1 ) Une dangereuse (???) attirance pour l'oeuvre de Maria Valtorta ? Réfutation de l'article de mr Guillaume Chevallier
Voir aussi la réponse de F.M.Debroise à ces articles,
et celle du docteur psychiatre D.Gloppe
Retrouver cet article sur mon blog SOS-defense-de-Maria-Valtorta
NB : mes remarques n'engage que moi et ceux qui veulent bien me lire. Il ne s'agit ici que d'un droit de réponse à un article, et non d'une attaque personnelle à l'encontre de mr Guillaume Chevallier.
SUIVANT
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Introduction :
Ce qui attire le plus les lecteurs vers Maria Valtorta est probablement le caractère narratif et descriptif de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé.
Non, Mr Chevallier. Ce qui attire le plus les lecteurs vers Maria Valtorta n'est pas - comme vous en convenez malgré vous à demi mots, sinon pourquoi le signaleriez-vous ? - son talent littéraire incontestable qui resplendit dans les magnifiques narrations et descriptions émaillant ses écrits ( qui ne sont pas toujours des dictées, et laissent à l'auteur la possibilité de s'exprimer ), mais plutôt :
- le fait que ses écrits parlent de notre Seigneur Jésus
- doublé du fait qu'ils respectent scrupuleusement les Évangiles, d'une manière qui ne peut être que surnaturelle, vu l'incapacité patente de MV à produire une telle œuvre, totalement hors de sa portée, comme nous le verrons.
Ensuite, votre première remarque est on ne peut plus déplacée, car s'il est vrai qu'on puisse aimer les récits, cela n'a rien de propre à l'oeuvre que vous incriminez à tort : en effet, vous savez aussi bien que moi que ce qui attire le plus les petits enfants ( nos modèles ! ) à l'écoute ou à la lecture des quatre Evangiles est précisément le caractère narratif et descriptif, même très simple, de ces derniers. Si les Évangiles étaient un simple et austère recueil de Paroles du Maître... seraient-ils toujours aussi attractifs pour le jeune public ? On est en droit de penser que non.
Enfin, si l'oeuvre de MV n'était qu'un énième résumé succint de la Vie du Christ.... alors qu'est-ce que cela aurait été sinon un improbable 5e Évangile, parfaitement inutile ? Quel serait le but d'un tel écrit dépourvu de toute originalité ? Jamais le Ciel n'aurait pris la peine d'inspirer cela, c'est plutôt simple à comprendre.
Étant jeune enfant, et longtemps après, je me sentais personnellement attiré à la messe ( Paul VI, à l'époque ) SURTOUT PAR L'ÉCOUTE DU RÉCIT ÉVANGÉLIQUE, qui était à la portée de mon jeune esprit, et nourrissait mon imagination, quand généralement, les autres lectures étaient pour moi trop ardues de prime abord.
J'avais même pris à cet âge l'habitude de lire chaque soir, non pas la Bible entière en continue ( il y eut des essais infructueux, et pour cause ), MAIS UN PASSAGE DES QUATRE ÉVANGILES. Cela suffisait à ma jeune imagination, après m'être nourri de petits livres admirablement illustrés, qui existent toujours.
Je suis très loin d'être une exception : beaucoup ont commencé ainsi leur approche des saintes Écritures.
c'est LA LECTURE DES ÉVANGILES, et non pas seulement de MV, qui a un pouvoir attractif sur l'imagination de n'importe quel lecteur. Et même si ce sont des résumés, ils contiennent suffisamment d'éléments pour connaître la psychologie des personnages, ainsi que la configuration des lieux ( même si cela appelle des compléments d'information ).
Dès le départ donc, l'article du CDGC ( le "cher dom Guillaume Chevallier" ) est clairement partisant, et ne tient pas compte du réel.
