Le cardinal Sarah suggère qu'un prêtre pédophile ne peut être pardonné
Cela rappelle un peu effectivement le donatisme, ou plutôt le wyclifisme, qui considérait que la sainteté du clerc faisait le clerc, et non l'ordination valide et légitime. L'autorité procéderait de la sainteté intérieure. Et du coup, un clerc en état de péché mortel, marqué de la note d'infamie, devenait invalide de facto. L'Église institutionnelle était séparée de l'Église réelle, c'est-à-dire de l'Église uniquement spirituelle. Cette conception ecclésiologique, introduisant l'anarchie au cœur même de sa structure, puisqu'elle rendait l'autorité dépendante intrinsèquement de l'appréciation - forcément subjective - de la sainteté de celui qui la revendique, fut condamnée par l'Église, notamment par la bulle Inter Cunctas de Martin V du 22 février 1418. Elle est considérée à juste titre comme un système précurseur du protestantisme. Les actes de pédomanie sont terribles et méritent les plus sévères châtiments, mais on ne peut pas délier ce que Dieu a éternellement lié. Le prêtre criminel, peu importe la gravité de son infamie, ne cessera jamais d'être prêtre, le lien l'unissant ontologiquement au Christ par l'ordination ne peut jamais s'estomper. Cette ordination au Christ fera le bonheur du Saint prêtre, et le malheur du mauvais prêtre qui sera jugé à la hauteur des grâces qu'il aura reçues de Dieu pour sa sanctification.
conférence à Bruxelles
Quod gratis asseritur gratis negatur. Où sont les passages dans les textes du Vème concile du Latran traitant de Reuchlin ou du Talmud ? C'est d'autant plus curieux que les thèmes abordés lors de ce Concile ne concernaient pas du tout le rapport au judaïsme ou les relations avec les sujets juifs. Où le Pape Léon X a-t-il jugé que le Talmud était conforme au christianisme ?
En réalité, le Pape Léon X a plutôt voulu autoriser une nouvelle édition du Talmud pour permettre son expurgation des attaques et des rajouts antichrétiens, de façon à montrer aux Juifs que leur propre enseignement devrait les pousser à la conversion. En effet, beaucoup considéraient à l'époque que, dans le fatras kabbaliste, pouvaient se trouver des restes de la Révélation mosaïque et notamment des passages démontrant la divinité du Christ, des éléments rendus obscurcis par les rajouts des rabbins. Les mettre en lumière pouvait servir un travail apologétique.
Les divergences sur l'interprétation à donner aux éléments ainsi dégagés allaient amener un doute sur tout le sérieux de l'entreprise. Un exemple se trouve dans la conception talmudique et kabbalistique de la Trinité : on peut trouver des traces parlant d'une divinité ternaire dans certains textes judaïques, mais on pouvait craindre qu'elles ne soient plutôt l'emprunt de formulation néoplatoniciennes ou gnostiques, ou plus simplement des créations humaines non issues de la Révélation, vu la teinte émanatiste qui rejaillissait de l'ensemble. C'est en partie ce genre de raisonnements qui a amené à l'abandon de l'étude des textes judaïques à la fin du XVIe et au début du XVIIème siècles. L'opinion de l'époque, à rebours de celle de la Renaissance, était qu'on ne pouvait rien dégager de solide pour l'apologétique dans l'étude de la littérature rabbinique. Du coup, la nécessité de leur conservation disparaissait et on recommença à brûler le Talmud.
Ici un passage du livre de Jean-Marie le Gall, Professeur d’histoire, intitulé Défense et illustration de la Renaissance :
« Un juif converti, appelé Flavius Mithridate, et qui influença beaucoup Pic de La Mirandole, a défendu l'idée que le vetus talmud contenait les arcanes du christianisme que les rabbins avaient dénaturés dans un novus talmud. Les Juifs savent donc depuis toujours que le Christ est le Messie mais ils ne veulent pas l'admettre. Il faut le leur prouver par leurs propres sources. Léon X et Clément VII, deux Médicis, ont donc patronné l'édition du talmud réalisée par Daniel Bomberg en 1522 à Rome. En 1564, l'index de Pie IV, un autre Médicis, range le Talmud dans la catégorie des livres condamnés de façon provisoire « usque expurgati fuerint », ou « donec corrigantur » ( « jusqu'à expurgation ou corrections ») et envisage donc d'autoriser la lecture d'un Talmud expurgé. Il est prévu de laisser les Juifs faire ce travail car l'Église ne veut pas, en expurgeant certains passages, cautionner le reste. En fait, des Juifs convertis, sous le contrôle de la congrégation de l'Index, vont préparer un Talmud expurgé, publié à Bâle vers 1578. Mais cette édition est loin de plaire à Rome et surtout au Saint-Office qui est plus hostile que l'Index à son édition. Sixte Quint en 1586 n'en autorise pas moins les Juifs à posséder un Talmud expurgé. Mais le Saint-Office l'emporte en 1593 avec Clément VIII. On brûle le Talmud sur la place Saint-Pierre en 1601. Plus aucun ne sera imprimé en Italie avant le XVIIIe siècle. Mais on a des éditions en Pologne en 1605, et dans les années 1620. La Contre-Réforme catholique a contribué à étouffer les études juives et même le judaïsme en Italie à partir du milieu du XVIe siècle en généralisant les ghettos. »
conférence à Bruxelles
« Le livre intitulé "Augenspiegel" [Speculum Oculare en latin] était et est scandaleux et offensant pour les oreilles pieuses des Chrétiens, est excessivement favorable aux Juifs impies et de plus il doit être retiré de la circulation et des mains des Chrétiens, et son usage doit être découragé [...] ainsi que l'imposition d'un silence perpétuel au même Johannes [Reuchlin] et une condamnation de ce même homme [à payer] les frais encourus dans le même procès, tant dans ces parties qu'à la Curie romaine, et que par la même décision la condamnation doctrinale du même livre, "Augenspiegel", faîte par la faculté de théologie de notre université est justifiée, approuvée et confirmée. » (1)
Bref du Pape Léon X datant du 23 juin 1520 qui cassait le jugement rendu en faveur de Reuchlin à Spire le 29 mars 1514 ainsi que l'accord de Francfort de mai 1520 entre Reuchlin et les Dominicains observants, bref qui rétablissait aussi Jacob van Hoogstraten, le Dominicain qui avait condamné Reuchlin, dans ses fonctions d'inquisiteur.
