Clicks631
AJPM
14

APRÈS la BOMBE du 12, voici la BOMBE du 16 ! par François Bergoglio

I- LETTRE APOSTOLIQUE
PUBLIÉE "MOTU PROPRIO"
PAR LE SOUVERAIN PONTIFE

FRANÇOIS

"TRADITIONIS CUSTODES"

Sur l'usage de la liturgie romaine
avant la réforme de 1970


Gardiens de la tradition, les évêques en communion avec l'évêque de Rome constituent le principe visible et le fondement de l'unité de leurs Églises particulières. Sous la conduite de l'Esprit Saint, par la proclamation de l'Évangile et par la célébration de l'Eucharistie, ils gouvernent les Églises particulières qui leur sont confiées[2]. [2]

Afin de promouvoir la concorde et l'unité de l'Eglise, avec une sollicitude paternelle envers ceux qui, en quelque région que ce soit, adhèrent à des formes liturgiques antérieures à la réforme voulue par le Concile Vatican II, mes Vénérables Prédécesseurs, saint Jean-Paul II et Benoît XVI, ont accordé et réglementé la faculté d'utiliser le Missel romain édité par Jean XXIII en 1962. Ils entendaient ainsi " faciliter la communion ecclésiale des catholiques qui se sentent attachés à certaines formes liturgiques antérieures " et non à d'autres[4]. [4]

Conformément à l'initiative de mon vénéré prédécesseur Benoît XVI d'inviter les évêques à évaluer l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum trois ans après sa publication, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a procédé à une consultation détaillée des évêques en 2020. Les résultats ont été soigneusement examinés à la lumière de l'expérience qui a mûri au cours de ces années.

En ce moment, après avoir pris en considération les souhaits exprimés par l'épiscopat et après avoir entendu l'avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, je désire maintenant, avec cette Lettre apostolique, aller toujours plus loin dans la recherche constante de la communion ecclésiale. C'est pourquoi j'ai jugé opportun d'établir ce qui suit :

Art. 1. Les livres liturgiques promulgués par saint Paul VI et saint Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, sont l'expression unique de la lex orandi du Rite romain.

Art. 2. Il appartient à l'évêque diocésain, en tant que modérateur, promoteur et gardien de toute la vie liturgique de l'Église particulière qui lui est confiée[5], de réglementer les célébrations liturgiques de son diocèse[6]. [Il est donc de sa compétence exclusive d'autoriser l'usage du Missel romain de 1962 dans son diocèse, selon les directives du Siège Apostolique.

Art. 3. L'évêque du diocèse dans lequel existent jusqu'à présent un ou plusieurs groupes qui célèbrent selon le Missel antérieur à la réforme de 1970 :

§ 1. doit déterminer que ces groupes ne nient pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, dictée par le Concile Vatican II et le Magistère des Souverains Pontifes ;

§ 2. est de désigner un ou plusieurs lieux où les fidèles adhérents de ces groupes peuvent se réunir pour la célébration eucharistique (pas toutefois dans les églises paroissiales et sans l'érection de nouvelles paroisses personnelles) ;

§ 3. établir, dans les lieux désignés, les jours où les célébrations eucharistiques sont autorisées en utilisant le Missel romain promulgué par saint Jean XXIII en 1962[7]. [Dans ces célébrations, les lectures sont proclamées en langue vernaculaire, en utilisant les traductions de la Sainte Écriture approuvées pour l'usage liturgique par les Conférences épiscopales respectives ;

§ 4. de nommer un prêtre qui, en tant que délégué de l'évêque, est chargé de ces célébrations et du soin pastoral de ces groupes de fidèles. Ce prêtre doit être apte à cette responsabilité, connaître l'usage du Missale Romanum antérieur à la réforme de 1970, posséder une connaissance de la langue latine suffisante pour une compréhension approfondie des rubriques et des textes liturgiques, être animé d'une vive charité pastorale et du sens de la communion ecclésiale. Ce prêtre doit avoir à cœur non seulement la célébration correcte de la liturgie, mais aussi le soin pastoral et spirituel des fidèles ;

§ 5. procéder de manière appropriée pour vérifier que les paroisses canoniquement érigées au profit de ces fidèles sont efficaces pour leur croissance spirituelle, et pour déterminer s'il faut ou non les conserver ;

§ 6. de veiller à ne pas autoriser l'établissement de nouveaux groupes.

