être sentis "humiliés" par le terme de "sodomite" utilisé par Eddy de Pretto dans sa chanson.

Certains avaient également tenté de se justifier en récusant toute intention violente et en mettant en avant leur volonté de poser "un cadre juridique" pour "la défense de notre société".

La procureure avait qualifié leurs messages d*'"abus à la liberté d'expression et rappelé que le "blasphème et les atteintes à la religion ne sont pas réprimés par le droit".

Eddy de Pretto "très satisfait" du jugement

Le chanteur se dit "très satisfait" du jugement, a rapporté l'un de ses avocats.

"Le tribunal rappelle qu'on ne peut pas impunément se livrer au lynchage numérique d'une personne dont les engagements publics, l'orientation sexuelle ou la personnalité ont eu le malheur de heurter certains extrémistes", a ajouté Me Martin Lémery.

Il souhaite que cette décision puisse "être une nouvelle pierre à l'édifice jurisprudentiel dans la lutte contre les discriminations et le harcèlement de meute sur Internet".
radiofrance.fr

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