En 1521 fut publié le dernier pamphlet de Pfefferkorn à Cologne, "Eine Mitleidige Clag Gegen den Ungläubigen Reuchlin", un panégyrique triomphal écrit après la décision du pape allant dans son sens. Les Dominicains avaient gagné leur combat contre Reuchlin ; mais l'édit de l'Empereur contre les Juifs ne fut pas relancé.
L'Université de Cologne a également reçu une lettre du cardinal Cajetan félicitant la faculté de théologie pour son opposition indéfectible à Luther et à Reuchlin. Cette lettre suggère que c'est Cajetan qui a exhorté le pape à agir dans l'affaire Reuchlin immédiatement après la condamnation de Luther le 15 juin 1520. Au moins depuis 1519, Hoogstraten et ses partisans avaient soutenu à haute voix que l'indécision de la papauté sur l'affaire Reuchlin avait encouragé Luther et ses partisans à une désobéissance encore plus grande envers l'Église.
Soutenu par les protestants Franz von Sickingen et Ulrich von Hutten, Reuchlin interjeta appel de cette décision papale et s'adressa à Charles-Quint [notez l'attitude peu catholique...] à la fin de 1520 et au début de 1521. Par suite de sa mort le 30 juin 1522 et de l'affaire Luther, cet appel n'eut plus d'effet. Jamais l'Église n'est revenue sur la condamnation de l'ouvrage de Reuchlin.
Là, vous venez de faire de la bonne publicité pour un ouvrage condamné par l'Église...
(1) Il s'agit ici d'une traduction sûrement très approximative de ma part. On peut cela dit trouver l'original en latin notamment dans l'ouvrage de l'historien américain David Hotchkiss Price, Johannes Reuchlin and the Campaign to Destroy Jewish Books, Oxford University Press, 2011, page 295, note 33 : « Speculum Oculare nuncupatum fuisse et esse scandalosum, ac piarum aurium Christi fidelium offensivum, ac non parum impiis Iudaeis favorabilem, et propterea ab usu et de manibus Christi fidelium tollendum usumque ius inhibendum etc. cum impositione perpetui silentii eidem Iohanni et condemnationem eiusdem in expensis huiusmodi causa tam in partibus quam Romana Curia factis, adeo ut per huiusmodi sententiam damnatio doctrinalis eiusdem Speculi Ocularis iam pridem per Facultatem Theologicam nostrae Universitatis facta, iam iustificata et approbata et confirmata extitit. »
Benoît XVI contre la communion protestante en Allemagne
Effectivement Ratzinger a donné une fausse communion (du moins, j'ose espérer qu'elle fut fausse, vu le nombre de sacrilèges commis) au faux frère Roger de Taizé.
Les protestants le considéraient à l'époque du conciliabule comme un progressiste radical.
En 1982, il avait écrit dans son livre Les Principes de la théologie catholique que les catholiques ne veulent pas la dissolution du protestantisme mais qu'ils espèrent en réalité que les protestants seront renforcés dans leurs fausses confessions.
Et certains veulent le faire passer pour "conservateur" voire "traditionnel"...
Cardinal Burke : L'Église ne doit pas présenter d'excuses aux homosexuels
Depuis quand l'Église peut-elle demander pardon pour quoi que ce soit ? Elle est pure, sans tâche, immaculée, de par sa nature divine. Que des hommes d'Église, qui eux ne sont pas impeccables, demandent pardon pour des erreurs ou des mauvais comportements passés, par contre, c'est tout à fait possible, et c'est même une marque du sacrement de pénitence, néanmoins la faute n'en revient alors nullement à l'Église, mais bien à ces hommes qui ont manqué aux vertus.
Pour ce qui est du cas des sodomites, Burke se trompe : l'Église discrimine les sodomites en ce sens qu'elle condamne leurs comportements et qu'elle préfère que ses fidèles ne soient pas soumis à ce genre de vices. Ce type de comportement pervers étant l'effet d'un choix volontaire, les individus qui s'y livrent sont donc coupables et l'Église a raison de les condamner.
Vouloir imposer l’instauration du règne social de notre Seigneur Jésus-Christ, est-ce être en …
Le Pape Saint Léon le Grand à l'empereur Léon Auguste :
"Vous devez remarquer sans hésitation que le pouvoir royal vous a été donné non seulement pour le gouvernement du monde mais surtout pour la protection de l'Église, pour que, en comprimant avec audace les impies, vous défendiez ce qui a été bien statué." (Patrologie latine de Migne, tome 54, colonne 1130)
Saint Grégoire de Naziance :
"C'est une grande chose de réprimer le meurtre, de punir l'adultère, de châtier le vol ; mais c'en est une bien plus grande encore de porter des lois favorables à la religion et de répandre la sainte religion." (Discours XXXVII, 23)
Saint Augustin, lettre 173, § 2 :
"C'est donc en raison même de l'amour qu'on a pour eux qu'on ne doit pas impunément et cruellement abandonner les hommes à leur mauvaise volonté. Mais, dès qu'on en a le pouvoir, on doit les détourner du mal et les forcer au bien" (Œuvres complètes, tome 5, Vivès, 1870, p. 499).
