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Mgr Schneider défend les titres mariaux « Corédemptrice » et « Médiatrice de toutes les grâces »

Mgr Athanasius Schneider a publié un article sur DianeMontagna.substack.com au sujet de la Corédemptrice. Traduction française autorisé

Ils ne pouvaient se tromper : La voix des saints, des docteurs et du Magistère ordinaire de l’Église affirmant Marie comme « Corédemptrice » et « Médiatrice de toutes les grâces ». Par Mgr Athanase Schneider

Au fil des siècles, le Magistère ordinaire, de concert avec de nombreux saints et docteurs de l'Église, a enseigné les doctrines mariales de la Corédemption et de la Médiation, employant notamment les titres spécifiques de « Corédemptrice » et de « Médiatrice de toutes les grâces ». Dès lors, on ne saurait affirmer que le Magistère ordinaire, ainsi que les saints et docteurs de l'Église, aient pu égarer les fidèles par un usage systématiquement inapproprié de ces titres mariaux. De plus, à travers les âges, cette doctrine mariale et l'emploi de ces titres ont également exprimé le sensus fidei, la foi des fidèles. Par conséquent, en adhérant à l'enseignement traditionnel du Magistère ordinaire concernant la Corédemption et la Médiation, et en reconnaissant la légitimité des titres de « Corédemptrice » et de « Médiatrice de toutes les grâces », les fidèles ne s'écartent ni du droit chemin de la foi ni d'une piété saine et éclairée envers le Christ et sa Mère.

Dans l'Église primitive, saint Irénée, docteur de l'Église du IIe siècle, a posé les fondements essentiels des doctrines mariales de la Corédemption et de la Médiation, qui seront plus tard développées par d'autres docteurs de l'Église et par le Magistère ordinaire des Pontifes Romains. Il a écrit: « Marie devient, par son obéissance, cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain. » (Adv. Haer., III, 22, 4).

Parmi les nombreuses affirmations du Magistère ordinaire des papes concernant la doctrine mariale de la corédemption et de la médiation, et les titres correspondants de Corédemptrice et de Médiatrice de toutes les grâces, on peut citer en premier lieu l'encyclique Adjutricem Populi de Léon XIII, dans laquelle il évoque la Vierge Marie comme collaboratrice de l'œuvre de Rédemption et comme dispensatrice de la grâce qui en découle. Il écrit : « Après avoir été coopératrice de la Rédemption humaine, elle est devenue aussi, par le pouvoir presque immense qui lui a été accordé, la dispensatrice de la grâce qui découle de cette Rédemption pour tous les temps. » (5 septembre 1895).

De même dans son encyclique Jucunda semper expectatione, il parle de la médiation de Marie dans l’ordre de la grâce et du salut.

Il écrit : « Le secours que nous implorons de Marie par nos prières a son fondement dans l’office de Médiatrice de la grâce divine, qu’elle remplit constamment auprès de Dieu, en suprême faveur par sa dignité et par ses mérites, dépassant de beaucoup tous les anges et tous les saints du Ciel par sa puissance… Saint Bernardin de Sienne [dit]: "Toute grâce qui est communiquée en ce monde arrive par trois degrés. Car, de Dieu dans le Christ, du Christ dans la Vierge et de la Vierge en nous, elle est très régulièrement dispensée" … Que Dieu, qui nous "a donné, dans sa miséricordieuse bonté, une telle Médiatrice", et qui "a voulu que nous recevions tout par Marie" (Saint Bernard), daigne, par son intercession et sa faveur, exaucer nos vœux communs, combler nos espérances… Nous vous implorons, Médiatrice de notre salut,… par votre communion à ses ineffables douleurs,… écoutez-nous avec bienveillance et exaucez-nous. » (8 septembre 1894).

Dans son encyclique Ad Diem Illum, le pape saint Pie X a offert une brève exposition théologique de la Corédemption, enseignant que, par sa maternité divine, Marie mérite par charité ce que le Christ seul, en tant que Dieu, mérite pour nous par stricte justice – à savoir notre rédemption – et qu’elle est la dispensatrice de toutes les grâces.

