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S.-Th. Bonino #19 : Comment les démons peuvent-ils agir sur nous ? (ST I, 114)
St Thomas hérite de la tradition chrétienne l’idée selon laquelle les démons déploient une activité néfaste pour détourner les hommes de Dieu, pour empêcher le plein avènement du royaume de Dieu.
On voit dans certaines icônes – surtout dans les monastères d’Orient – une échelle dressée entre ciel et terre, et puis les hommes, les moines qui essaient de monter cette échelle ; et puis des diablotins qui tournent autour pour essayer de les tirer, de les faire tomber.
Donc ça, c’est une donnée tout à fait commune, qui a des fondements bibliques extrêmement clairs, à commencer par les tentations du Christ dans le désert.
Lorsque st Thomas envisage ce qu’il appelle les attaques du démon, - il consacre toute une question à cette action néfaste des démons sur les hommes – il souligne surtout les limites de cette action.
On n’est pas du tout au Moyen-Age, à l’époque de st Thomas, dans l’obsession du démoniaque, qui sera celle des temps modernes.
La grande période de la chasse aux sorcières, de la peur des démons, c’est la période moderne : 16ème – 17ème siècles, beaucoup plus que le Moyen-Age, ou au contraire on a un rapport plus sain si je puis dire, aux démons, dont l’influence est tout à fait limitée.
Il y a une double limite à l’action des démons
Première limite : c’est une action qui est sous contrôle.

On le voit très bien dès le livre de Job. Lorsque le Satan veut s’en prendre au saint homme Job, il va chaque fois demander la permission de Dieu.
Et st Thomas insiste beaucoup sur le fait que le démon ne peut pas plus que ce que lui permet la providence.
Dieu peut permettre l’action du démon pour divers motifs :
ça peut être, ces motifs, de la permission du mal, pour permettre l’épreuve des justes, qui les aide à grandir dans la foi, dans la confiance en Dieu.
Ça peut être aussi une manière d’exécuter la justice divine que de laisser le démon agir vis-à-vis des pécheurs, etc.
Donc ça c’est la première limite : l’action des démons est sous contrôle de la providence. Donc il n’y a pas lieu de céder à la panique comme on la vu dans certaines cultures où cette action du démon a été vue quasiment comme une action l’emportant sur l’action de Dieu.
Deuxième limite : Le démon ne peut agir que de manière périphérique.
Notre être spirituel profond, qui est constitué essentiellement par notre volonté libre, par notre intelligence, est un sanctuaire inaccessible à l’action de quelque créature que ce soit.
St Thomas est très clair sur ce point. Seul Dieu parce qu’IL est le Créateur de ma volonté, peut agir dans ma volonté. Seul Dieu peut incliner mon cœur à vouloir le bien, à choisir tel bien, etc, sans me faire d’aucune manière violence.
Ni l’ange, le bon ange, ni le démon ne peuvent agir directement sur ma volonté. Et donc ils agissent par la périphérie.
Et lorsqu’il s’agit de l’attaque du démon on pourrait comparer l’action du démon à l’action d’assiéger une ville. Celui qui assiège une ville va essayer d’empêcher les approvisionnements d’arriver, va essayer d’empoisonner les sources, mais il ne peut pas agir directement à l’intérieur. Et donc le démon va agir sur les structures périphériques. C’est une action qui peut être extrêmement profonde, mais qui jamais n’est déterminante par rapport à la volonté.
Alors quelles sont ces structures périphériques ?
Le démon – et le bon ange aussi – peut agir sur notre psychisme empirique. Le bon ange peut susciter des bonnes pensées en agissant sur cette réalité complexe qu’est notre système cérébral, etc.
Et le démon peut suggérer de mauvaise pensées : Il peut faire voir un acte mauvais sous un bon jour.
C’est le mécanisme de la tentation, de présenter à l’intelligence et à la volonté à partir de l’influence des passions, de l’influence de l’imagination, la réalité sous un jour faux.
Mais il peut aussi agir – et ça c’est plus grave d’une certaine manière – sur les structures culturelles dans lesquelles je vis. Ce que le saint pape Jean-Paul II avait désigné comme « les structures de péché ».
Les Structures de péché,
ce sont des conditions culturelles qui naissent du péché des hommes, et qui ensuite vont provoquer la multiplication des péchés. Et c’est la que le démon excelle. Il va se servir de nos petits péchés pour créer un climat dans lequel la personne humaine va être assez spontanément portée au péché.
Donc, des erreurs culturelles,
une certaine laideur dans la vie culturelle,
certaines erreurs philosophiques
,
une certaine idée par exemple, sur par exemple, le fait la personne n’apparaît vraiment qu’avec le développement de la personnalité,
que l’embryon n’est pas une personne.
Ça ce sont des idées qui circulent et qui vont rendre plus facile le péché d’avortement par exemple.
Donc, c’est la que le démon agit le plus.
Ce qu’il faut retenir
C’est que selon l’image classique, le démon est comme un chien tenu en laisse. Ne se fait mordre que celui qui s’approche.
Et le démon ne peut jamais agir qu’à la périphérie.
La décision vient, j’allais dire de nous, oui de nous, elle vient de la grâce de Dieu en nous qui nous donne la force intérieure de résister aux sollicitations qui viennent de l’action du démon.

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Lorsqu’il s’agit de l’attaque du démon on pourrait comparer l’action du démon à l’action d’assiéger une ville.
Selon l’image classique, le démon est comme un chien tenu en laisse : Ne se fait mordre que celui qui s’approche !

1706
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Sainte Catherine du Sinaï. 12ème siècle. L’échelle des vertus.