Saint Isidore de Séville :
"Les puissants du siècle (...) sont tenus par le lien de la foi à prêcher la foi du Christ par leurs lois." (Patrologie latine, tome 83, colonne 723)
Saint Alphonse de Liguori conjurait les princes catholiques de :
"ne pas hésiter à bannir de leur royaume tout prédicateur d'impiété ni à saisir aux frontières les ouvrages infectés de mauvaises doctrines. C'est leur impérieux devoir" (Berthe, Saint Alphonse de Liguori, tome II, page 441).
Et le meilleur pour la fin :
Julius Firmicus Maternus, latin chrétien du IVème siècle :
"La loi de Dieu, très saints empereurs, vous impose une obligation étroite et indispensable de réprimer et de punir l'idolâtrie. Permettez moi, s'il vous plaît, de vous rapporter les paroles qu'elle emploie dans le Deutéronome pour cet effet : « Si votre frère, si votre fils, si votre femme, qui est à côté de vous, si votre ami, qui est un autre vous-même, vous dit en secret: Allons adorer les dieux des nations étrangères! vous n'y consentirez point, vous ne prêterez point l'oreille à ses discours; vous ne l'épargnerez point et n'userez point de dissimulation ni d'indulgence envers lui ; vous le dénoncerez et lèverez le premier la main pour le faire mourir, et tout le peuple la lèvera ensuite. Il sera lapidé et mourra pour avoir voulu vous détourner du culte de Dieu. (Deutéronome, chap. 15.) »La loi défend de pardonner ni au fils ni au frère. Elle oblige à punir la femme que l’on aime tendrement et à lui enfoncer le fer dans le sein. Elle met les armes en main et commande de les tourner contre les amis les plus intimes, et elle anime tout le peuple à venger Dieu et à exterminer l'idolâtre. Elle menace même les communautés et les villes d'une ruine entière. Et afin que votre religion en soit instruite et que vous n'en puissiez plus douter, je rapporterai les paroles dans lesquelles cette terrible disposition est conçue : « Si vous apprenez que quelque habitant des villes que Dieu vous a données dise : Allons servir les autres dieux! vous les ferez mourir par l'épée; vous mettrez le feu à la ville et vous n'y laisserez aucun habitant. On ne retirera jamais cette ville-là de ses ruines. Alors le Seigneur apaisera sa colère et vous fera miséricorde. Il vous comblera de biens si vous obéissez à sa voix et que vous accomplissiez ses préceptes.[Deutéronome, chap. 13.] » (De l'erreur des religions profanes, XXIV)
Observatoire moderno-réaliste. ______
tantumergo+ Citons donc la réponse aux Dubia : "Bien que cette doctrine de la tolérance ne soit pas équivalente à la doctrine sur la liberté religieuse, il n'y a pas de raison d'affirmer qu'elles soient inconciliables. Il n'y a pas entre celles-ci une équivalence, car le principe de tolérance implique que l'Etat a le droit et le devoir de réprimer le mal en lequel consiste la diffusion de l'erreur religieuse, mais qu'il peut et parfois doit renoncer à exercer ce droit pour obtenir un bien supérieur et plus vaste. Or ce droit ne lui est pas reconnu par la Déclaration conciliaire. Cependant il n'y a pas incompatibilité entre ces affirmations, car selon Pie XII la tolérance est justifiée par l'intérêt d'un bien supérieur. Or l'idée du Concile est que la dignité de toute personne humaine et la paix sociale soient toujours des biens qui exigent que l'Etat ne réprime pas l'erreur religieuse quand celle-ci ne s'oppose pas au bon ordre social (qui inclut la moralité publique). Il y a donc une nouveauté dans la conception de la compétence de l'Etat à l'égard de la vie religieuse des citoyens et un développement doctrinal concernant le fondement de l'absence de contrainte légale en matière religieuse."
On peut donc affirmer que la doctrine de la tolérance défendue par Pie XII est contradictoire avec "l'idée du Concile" quant au droit de réprimer le mal en matière religieuse. Ce n'est pas là le point de vue du père de Blignières, qui contredit donc bien Ratzinger. C'est bien une contradiction réelle, formelle & soulignée par vos propres autorités...
Pour ce qui regarde l'abbé Meinvielle, c'était un critique du fascisme mussolinien et du national-socialisme d'Hitler, dont il reprochait le culte de la personnalité et donc l'idolâtrie de l'ordre. C'était un thomiste respecté parmi les non-personnalistes et même Paul VI avait un de ces ouvrages dans sa bibliothèque. C'est amusant de constater que vous approuvez les amalgames quand il s'agit de vos adversaires, mais que vous êtes très sourcilleux quand il s'agit de plaire au monde.
Quant à l'Ukraine, j'avais pris cet exemple pour relativiser l'importance de la vaccination des peuples européens aux fascismes. Que des milices se réclament ouvertement du fascisme, dans un contexte où de plus en plus de personnes doutent de la démocratie devrait vous faire douter de la certitude de vos axiomes, mais vous semblez bien convaincu du contraire. Peut-être en raison de votre adhésion à l'idéologie souverainiste. Je ne tenterai donc pas de vous convaincre là-dessus. Ce serait une perte de temps. Ah, et au fait, je n'ai jamais sympathisé avec l'idéologie de ces milices ukrainiennes qui sont néopaiennes et misanthropes, en plus d'être néonazies. Encore une fois, on amalgame ses adversaires pour mieux sortir la tête de l'eau. C'est clairement un procédé rhétorique indigne.
Pour Constantin le Grand, vous parlez juste en utilisant le mot de tolérance (j'ajouterai "relative" & lié à un contexte où la religion chrétienne était minoritaire) & non de "liberté de religion", comme certains n'hésitaient pourtant pas à l'éructer du haut de leur certitude universitaire. Vous ne me contredisez en rien sur ce point.