Il écrit : « Quand vint pour Jésus l’heure suprême, on vit la Vierge debout auprès de la croix, saisie sans doute par l’horreur du spectacle, heureuse pourtant de ce que son Fils s’immolait pour le salut du genre humain, et, d’ailleurs, participant tellement à ses douleurs que de prendre sur elle les tourments qu’il endurait lui eût paru, si la chose eût été possible, infiniment préférable. La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue, et, partant, la dispensatrice de tous les trésors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang […]. Du fait que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la Rédemption, elle nous mérite de congruo (de convenance), comme disent les théologiens, ce que le Christ Jésus nous a mérité de condigno (de plein droit), et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces. … Il a été donné à cette auguste Vierge d'être auprès de son Fils unique la très puissante médiatrice et avocate du monde entier. La source est donc Jésus Christ. Mais Marie, comme le remarque justement saint Bernard, est l'"aqueduc" (Serm. de temp., in Nativ. B. V., "De Aquæductu , n. 4); ou, si l'on veut, cette partie médiane qui a pour propre de rattacher le corps à la tête et de transmettre au corps les influences et efficacités de la tête, Nous voulons dire le cou. Oui, dit saint Bernardin de Sienne, "elle est le cou de notre chef, moyennant lequel celui-ci communique à son corps mystique tous les dons spirituels" (S. BERNARDIN. SEN., Quadrag. de Evangelio æterno, Serm. X, a. III, c.3). » (2 février 1904).

De même, le pape Benoît XV enseigne : « En s'unissant à la Passion et à la mort de son Fils, elle a souffert comme à en mourir... pour apaiser la justice divine ; autant qu'elle le pouvait, elle a immolé son Fils, de telle façon qu'on peut dire qu'avec lui elle a racheté le genre humain. » (Apostolic Letter Inter Sodalicia, March 22, 1918). C'est l'équivalent du titre de Co-Rédemptrice.

Le pape Pie XI affirme que, de par son lien intime avec l’œuvre de la Rédemption, Marie mérite à juste titre le titre de Co-Rédemptrice.

Il écrit : « Le Rédempteur se devait, nécessairement, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice. Elle nous a donné le Sauveur. Elle l’a conduit à son œuvre de rédemption jusqu’à la Croix. Elle a partagé avec lui les souffrances de l’agonie et de la mort en lesquelles Jésus consommait le rachat de tous les hommes. » (Allocution aux pèlerins de Vicenza, Italie, 30 novembre 1933, L’Osservatore Romano, 1er décembre 1933).

Dans son encyclique Mediator Dei, le pape Pie XII souligne l’universalité du rôle de Marie comme dispensatrice de grâce, en disant : « Elle nous donne son Fils et avec lui nous donne tous les secours dont nous avons besoin, car Dieu "a voulu que nous ayons tout par Marie" (saint Bernard). » (20 novembre 1947).

Le pape saint Jean-Paul II a exposé à plusieurs reprises la doctrine catholique concernant la Vierge Marie et son rôle dans la corédemption et la médiation de toutes les grâces, utilisant ainsi les titres de « Corédemptrice » et de « Médiatrice de toutes les grâces ». Pour n'en citer que quelques-uns, il a dit : « Marie, bien que conçue et née sans la souillure du péché, a participé de manière merveilleuse aux souffrances de son divin Fils, afin d’être Corédemptrice de l’humanité. » (Audience générale le 8 septembre 1982).

« En fait, le rôle de Marie en tant que Corédemptrice ne s'est pas arrêté avec la glorification de son Fils. » Homélie prononcée lors de la messe au sanctuaire marial de Guayaquil, en Équateur, le 31 janvier 1985

« Rappelons que la médiation mariale se définit essentiellement par sa maternité divine. La reconnaissance de son rôle de médiatrice est d’ailleurs implicite dans l’expression « notre Mère », qui présente la doctrine de la médiation mariale en mettant l’accent sur sa maternité. Enfin, le titre de « Mère dans l’ordre de la grâce » explique que la Vierge Marie coopère avec le Christ à la renaissance spirituelle de l’humanité. » (Audience générale le 1 octobre 1997).