Art. 4. Les prêtres ordonnés après la publication du présent Motu Proprio, qui désirent célébrer en utilisant le Missale Romanum de 1962, devront présenter une demande formelle à l'évêque diocésain qui consultera le Siège Apostolique avant d'accorder cette autorisation.

Art. 5. Les prêtres qui célèbrent déjà selon le Missale Romanum de 1962 doivent demander à l'évêque diocésain l'autorisation de continuer à jouir de cette faculté.

Art. 6. Les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, érigés par la Commission pontificale Ecclesia Dei, relèvent de la compétence de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique.

Art. 7. La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements et la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, pour les matières de leur compétence particulière, exercent l'autorité du Saint-Siège en ce qui concerne l'observation des présentes dispositions.

Art. 8. Les normes, instructions, permissions et coutumes antérieures qui ne sont pas conformes aux dispositions du présent Motu Proprio sont abrogées.

Tout ce que j'ai déclaré dans la présente Lettre apostolique en forme de Motu Proprio, j'ordonne qu'on l'observe dans toutes ses parties, nonobstant toute autre disposition contraire, même si elle mérite une mention particulière, et j'établis qu'elle soit promulguée par voie de publication dans "L'Osservatore Romano", entrant immédiatement en vigueur et, ensuite, qu'elle soit publiée dans le Commentaire officiel du Saint-Siège, Acta Apostolicae Sedis.

Donné à Rome, à Saint-Jean-de-Latran, le 16 juillet 2021, en la mémoire liturgique de Notre-Dame du Mont-Carmel, en la neuvième année de Notre pontificat.

FRANÇOIS

[1] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Église " Lumen Gentium ", 21 novembre 1964, n. 23 AAS 57 (1965) 27.

[2] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Église "Lumen Gentium", 21 novembre 1964, n. 27 : AAS 57 (1965) 32 ; Concile Œcuménique Vatican II, Décret sur la charge pastorale des évêques dans l'Église "Christus Dominus", 28 octobre 1965, n. 11 : AAS 58 (1966) 677-678 ; Catéchisme de l'Église Catholique, n. 833.

[3] Cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique donnée Motu proprio "Ecclesia Dei", 2 juillet 1988 : AAS 80 (1988) 1495-1498 ; Benoît XVI, Lettre apostolique donnée Motu proprio "Summorum Pontificum", 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 777-781 ; Lettre apostolique donnée Motu proprio " Ecclesiae unitatem ", 2 juillet 2009 : AAS 101 (2009) 710-711.

[4] Jean-Paul II, Lettre apostolique donnée Motu proprio " Ecclesia Dei ", 2 juillet 1988, n. 5 : AAS 80 (1988) 1498.

[5] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, n. 41 : AAS 56 (1964) 111 ; Caeremoniale Episcoporum, n. 9 ; Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline du Sacrement, Instruction sur certaines choses à observer ou à éviter concernant la Très Sainte Eucharistie " Redemptionis Sacramentum ", 25 mars 2004, nn. 19-25 : AAS 96 (2004) 555-557.

[6] Cfr CIC, can. 375, § 1 ; can. 392.

[7] Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Décret " Quo magis " approuvant sept Préfaces eucharistiques pour la forma extraordinaria du Rite Romain, 22 février 2020, et Décret " Cum sanctissima " sur la célébration liturgique en l'honneur des Saints dans la forma extraordinaria du Rite Romain, 22 février 2020 : L'Osservatore Romano, 26 mars 2020, p. 6.

Traduit avec deepl.com/translator (version gratuite)
Source originale : vatican.va/…ts/20210716-motu-proprio-traditionis-custodes.html

* * * * * *

II- LETTRE DU SAINT PERE FRANÇOIS
AUX ÉVÊQUES DU MONDE ENTIER
QUI ACCOMPAGNE LA LETTRE APOSTOLIQUE MOTU PROPRIO DATA
"TRADITIONIS CUSTODES"


Rome, le 16 juillet 2021

Chers frères dans l'épiscopat,

Comme l'a fait mon prédécesseur Benoît XVI avec Summorum Pontificum, je souhaite accompagner le Motu proprio Traditionis custodes d'une lettre expliquant les motifs qui ont présidé à ma décision. Je m'adresse à vous avec confiance et parresia, au nom de cette commune "sollicitude pour toute l'Eglise, qui contribue souverainement au bien de l'Eglise universelle", comme nous le rappelle le Concile Vatican II. [1]