Observatoire moderno-réaliste. ______
tantumergo+ La réponse aux Dubia de Mgr Lefebvre est très décevante en maints aspects. Par exemple, elle altère le sens d'Immortale Dei & de Non abbiamo bisogno pour faire croire que, pour ces auteurs, les papes Léon XIII & Pie XI, il n'était pas de la compétence de l'État en tant que tel de discerner la vérité en matière religieuse. Un simple report à ces encycliques ainsi qu'à toutes celles citées par le De Ecclesia suffit pour l'infirmer. Par exemple, la lettre Constat Apprime de Pie XI qui exige que la religion catholique soit déclarée religion d'État en Italie ou Libertas praestantissimum de Léon XIII qui condamnait la fausse liberté affirmant que l'État ne doit rendre aucun culte à Dieu. Comment cela serait-il possible si l'état est incompétent à discerner la vérité religieuse ? Pour résumer cette déclaration, c'est très simple : le droit à la liberté religieuse est reconnu comme nouveau (au passage, cela va à l'encontre de la thèse du père de Blignières & de Valuet, vos sources sont contradictoires), mais pleinement compatible avec les encycliques antérieures selon une herméneutique de la continuité puisée chez des philosophes hérétiques (je vous renvoie à l'étude de Mgr Tissier sur l'étrange théologie de Benoît XVI).
« Les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n’existait en aucune manière, [...] ou admettre une [religion] indifféremment selon leur bon plaisir : en honorant la Divinité, elles doivent suivre strictement les règles & le mode suivant lesquels Dieu lui-même a déclaré vouloir être honoré » Immortale Dei de Léon XIII s'oppose manifestement à cette citation « il n'est pas de la compétence de l'Etat en tant que tel de discerner la vérité en matière religieuse (à part en ce qui se rapporte à la morale naturelle, à ce qui peut limiter, comme on vient de le dire, les manifestations portant atteinte au bon ordre public) » de Ratzinger...
Pour ce qui est des abus causés par l'absolutisme & plus généralement ce que l'on nommait le césarisme, j'accepte volontiers de les critiquer, surtout qu'elles ont été la source de schismes désastreux comme pour l'anglicanisme, le gallicanisme, le joséphisme ou même le schisme cacodoxe oriental, d'une certaine manière. Mais l'abus du principe ne peut justifier le refus du principe.
Je reste dubitatif face à vos éloges du temps & de l'évolution de la société. Vous montrez une admiration qui confine à la croyance avec vos "vaccinée pour très longtemps" (allez dire ça en Ukraine, par exemple), "A plus forte raison ne le peuvent-ils pas dans le contexte actuel", "aux enjeux de notre temps", "pas en phase avec la nouveauté exceptionnelle et irréversible du monde contemporain" (avez-vous le don de prophétie pour prévoir l'avenir de façon certaine ?), "préconisations qui sont adaptées aux contraintes juridiques et métaphysiques de notre temps" (un des principes mêmes de la métaphysique est de ne pas être contraint par le temps, qui ressort de la physique...), "laissent le champ libre à d'heureuses surprises et transformations historiques de la part des nations" (& pas de mauvaises surprises ?), &c. Si pour certains, l'attachement à l'Ordre peut être passionnel & source d'idolâtrie, de même, on peut aussi dire que l'attachement à la modernité peut être passionnel & source d'idolâtrie. En êtes-vous bien vacciné ?
En revanche, je suis d'accord avec votre conclusion, "La Providence peut encore aujourd'hui susciter de tels Saints, par exemple dans une situation de fortes épreuves collectives incitant les nations autrefois chrétiennes à "entrer en elles-mêmes" avant de revenir vers le Père des miséricordes." Peut-être de fortes épreuves collectives nous attendent & il vaut mieux ne pas être trop "dans le moule" de la société actuelle afin de ne pas sombrer avec elle. C'est probablement partant de ce constat, que vous partagez, que trop de "tradis" se renferment sur eux-mêmes, mais on peut le comprendre. L'attitude d'ouverture au monde prônée par les conciliaires peut nous désarmer face à ces épreuves. N'est-ce pas le but du Père du mensonge ? Une réaction passionnelle & partant de là excessive n'était-elle pas à prévoir ? De la même façon, la réaction janséniste est venue contre le laxisme. Prôner un certain retrait du monde & de ses attraits me paraît donc nécessaire, le tout étant ici une question de prudence, de bien-agir face à ce constat terrible.
Faire l'éloge du monde & du temps ne sert de rien ici, sauf à partager le mythe dénoncé par le premier Maritain (avant d'y succomber lui-même) du temps formateur du progrès. Ce qui est formateur du véritable progrès, c'est la réalisation de la volonté antécédente du bon Dieu, c'est à l'aune de cela que l'on doit juger notre époque & force est de constater que nos sociétés régressent à ce niveau. Je vous renvoie à la magistrale étude de l'abbé Meinvielle, qui vous sera très utile, je pense, De Lamennais à Maritain - Du mythe du progrès à l'utopie de la "nouvelle chrétienté". J'ai bien peur que vous ne partagiez la passion utopiste de Maritain.
Pour finir, je reprends un petit détail, mais qui me fait tiquer à chaque fois, sur Constantin & la liberté religieuse. La réalité est moins uniforme que ce que certains partisans de cette thèse voudraient faire croire.
Observatoire moderno-réaliste. ______
tantumergo+ Vous confondez une situation objectivement mauvaise, qu'il faut tolérer faute de mieux, avec la situation optimale où le principe doit s'appliquer. C'est le piège du libéralisme, qui est, je le reconnais sans peine, très séduisant. Devoir vivre dans une société où l'Église & l'État ne collaborent plus, ce qui relève malgré tout du devoir d'état, n'empêche pas de vouloir vivre au sein d'une société unie dans la vraie religion & de considérer cette dernière situation comme étant la meilleure aussi bien pour l'État que pour l'Église.