« Beaucoup de choses qui intéressent la curiosité humaine au sujet de Jésus ne figurent pas dans les Évangiles » –
Mais :
- c'est précisément la curiosité humaine qui a d'abord poussé Marie Magdeleine à se rapprocher de Jésus, pour le résultat que tout le monde connaît ( encore faut-il croire MV qui décrit merveilleusement ce fait très plausible )
- Jésus dit aux premiers apôtres qu'Il rencontre : "Venez et voyez ( là où Je demeure )", leur permettant ainsi en tout premier lieu de satisfaire une certaine curiosité humaine à son égard, avant d'en faire des pécheurs d'hommes.
- Ce n'est pas parce que les disciples purent abondamment rassasier leur curiosité humaine à propos de leur Maître durant 3 longues années, que cela les empêcha par la suite de croire en Lui, bien au contraire.
Saint Jean précise que les événements qu’il a choisis de rapporter « ont été écrits pour que vous croyiez » (Jn 20, 31). Les Évangiles ont gardé, comme dit le Concile, une « forme de prédication » : ce ne sont pas les circonstances humaines, les informations sur les personnages, leur situation sociale, leur contexte de vie, leur tempérament, qui comptent, mais la foi. On ne sait presque rien de Marie, l’essentiel seulement ;
...et les apôtres, qui immanquablement avaient eu l'occasion de côtoyer la très sainte Vierge, qui la connaissaient donc non pas comme une simple icône, mais comme une personne vivante, tout comme ils connaissaient Jésus, les apôtres donc, eurent beaucoup moins de vénération pour la très Sainte Mère de Dieu que n'en ont des chrétiens catholiques actuels, c'est évident : l'ayant approchée et entendu d'avantage, ils l'en aimèrent d'autant moins, c'est fort logique !!!
Témoin : ce magnifique cantique en son honneur qu'improvisa saint Jacques, lors du voyage vers Antioche pour y amener Syntica et Jean d'Endor... Cet épisode peut se lire au début du tome 5 ancienne édition.
le groupe des Douze, qui concentre, avec Jésus, toute l’attention du texte sacré, est finalement décrit de manière épurée : à part la liste de leurs noms et quelques événements où leur spontanéité se laisse deviner, le lecteur du XXIème siècle, familier des romans et des séries télévisées, n’y trouve pas grand-chose pour nourrir son imagination.
En bref, ce que veut nous dire ainsi Mr Chevallier est ceci :
" Puisque "l'Evangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta, à l'inverse des quatre Evangiles, fourmille de descriptions et narrations détaillées concernant même l'accessoire, c'est la preuve que son but n'est pas de nourrir la foi, mais seulement l'imagination, à la différence des textes canoniques, succints, allant à l'essentiel de ce qu'il faut croire."
Et nous en arrivons donc à ce sophisme surréaliste :
" Puisque les 12 apôtres, contrairement aux chrétiens modernes, ont du assister à l'intégralité de la Vie de leur Maître, dans tous ses menus détails même les plus superflus, puisque leur imagination a pu être continuellement distraite par les paysages de la nature, des villages visités, par les caractères d'une foule de personnages très secondaires,
alors, la foi des apôtres, possiblement détournée continuellement de la seule considération du Seigneur, fut incomparablement moindre que ne fut celle des saints qui leur succédèrent, et finallement de celle de tout chrétien moderne nourrit aux seuls Evangiles !
Lorsque les témoins oculaires du Christ furent disparus et qu'on eut enfin à disposition les quatre Evangiles, sobres et concis, alors seulement la foi au Christ pu s'épanouir réellement ! "
On est tellement enchantés d'un tel argument, que nous vient naturellement l'envie d'applaudir !
Qu'elle devait donc être faible, la foi de la très sainte Vierge, qui a même du changer les couches du Bébé Jésus, lui apprendre à parler, le voir jouer, grandir jusqu'à l'âge adulte, durant 30 longues années !!!
Ainsi, GC tente subtilement de nous amener à penser comme lui et Mgr Pépé :
pour eux, l'oeuvre de MV, qui fourmille de descriptions, tant des paysages que des personnages, de leur aspect physique et psychologique, de sermons et commentaires du Christ, cette oeuvre :
- prétend être un 5e Évangile
- tout en s'éloignant de l'admirable concision des quatre Evangiles, qui ne tendent qu'à nourrir la foi, sans satisfaire l'imagination.