Concernant la vérité qui exprime le titre marial de « Médiatrice de toutes les grâces », le pape Benoît XVI a enseigné : « Elle, la Tota Pulchra, la Vierge Très pure, qui a conçu dans son sein le Rédempteur des hommes et qui a été préservée de toute tache originelle, veut être le sceau définitif de notre rencontre avec Dieu, notre Sauveur. Il n'existe aucun fruit de grâce, dans notre histoire du salut, qui n'ait pour instrument nécessaire la médiation de Notre-Dame. » (Homélie prononcée lors de la messe et canonisation du Frère Antônio de Sant'Ana Galvão, OFM, le 11 mai 2007).

Saint John Henry Newman, récemment proclamé Docteur de l'Église par Sa Sainteté le pape Léon XIV, défendit le titre de Co-Rédemptrice devant un prélat anglican qui avait refusé de le reconnaître. Il déclara : « En vous entendant l’appeler, avec les Pères [de l’Eglise], Mère de Dieu, Seconde Eve, et Mère de tous les vivants, Mère de la Vie, Etoile du Matin, Nouveau Ciel Mystique, Sceptre de l’Orthodoxie, Mère toute Immaculée de Sainteté, et ainsi de suite, ils auraient jugé que vous rendiez un faible hommage à de telles paroles en refusant de l’appeler Corédemptrice. » (Saint John Henry Cardinal Newman, Certain Difficulties Felt by Anglicans in Catholic Teaching considered: In a Letter Addressed to the Rev. E. B. Pusey, D.D., on Occasion of His Eirenicon of 1864, Volume 2, Longmans, Green, and Co., New York, 1900, p. 78).

Le terme « Co-rédemptrice », qui désigne en soi une simple coopération à la Rédemption de Jésus-Christ, a, pendant plusieurs siècles, dans le langage théologique et dans l’enseignement du Magistère ordinaire, revêtu le sens spécifique d’une coopération secondaire et dépendante. Dès lors, son emploi ne pose pas de difficulté majeure, pourvu qu’il soit accompagné d’expressions explicatives soulignant le rôle secondaire et dépendant de Marie dans cette coopération. (Cf. Dictionnaire de la Théologie catholique, IX, art. Marie, col. 2396).

Compte tenu de l’enseignement sur la signification et le bon usage des titres de « Co-Rédemptrice » et de « Médiatrice de toutes les grâces », tel que constamment présenté par le Magistère ordinaire et soutenu par de nombreux Saints et Docteurs de l’Église pendant une longue période, il n’y a pas de risque sérieux à employer ces titres d'une manière appropriée. En effet, ils soulignent le rôle de la Mère du Rédempteur qui, en raison des mérites de son Fils, est « unie à Lui par un lien étroit et indissoluble » (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 53), étant ainsi également la Mère des âmes rachetées. (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 63).

Dans certaines versions de la prière « Sub tuum praesidium », les fidèles l'invoquent depuis des siècles avec confiance : « Domina nostra, Mediatrix nostra, Advocata nostra ».

Et saint Éphrem le Syrien, docteur de l'Église du IVe siècle, vénéré comme la « Harpe du Saint-Esprit », priait ainsi :

« Ma Dame, très Sainte Mère de Dieu et pleine de grâce, vous êtes l'Épouse de Dieu, par qui nous avons été réconciliés. Après la Trinité, vous êtes la Maîtresse de toutes choses ; après le Paraclet, vous êtes une autre consolatrice ; et après le Médiateur, vous êtes la Médiatrice du monde entier, le salut de l'univers. Après Dieu, vous êtes toute notre espérance. Je vous salue, ô grande Médiatrice de paix entre les hommes et Dieu, Mère de Jésus notre Seigneur, qui est l'amour de tous les hommes et de Dieu, à qui soient honneur et bénédiction avec le Père et le Saint-Esprit. Amen. »
(Oratio ad Deiparam, cf. S.P.N. Ephraem Syri Opera Omnia quae exstant… opera bet studio Josephi Assemani, Romae 1746, tomus tertius, p. 528ff)

171,2 k
steack

Je ne vois pas comment un cerveau raisonnable peut déclarer à la fois que :
A Jésus est l'unique et rédempteur
B Sa mère est corédemptrice.

Lux Æterna

Tout simplement parce que nous avons quitté la raison dans cette affaire.
"Co" vient de "cum", c'est à dire "avec" et concernant des personnes, "ensemble". Voilà pourquoi les théologiens ont toujours pris soin de préciser le terme pour éviter toute confusion. Cette confusion est malheureusement répandue chez beaucoup et des clercs avec. Voici le pourquoi de la note selon la DDF.
Votre petite démonstration logique est parfaitement claire.

