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À Royan les Catholiques sont une nouvelle fois sans église...

L’église de Saint-Augustin a été mise à leur disposition cet été. Chancelante elle a été obligée de fermer ses portes au public et le conseil pastoral a refusé d’accorder un point de chute

Les catholiques ne sont plus en odeur de sainteté. La grâce leur était pourtant tombée dessus, cet été, lorsque le curé de la paroisse de Saint-Sulpice-de-Royan, le père Christophe de la Chanonie, leur avait accordé, avec la bénédiction de l’évêque de La Rochelle, Mgr Colomb, la possibilité d’investir la petite église de Saint-Augustin deux dimanches par mois.

Alléluia! Voila en effet plusieurs années que ceux qui s’appellent « les amis de la tradition » cherchaient un lieu de culte dans le Pays royannais pour pouvoir bénéficier de la célébration d’une messe tridentine en latin dite de Saint-Pie V ou « forme extraordinaire ». Leur recherche s’était notamment heurtée au refus du père Delage, l’ancien prêtre de la paroisse de Royan, soutenu par son conseil pastoral.

« On a eu beaucoup de monde. Ce qui est un petit exploit si l’on considère le fait que les messes se déroulaient le dimanche matin à 9 heures à Saint-Augustin »,souligne Thierry Rogister, celui qui a mené les négociations sur le territoire. Sauf que patatras. E ciel leur est presque tombé sur la tête. Le fronton de l’église a connu des signes de faiblesse, amenant la maire Gwennaëlle Dohin-Prost à prendre un arrêté de fermeture ;

« Les dames curé »
Il a alors été demandé à Christophe de la Chanonie un point de chute. Ce dernier n’a pas eu à chercher bien longtemps puisque son conseil pastoral s’y est opposé. Dans l’église catholique, ce conseil réunit le clergé paroissial et les représentants des laïcs. Il est présidé par le curé, examine les besoins de l’évangélisation sur le territoire de la paroisse, et les moyens d’y répondre.

« J’appelle les membres de ce conseil les dames curé. Elles ont fait valoir bue le pape François n’était pas un grand fan de ce type de célébration en latin. C’est surréaliste. On a des catholiques qui sont prêts à accueillir tout le monde sauf les autres catholiques. Je suis dépité »,commente Thierry Rogister.

Travaux à l’église
Ce débat agite l’Eglise depuis un petit moment. Au mois de juillet, le père Delage, qui avait refusé de mettre à disposition des traditionnalistes une église de sa paroisse, nous confiait qu’il doutait de « l’acceptation positive du concile Vatican II par ces apôtres de la messe tridentine. Sont-ils pour une Eglise œcuménique ouverte ou qui se referme sur elle-même ? On peut vite tomber dans une dérive sectaire avec tout ce qui l’accompagne ».

Toujours est-il que les tradis » se retrouvent à nouveau sans lieu de culte. « Les travaux de l’église Saint-Augustin vont certainement prendre du temps. Et rien de dit que nous pourrons à nouveau y accéder. Tout se passait pourtant bien. Certaines personnes préfèrent des églises aux trois quarts vides avec des cannes qu’on entend tomber au sol plutôt que des églises pleines avec des cris d’enfants.
C’est leur choix. Ce sont des gens hors du temps ? Nous n’avons plus qu’à trouver des catacombes », s’emporte Thierry Rogister. Certains ne l’emporteront pas au paradis.

Source: La Lettre de Paix liturgique 828 du 11 Octobre 2021