Or cette oeuvre ne peut en aucun cas être un 5e Évangile, pour plusieurs raisons très simples :
- 1 ) Un Évangile est la relation de faits et Paroles historiques : sans cette dimension historique, personne aujourd'hui ne pourrait croire au Christ. Or, un fait historique ne peut être déclaré fiable qu'à la seule condition qu'il soit rapporté par un témoin direct, ayant vécu à l'époque de ce fait.
Or Maria Valtorta ne mangea pas avec le Christ et les apôtres, n'intervint pas dans leurs conversations, ne fut vue par personne au pied de la Croix ni en aucun autre endroit de terre sainte aux côtés du Christ :
par conséquent, si nous n'avions que son témoignage à elle sur le Christ, il ne serait pas recevable, car ne venant pas d'une personne contemporaine. Quels que soient la richesse et l'intérêt de ses écrits, ils ne constituent donc qu'une révélation privée, non obligatoire pour la foi catholique.
- 2 ) En rédigeant les quatre Evangiles, les disciples du Christ ont voulu produire un outil liturgique.
Pourquoi ? Parce que l'Evangile est la fondation d'une Nouvelle Liturgie, celle de la Nouvelle et Eternelle Religion, fondée par Jésus-Christ sur la Sainte Messe, mémorial et actualisation de sa Passion salvatrice.
L'oeuvre prolifique de Maria Valtorta ne peut en aucun cas satisfaire à cette exigence d'être un outil liturgique, et donc d'être un 5e Évangile. Elle n'existe que pour donner à tous le moyen de s'immerger avec fruit dans la Vie du Seigneur.
Si c'est avec curiosité : combien de curieux, telle Marie Magdeleine, ne furent pas convertis des suites de leur curiosité ? Si c'est avec amour : combien ne sont pas devenus saints par la fréquentation assidue de personnes saintes ? Combien n'ont pas vu leur amour s'enflammer d'avantage en lisant les commentaires des Pères de l’Église, surpassés par l'oeuvre de MV ?
Mais imaginons cependant que ce soit l'oeuvre de Maria Valtorta qui ait été donnée à l'Eglise naissante par les apôtres.
Au lieu d'avoir de courts récits, allant à l'essentiel, exposant en peu de temps tout ce qu'il est nécessaire de croire pour être sauvé, facilement mémorisables par cœur et donc transmissibles oralement sans que cela soit fastidieux,
Combien de candidats à la conversion n'auraient-ils pas étés découragés par l'indispensable lecture des 4500 pages de l'oeuvre, impossible à mémoriser, et donc impossible à transmettre sans le concours de l'imprimerie ?
Pourtant, saint Jean déclare, au terme de son Evangile :
" Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur le Christ : si on les mettait par écrits, je crois que le monde entier ne suffisait pas à contenir les livres qu'on en écrirait."
Il montre spécialement par là que Jésus n'a pas voulu être suivi comme une star par des journalistes chargés de mettre par écrit ses moindres faits et gestes ( ce qui aurait été non seulement très orgueilleux, mais aussi extrêmement peu pratique), et que les faits qui sont rapportés dans les Évangiles le sont de mémoire.
Si saint Jean avait eu le temps et les moyens de suivre Jésus uniquement en tant que secrétaire, comme Maria Valtorta, il imagine la quantité phénoménale de livres qui auraient pu voir le jour ! Mais il ne regrette pas de ne pas avoir pu le faire, car ce dont il se souvient et a mis par écrit suffit pour nous transmettre intégralement la foi.
Ce que par contre, saint Jean ne peut absolument pas avoir voulu dire, est : que si nous avions eu un, deux, dix épisodes de plus sur la Vie du Christ, ou encore d'avantage de détails d'une manière générale, cela n'aurait servi à rien pour nourrir notre foi ! Car saint Jean ne peut renier ce qu'il a lui-même vécu aux côtés du Christ durant 3 ans, uniquement pour nourrir sa foi, son espérance et son amour, et qui dépasse de très loin ce qui constitue son Evangile, pourtant le plus détaillé des quatre.