En tout cas, simple fidèle, je soutiens mordicus, tant que l’Église ne me l’a pas interdit, qu’Elle est Médiatrice de toute Grâce !

steack

@Catholique et Français
"Mediatrice de toute graces" ne pose pas de probleme theologique, il me semble.

Léon XIV

La raison est simple, Jésus n’est pas l’unique rédempteur, c’est une nouveauté du concile Vatican II pour faire plaisir aux protestants. La corédemption a toujours existé et on peut tous être des rédempteurs à notre échelle en faisant pénitence pour le salut des âmes. C’est que Rome a oublié que nos prières et nos pénitence peuvent aussi sauver des âmes. Autrement dit, il n’y a pas que Jésus qui a versé son sang pour salut des âmes, mais tout plein de martyrs l’ont également fait.

Lux Æterna

Le sédévacantiste @AveMaria44 demande: "Et quel titre donner, à celui qui prétend retirer ceux de la Mère de Dieu, de la Reine du Ciel ???"
N'importe quel catholique répondra: " A celle qui en a le pouvoir et le devoir si nécessaire : l'Eglise catholique. À plus forte raison quand le titre en question est seulement usuel et ambiguë pour la foi des fidèles lambda."
Mais rappelons qu'il s'agit d'une affaire interne à l'Eglise catholique. Les sédévacantistes qui n'en font pas partie par leur propre choix n'ont pas droit de cité. Leurs réflexions ont à peu près le même intérêt que celles des mormons.

Lux Æterna

Au Valtortiste APVS@apvs qui sombre dans l'hystérie pour défendre un terme, "co-rédemptrice ", qui est utilisé à plusieurs reprises par "Jésus" dans l'oeuvre mal romancée de Maria Valtorta. Je me disais bien qu'une telle rage avait pour ressort caché le valtortisme. Notons que Jean Yves Macron, valtortiste convaincu, qui défend les écrits de l'Église postconciliaire avec hystérie ( aussi) n'a toujours pas réagit pour défendre la note. Maria Valtorta y serait-elle pour quelque chose? L'obéissance et la déférence de JYM @jean-yves macron à l'Église s'arreteraient-elles au seuil du 5⁰ Evangile mal romancé?
Le terme Co-rédemptrice est un terme récent et non comme le laisse entendre mgr Schneider un terme qui a toujours était utilisé aux cours des siècles, citations :
"Dans les temps modernes (depuis le 16ème siècle mais surtout à partir de 18ème siècle) on a appelé Marie « coopératrice à la Rédemption » et aussi « corédemptrice ». Mais cette expression, bien qu’elle ait un sens très bon, voire très beau, qui ne peut pas être rendu par un autre aussi concis et aussi net, présente cependant, prise toute seule, au lieu de l’accentuation de la subordination et de la dépendance ministérielle de Marie, un peu trop l’apparence d’une coordination avec le Christ ou bien d’un complément de la force du Christ. Aussi ne devrait on l’employer qu’avec la restriction expresse : « dans un certain sens ».
Précis de théologie dogmatique Bartmann citant le théologien Scheeben , l'un des plus grands théologiens marial de l'époque moderne, jusqu'à devenir une référence pour la théologie dogmatique et la formation dans les séminaires.
"Bien que le nom de Rédemptrice ait été maintenu aux XVIe et XVIIe siècles, il disparut complètement au XVIIIe siècle pour être remplacé par Co-rédemptrice. La recherche théologique sur la coopération de Marie à la Rédemption, au cours de la première moitié du XXe siècle, a conduit à approfondir le contenu du titre de Co-rédemptrice" (...)
Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne, parce qu’« il n’y a de salut en personne d’autre », car « il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés »" (Ac 4, 12).