La plupart des gens comprennent les motifs qui ont poussé saint Jean-Paul II et Benoît XVI à autoriser l'utilisation du Missel romain, promulgué par saint Pie V et édité par saint Jean XXIII en 1962, pour le Sacrifice eucharistique. Cette faculté - accordée par l'indult de la Congrégation pour le culte divin en 1984 [2] et confirmée par saint Jean-Paul II dans le Motu Proprio Ecclesia Dei en 1988 [3] - était avant tout motivée par le désir de favoriser la guérison du schisme avec le mouvement de Mgr. Lefebvre. Dans l'intention ecclésiale de restaurer l'unité de l'Église, il était donc demandé aux évêques d'accueillir avec générosité les "justes aspirations" des fidèles qui demandaient l'utilisation de ce Missel.

Beaucoup dans l'Église en vinrent à considérer cette faculté comme une occasion d'adopter librement le Missel romain promulgué par saint Pie V et de l'utiliser d'une manière parallèle au Missel romain promulgué par saint Paul VI. Afin de réguler cette situation à distance de nombreuses années, Benoît XVI est intervenu pour remédier à cet état de fait dans l'Église. De nombreux prêtres et communautés avaient "utilisé avec gratitude la possibilité offerte par le Motu proprio" de Saint Jean Paul II. Soulignant que cette évolution n'était pas prévisible en 1988, le Motu proprio Summorum Pontificum de 2007 a voulu introduire "une réglementation juridique plus claire" dans ce domaine[4]. Afin de permettre l'accès à ceux, y compris les jeunes, qui, lorsqu'ils "découvrent cette forme liturgique, se sentent attirés par elle et y trouvent une forme, particulièrement adaptée à eux, pour rencontrer le mystère de la très sainte Eucharistie" [5], Benoît XVI a déclaré "le Missel promulgué par saint Pie V et nouvellement édité par le bienheureux Jean XXIII, comme une expression extraordinaire de la même lex orandi", accordant une "possibilité plus ample d'utiliser le Missel de 1962" [6]. [6]

En prenant leur décision, ils étaient convaincus qu'une telle disposition ne remettrait pas en question l'une des mesures clés du Concile Vatican II et ne minimiserait pas son autorité : le Motu proprio reconnaissait que, de plein droit, " le Missel promulgué par Paul VI est l'expression ordinaire de la lex orandi de l'Église catholique de rite latin "[7]. La reconnaissance du Missel promulgué par saint Pie V "en tant qu'expression extraordinaire de la même lex orandi" n'a en aucune façon sous-estimé la réforme liturgique, mais a été décrétée avec le désir de reconnaître les "prières insistantes de ces fidèles", en leur permettant "de célébrer le Sacrifice de la Messe selon l'editio typica du Missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, comme forme extraordinaire de la Liturgie de l'Église"[8]. Benoît XVI a été conforté dans son discernement par le fait que de nombreuses personnes souhaitaient "retrouver la forme de la sainte Liturgie qui leur était chère", "acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II et étaient fidèles au Pape et aux évêques"[9]. De plus, il a déclaré infondée la crainte de divisions dans les communautés paroissiales, car "les deux formes d'usage du rite romain s'enrichiraient mutuellement"[10]. Il a donc invité les évêques à mettre de côté leurs doutes et leurs craintes et à accueillir les normes, " attentifs à ce que tout se déroule dans la paix et la sérénité ", avec la promesse qu'" il sera possible de trouver des solutions " au cas où de " sérieuses difficultés apparaîtraient " dans l'application des normes " une fois le Motu proprio entré en vigueur "[11]. [11]

Treize ans plus tard, j'ai chargé la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de faire circuler un questionnaire aux évêques sur l'application du Motu proprio Summorum Pontificum. Les réponses révèlent une situation qui me préoccupe et m'attriste, et me persuade de la nécessité d'intervenir. Malheureusement, l'objectif pastoral de mes Prédécesseurs, qui avaient voulu "faire tout ce qui était possible pour que tous ceux qui possédaient vraiment le désir de l'unité trouvent la possibilité de rester dans cette unité ou de la redécouvrir" [12], a souvent été gravement négligé. L'opportunité offerte par saint Jean-Paul II et, avec encore plus de magnanimité, par Benoît XVI, destinée à retrouver l'unité d'un corps ecclésial aux sensibilités liturgiques diverses, a été exploitée pour élargir les fossés, renforcer les divergences et encourager les désaccords qui blessent l'Église, bloquent son chemin et l'exposent au péril de la division.