Le problème que l'on a avec Vatican II, c'est que, précisément, cette situation où nous sommes contraint de composer est jugée comme étant la meilleure pour la religion, hors les tendances d'empiètement laïciste tristement constatables aussi bien par les conciliaires que par nous. D'où le fait que la lutte pour garantir une suprématie morale et légale de l'Église sur les États, dans les matières où elle doit intervenir, ait complètement disparu du langage conciliaire, alors qu'elle était courante jusqu'à même Jean XXIII.
On est passé de la tolérance d'un mal qui par nature n'a aucun droit en tant que tel, mais qui est toléré faute de maux pires encore, à la "liberté négative", au sens d'un droit naturel de non-coaction sur la volonté en matière religieuse.
Ce changement de discours, que même des non-catholiques constatent en faisant remarquer que c'est l'action préconisée par un Julius Firmicus Maternus dans son Traité de la fausseté des religions profanes (cf. sa conclusion) qui a prévalu au sein de l'Église sur celle défendue par un Lactance, suspect de dualisme (1), implique pour nous une trahison. Si l'Église a agi durant des siècles contre la liberté religieuse, avec la mise en place de ghettos, de lois discriminantes, &c., alors on ne peut pas dire par la suite, même avec tous les changements effectués au cours des siècles, que la liberté religieuse est désormais un droit naturel fondamental. Cela voudrait dire que l'Église a méconnu ce droit fondamental, qu'elle ne respectait donc pas la nature des choses & qu'elle n'est donc point divine, puisqu'intrinsèquement sujette au temps & à l'erreur. C'est un enjeu capital qu'il y a derrière ce point qui pourrait paraître secondaire à un esprit superficiel. Pour résoudre la contradiction, des gens comme Lamennais, Maritain ou Courtney Murray ont imaginé l'idée de la maturation du peuple : le peuple issu de la modernité serait plus mûr & plus réfléchi que celui du moyen-âge & on n'aurait plus besoin d'employer la force pour l'amener vers le bien, cela se ferait désormais par l'amitié & le dialogue. Cela fausse la nature humaine, la rendant évolutive & insensible aux conséquences du péché originel, & cela mène ultimement au naturalisme & au modernisme.
Vous avez beau pester contre certains travers du milieu traditionaliste, qui est un milieu humain sur lequel "l'hommerie" joue aussi un rôle, c'est là un raisonnement difficilement contestable. La liberté, au sens moderne du terme, n'amène pas les gens sur le chemin ardu de la Foi, comme le pensait naïvement un Montalembert, mais renforce les mensonges jugés agréables pour l'orgueil. Il n'est que de voir les polémiques récentes issues de l'élection de Trump & de l'émergence du "populisme" ainsi que l'apparition du mot, ô combien révélateur, de post-vérité pour s'en convaincre.
(1) En plus de défendre la liberté religieuse avant la lettre, il était millénariste & préconisait un pacifisme intégral, ne voyant dans la soldatesque romaine, effectivement critiquable, que péchés, &c.
Observatoire moderno-réaliste. ______
Voici la note 24 du chapitre 9 du De Ecclesia trouvable ici : "La sage réglementation des cultes non catholiques et la prohibition des doctrines contraires à la foi n’a pas pour but, en effet, la conversion forcée des non-catholiques, mais la préservation de l’unité de la foi. Ainsi, Taparelli D’Azeglio, dans l’Essai théorique de droit naturel, p. 390, écrit : « Ce ne sera pas évidemment dans le but d’en faire des croyants ou de les rendre pieux par force, mais pour les empêcher de troubler, par de fausses doctrines ou par le scandale de leur conduite, l’unité religieuse de la société, cet élément d’une haute importance pour la félicité publique ».
De même Pie XII, discours du 7 septembre 1955, AAS 47 (1955), pp. 678-679 : « Qu’on n’objecte pas que l’Eglise elle-même méprise les convictions personnelles de ceux qui ne pensent pas comme elle. L’Eglise considérait et considère l’abandon volontaire de la vraie foi comme une faute. Lorsqu’à partir de 1200 environ cette défection entraîna des poursuites pénales de la part tant du pouvoir spirituel que civil, ce fut pour éviter que ne se déchirât l’unité religieuse et ecclésiastique de l’Occident. Aux non-catholiques, l’Eglise applique le principe repris dans le Code de Droit canonique : “Personne ne peut être contraint, malgré lui, à embrasser la foi catholique” [can 1351], et estime que leurs convictions constituent un motif, mais non toutefois le principal, de tolérance. [...] L’Eglise ne dissimule pas qu’elle considère en principe cette collaboration comme normale, et qu’elle regarde comme un idéal l’unité du peuple dans la vraie religion et l’unanimité d’action entre elle et l’Etat. Mais elle sait aussi que depuis un certain temps les événements évoluent plutôt dans l’autre sens, c’est-à-dire vers la multiplicité des confessions religieuses et des conceptions de vie dans la même communauté nationale, où les catholiques constituent une minorité plus ou moins forte ».