Note de la DDF

AveMaria44

Et quel titre donner, à celui qui prétend retirer ceux de la Mère de Dieu, de la Reine du Ciel ???

apvs

Le terme co-rédemptrice n'a pas été utilisé au cours des siècles, c'est un terme récent. Quelques recherches suffisent pour s'en apercevoir.
Lux Aeterna va mériter le titre de "proxima hereticus", à s'attaquer effrontement comme il le fait devant la Face se Dieu à la saine mariologie, en la traitant de tous les noms.
Ce terme, choisi pour la simplicité et la clarté sans équivoque de sa définition, est pris, repris, défendu et expliqué par les papes et les saints Docteurs, ce qui met les fidèles à l'abri de toute confusion.
Effectivement, pour ceux ( mais qui sont-ils ? ) qui pensent pouvoir séparer la Corédemptrice du Rédempteur et la vénérer comme la "Sauveuse" à part entière, rien n'y fera : que l'on donne ou non ce titre à Marie n'y changera rien, ils confondront toujours Marie avec une déesse.
Par contre, nier le bien fondé d'un terme qui est pourtant tellement conforme avec la définition de l'être de Marie, c'est bien nier Marie dans son être même !
Et trouver un parfait synonyme ( "coopératrice à la Rédemption" ) n'y changera rien : quand on fait autant de foin autour d'un terme absolument bénin, ce n'est certainement pas pour une simple querelle de mots, mais pour un motif bien plus important.
Il est clair comme de l'eau de roche que le sujet principal de cette querelle de mot est l'oecumenisme, l'entente cordiale avec les protestants, et non pas la recherche du bien des fidèles catholiques : rien n'est plus opposé à l'esprit d'un protestant que de considérer Marie comme intimement associée à son divin Fils dans l'oeuvre du Salut ! Et c'est là ce qui dérange Tucho : qu'une sainte Vierge Corédemptrice ose se mettre entre lui et ses chers frères protestants...

apvs

Saint Pie X
Décret de la Sacrée Congrégation des Rites (22 juin 1913)
« Marie, la très sainte Vierge, fut associée au Rédempteur dans l’œuvre de la rédemption du genre humain, Corédemptrice du genre humain, et notre très miséricordieuse Médiatrice. »
Benoît XV
Lettre apostolique Inter Sodalicia (22 mars 1918)
« Elle souffrit et faillit mourir avec son Fils souffrant et mourant ; elle abdiqua ses droits maternels sur son Fils pour le salut des hommes, et pour apaiser la justice divine, autant qu’il dépendait d’elle, elle immola son Fils, de sorte qu’on peut dire à juste titre qu’elle a racheté le genre humain avec le Christ. »
Pie XI

Discours à une délégation de pèlerins de Vicenza (30 novembre 1933)
« Le Rédempteur ne pouvait pas, de façon convenable, ne pas associer sa Mère à son œuvre. Pour cette raison, nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice. »
Saint Irénée de Lyon (IIᵉ siècle)
« De même qu’Ève, séduite par la parole de l’ange, se détourna de Dieu et se rendit cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant reçu l’annonce de l’ange, reçut Dieu en elle, et se rendit cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain. »
— Adversus Hæreses, III, 22, 4
Saint Éphrem le Syrien (IVᵉ siècle)
« Par toi, Marie, le genre humain a été racheté ; toi, avec le Christ, tu nous as rachetés. »
— Carmina Nisibena, 27, 8
Saint Bernard de Clairvaux (XIIᵉ siècle)
« Certes, il est juste de dire que Marie a coopéré au salut du monde plus que tous les saints ensemble. » — Sermon sur le dimanche dans l’Octave de l’Assomption, n° 14
Saint Bonaventure (XIIIᵉ siècle)
« La Bienheureuse Vierge a été associée à la Passion de son Fils par compassion et par participation, de sorte qu’avec Lui elle a opéré la rédemption du genre humain. » — Speculum B. Virginis Mariae, cap. VIII
Saint Bernardin de Sienne (XVᵉ siècle)
« De la même manière que le Christ, par sa mort, fut Rédempteur du monde, ainsi la Bienheureuse Vierge fut Corédemptrice ; car, dans le même acte, elle a offert son Fils au Père éternel pour le salut du monde. » — Sermo X de Festis B.V.M.
Saint Laurent de Brindes (Docteur de l’Église, XVIᵉ–XVIIᵉ s.)
« Marie a mérité d’être appelée Corédemptrice du genre humain, car, comme le Christ, elle a coopéré à notre salut par sa charité et sa souffrance. » — Mariale sive de laudibus Virginis Mariae, Part. II, Serm. 1
Saint Alphonse de Liguori (XVIIIᵉ siècle, Docteur de l’Église)
« Comme Marie a coopéré à notre salut en offrant son Fils à la mort pour nous, et en consentant à sa Passion, elle mérite à juste titre le titre de Corédemptrice. » — Les Gloires de Marie, IIᵉ partie, chap. 5, §1
Sainte Thérèse de Lisieux (XIXᵉ siècle)
« Elle est plus Mère que Reine, car elle a souffert avec Jésus au Calvaire pour notre salut. » — Derniers entretiens, 25 mars 1897

