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Extraits de l’éditorial de L’Homme Nouveau, datant du 25 septembre 2015
hommenouveau.fr/…hretiennes-devenues-folles.htm

Il y aura toujours des hommes et des femmes qui cherchent Dieu d’abord, qui s’enferment pour vivre avec Lui, et qui, comme des phares immobiles, en temps calme comme en temps de tempête, signalent au monde que Dieu nous est, à tous, l’Unique nécessaire.

La Règle de saint …More
Extraits de l’éditorial de L’Homme Nouveau, datant du 25 septembre 2015
hommenouveau.fr/…hretiennes-devenues-folles.htm

Il y aura toujours des hommes et des femmes qui cherchent Dieu d’abord, qui s’enferment pour vivre avec Lui, et qui, comme des phares immobiles, en temps calme comme en temps de tempête, signalent au monde que Dieu nous est, à tous, l’Unique nécessaire.

La Règle de saint Benoît invite la communauté monastique à l’accueil. C’est une invitation pressante, et qui a ses exigences. Le moine accueille sans se poser de questions, mais le monastère ne se laisse pas envahir. La Règle et les coutumes qui le régissent s’imposent à tous. Et, bien sûr, tous sont soumis à la loi divine.

Si l’accueil est un devoir du chrétien, le problème se pose actuellement à une telle échelle que sa solution est résolument d’ordre politique. Marcel Clément soulignait naguère dans L’Homme Nouveau que l’immigration voyait deux droits fondamentaux entrer en collision. L’un est celui à l’émigration, que l’Église a toujours défendu. L’autre est le devoir d’un pays de sauvegarder son identité. Quand ces deux droits s’entrechoquent, seule la primauté du bien commun donne le critère d’une véritable action politique. C’est dire qu’il ne peut y avoir aujourd’hui de politique commune des différents pays européens à ce sujet. C’est dire aussi que le gouvernement d’une nation peut avoir le devoir de prendre des décisions pour sauvegarder la stabilité du pays et éviter qu’il ne tombe dans le chaos. C’est dire encore qu’en temps de guerre terroriste, la réponse de la seule générosité n’est pas suffisante. Chesterton, en 1908, a bien décrit la situation intellectuelle dans laquelle se trouve l’Europe aujourd’hui : « Le monde moderne est envahi des vieilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Nous voyons des savants épris de vérité, mais leur vérité est impitoyable ; des humanitaires uniquement soucieux de pitié, mais leur pitié – je regrette de le dire – est souvent mensongère. »

Aujourd’hui, nous n’avons pas seulement des gouvernements qui suivent de faux principes. Nous n’avons pas seulement des institutions qui portent davantage au mal qu’au bien. Nous sommes également confrontés à l’absence criante de responsables politiques à la hauteur de la situation. Nous mangeons les fruits amers d’une déconstruction menée depuis longtemps qui a aussi bien vidé les esprits qu’amolli les caractères. Nous sommes confrontés au double échec de l’utopie. Celle des Lumières et de son incarnation politique dans la Révolution de 1789 et de ses suites ; celle de la chimère mondialiste, qui s’est imposée dans les ruines de la Seconde Guerre mondiale. L’une des conséquences de ce double échec a été la politique folle menée par l’Occident (États-Unis et Europe) au Proche-Orient, laquelle a profondément déstabilisé cette région du monde, favorisant le réveil de l’islamisme et l’exode de milliers de personnes.
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Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites.
Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde.
Mais les vertus, elles …More
Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites.
Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde.
Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles.

Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles.
Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules.
C’est ainsi que nous voyons des savants épris de vérité, mais dont la vérité est impitoyable ; des humanitaires éperdus de pitié mais dont la pitié (je regrette de le dire) est souvent un mensonge.


Mr Blatchford attaque le christianisme parce que Mr Blatchford a la monomanie d’une seule vertu chrétienne, d’une charité purement mystique et presque irrationnelle. Il a une idée étrange : c’est qu’il rendra plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés. (…)
Or il est un cas beaucoup plus remarquable que cet antagonisme de la vérité et de la pitié, c’est celui de la déformation de l’humilité. (…)

Ce dont nous souffrons aujourd’hui, c’est d’un déplacement vicieux de l’humilité. La modestie a cessé tout rapport avec l’ambition pour entrer en contact intime avec la conviction, ce qui n’aurait jamais du se produire. Un homme peut douter de lui-même, mais non de la vérité, et c’est exactement le contraire qui s’est produit. Aujourd’hui, ce qu’un homme affirme, c’est exactement ce qu’il ne doit pas affirmer, c’est-à-dire lui-même ! Ce dont il doute est précisément ce dont il ne doit pas douter : la Raison Divine. (…)

Le nouveau sceptique est si humble qu’il doute de pouvoir apprendre. Ainsi nous aurions tort de nous presser de dire qu’il n’y a pas d’humilité propre à notre époque. Le vérité est qu’il en existe une, très réelle, mais pratiquement plus morbide que les farouches humiliations de l’ascète.