Au sujet de la liberté religieuse (liberté de conscience, de culte et de propagande), on doit citer principalement les documents suivants : Pie VI, Communicamus vobiscum, allocution au Consistoire, 29 mars 1790 ; Priores litterae tuae, au cardinal de Loménie, 23 février 1791 ; Quod aliquantulum, au cardinal de La Rochefoucauld, 10 mars 1791 ; Pie VII, Post tam diuturnas, 29 avril 1814 ; Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832, ASS 4 (1868), pp. 341-342, DzH 1613 ; Singulari Nos, 25 juin 1834, Acta Gregorii Papae XVI, Vol. I, pp. 433 ss. ; Pie IX, Qui pluribus, 9 novembre 1846, Pii IX Acta, P. IX, pp. 4 ss. ; Maxima quidem, allocution au Consistoire, 9 juin 1862 ; Quanta cura, 8 décembre 1864, ASS 3 (1867/68), p. 162, DzH 1690, avec citation de S. Augustin, Epist. 105, c. II, 9, PL 33, 399 ; Syllabus, 8 décembre 1864, prop. 77 : ASS 3 (1867), p. 176, DzH 1777 ; prop. 78, ASS, ibid., DzH 1778 ; Léon XIII, Immortale Dei, 1er novembre 1885, ASS 18 (1885), p. 172 ; Libertas praestantissimum, 20 juin 1888, ASS 20 (1887), pp. 603-605, au sujet de la liberté des cultes, pp. 605-608, liberté de parler et d’écrire, DzH 1931-1932, p. 608, de la vraie et fausse liberté de conscience, p. 612, DzH 1932 : est condamnée la liberté connexe des religions ; Benoît XV, Anno jam exeunte, au P. Hiss, supérieur général des marianistes, 7 mars 1917, AAS 9 (1917), p. 172 : parmi les principes pernicieux sur lesquels s’appuie la discipline des Etats [modernes], et par lesquels les fondements de la société chrétienne sont ébranlés, le Souverain Pontife relève celui-ci : « Les libertés, particulièrement celle d’opinion en matière de religion, ou de diffusion pour chacun de ce qui lui plaît, ne doivent être aucunement limitées, dans la mesure où cela ne nuit à personne » ; Pie XI, lettre Constat apprime, au cardinal Gasparri, 16 avril 1921, AAS 21 (1929), pp. 301-302 : au sujet des accords ébauchés entre le Saint-Siège et le Royaume d’Italie : où il est question de la liberté de conscience et de discussion ; Non abbiamo bisogno, 29 juin 1931, AAS 23 (1931) ; Lettre de la Secrétairerie d’Etat à M. Duthoit, 19 juillet 1938 (Bonne Presse, t. XVIII, p. 86) ; Pie XII, discours du 6 octobre 1946, AAS 38 (1946), pp. 394-395 ; Carissimis Russiae, 7 juillet 1952, AAS 44 (1952), p. 505 ; Jean XXIII, discours du 8 décembre 1959, AAS 52 (1960), p. 47, cf. de même pp. 49-50."
« La France doit être plus laïque » selon Bergolio
Wikipedia nous apprend, à l'article Laïcité, que :
"Le mot « laïc », apparu au XIIIe siècle et d'usage rare jusqu'au XVIe siècle, est issu du latin laicus « commun, du peuple (laos) », terme ecclésiastique repris au grec d'église λαϊκός, laikos, « commun, du peuple (Laos) », par opposition à κληρικός, klerikos(clerc), désignant les institutions proprement religieuses. Le terme laicus est utilisé dans le vocabulaire des églises chrétiennes dès l'Antiquité tardive pour désigner toute personne de la communauté qui n’est ni clerc, ni religieux c'est-à-dire profane en matière de théologie. Cependant, elle appartient bien à l'Église, dans le sens qu'elle en suit le culte (l'incroyance étant alors inconcevable à l'époque); et peut même y exercer des fonctions importantes. L'abstrait désignant cette position a donné en français le terme « laïcat ». Au Moyen Âge, le mot « laïc » distingue l'homme commun, qui doit être enseigné, de l'individu « instruit » consacré par son état religieux. (...)
Au Ve siècle, le pape Gélase Ier conçoit le premier dans une lettre à l'empereur Anastase, la distinction entre le pouvoir temporel (potestas) et l’autorité spirituelle (auctoritas). Cette lettre, préfigurant la doctrine médiévale des deux glaives, devient à fin du XIe siècle l’un des textes clefs invoqués pour soutenir la supériorité de l’autorité pontificale sur la potestas impériale. (...) La distinction entre potestas et auctoritas tente d'établir une hiérarchie : le pouvoir politique serait moralement soumis à l'autorité. Cette dichotomie entraîne des réactions qui se traduisent notamment par la lutte du sacerdoce et de l'Empire ou par les mouvements hérétiques des xive et xve siècle qui contestent au clergé cette mainmise spirituelle
Le concept moderne de séparation de l'Église et de l'État est souvent attribué au philosophe anglais John Locke. Suivant son principe de contrat social, Locke affirme que l'État n'a pas de légitimité suffisante en ce qui relève de la conscience individuelle. En effet, cette conscience ne peut être cédée rationnellement au contrôle d'un État. Pour Locke, c'est l'origine d'un droit naturel de liberté de conscience qui, dit-il, doit être protégé des intrusions des gouvernements. Cette perception concernant la tolérance religieuse et l'importance de la conscience individuelle devint, avec la notion de contrat social, particulièrement influente dans les colonies américaines, et dans la rédaction consécutive de la Constitution des États-Unis."
Il y a donc bien eu subversion libérale d'un terme d'origine chrétienne par le philosophe John Locke. Sur Locke, voir le Dictionnaire de Théologie Catholique à son nom pour une exposition et une réfutation, ainsi que chez Thonnard, Précis d'histoire de la philosophie, § 372 et suivants.
« La France doit être plus laïque » selon Bergolio
Erratum : remplacez "peuvent amener une ouverture à toutes les formes de transcendance. " par "peuvent amener à différentes formes de transcendance". Le lecteur sagace aura rectifié de lui-même. Mea culpa.
