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Quatrième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Universelle

Enfin elle doit être universelle, c'est-à-dire s'étendre sans exception à tous les péchés mortels ; car, s'il y en avait un seul que vous ne fussiez pas résolu d'éviter, dès-lors votre contrition, à l'égard des autres péchés, serait invalide. Pourquoi ? Parce qu'elle n'aurait pas pour principe le vrai motif qui en fait tout le mérite, et qui est, que le péché déplaît à Dieu, que c'est une ingratitude souveraine, et une injustice envers lui. En effet, comme ce motif convient également à tous les péchés, il s'ensuit par une conséquence nécessaire que, dès qu'il vous détermine à vous abstenir d'un péché, il doit pareillement vous déterminer à vous abstenir de tous les autres.

On ajoute quelquefois une cinquième condition, et on dit que la contrition doit être efficace, c'est-à-dire qu'elle doit renfermer le ferme propos.

QUATRIÈME CONDITION

UNIVERSELLE


Mon Dieu, tous les péchés mortels, sans exception, vous offensent et vous déplaisent ; ils ont tous causé la mort à Jésus-Christ ; il n'y en a donc aucun que je ne doive détester. Conserver de l'affection pour un seul, ne serait-ce pas me rendre coupable de tous ? Et pourrais-je alors, sans me faire illusion, me croire réconcilié avec vous ? Non, Seigneur, tant qu'un seul péché mortel vivra dans mon cœur, vous le poursuivrez d'une haine éternelle ; aussi je n'en excepte aucun, je les déteste tous, et je voudrais les effacer de mon sang. Ô Dieu de mon cœur, et mon partage pour jamais (Ps. 72, 26) ! peut-on vous connaître et ne pas vous aimer, vous qui surpassez en beauté, en grandeur, en puissance, en bonté, en magnificence, en toutes sortes de perfections, et en amour pour moi, tout ce que les esprits créés peuvent comprendre ? Vous me permettez, c'est trop peu dire, vous m'ordonnez de vous aimer ; et je pourrais encore partager mon cœur ! j'userais encore de réserve avec vous ! Quoi ! il sera dit que les amants insensés de la terre, porteront jusqu'à un excès de délicatesse et d'ardeur, leurs folles passions ; et je ne vous aimerais que faiblement et avec mesure ! Non, non, mon Dieu, il ne faut pas que l'amour profane l'emporte sur l'amour divin. Mon cœur est à vous, et il vous aime sans mesure. Oh ! si j'étais capable pour vous de grandes choses ! Oh ! si j'avais beaucoup à vous sacrifier ! mais tout ce que je puis n'est rien. Faible et impuissante créature que je suis, je n'ai rien à vous donner que mon amour. Augmentez-le, Seigneur, et rendez-le digne de vous ! Ô beauté si ancienne et toujours nouvelle ! pourquoi faut-il que je commence si tard à vous aimer ? Plutôt mourir mille fois que de vous offenser jamais en un seul point. Accordez-moi cette grâce, ô mon Dieu, et je n'aimerai plus que vous, et je vous aimerai éternellement.

(Extrait de Manuel du Pénitent ou conduite pour la Contrition)

tiré du blog : le-petit-sacristain.blogspot.com