L’ancienne humilité était un aiguillon qui empêchait l’homme de s’arrêter et non pas un clou dans la chaussure qui l’empêche d’avancer, car l’ancienne humilité faisait qu’un homme doutait de son effort et cela le poussait à travailler avec encore plus d’ardeur. Mais la nouvelle humilité fait que l’homme doute de son but, ce qui l’arrête tout à fait. (…)

Le péril, c’est que l’intelligence humaine est libre de se détruire elle-même. De même qu’une génération pourrait empêcher l’existence même de la génération suivante, si tous ceux qui la composent entraient au couvent ou se jetaient dans la mer, ainsi, un petit nombre de penseurs peut, jusqu’à un certain point, faire obstacle à la pensée dans l’avenir en enseignant à la génération suivante qu’il n’y a rien de valide dans aucune pensée humaine.

Il est vain de parler de l’antagonisme de la raison et de la foi. La raison est elle même un sujet de foi. C’est un acte de foi de prétendre que nos pensées ont une relation quelconque avec une réalité quelle qu’elle soit. Si vous êtes vraiment un sceptique, vous devrez tôt ou tard vous poser la question : « Pourquoi y aurait-il quelque chose d’exact, même l’observation et la déduction ?
Pourquoi la bonne logique ne serait-elle pas aussi trompeuse que la mauvaise ? L’une et l’autre ne sont que des mouvements dans le cerveau d’un singe halluciné ? ».
Le jeune sceptique dit : « J’ai le droit de penser par moi-même ». Mais le vieux sceptique, le sceptique complet dit : « Je n’ai pas le droit de penser par moi-même. Je n’ai pas le droit de penser du tout. »

Il y a une pensée qui arrête la pensée, et c’est à celle là qu’il faut faire obstacle. C’est le mal suprême contre lequel toute autorité religieuse a lutté. Ce mal n’apparaît qu’à la fin d’époques décadentes comme la notre…

Car nous pouvons entendre le scepticisme brisant le vieil anneau des autorités et voir au même moment la raison chanceler sur son trône. Si la religion s’en va, la raison s’en va en même temps. Car elles sont toutes les deux de la même espèce primitive et pleine d’autorité. Elles sont toutes les deux des méthodes de preuves qui ne peuvent elles-mêmes être prouvées.

Et en détruisant l’idée de l’autorité divine, nous avons presque entièrement détruit l’idée de cette autorité humaine par laquelle nous pouvons résoudre un problème de mathématiques. Avec une corde longue et résistante, nous avons essayé d’enlever sa mitre (la religion) à l’homme pontife et la tête (la raison) a suivi la mitre.

Gilbert Keith Chesterton, Orthodoxie (Essai publié en 1908)
(G.K. Chesterton était un écrivain anglais converti au catholicisme)

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Chesterton en quelques phrases :

Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais par manque d'émerveillement.

Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. :-)

Être bon représente une aventure autrement violente et osée que de faire le tour du monde à la voile. (Le club des métiers bizarres)

Le fort ne peut être courageux. Seul le faible peut l'être [...] C'est pourquoi cette sympathie envers les petits et les vaincus, qu'on nous a souvent reprochée, à nous libéraux et nationalistes, n'est pas du tout un sentimentalisme vain, comme l'imaginent M. Wells et ses amis. C'est la première loi du courage pratique. Appartenir au camp le plus faible, c'est appartenir à l'école la plus forte. (Hérétiques)

Le monde s'est divisé entre Conservateurs et Progressistes. :-))
L'affaire des Progressistes est de continuer à commettre des erreurs.
L'affaire des Conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées.
(« The Blunders of Our Parties », Illustrated London News, 19 avril 1924. )

Un chic type, ce major. Lorsqu’on n’a rien du poète, on a quelque chance d’être un poème. (Le club des métiers bizarres)

Tout conservatisme repose sur l'idée que si vous laissez les choses telles qu'elles sont, elles resteront ce qu'elles sont. Mais c'est faux. Si vous laissez quoi que ce soit tel quel, vous donnerez naissance à un total bouleversement. (Orthodoxie)

Il est impossible d'empêcher un éventuel conflit entre les civilisations, parce qu'il est impossible d'empêcher un éventuel conflit entre les idéaux (Hérétiques)

Le test d'une bonne religion est de savoir si vous pouvez faire des plaisanteries à son sujet . (Le paradoxe ambulant : 59 essais)