« La France doit être plus laïque » selon Bergolio
Plusieurs points sont à relever dans ce discours :
1) Le point sur "davantage de laïcité" me semble avoir été mal-compris par certains. Le terme de laïcité, d'origine chrétienne, revendiqué depuis par le laïcisme, a pris une coloration négative, mais originellement il ne l'est pas. Réclamer davantage de laïcité dans la gestion politique d'un pays n'est donc pas une faute en soi.
2) En revanche, ce qui est beaucoup plus scandaleux, c'est ce passage : « Une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. La recherche de la transcendance n’est pas seulement un fait, mais un droit. »
D'abord, on a une mauvaise conception de la laïcité dans la lignée de vaticandeux et de son prétendu droit à la liberté religieuse. Cela rejaillit forcément sur sa demande de davantage de laïcité qui prend, de fait, une coloration négative. Mais surtout, si l'on s'en tient au texte, on doit nécessairement comprendre que les différentes traditions religieuses, autrement dit, l'Église catholique ainsi que les sectes inspirées du démon, peuvent amener une ouverture à toutes les formes de transcendance. C'est la négation des Deux Cités. C'est du naturalisme au dernier degré.
3) Il ne précise absolument pas à ces militants socialistes que le socialisme fut déjà condamné maintes fois par le Magistère, citons simplement Notre Charge Apostolique de Saint Pie X et Rerum Novarum de Léon XIII, entre autres exemples. Il s'agit là d'un grave manquement à son prétendu rôle de pasteur des âmes.
4) Ce n'est pas indiqué dans ce texte du Monde, mais il a affirmé également s'être toujours nourri de Henri de Lubac, pilier de la-dite "Nouvelle théologie" et de Michel de Certeau, soutien de Mai 68 et collaborateur de Lacan, qui reste le plus grand théologien selon lui. Autrement dit, des gens éminemment subversifs sont remerciés pour leurs actions et influencent directement sa pensée.
Imprécision + hérésie + manquement grave + collaboration avec des ennemis de l'Église... A vous de conclure.
Frère Jacques ... (+18) ..
Ce n'est pas un comportement nouveau : rappelons, à tout hasard, que le Père Edward Schillebeeckx, un des experts de vaticandeux, fut condamné à une amende en 1969 pour attitude indécente sur la plage de Middelkerke. Ce dominicain prenait, en effet, un bain de soleil presque nu. Cela avait suscité un scandale à l'époque. Aujourd'hui, il n'y a plus que les-dits "intégristes" pour s'offusquer de ce genre de comportement. En plus d'injurier Dieu et Son Eglise par leurs hérésies et blasphèmes, ils se comportent comme des animaux, sans la moindre pudeur ni gêne aucune...
Satan dans la cité - Abbé Rioult
Autre point intéressant que l'on peut développer : le démon n'a rien contre la religion en tant que pratique (qu'il vaudrait mieux appeler religiosité, ou mieux, pseudo-religion), il a tout contre Dieu.
La preuve par les différentes aventures pseudo-spiritualistes du vingtième siècle :
-la théosophie & son émanation, l'Eglise Catholique Libérale, secte qui copie fortement l'Eglise Catholique dans sa liturgie, mais dont les principes sont totalement révolutionnaires.
-le néopaganisme dont l'élaboration théorique réside dans la Nouvelle Droite, qui elle-même ne peut que se rapprocher, par étapes, du jacobinisme & du bolchevisme (voir le cas du national-bolchevisme, par exemple). Les penseurs catholiques contre-révolutionnaires n'établissaient pas sans raison un rapprochement entre le républicanisme et le césarisme païen.
-le modernisme immanentiste ou pseudo-surnaturaliste.
-le New-Age.
-l'orientalisme irrationaliste & quasi-panthéiste.
-les mouvements charismatiques illuministes.
-&c.
Il est donc illusoire de tenter d'établir un rapprochement entre "religions" pour aboutir à une action positive, voire contre-révolutionnaire, que ce soit par le biais d'un œcuménisme dévoyé ou par un pluralisme nominaliste : le démon ne lutte pas contre lui-même...
TV l'Ibertés. 31 Décembre 2015
Il n'y a pas qu'Eléments, la revue du sinistre Alain de Benoist, qui est citée avec complaisance, il faut aussi mentionner Pascal Gauchon, directeur de la revue Conflits, ancien membre du PFN qui affirmait que le PFN et le GRECE étaient de la même famille et, pire encore, la NRH, fondée et dirigée par le néopaien sacrilège Dominique Venner avant d'être reprise par l'étrange Benoît Mancheron. Ce n'est plus une infiltration, c'est une invasion de la Nouvelle Droite !
Conférence par l'Abbé Salenave sur le texte "Bataille Preliminaire" de Jean Vaquié
Si j'en crois la revue Didasco, Lecture et Tradition aurait fait la réclame d'un livre à tendance gnostique de Jean Hani, proche de Jean Borella, Le symbolisme du temple chrétien. Cf ddata.over-blog.com/…/un-esoterisme-q… pages 13-14. Jean Vaquié y est directement mis en cause.