apvs

Même un âne aura pu noter que
Saint Irénée de Lyon est du IIᵉ siècle !

« De même qu’Ève, séduite par la parole de l’ange, se détourna de Dieu et se rendit cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant reçu l’annonce de l’ange, reçut Dieu en elle, et se rendit cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain. »
Saint Irénée déclare Marie... RÉDEMPTRICE !!! ( rien de moins ).
Il fallait bien que le terme plus tardif de Corédemptrice apporte la nuance permettant d'expliciter cette appellation, toute relative au Christ l'unique Rédempteur.

Magnifique ! Vive Notre Dame médiatrice de toutes grâces, le prochain dogme !

Lux Æterna

Le terme co-rédemptrice n'a pas été utilisé au cours des siècles, c'est un terme récent. Quelques recherches suffisent pour s'en apercevoir. Quand les théologiens l'utilisaient ils prenaient soin d'en préciser le sens. La note de la DDF s'adresse du reste non aux théologiens qui connaissent les distinctions mais aux clercs à destination des fidèles. Les demandes répétées de groupes de fidèles et de leurs prêtres pour la reconnaîssance d'un 5⁰ dogme marial, la mariolatrie de nombreux fidèles mal éclairés, c'est la raison de la note( l’œcuménisme conciliaire n'est pas la raison fondamentale avancée). En rien elle ne remet en cause la coopération de Marie à l'œuvre de la rédemption ( elle l'explique même) ou sa médiation dans la "distribution" des graces. D'autre part mgr Schneider cite Benoit16 à l'appui de son propos, alors que celui-ci, quand il était préfet de la CDF a jugé le terme de co-rédemptrice sujet à équivoque pour les fidèles tout comme le titre de médiatrice de toutes grâces . Il avait demandé à ne plus favoriser ses titres. S' il en était arrivé à dire cela c'est que le Vatican s'était aperçu d'une confusion croissante chez les fidèles et même les prêtres. La note est donc un acte prudentiel, il est décevant que mgr Schneider ne le comprenne pas comme cela. On notera tout de même que Mgr Schneider n'a pas été jusqu'à dire qu'il s'agissait d'une attaque contre la sainte Vierge, comme l'a dit lamentablement la fsspx ou carrément en raison de la haine de la sainte Vierge comme l"a écrit le sédévacantiste Vigano. Cette approche passionnée et émotionnelle est consternante. Est-il devenu impossible de lire un document d'Eglise de manière rationnelle et simplement honnête sans voir le mal là où il n'est pas.

Si on va par là, alors le Dogme de l'Assomption n'aurait pas été établi. La Mariologie est justement Catholique. On ne parle pas de mariolatrie, on ne confond pas le culte rendu à la Sainte Vierge et l'Adoration seule due à Jésus Christ.
On se doute aussi qu'ils ne vont pas mettre en avant la raison sournoise (l'oecuménisme conciliaire) pour laquelle ils reculent devant ce nouveau Dogme. La question est de savoir si on tient à ce que les pays protestants - et les nôtres - recourent à la Sainte Vierge Marie de façon plus franche ou continuent de tomber toujours plus fort. Il est clair que si la Vérité tranche plus avec l'erreur, elle est plus éclatante. Il n'y a rien de faux dans le fait que la Sainte Vierge Marie est Co-Rédemptrice, Médiatrice et Dispensatrice de toutes les grâces ou bien tâchez de le démontrer...

Lux Æterna

Co-rédemptrice, un terme équivoque.

Deogratias7

8 settembre 1982

Léon XIV

Le terme existe depuis des siècles. Benoît XIV disait même rédemptrice pour désigner la Sainte Vierge sans le co- devant.