Mgr Michaël Von Faulhaber : « Le Pentateuque mosaïque interdisait d’exiger un intérêt pour un prêt fait à un compatriote malheureux (Deutéronome 23 ; 20). Un intérêt ainsi réclamé était qualifié d’usuraire par les prophètes : "Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt pour lui prêter ce dont il a besoin." C’est l’esprit de cette loi qui animait le chantre du 14ème psaume lorsqu’il se postait à la porte du Temple et criait à ceux qui entraient que celui qui prête son argent à un taux usuraire ne doit pas paraître à la vue du Seigneur (Psaume 14 ; 5). Le prêt à intérêt était seulement permis lorsqu’il s’agissait de marchands étrangers (Deutéronome 23 ; 19), parce que ces prêts étaient consentis pour affaires à des marchands phéniciens, et non pour alléger la misère d’un frère. Il est naturellement difficile de savoir comment cette interdiction de demander un intérêt à des compatriotes a été en réalité observée dans la vie. Mais elle reste en tout cas comme une idée profondément sociale parmi les théorie économiques de l’ancienne Bible. Dans la même époque et au même degré de civilisation, les reconnaissances de dettes des Babyloniens et les contrats de prêts en caractères cunéiformes que l’on a déchiffrés portaient la mention d’un taux d’intérêt allant jusqu’à 30 %. Sur ce point, Babel et Bible s’opposent comme nuit et jour. Dans la Bible, celui qui accapare le blé est maudit (Proverbes 11 ; 26), tandis qu’à Babel, l’économie est livrée aux usuriers et aux spéculateurs. […] Ce trésor idéologique est à ce point unique parmi toutes les civilisations des peuples de l’Antiquité que nous devons nous écrier : Peuple d’Israël, ce n’est pas ce que tu as planté dans ton jardin qui a poussé. Cette malédiction sur la grande propriété usuraire, cette lutte contre l’endettement de l’agriculture, cette interdiction de percevoir l’intérêt, n’est pas le souffle de ton esprit. Celui qui ne croit pas à l’inspiration et ne considère pas ces livres comme la parole de Dieu et la Révélation de Dieu, doit tenir le peuple d’Israël comme le premier des peuples dans l’histoire du monde. Il n’y a de choix qu’entre les deux termes de l’alternative : ou bien croire à l’inspiration des livres saints, ou bien rendre au peuple juif ce témoignage : tu es la race la plus géniale du monde entier et de tous les temps. Nous croyons à l’inspiration. Nous croyons que l’Esprit de Dieu a parlé à l’humanité par la bouche des prophètes élus. »