En même temps, je suis attristé par les abus commis de toutes parts dans la célébration de la liturgie. À l'instar de Benoît XVI, je déplore le fait qu'" en de nombreux endroits, les prescriptions du nouveau Missel ne sont pas respectées dans la célébration, mais en viennent à être interprétées comme une autorisation, voire une exigence de créativité, ce qui conduit à des distorsions presque insupportables "[13]. [Mais je suis néanmoins attristé par le fait que l'utilisation instrumentale du Missale Romanum de 1962 est souvent caractérisée par un rejet non seulement de la réforme liturgique, mais du Concile Vatican II lui-même, en affirmant, avec des affirmations non fondées et non soutenables, qu'il a trahi la Tradition et la "vraie Église". Le chemin de l'Église doit être vu dans la dynamique de la Tradition "qui provient des Apôtres et progresse dans l'Église avec l'assistance de l'Esprit Saint" ( DV 8). Une étape récente de cette dynamique a été constituée par le Concile Vatican II où l'épiscopat catholique s'est réuni pour écouter et discerner le chemin de l'Église indiqué par l'Esprit Saint. Douter du Concile, c'est douter des intentions de ces mêmes Pères qui ont exercé leur pouvoir collégial de manière solennelle cum Petro et sub Petro dans un concile œcuménique [14] et, en dernière analyse, douter de l'Esprit Saint lui-même qui guide l'Église.

L'objectif de la modification de la permission accordée par mes prédécesseurs est mis en évidence par le Concile Vatican II lui-même. De la vota présentée par les évêques est ressortie une grande insistance sur la participation pleine, consciente et active de tout le peuple de Dieu à la liturgie [15], dans la ligne déjà indiquée par Pie XII dans l'encyclique Mediator Dei sur le renouveau de la liturgie [16]. La constitution Sacrosanctum Concilium a confirmé cet appel, en recherchant " le renouvellement et le progrès de la liturgie " [17] et en indiquant les principes qui doivent guider la réforme [18]. Elle établit en particulier que ces principes concernent le rite romain et, le cas échéant, d'autres rites légitimes, et demande que " les rites soient révisés avec soin, à la lumière de la saine tradition, et qu'une nouvelle vigueur leur soit donnée pour répondre aux circonstances et aux besoins actuels "[19]. Sur la base de ces principes, une réforme de la liturgie a été entreprise, dont la plus haute expression est le Missel romain, publié in editio typica par saint Paul VI [20] et révisé par saint Jean-Paul II [21]. Il faut donc veiller à ce que le rite romain, maintes fois adapté au cours des siècles selon les besoins du jour, soit non seulement conservé mais renouvelé "dans le respect fidèle de la Tradition"[22]. [Quiconque souhaite célébrer avec dévotion selon les formes antérieures de la liturgie peut trouver dans le Missel romain réformé selon le Concile Vatican II tous les éléments du Rite romain, en particulier le Canon romain qui constitue l'un de ses éléments les plus distinctifs.

Une dernière raison de ma décision est la suivante : il est de plus en plus évident, dans les paroles et les attitudes de beaucoup, qu'il existe un lien étroit entre le choix des célébrations selon les livres liturgiques antérieurs au Concile Vatican II et le rejet de l'Église et de ses institutions au nom de ce qu'on appelle la "vraie Église". Il s'agit ici d'un comportement qui contredit la communion et alimente la tendance à la division - "J'appartiens à Paul, j'appartiens plutôt à Apollon, j'appartiens à Céphas, j'appartiens au Christ" - contre laquelle l'apôtre Paul a si vigoureusement réagi. [Pour défendre l'unité du Corps du Christ, je suis contraint de révoquer la faculté accordée par mes prédécesseurs. L'usage déformé qui a été fait de cette faculté est contraire aux intentions qui ont conduit à accorder la liberté de célébrer la Messe avec le Missale Romanum de 1962. Parce que "les célébrations liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l'Église, qui est le sacrement de l'unité" [24], elles doivent être réalisées en communion avec l'Église. Le Concile Vatican II, tout en réaffirmant les liens extérieurs de l'incorporation dans l'Église - la profession de foi, les sacrements, la communion - a affirmé avec saint Augustin que rester dans l'Église non seulement "avec le corps" mais aussi "avec le cœur" est une condition du salut. [25]