Le refuge des certitudes. Jésus est Dieu
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Le refuge des certitudes. Jésus est Dieu
Concernant Luther, je voudrais également mentionner l'étude de Maritain sur le personnage dans son livre Trois réformateurs, disponible ici : web.archive.org/web/20090530225242/contra-impetum-fluminis.net/3ref.htm
Je le cite : " Il est peu de spectacles aussi ignominieux que celui qu'offre en Allemagne, à cette époque, l'hubris charnelle des clercs et des religieux des deux sexes délivrés par Luther, membres gangrenés qui ne demandaient qu'une occasion pour se détacher du corps de l'Église. A vrai dire la décadence du clergé était si grande, alors, que la situation ne pouvait pas durer : il fallait ou que le fait revînt à la hauteur du droit par un triomphe de sainteté, ou que le droit descendît au niveau du fait par un triomphe de concupiscence, ce qui fut l'œuvre de la réforme luthérienne. On sait que les prêtres et les religieux réformés s'employèrent maintes fois, souvent par véritables bandes, à arracher des religieuses de leurs cloîtres, pour en faire leurs « épouses ». « Une fois l'évasion du couvent accomplie, ils en arrivaient à des choses inouïes : ils tenaient une sorte de commerce des religieuses profanées ; ils les mettaient véritablement en vente. » « Il nous en est arrivé neuf, » écrivait un prêtre apostat à un autre, « elles sont belles, gracieuses, et toutes de la noblesse ; aucune n’a atteint la cinquantaine. A toi, cher frère, j'ai destiné la plus âgée comme femme légitime, mais si tu en veux une plus jeune, tu auras le choix parmi les plus belles. » (DENIFLE, I, 27-28.)
Après un rapt de religieuses qui eut lieu la nuit du Samedi saint 1523, Luther appelle le bourgeois Koppe, organisateur de cet exploit, un « bienheureux voleur », et il lui écrit « Comme le Christ, vous avez tiré ces pauvres âmes de la prison de la tyrannie humaine ; vous l'avez fait à une époque providentiellement indiquée, à ce moment de Pâques, où le Christ a détruit la prison des siens. » (Ibid., 40, Weim., IX, 394-395.) Lui-même était entouré de religieuses ainsi rendues à la nature, et qui, hélas, n'entendaient que trop bien ses leçons . Sa Catherine Bora était l'une d'elles. Il est curieux de noter qu'un ignoble mépris pour la femme est la rançon normale de cette guerre contre la virginité chrétienne : « L'œuvre et la parole de Dieu nous disent clairement que les femmes doivent servir au mariage ou à la prostitution. » (Weim., XII, 94, [1523].) « Si les femmes se fatiguent et meurent à force de produire, il n'y a pas là de mal ; qu'elles meurent pourvu qu'elles produisent ; elles sont faites pour cela. » (Erl., 20, 84; Weim., X, P. II, 301,13, Sermon sur le mariage, 1522.) Et je ne cite que ce qui peut être transcrit.
Ne reçois pas la grâce de Dieu en vain, crie-t-il aux clercs en les conviant à briser leur vœu de chasteté. « Il n'y a qu'un court moment de honte à passer ; ensuite viendront les belles années pleines d'honneur. Que le Christ te donne sa grâce afin que, par son Esprit, ces paroles deviennent vie et force dans ton cœur. » (De Wette, II, 640.) Il répand sa pitié sur les pauvres jeunes gens et jeunes filles que tourmente le feu des sens (Enders, III, 207, août 1521), et emploie son zèle évangélique à délivrer leur libido, tout en déclarant que « rien ne peut guérir la libido, pas même le mariage, - libido nullo remedio potest curari, nequidem conjugio, - car la majeure partie des gens mariés vit dans l'adultère ». (Opp. exeg. lat., I, 212. [1536.]) Au fait on peut constater une certaine parenté entre la libido luthérienne et la libido freudienne. (Cf. Weim., XVI, 511, 5 novembre 1525.)
« Peu à peu, écrit Denifle, Luther pensa, parla et écrivit sous l'influence et la poussée d'une délectation luxurieuse ; c'est de là que sortirent ces écrits [contre la chasteté], dont on ne saurait trouver les pareils, - et encore sont-ils rares, que chez les auteurs les plus dépravés. » (I, 172.) Le mélange sacrilège d'impudicité et d'évangélisme, dont il paraît bien l'inventeur, atteint parfois un cynisme dégoûtant. (Cf. lettre du 22 juillet 1525, Enders, V, 222; du 6 décembre 1525, Enders, V, 279.)
Si déplaisant qu'en soit l'objet, ces indications historiques étaient nécessaires, pour nous donner une idée de l'état moral de Luther après sa chute, - état moral qui fut le résultat, beaucoup plus que la Cause de cette chute.
Comment s'étonner après cela que le premier effet de la prédication du pur Évangile ait été, en dépit des plaintes et des objurgations du malheureux Réformateur, le pire débordement d'animalité ? L'histoire allemande de cette époque ne consiste guère, selon le mot d'Henri Heine, qu'en émeutes sensualistes. « Les peuples, constatait Luther, se comportent si scandaleusement envers l'Évangile que plus on le prêche, plus ils deviennent mauvais. » (Erl., 17, 235-236 [1544].) « Avec cette doctrine, plus on avance, plus le monde devient mauvais ; c'est l'œuvre et le travail de ce diable maudit. On voit assez combien le peuple est maintenant plus avare, plus cruel, plus impudique, plus effronté et plus méchant qu'il ne l'était sous le papisme. » (Erl., 1, 14, [1533].) « L'adultère, la fornication et l'inceste ne connaissent pas de bornes » s’écrivait Waldner. Le pis était la corruption de la jeunesse. « A peine sortis du berceau, écrivait Jean Brenz en 1532, dans un ouvrage préfacé par Luther, les garçons veulent aussitôt avoir des femmes ; et des petites filles qui ont beau temps à attendre pour être nubiles, passent leur temps à rêver aux hommes. » (DENIFLE, II, 111-115.) La psychologie infantile de Freud aurait pu se vérifier de ces petits luthériens, venus au monde dans une atmosphère de luxure, comme peut-être elle se vérifie de certains milieux particulièrement préparés du vingtième siècle."
L'esprit d'assise. L'esprit d'assise www.dailymotion.com/video/xijy3b_l-esprit…
Errata : au dixième paragraphe, remplacez "La bulle Hebraeorum gens de saint Pie V" par "La bulle Cum nimis absurdum de Paul IV". Mea culpa.