C'est pourtant ce que Mr Chevallier n'a pas honte d'insinuer.
Pour une génération qui est désormais très éloignée du contexte de la société de la Palestine du Ier siècle, agricole, patriarcale, sémitique, « faire vivre » le texte est une demande légitime.
Le CDGC semble être lui-même pris dans une irrésistible attirance pour ce genre de révélation qu'il trouve presque malgré lui bien "légitime", mais va pourtant y résister de toutes ses forces : est-ce de l'orgueil ? De l'obéissance servile à des pseudo autorités ecclésiales, pourtant dénoncées comme fourbes ? Une défiance personnelle à tout ce qui touche au surnaturel ?
C'est sûrement un subtile mélange de tout cela.
L’Évangile tel qu’il m’a été révélé apporte une interprétation des personnages qui semble répondre aux nombreuses questions ouvertes que laisse le texte sacré.
Voilà qui est dit : selon le CDGC, le Seigneur avait donc un réel motif de nous faire cette révélation. Mais ce semblant d'approbation, au moins sur la forme, ne sera qu'un prétexte à mieux attaquer. L'auteur tente ainsi de se soulager un peu la conscience, en s'auto-persuadant qu'il n'est pas un pharisien aveugle et dur de coeur.
Il va hélas nous montrer tout l'inverse par la suite.
Aujourd'hui, l'heure est à la redecouverte des Évangiles, même si, comme aux premiers temps de l'Eglise, ils continuent de suffire à la foi et donc au salut, s'ils sont correctement interprétés dans la Tradition.
Cela justifie pleinement que Notre Seigneur nous conduise à cette redécouverte en la stimulant par d'avantage de détails et de commentaires sur sa Vie, surtout à notre époque surmédiatisée ayant perdu ses repères et ses prédicateurs de talents.
Le résultat proposé par Maria Valtorta mérite cependant d’être considéré avec recul, en se fondant non sur une ou deux scènes isolées, mais sur leur ensemble.
On va voir que GC va complètement manquer à sa parole, et juger l'oeuvre sur des "carottages" qui amènent fatalement à une carricature trahissant le vrai sens du texte. Bien sûr, il le site abondamment, mais cela est relativement simple pour lui de cacher dans cette masse de petites citations, des lacunes pourtant essentielles pour la compréhension.
Si certaines scènes apparaissent plus concrètes, plus touchantes, d’autres laissent dubitatif ; d’autres encore provoquent une gêne ou un malaise qu’un lecteur acquis à l’autorité divine de Maria Valtorta aura probablement du mal à s’avouer.
Je vous propose donc de suivre pas à pas l'article du CDGC ( le "cher dom Guillaume Chevallier" ), et de nous rendre compte que toutes les accusations qu'il porte contre l'oeuvre REPOSE SUR DU VENT, ET PLUS SPÉCIALEMENT SUR UNE PROFONDE MÉCONNAISSANCE THÉOLOGIQUE ET PSYCHOLOGIQUE. On se demande même - et c'est plus que probable - s'il ne plaque pas SES PROPRES DÉFAUTS sur l'oeuvre qui y est pourtant parfaitement étrangère.
Nous avons étudié ailleurs la prétention à l’inspiration divine de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé et commenté, à titre d’exemple, trois champs d’erreurs doctrinales sur des points majeurs de la foi catholique. Nous voudrions maintenant attirer l’attention sur des aspects psychologiques des personnages de l’Œuvre et de leurs relations, avec certains problèmes spirituels qui en découlent. Ces éléments continuent d’invalider, comme on va le voir, la prétention à l’inspiration divine.
On va pouvoir saluer tout l'effort qu'a fait le CDGC pour prendre des vessies pour des lanternes : son énergie est indéniable, le résultat est désolant d'inconséquence et d'incohérence.