Chers frères dans l'épiscopat, Sacrosanctum Concilium explique que l'Église, "sacrement de l'unité", est telle parce qu'elle est "le peuple saint rassemblé et gouverné sous l'autorité des évêques". Lumen gentium, tout en rappelant que l'évêque de Rome est " le principe et le fondement permanent et visible de l'unité des évêques et de la multitude des fidèles ", affirme que vous, les évêques, êtes " le principe et le fondement visible de l'unité de vos Églises locales, dans lesquelles et par lesquelles existe la seule et unique Église catholique "[27]. [27]

En réponse à vos demandes, je prends la ferme décision d'abroger toutes les normes, instructions, permissions et coutumes qui précèdent le présent Motu proprio, et je déclare que les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, en conformité avec les décrets du Concile Vatican II, constituent l'unique expression de la lex orandi du Rite Romain. Cette décision me réconforte dans la mesure où, après le Concile de Trente, saint Pie V a également abrogé tous les rites qui ne pouvaient se prévaloir d'une antiquité avérée, établissant pour toute l'Église latine un unique Missale Romanum. Pendant quatre siècles, ce Missale Romanum, promulgué par saint Pie V, a donc été la principale expression de la lex orandi du rite romain et a permis de maintenir l'unité de l'Église. Sans nier la dignité et la grandeur de ce rite, les évêques réunis en concile œcuménique ont demandé qu'il soit réformé ; leur intention était que "les fidèles n'assistent pas comme des étrangers et des spectateurs silencieux au mystère de la foi, mais, avec une pleine compréhension des rites et des prières, participent à l'action sacrée de manière consciente, pieuse et active"[28]. [Saint Paul VI, rappelant que le travail d'adaptation du Missel Romain avait déjà été initié par Pie XII, déclara que la révision du Missel Romain, effectuée à la lumière des sources liturgiques anciennes, avait pour but de permettre à l'Eglise d'élever, dans la variété des langues, "une prière unique et identique", qui exprime son unité. [Cette unité, j'entends la rétablir dans toute l'Église de rite romain.

Le Concile Vatican II, en décrivant la catholicité du Peuple de Dieu, a rappelé qu'"à l'intérieur de la communion ecclésiale" existent les Eglises particulières qui jouissent de leurs traditions propres, sans préjudice de la primauté de la Chaire de Pierre qui préside à la communion universelle de la charité, garantit la légitime diversité et veille ensemble à ce que le particulier non seulement ne porte pas atteinte à l'universel mais surtout le serve". [Alors que, dans l'exercice de mon ministère au service de l'unité, je prends la décision de suspendre la faculté accordée par mes prédécesseurs, je vous demande de partager avec moi cette charge comme une forme de participation à la sollicitude pour toute l'Église propre aux évêques. Dans le Motu proprio, j'ai voulu affirmer qu'il appartient à l'évêque, en tant que modérateur, promoteur et gardien de la vie liturgique de l'Église dont il est le principe d'unité, de réglementer les célébrations liturgiques. Il vous appartient d'autoriser dans vos Églises, en tant qu'Ordinaires locaux, l'usage du Missale Romanum de 1962, en appliquant les normes du présent Motu proprio. Il vous appartient de procéder de manière à revenir à une forme unitaire de célébration, et de déterminer au cas par cas la réalité des groupes qui célèbrent avec ce Missale Romanum.

Les indications sur la manière de procéder dans vos diocèses sont principalement dictées par deux principes : d'une part, pourvoir au bien de ceux qui sont enracinés dans la forme précédente de célébration et qui ont besoin de revenir en temps voulu au rite romain promulgué par les saints Paul VI et Jean-Paul II, et, d'autre part, cesser d'ériger de nouvelles paroisses personnelles liées davantage au désir et aux souhaits des prêtres individuels qu'aux besoins réels du "saint peuple de Dieu". En même temps, je vous demande de veiller à ce que chaque liturgie soit célébrée avec décorum et fidélité aux livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican II, sans les excentricités qui peuvent facilement dégénérer en abus. Les séminaristes et les nouveaux prêtres doivent être formés à l'observance fidèle des prescriptions du Missel et des livres liturgiques, dans lesquels se reflète la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II.

J'invoque sur vous l'Esprit du Seigneur ressuscité, afin qu'il vous rende forts et fermes dans votre service au Peuple de Dieu que le Seigneur vous a confié, de sorte que votre soin et votre vigilance expriment la communion même dans l'unité d'un seul et unique Rite, dans lequel est préservée la grande richesse de la tradition liturgique romaine. Je prie pour vous. Tu pries pour moi.

FRANCISCUS

____________________________________

[1] Cfr. Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Eglise "Lumen Gentium", 21 novembre 1964, n. 23 AAS 57 (1965) 27.

[2] Cf. Congrégation pour le Culte Divin, Lettre aux Présidents des Conférences Episcopales "Quattuor abhinc annos", 3 octobre 1984 : AAS 76 (1984) 1088-1089

[3] Jean-Paul II, Lettre apostolique Motu proprio " Ecclesia Dei ", 2 juillet 1988 : AAS 80 (1998) 1495-1498.

[4] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique " Motu proprio data " Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 796.

[5] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique "Motu proprio data" Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 796.

[6] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique "Motu proprio data" Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 797.

[7] Benoît XVI, Lettre apostolique donnée Motu proprio " Summorum Pontificum ", 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 779.

[8] Benoît XVI, Lettre Apostolique donnée Motu proprio " Summorum Pontificum ", 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 779.

[9] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique " Motu proprio data " Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 796.

[10] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique "Motu proprio data" Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 797.

[11] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique "Motu proprio data" Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 798.

[12] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique "Motu proprio data" Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 797-798.

[13] Benoît XVI, Lettre aux évêques à l'occasion de la publication de la Lettre apostolique "Motu proprio data" Summorum Pontificum sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 2007 : AAS 99 (2007) 796.

[14] Cfr. Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Église " Lumen Gentium ", 21 novembre 1964, n. 23 : AAS 57 (1965) 27.

[15] Cf. Acta et Documenta Concilio Oecumenico Vaticano II apparando, Série I, Volumen II, 1960.

[16] Pie XII, Encyclique sur la sainte liturgie "Mediator Dei", 20 novembre 1947 : AAS 39 (1949) 521-595.

[17] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, nn. 1, 14 : AAS 56 (1964) 97.104.

[18] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, n. 3 : AAS 56 (1964) 98.

[19] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, n. 4 : AAS 56 (1964) 98.

[20] Missale Romanum ex decreto Sacrosancti Oecumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, editio typica, 1970.

[21] Missale Romanum ex decreto Sacrosancti Oecumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum Ioannis Pauli PP. II cura recognitum, editio typica altera, 1975 ; editio typica tertia, 2002 ; (reimpressio emendata 2008)

[22] Cfr. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, n. 3 : AAS 56 (1964) 98.

[23] 1 Co 1,12-13.

[24] Cfr. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, n. 26 : AAS 56 (1964) 107.

[25] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Eglise " Lumen Gentium ", 21 novembre 1964, n. 14 : AAS 57 (1965) 19.

[26] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, n. 6 : AAS 56 (1964) 100.

[28] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Eglise " Lumen Gentium ", 21 novembre 1964, n. 23 : AAS 57 (1965) 27.

[28] Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Costitution sur la sainte liturgie " Sacrosanctum Concilium ", 4 décembre 1963, n. 48 : AAS 56 (1964) 113.

[29] Paul VI, Constitution Apostolique "Missale Romanum" sur le nouveau Missel Romain, 3 avril 1969, AAS 61 (1969) 222.

[30] Cfr. Concile Oecuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Eglise "Lumen Gentium", 21 novembre 1964, n. 13 : AAS 57 (1965) 18.

Traduit avec deepl.com/translator (version gratuite)
Source originale : vatican.va/…1/documents/20210716-lettera-vescovi-liturgia.html
Vendée-Rembarre!
Un temps viendra où ceux qui vous mettront à mort croiront rendre un culte à Dieu (Jn 16,2).
Mais ceux qui feront cela n'auront pas le beau rôle devant le Juste Juge...
durdur bis shares this
58
durdur bis
Hors de l'Eglise point de salut
Que pense Benoit XVI de l'abrogation de son Summorum Pontificum ? 🤔
Catholique Saint François
c'est l'apocalypse
cristiada.cristeros
Ils se coordonnent, faut croire...